Le blog de Bruno Hubacher - Page 9

  • Soft Power

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    Dans le préambule de sa Constitution la République Populaire de Chine se définit comme « Etat socialiste de dictature démocratique populaire, dirigé par la classe ouvrière, basé sur l’alliance des ouvriers et des paysans », une structure hiérarchique dans laquelle le pouvoir du peuple est exercé par l’intermédiaire d’un parti unique, le Parti communiste.

    Deuxième puissance économique mondiale, plus important partenaire commercial de l’Union Européenne devant les Etats-Unis, cet état multiethnique avec ses 1,4 milliards d’habitants inquiète. Jadis ballotté entre les puissances occidentales pendant près de deux siècles, l’Empire du Milieu semble actuellement sur le point de leur rendre la monnaie de leur pièce, au propre comme au figuré. Ainsi se répète, comme le remarqua le philosophe Karl Marx, l’Histoire, la première fois comme tragédie et la seconde comme farce.

    La Révolution française, précurseur d’importants chamboulements de l’ordre social, chauffa certes les esprits du peuple et faisait trembler l’aristocratie foncière, mais les anglais surent ramener à la raison leurs souverains bien avant, au 17ème siècle déjà, ouvrant d’ores et déjà d’intéressantes perspectives pour une nouvelle classe émergente de possédants, les capitalistes, se servant, dans le but de faire valoir leurs intérêts, d’une institution spécialement crée à cet effet, le parlement.

    Ainsi, mercantilisme et libre-échange eurent finalement raison, au 19ème siècle, de la puissante dynastie impériale Qing, au pouvoir depuis trois siècles, face à la supériorité militaire de l’Empire britannique, mais, ironie de l’Histoire sans doute, son dernier empereur, Puyi, ne finit pas en tant que banquier dans la City, mais comme horticulteur au Jardin botanique de Beijing, un poste, offert par le regretté Premier ministre de la République populaire de Chine, Zhou Enlai, en 1960.

    Quand l’écossais Adam Smith, père de la science économique, remarqua dans son ouvrage « La Richesse des Nations », paru en 1776, que « La Chine est une puissance économique sans potentiel de développement à cause de son faible coût de travail, ses nombreux monopoles et son incapacité à faire circuler le capital » il ne soupçonna sans doute pas que deux siècles plus tard ce fut précisément le faible coût du travail qui permit son développement fulgurant, contribuant accessoirement à l’érosion de l’industrie manufacturière de l’occident, cruelle ironie du sort.

    Entre temps la Pax Americana a remplacé la Pax Britannica et le déséquilibre de la balance commerciale n’est plus le fait de la consommation effrénée de thé mais de smartphones.

    Deng Xiaoping, leader spirituel de la République Populaire de Chine entre 1978 et 1992, architecte de la Chine moderne et de son ascension économique fulgurante, résuma l’objectif des réformes économiques, entamées sous son règne, avec ces mots : « Peu importe qu’un chat soit blanc ou noir, s’il attrape la souris, c’est un bon chat. »

    Ainsi, l’actuel leader spirituel, Xi Jinping, vient d’annoncer l’éradication de l’extrême pauvreté, phénomène qui touchait encore 750 millions de chinois en 1990, et dont le seuil est fixé par le Parti communiste à un revenu quotidien de 2,3 USD, comparés aux 1,9 USD par jour, fixés par la Banque Mondiale. Le nombre d’habitants, disposant d’un revenu quotidien de moins de 5,5 USD, seuil minimum fixé par la Banque Mondiale pour définir la « classe moyenne », a été réduit de 1,1 milliards en 1990 à 300 millions en 2016, grâce à ce que Den Xiaoping appela « l’économie socialiste de marché » un modèle d’ailleurs pas très éloigné de celui prôné par un certain Ludwig Erhard, Ministre fédéral de l’économie entre 1949 et 1963, père du « miracle économique allemand » et accessoirement guide spirituel du Président du « World Economic Forum », Klaus Schwab, modèle appelé communément « économie sociale de marché », une petite nuance.

    En 1989 l’Empire du milieu dut faire face à une épreuve existentielle, la plus importante depuis la révolution culturelle. Inspirés par la politique de démocratisation de la chancelante Union soviétique d’un certain Mikhaïl Gorbatchev, un collectif d’ouvriers et d’intellectuels demandèrent des réformes identiques au Parti communiste chinois. Celui-ci, comptant bien poursuivre les réformes économiques avant d’entamer un processus de démocratisation, répondit par une intervention militaire musclée contre les étudiants sur la Place de la paix céleste, intervention connue sous le nom de massacre de Tian’anmen.

    En rétrospective, considérant le bradage de l’héritage communiste par le défunt Président de la Fédération de Russie, Boris Eltsine, et son homologue américain William Jefferson Clinton, on peut légitimement se poser la question qui a vu juste.

    Frappée par la crise financière de 2008, la Chine, imperturbable, entama un changement de cap radical de sa politique économique en dirigeant ses efforts vers un renforcement de son économie domestique en investissant massivement dans son infrastructure et en relevant le niveau salarial per capita de 2'000 USD par année à 8'000 USD.

    Ce n’est donc pas une surprise, que, malgré la pandémie du Covid, l’économie chinoise n’a pas subi de récession en 2020. Après une faible croissance de 2,3% le Premier ministre Li Keqiang table d’ores et déjà sur une croissance de 6 % pour l’année en cours.

    Ainsi, en l’espace d’à peine une génération l’atelier du monde est devenu une menace pour l’hégémonie post-communiste des Etats-Unis d’Amérique.

    Joint Vision 2020 fut un document, publié par le Département de la Défense des Etats-Unis au mois de mai 1990, au sujet de potentielles menaces contre l’intégrité américaine, document, stipulant « qu’en vue de protéger les intérêts vitaux des Etats-Unis et de ses investissements dans le monde, l’armée américaine doit aspirer à la supériorité militaire absolue, qu’elle soit aérienne, maritime, souterraine, extraterrestre, psychologique ou bio- et cyber-technologique. »

    Il n’est pas inutile d’ajouter que les Etats-Unis sont probablement un des rares pays sur terre dont l’intégrité territoriale n’a jamais été violée.

    Dans ce contexte, sous l’administration Obama, le lauréat du Prix Nobel de la Paix, les efforts de démocratisation de la région Asie-Pacifique furent particulièrement intenses. Entre 2009 et 2017 les investissements dans de nouveaux ogives nucléaires atteignirent la somme d’un billion USD, un niveau jamais atteint depuis la fin de la Guerre froide. (John Pilger)

    Outre ses 4'000 bases militaires sur sol américain, la majeure partie de ses 1'000 bases à travers le monde se trouvent dans la région Asie Pacific, toutes munies d’ogives nucléaires pointant vers les centres urbains chinois, dont un seul tir d’essai coûte 100 millions USD.

    Parmi de nombreuses autres dans la région on compte notamment la base militaire d’Okinawa au Japon, où est stationné, outre les missiles balistiques intercontinentales pointées vers la Chine, un contingent permanent de 50'000 soldats américains et l’archipel des Iles Marshall, notamment l’ile de Kwajalein sur laquelle se trouve une des plus importantes bases militaires de la région Asie-Pacifique, le « Ronald Reagan missile test site ». (John Pilger)

    Une série de documents déclassifiés sous le Freedom of Information Act au sujet des essais nucléaires effectués sur les Iles Marshall après la Seconde guerre mondiale, une explosion de la taille de la bombe d’Hiroshima par jour pendant dix ans, révèlent que des essais cliniques furent effectués sur la population des indigènes pour évaluer le niveau de la toxicité de la radiation, notamment alimentaire, du à dix années de contamination. (Project 4.1, John Pilger)

    Contrairement aux Etats-Unis, la République populaire de Chine n’a jamais violé l’intégrité territoriale d’une autre nation et quand et il s’agit de sa propre intégrité territoriale il semble légitime qu’elle se réserve le droit de la préserver contre des visées sécessionistes, qu’elles soient tibétaines, ouïghours ou hongkongais.

    Mais, quand il s’agit de punir un rival économique l’imagination et l’inventivité du législateur américain ne connaît pas de limites. A l’instar du « Global Magnitsky Act » une législation américaine visant à sanctionner la Russie pour la mort d’un lanceur d’alerte, Sergej Magnitsky, dans une prison moscovite, au mois de mai de l’année passée, le Congrès américain a adopté, le « Uyghur Human Rights Policy Act » dont le contenu affirme la culpabilité de la Chine « de torture, détention arbitraire, enlèvement, traitement dégradant de groupes musulmans minoritaires dans la province de Xinjiang. Toute personne identifiée subira des sanctions, telles que le gel des avoirs, révocation de visas et refus d’entrée aux Etats-Unis. Est concerné notamment le Secrétaire général du Parti Communiste Chen Quanguo, membre du Politburo. »

    L’accusation dont la loi s’inspire est largement basée sur l’allégation, d’une part par une organisation qui s’appelle « Chinese Human Rights Defenders », soutenue financièrement par le gouvernement américain et d’autre part par un fondamentaliste chrétien, l’anthropologue allemand Dr. Adrian Zenz, accessoirement chercheur de la Fondation « Victims of communism Memorial Foundation » une organisation américaine à but non-lucratif, formellement instaurée par un décret du Congrès américain en 1993 dans le but « d’éduquer le peuple américain sur l’idéologie, l’histoire et l’héritage du communisme ».(Grayzone)

    Toujours est-il cette expédition punitive est chaudement applaudie par le New York Times et le Washington Post ce qui équivaut à un blanc-seing pour la presse européenne.

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  • Retraite sans retrait

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    La proportion entre la population active et ceux qui se la coulent douce, les rentiers, se détériore à vue d’œil, en défaveur des forces vives, ce qui est fort fâcheux. Le système de retraite par répartition est au taquet. C’est du moins ce qu’annoncent les faucons du néolibéralisme, depuis belle lurette d’ailleurs.

    Pour y remédier, la Suisse, bastion du libéralisme économique, a trouvé l’œuf de Colomb, les trois piliers. Le premier, bancal à ce qu’il paraît, le système public de retraite par répartition, financé par des cotisations salariales, le deuxième, privé celui-là, de thésaurisation, financé par des cotisations salariales supplémentaires, et finalement, pour compléter le tableau, la prévoyance individuelle et facultative sous forme d’assurances vie et autres plans d’épargne qui font le bonheur de notre industrie financière, un compromis libéral.

    Ce qui, en la matière, différencie la Suisse des pays qui l’entourent est le fait que son système de financement des retraites par capitalisation, le 2ème pilier, est obligatoire, à l’intérieur d’une fourchette salariale définie, depuis 1985, la préoccupation majeure ayant été, et l’est toujours, le vieillissement de la population et donc la baisse des cotisations des actifs, ou, plus prosaïquement, à long terme, fatalement, les rendements financiers futurs dépasseront les augmentations de salaires, un état de fait qui s’était avéré pertinent, jusqu’à la dernière crise financière en 2008, en ce qui concerne les rendements d’actifs financiers du moins, car, depuis, le modèle est grippé.

    En effet, les liquidités de la prévoyance vieillesse, du « fonds de roulement » de la branche publique « AVS » autant que de celui de la prévoyance privée par capitalisation, sont investies dans les marchés financiers par des prestataires de la haute finance, contre rémunération, en fonction de la taille du capital géré et non en fonction du travail accompli, parmi eux, entre tant d’autres, le fonds d’investissement américain « BlackRock », un partenaire privilégié, grâce à la médiation de l’ancien Président de la Banque Nationale Suisse, Philipp Hildebrand, le partenariat public-privé.

    S’agissant principalement d’investissements remboursables et à taux fixes, une relative visibilité quant aux engagements envers les futurs rentiers peut ainsi être garanti, normalement.

    Seulement, le dernier crash financier en date, celui de 2008, a brouillé les cartes. Ayant provoqué un véritable séisme mondial, déclenché par l’effondrement du marché immobilier américain, un simple « reset » habituel n’aurait pas suffi à endiguer le raz de marée. La solution choisie, à la racine de ce qui nous pend au nez actuellement, ne fut pas la bonne non plus, or un autre système financier était envisageable, et pourquoi pas la convocation d’un nouveau « Bretton Woods » en incluant la Chine et la Russie, simple observateur lors du dernier rassemblement du genre, d’autant plus que les Etats-Unis à cette époque ne se trouvaient guère dans la position du plus fort comme en 1944. Mais bon, avec des « si » on mettrait Paris en bouteille.

    Toujours est-il, en guise d’emplâtre sur une jambe de bois, les Banques Centrales, la Réserve Fédérale américaine en tête, laissèrent littéralement décupler les masses monétaires, et par conséquent la bulle financière, à l’échelle mondiale, faisant fi du dogme monétariste, avec comme effet secondaire l’effondrement de la rémunération du capital, la composante prépondérante du financement de la prévoyance par capitalisation.

    Contrairement au système de répartition, où le niveau des rentes est fonction du niveau des cotisations, et indirectement du niveau des salaires, exprimé en monnaie sonnant et trébuchante, avec un peu de chance, le niveau des rentes du système par capitalisation est exprimé en pourcentage du capital épargné, taux fixé par le gouvernement, dans le cas de la Suisse, suivant les conseils des experts de l’industrie de la finance, le partenariat public-privé.

    Ce n’est donc pas une surprise qu’actuellement ces mêmes experts exigent d’urgence une baisse de ce taux de conversion de 6,8 % actuellement à 6 %, ce qui représenterait une baisse de rente annuelle de 800 CHF pour chaque tranche de capital épargné de 100'000 CHF.

    En temps normaux, un niveau élevé des taux d’intérêt sur les marchés des capitaux devrait favoriser l’investisseur et pénaliser l’entrepreneur lambda qui emprunte pour investir, celui dont la Banque Centrale est censée freiner l’ardeur pour tenir en échec l’inflation et vice versa en cas de danger de déflation. En théorie du moins.

    Actuellement les deux sont pénalisés, à cause du fameux « filtre » des banques privées qui décident qui l’obtient le précieux sésame, et, dû à la baisse du pouvoir d’achat faute d’augmentations de salaires depuis une vingtaine d’années, et par conséquent, la baisse de la demande, ce n’est pas l’entrepreneur qui s’endette qui le reçoit, comme le voudraient actuellement les Banques Centrales, dans le but de « relancer l’économie » et créer un peu d’inflation, mais le « perpetuum mobile » des marchés financiers, sur lesquels les caisses de pension investissent les cotisation des travailleurs, qui par ailleurs perdent leur travail parce que les investissements ne vont où les Banques Centrales souhaiteraient qu’ils aillent, dans l’économie réelle. Etant donnée que les Banques Centrales ne favorisent pas non plus les augmentations de salaires, par crainte d’inflation, c’est le serpent qui se mord la queue.

    Il y aurait bien sûr une modification envisageable d’une autre variable, celle de la part d’actifs non remboursables, des actions, dans le mix d’investissements, actifs dont la valorisation a littéralement explosé depuis une dizaine d’années, grâce à la manne des Banques Centrales, une option à la nitroglycérine.

    Quoi que, une idée à creuser tout de même, car tout dépend de la méthode d’évaluation, celle du marché financier ou celle effectuée par les acteurs de l’économie réelle, car la valeur d’une entreprise, un collectif de travail par ailleurs, et donc de son titre de propriété, l’action, consiste en sa valeur intrinsèque et son chiffre d’affaire futur attendu, le « goodwill ».

    Ainsi, dans l’économie réelle, s’ajoute à la valeur intrinsèque d’un fonds de commerce, une survaleur, basée sur la valeur intrinsèque et la valeur de la quantité de produits et services potentiellement vendus dans le futur. L’évaluation d’un actif financier non remboursable, une action, sur un marché financier, en revanche, dématérialise le produit en flux financiers futurs attendus, flux dont la valeur est essentiellement fonction de disponibilité de capitaux, ce qui mène régulièrement, comme c’est le cas actuellement, à cause de l’assouplissement quantitatif excessif des Banques Centrales, à une surévaluation, défiant la loi universelle de la gravitation.

    En cette période de grande insécurité économique il serait temps que l’économie, ou mieux encore, le monde du travail, trouve des solutions alternatives, d’abord en s’émancipant de la finance. Du politique, de toute obédience idéologique d’ailleurs, il n’y a rien à attendre, car penser l’économie en dehors d’un cadre idéologique et stéréotypé n’est malheureusement pas dans ses cordes.

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  • Partenariat public-privé

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    Après quarante ans de guerre d’usure, le Cheval de Troie du néolibéralisme, le partenariat public-privé, finira bien par avoir raison de la « res publica ». En tous cas, depuis le lancement, le 18 novembre 1983, de l’outil de propagande du Congrès américain, le « National Endowment for Democracy » par le regretté Président Ronald Reagan, les politiciens autour du globe semblent finalement être mûrs pour le second tour.

    C’est donc avec fierté que le gouverneur démocrate de l’état du Nevada, bastion du jeu de hasard, Steve Sisolak, annonce son intention de soumettre au législateur un projet audacieux de « création de zones d’innovation technologique » d’un type nouveau dans la ville de Carson City, un projet par ailleurs chaudement applaudi par le chef républicain du groupe minoritaire au Sénat du Nevada, James Settelmeyer. (LRV Las Vegas)

    Monsieur Sisolak veut en finir avec le concept dépassé des rabais fiscaux et autres forfaits incitatifs, financés par les pouvoirs publics, dans le but de persuader des entreprises de s’établir sur sol « nevadien ». Il envisage dorénavant la création de zones économiques de haute technologie, entièrement gérées par les entreprises qui s’y établiront et quand Monsieur Sisolak parle de « gérer » il veut dire « gérer ».

    En effet, ces zones seraient administrées par un comité de trois commissaires, nommé par les propriétaires des lieux, investi de pleins pouvoirs, politiques et judiciaires, tels que l’imposition d’impôts locaux, la création d’écoles ou la gestion de la voirie, des fonctions réservées, en temps normaux, à un conseil communal composé de parlementaires élus.

    Le ticket d’entrée serait fixé à 250 millions USD, couplé d’un plan d’investissement d’un milliard USD sur dix ans, ainsi que l’achat d’un minimum de 20'000 hectares de terres inhabitées. Le style d’entreprise que Monsieur Sisolak a en tête serait du genre robotique, intelligence artificielle, biométrie ou technologie sans fil.

    Il y aurait déjà des clients dans les starting-blocks à ce qu’il paraît. En 2018 déjà, le « crypto-millionnaire » Jeffrey Burns, fondateur de la société « Blockchains LLC », inconnue au bataillon par ailleurs, aurait investi la somme de 170 millions USD dans un terrain près de la ville de Reno pour y installer une « communauté expérimentale » et où sortiraient de terre des résidences, écoles, unités commerciales et de productions dont la pièce maîtresse serait justement sa société « Blockchains LLC ». (NYT)

    La société « Blockchains LLC » aurait développé une sorte de « registre central » pour la comptabilisation de transactions de crypto-monnaies, une façon rêvée par les aficionados de « contourner le système », notamment celui des banques privées et des banques centrales, par l’émission de crypto-monnaies, gérées par une technologie « neutre et inviolable », et, selon Monsieur Burns, « une technologie qui rendra aux gens ordinaires la gestion de leurs données personnelles sans dépendre des grandes compagnies de technologie ou du gouvernement », une technologie, sans aucun doute, « différente » de celle utilisée par « facebook » « twitter » « Instagram » « Snapchat » et autres « WhatsApp ».

    Toujours est-il, ce concept anarchiste semble avoir séduit le gouverneur Sisolak, d’autant plus que Monsieur Burns avait précédemment fait quelques efforts pour le convaincre. On parle d’une généreuse contribution de 50'000 USD au PAC démocrate » (political action committee) « Home Means Nevada », 10'000 USD aux campagnes électorales du gouverneur démocrate et de son adversaire républicain en 2018, 50'000 USD au Parti démocrate de l’état de Nevada en 2019, ainsi que de dons divers et variés entre 1'000 USD et 5'000 USD à des élus locaux des deux partis. (LRV Las Vegas)

    Ce n’est donc pas non plus une surprise que l’administration démocrate du nouveau Président Joe Biden soit particulièrement passionnée par la technologie, truffée d’anciens dirigeants des grandes compagnies de technologie, dont l’ancien patron du moteur de recherche « Google », Eric Schmidt, figurant accessoirement à la tête d’un nouveau comité, crée en 2016 par le Pentagone, ayant pour but « d’étudier l’apport des innovations de la Silicon Valley à l’armée américaine » serait particulièrement intéressé par un poste clé au Département de la défense par un des siens, le nouveau Président saura sans doute se montrer reconnaissant envers ses donateurs.

    En faisant d’une pierre deux coup, c’est pourtant l’entreprise « WestExec Advisors » qui décroche le jackpot avec son fondateur Antony Blinken à la tête du Département d’Etat et une ancienne collaboratrice, Avril Haines à la tête du renseignement national.

    Le carnet de clients du cabinet de conseil se lit comme le « who is who » de la finance et de la haute technologie, Bank of America, Banque Lazard, Royal Bank of Scotland, Gilead, McKinsey, facebook, Uber, Softbank, Linkedin, ainsi que la sulfureuse compagnie de big data « Palantir Technologies » aux services des différentes agences de renseignements.

    Dans une interview avec le média « The Intercept » du magnat touche à tout, Pierre Omidyar, la malheureuse candidate au poste de Secrétaire à la Défense, Michèle Flournoy, déclara que «« WestExec » cherche à embaucher des gens quittant des postes gouvernementaux, disposant d’une expertise solide et d’un vaste carnet d’adresses, tout en veillant à ce que ceux-ci ne soient enregistrés quelque part en tant que lobbyistes, de sorte à ce qu’ils puissent réoccuper d'autres postes à responsabilité politique ultérieurement sans autres formalités. »

    Il y avait une boutade qui circulait dans l’ancienne Union des Républiques Socialistes Soviétiques qui disait qu’une nuit le Président Ronald Reagan se réveilla d’un cauchemar, couvert de sueur. Assistant à un congrès du Comité central du parti communiste il entendit soudainement le secrétaire général donner la parole au premier secrétaire du comité du district de Washington, le camarade Reagan. La réalité semble avoir rattrapé la fiction.

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