Le blog de Bruno Hubacher - Page 5

  • Après nous, le déluge

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    C’est ainsi que Madame de Pompadour consola son amant, Louis XV, le bien aimé, après une nouvelle défaite cuisante contre Frédéric II. La muse de l’actuel monarque le chuchote à l’oreille de son poulain et la Présidente de la Chambre des représentants américaine le souffle à son Chef d’état bien-haï lors de son discours sur l’état de l’Union.

    En début de chaque année le Président des Etats-Unis s’adresse à la branche législative en réunissant le Sénat et la Chambre des représentants pour le discours traditionnel sur l’état de l’Union, et, selon celui-ci, l’Union va bien. L’économie américaine entame sa onzième année d’expansion avec un taux de croissance de 2% pour l’année 2019 et un taux de chômage de 3,7%, taux qui frôle le record historique de 1969.

    Peu importe que l’économie récupère simplement ce qu’elle avait perdu dans la crise de 2008, grâce à la planche à billets à taux zéro. Peu importe que le mode de calcul du taux de chômage se base essentiellement sur un échantillon de sondages, déterminant le nombre de personnes à la recherche d’un emploi, sans tenir compte de ceux qui ont abandonné les recherches. Si on prenait en considération le taux d’activité réel de la population en âge de travailler on arriverait aisément au double, voire le triple de ce chiffre, mise à part le fait que le niveau des salaires, en termes de pouvoir d’achat se trouvent au même niveau qu’en 1978. Mais, passons.

    De toute manière c’est un secret de polichinelle que le Parti démocrate affiche une résistance de façade à la politique du Président, résistance qui se résume essentiellement à un désaccord sur le style et les mauvaises manières. Si la Présidente démocrate de la Chambre des Représentants, Nancy Pelosi, déchire le discours du Président de manière ostentatoire, elle est la première à se lever pour applaudir son invité de marque, le Chef d’état autoproclamé du Venezuela, Juan Guaido, terminant par ailleurs sa tournée européenne, culminant dans la reconnaissance officielle en tant que « Président légitime » par le Parlement européen. Ceci pour le droit international public.

    Que ce soit sur les questions du budget de la défense et la politique étrangère, 738 milliards USD pour le Pentagone pour l’année 2020, en augmentation de 22 milliards USD par rapport à 2019, plébiscité une fois de plus par le Parti démocrate au mois de décembre dernier, les positions sur l’option publique en matière d’assurance maladie, l’effacement de la dette étudiante de 1'500 milliards USD, la gratuité de l’éducation ou l’augmentation du salaire minimum au niveau fédéral, les deux partis affichent un consensus sans faille.

    Depuis la non-élection de sa candidate Hillary Clinton en 2016, le Parti Démocrate s’attelle à des tentatives de sabotage envers le Président élu, l’une plus grotesque que l’autre.

    L’enquête du Ministère publique impliquant pendant deux ans 19 procureurs et 40 agents du FBI sur de possibles liens entre le gouvernement russe et des individus, liés à la campagne présidentielle du candidat Donald Trump, a fini en queue de poisson, par la publication du rapport du procureur spécial, Robert Muller, au mois de mars 2019.

    La procédure de destitution, entamée par le Parti démocrate le 24 septembre 2019, suite à des allégations contre le Président selon lesquels celui-ci aurait exercé des pressions sur le Président ukrainien, Volodymyr Zelensky, dans le but d’incriminer le candidat démocrate à la présidentielle, Joe Biden, et son fils Hunter, pour corruption, dans le contexte de l’implication du dernier dans la société ukrainienne d’exploitation d’hydrocarbures « Burisma Holdings », dans laquelle celui-ci siège au conseil d’administration depuis le 18 avril 2014, sans disposer d’une quelconque expertise, procédure qui vient de faire « pschitt » devant le Sénat.

    Après trois ans de gaspillage de ressources humaines et financières, d’obstruction du travail législatif, le Parti démocrate se retrouve sans contre-projet et la cote de popularité du Président culmine à 49%. A moins que ce soit intentionnel.

    En tout cas, le faux départ de la course à la nomination d’un candidat démocrate dans l’état d’Iowa, ne présage rien de bien pour les candidats qui veulent en finira avec le cafouillage orchestré.

    Après le comptage de 60% des voix, les tuyaux de communication entre bureaux de vote se sont soudainement bouchés. En cause serait une « app » (logiciel pour téléphones portables), commandée in extremis par les responsables du parti local, deux mois avant sa mise en service, et financée en partie par certains candidats, dont Pete Buttigieg, qui mène le bal avec une contribution de 42'000 USD, dans un état où la sélection des candidats se fait à main levée dans des salles de gymnastique. Par ailleurs, certains responsables de la société « Shadow Inc. » qui offre ce service, ont travaillé pour diverses campagnes du personnage clé du parti, Hillary Clinton.

    Peu de temps après l’arrêt du comptage à 60%, le candidat Pete Buttigieg, annonce sa victoire et quasiment l’ensemble des médias mainstream, américains et européens, lui emboitent le pas, évitant soigneusement de mentionner le nom du candidat Bernie Sanders dans les titres.

    Pete Buttigieg, qui commença sa campagne au mois d’avril 2019, et qui se trouvait jusqu’ici en queue de peloton, se voit propulser en première ligne. Fils de Joseph Buttigieg, professeur de littérature et fondateur de la « International Gramsci Society », ancien Maire de la petite ville de South-Bend dans l’état d’Indiana, ancien consultant chez McKinsey et ancien officier des services de renseignements militaires de la Marine, Mayor Pete n’a aucune chance d’arriver jusqu’au « Super Tuesday ». On voit mal la nation la plus bigote de la planète dirigée par un Président homosexuel avec à ses côtés un « First Man ».

    On ne peut donc établir que des hypothèses quant à l’incidence technique qui, très probablement, n’a rien d’accidentel. Le cauchemar le plus absolu pour le parti aurait sans doute été une victoire claire du sénateur Bernie Sanders dans le premier état dans la course, ce qui aurait créé une dynamique, difficile à freiner. En outre il devint vite évident que le premier dans les sondages, jusqu’ici, Joe Biden, allait terminer quatrième, ce qui est une sensation, soigneusement tue par la presse.

    Il se trouve qu’au deuxième tour les voix des candidates qui n’obtiennent pas 15% des votes sont répertoriées sur ceux qui restent dans la course. Vu que la finale s’annonçait serrée, il n’est pas exclu que la devise ait été « tout sauf Sanders ».

    Quant aux candidats de choix de l’establishment, il ne reste que la Sénatrice et ancienne Procureure Amy Klobuchar, ce qui explique le désarroi de certains pontes du parti.

    Un reporter de la chaîne de télévision NBC News fut témoin involontaire d’une conversation au foyer du « Des Moines Savery Hotel » entre John Kerry, ancien Secrétaire d’Etat de l’administration Obama entre 2013 et 2017 et un interlocuteur inconnu. Horrifié par le résultat du candidat Joe Biden et la perspective d’une possible nomination « socialiste » du Parti, celui-ci s’emporte : « Non mais putain je rêve. Je vais finir par présenter ma candidature. Je serais obligé de démissionner de mon poste d’administrateur de la « Bank of America » et cesser de me faire payer pour mes discours. Mais bon, Il faudra que je demande à quelques sponsors comme Doug Hickey (venture capitalist, bailleur de fonds) de lever quelques millions de Dollars. »

    Ce ne sera peut-être pas nécessaire. Le milliardaire Michael Bloomberg, qui, en tant que Maire de New York, en 2008, lors de la crise des « subprimes », ordonna l’expulsion des manifestants du mouvement « Occupy Wall Street » du square « Zuccotti Park », propriété de la banque d’affaires « Goldman Sachs », sous prétexte que « cela faisait sale », est déjà dans les starting-blocks.

    Quant aux résultats finaux en Iowa on reste dans le flou. Lors d’une conférence de presse du candidat Bernie Sanders, celui-ci annonce un match nul avec une avance de 6'000 voix en sa faveur et 11 délégués pour lui et Buttigieg or les médias maintiennent la victoire du dernier.

    L’establishment biparti n’a aucun projet de société dans ses tiroirs, si ce n’est que le « Statu quo », et l’opposition du mouvement « Our Revolution » face à l’establishment du parti risque de subir le même sort que le mouvement « Momentum » en Grande Bretagne.

    Bernie Sanders, au même titre que Jeremy Corbyn en Grande Bretagne, est corseté dans la structure d’un parti politique, entièrement à la botte du grand capital. Hillary Clinton, qui continue à tirer les ficelles, l’avait asséché financièrement pour mieux pouvoir le contrôler pour le compte de ses donateurs. (« Hacks », livre écrit par la Présidente ad-interim du parti, Donna Brazile, entre juillet 2016 et février 2017, paru en novembre 2017).

    Le Sénateur du Vermont, Bernie Sanders, ancien Maire de la ville de Burlington, membre du Congrès depuis 1991, Représentant entre 1991 et 2007 et Sénateur depuis 2007, défend les mêmes positions en matière de santé publique, de fiscalité, d’éducation, d’égalité des sexes avec une continuité qui frôle l’obstination. Ainsi il n’a jamais voté pour un seul budget militaire depuis près de trente ans.

    Et pourtant, son talon d’Achille risque bien d’être la politique étrangère, et par extension la guerre permanente du complexe militaro-industriel par l’entremise du Pentagone. Serait-ce le domaine dans lequel il sera finalement obligé d’avaler la couleuvre qui lui ouvrirait le sésame. Il serait, à l’instar de ses prédécesseurs, une marionnette de plus entre les mains du grand capital.

    En tout cas, un récent « tweet » de son conseiller en politique étrangère, Matt Duss, un activiste politique, laisse planer un doute, d’autant plus que le dernier avait travaillé, jusqu’en 2014, pour le « Think Tank » « Center for American Progress », fondé et dirigé par John Podesta, l’ancien chef de la campagne électorale de Hillary Clinton en 2016, « dindon de la farce » dans le contexte d’une fuite de milliers d’e-mails, obtenus par des inconnus, à l’aide du procédé du « phishing », et publiés par « Wikileaks » le 7 octobre 2017. Par la suite la CIA avait attribué cette fuite aux services secrets russes, alimentant le fameux « Russiagate ».

    Le texte de ses « tweets » laisse de la place à des interprétations diverses et variées :

    « Pathetic, Nancy Pelosi applaudit une année de politique de changement de régime échouée. » (Venezuela ndlr)

    « La seule chose que la politique de changement de régime du président au Venezuela a réussi, fut de donner aux russes une belle opportunité de se mêler de nos affaires dans notre hémisphère » (sous influence des Etats-Unis ndlr) « C’est pour cela qu’ils applaudissent. »

    Affaire à suivre

    https://bhubacher.blog.tdg.ch/archive/2017/11/13/des-aveux-tardifs-287723.html

    https://bhubacher.blog.tdg.ch/archive/2019/04/26/creepy-joe-298506.html

    https://bhubacher.blog.tdg.ch/archive/2019/03/28/from-russia-with-love-298041.html

    https://bhubacher.blog.tdg.ch/archive/2019/10/14/impeachment-301466.html

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  • Crime en col blanc

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    C’est sans doute avec une pointe de « Schadenfreude » que le quotidien « The New York Times » relate dans son édition du 23 janvier dernier les tenants et aboutissants de ce que son reporter appelle « la fraude fiscale du siècle », connue sous l’appellation « cum-ex ».

    Le prélude allemand, de cette saga à multiples tiroirs, qui risque bien d’ébranler les fondements même de certains instituts bancaires, débuta le 7 novembre 2016 avec un entretien dans les locaux de la police criminelle de Düsseldorf entre la procureure Anne Brorhilker et le futur témoin clé du Ministère public, l’ancien avocat d’affaires repenti « Benjamin Frey ».

    Le premier volet d’une longue série de procès à venir s’ouvrit le 4 septembre 2019 devant le tribunal de grande instance de Bonn et l’étendue de l’affaire se révèlera au cours des nombreuses délibérations à venir. Au banc des accusés, l’ancien banquier et mathématicien d’origine irlandaise, diplômé de l’université d’Oxford, Martin Shields et le courtier britannique Nicholas D.

    Le témoin clé du Ministère public se présente sous le pseudonyme de « Benjamin Frey », un avocat d’affaires allemand repenti, qui, en cas d’une inculpation, risque une peine de prison de 7 ans, et qui collabore avec la justice allemande depuis 2016. Sur le banc des accusés se trouvent en outre cinq banques d’affaires dont la maison hambourgeoise « Warburg », la banque américaine « BNY Mellon », un fonds d’investissement de la banque française « Société Générale » et la banque suisse « Sarasin », aujourd’hui « J. Safra Sarasin ». Le préjudice pour les finances publics de ce premier procès s’élève à 450 millions Euro.

    Au mois de décembre dernier le quotidien « Die Zeit » rapporte que le nombre de procédures pénales en cours s’élève, pour l’instant, à 500 cas et que les premiers instituts bancaires montrent des signes de résignation. Les avocats de la maison « Warbug » annoncent la possibilité d’une restitution intégrale des sommes perçues indument. Quelques acteurs de taille moyenne risquent bien de voir leur existence menacée.

    Sur le volet allemand de la saga, une investigation « undercover » fut menée entre 2017 et 2018 par l’ONG allemande « Correctiv », un centre d’investigation journalistique à but non lucratif berlinois, fondée en 2014, dont l’objectif est « de répondre à une crise contemporaine des médias et journaux », investigation impliquant 37 journalistes dans 12 pays. Sur son site internet on peut visionner une interview, également mise en ligne sur « youtube » le 18 octobre 2018, avec le témoin clé du Ministère public, qui intervient sous le pseudonyme de « Benjamin Frey » et dont l’apparence physique fut changée par un maquilleur, par peur de représailles de la part de ses anciens clients.

    Les conclusions du collectif de journalistes indépendants sont publiées sur son site internet et gracieusement mises à disposition des médias « mainstream » pour publication, en l’occurrence du « New York Times », du quotidien allemand « Die Zeit » et de l’émission de télévision du service public « Panorama ».

    Filmé de dos, par les caméras de l’équipe de « Panorama », le visage flouté, l’homme qui se nomme, « John Baker », qui est en réalité un de deux accusés du procès de Bonn, Martin Shields, raconte son passage au département « optimisation fiscale » de la banque d’investissement américaine « Merrill Lynch » à Londres, institut rachetée in extremis par « Bank of America » le 15 septembre 2008 dans le sillage de la crise financière, dite crise des « subprimes ».

    L’objectif principal de ce petit groupe de spécialistes, dirigé par le néo-zélandais Paul Mora, qui séjourne actuellement dans son pays natal, n’était pourtant nullement l’optimisation fiscale, mais bel et bien l’encaissement indu de crédits d’impôts sur des dividendes de valeurs mobilières. La perte globale, et non le manque à gagner, encourue par ce genre de « stratégie », au niveau européen, est estimée à 55 milliards Euro, dont 32 milliards Euro pour l’état allemand, le double de la perte estimée pour l’état français- (NYT).

    Comme dans de nombreux pays, un impôt à la source est prélevé, par la banque dépositaire, sur les paiements de dividendes, pendant que celle-ci émet, simultanément, une attestation de remboursement à l’intention du fisc, permettant au détenteur d’un titre de se faire rembourser le montant prélevé, à condition qu’il s’acquitte de l’impôt sur le revenu en bonne et due forme. Par un tour de passe-passe dont les « banksters » ont le secret, le détenteur d’un même titre pouvait ainsi se faire rembourser à double par l’état ou même plusieurs fois selon les cas. (1)

    La « Schadenfreude » américaine s’expliquerait peut-être par le fait que les banques américaines connaissaient cette pratique jusqu’en 2008, année pendant laquelle l’ancien sénateur du Michigan, Carl Levine, connu pour ses échanges musclés avec les responsables de la firme « Goldman Sachs » dans le cadre de l’investigation sur la crise des « subprimes » (shitty deals), s’y intéressait de plus près. Après une investigation approfondie, débouchant sur un rapport de plus de 1'000 pages et une audition devant le Sénat, le législateur américain mit un terme à cette stratégie « profitable », qui coûtait le trésor américain la somme de 100 milliards USD chaque année. (NYT)

    Qu’à cela ne tienne. Après un déménagement précipité de l’équipe « optimisation fiscale » dans les locaux de la banque à Londres, la même année, 2008, « Merrill Lynch » lance une étude sous le nom de « Globally coordinated approach », étude censée identifier les pays européens dans lesquels cette pratique, désormais interdite aux Etats-Unis, pourrait être appliquée. L’étude releva 13 pays, dont la France, l’Autriche, la Belgique, le Danemark, la Finlande, les Pays-Bas, l’Italie, La Norvège, le Portugal, l’Espagne, et, surtout l’Allemagne, à cause de la taille de son économie et, par conséquent, de son marché des actions.

    Après la victoire écrasante du parti « Tory » aux élections parlementaires du mois de décembre dernier on peut s’attendre, pour la petite histoire, à une revalorisation significative de la « City » en tant que centre financier offshore.

    Finalement, pris de remords, le banquier indélicat, Martin Shields alias « John Baker », dépose, en 2012, une plainte anonyme auprès de la SEC « US Securities and Exchange Commission », dans l’espoir, vain, que celle-ci alerterait les autorités allemandes. Comment pouvait-il en être autrement. Malgré le fait qu’il s’agissait d’une banque américaine commettant une fraude envers un allié, l’Allemagne, ce qui ne compromet pas les intérêts des Etats-Unis n’intéresse pas les Etats-Unis.

    Entre 2005 et 2008, le duo Shields-Mora fait une apparition remarquée dans l’unité « investment banking » de la banque italo-allemande « UniCredit SpA-HypoVereinsbank » à Londres, dirigée à l’époque par l’actuel patron de la banque suisse UBS, Sergio Ermotti. En 2007, Paul Mora et ses supérieurs reçurent une visite du directeur allemand des affaires fiscales du groupe, Frank Tibo, qui exprima de sérieux doutes quant à la légalité des opérations « cum-ex », doutes confirmés en 2012 par la perquisition des locaux de la banque à Munich par la police allemande et une condamnation de rembourser 145 millions Euro au fisc allemand. (Bloomberg).

    Bien entendu, à ce moment, le duo avait déjà mis les voiles vers d’autres cieux. Profitant des affaires florissantes de leur propre fonds d’investissement « Ballance Capital » aux multiples filiales en Grande Bretagne, Gibraltar, Jersey, Iles Caïman et Iles Vierges britanniques, il pouvait compter sur l’expertise et la complicité d’une sommité allemande en matière de fiscalité, Hanno Berger, déjà au service du duo du temps passé chez « UniCredit SpA-HypoVereinsbank » à Londres.

    Hanno Berger est une figure fascinante, une sorte de « Dr. No », l’incarnation du mal. Avocat d’affaires, spécialiste de produits financiers et leur traitement fiscal.

    Hanno Berger débuta sa carrière à l’administration fiscale du Land Hessen où il oeuvrait au bureau de Francfort en tant qu’expert-comptable et plus haut gradé, spécialiste de la surveillance bancaire, pendant 12 ans, jusqu’en 1996.

    Après de nombreux passages dans les études d’avocats les plus prestigieuses, « Clifford Chance », « Shearman & Sterling », « Dewey & LeBoeuf », actuellement en faillite, il crée, en 2010, sa propre étude « Berger Steck & Kollegen ». Suite à des perquisitions par la police allemande et suisse de ses bureaux en 2012, dans le cadre d’une enquête pénale pour fraude fiscale, Hanno Berger préfère s’enfuir et chercher refuge dans les alpes suisses d’où il continue à clamer son innocence jusqu’à ce jour.

    Dans une interview, accordée au site internet du magazine « Capital (Deutschland) » du groupe « Bertelsmann » du 4 septembre 2019, le prévenu révèle le psychisme d’un être et, en effet, de toute une classe sociale, foncièrement narcissique.

    L’objectif d’un impôt, retenu à la source, plus élevé que l’impôt ordinaire sur le revenu du capital, est avant tout une manière de s’assurer que le détenteur d’une valeur mobilière paie correctement son dû. La ligne de défense du narcissique compulsif n’est pas la défense du sens même de la loi, mais, sa définition par le législateur et, surtout, toutes les interprétations possibles, un défi intellectuel qui, selon Monsieur Berger, « oblige » des gens comme lui de trouver la faille qu’il s’agit d’exploiter au bénéfice de gens qui paient déjà trop d’impôts à son sens.

    Ainsi, Monsieur Berger déclare que la manière dont le législateur allemand définit, entre autres, la date de détention d’un titre, muni d’un droit d’encaissement d’un dividende (cum) ou celle d’un titre sans droit au dividende (ex) prête à confusion dans sa version actuelle et ouvre de ce fait toutes les portes à toutes sortes d’interprétations.

    Sur la question concernant les conséquences sur le financement du service public, Monsieur Berger répond : « Si le fisc allemand se tire une balle dans le pied, ce n’est pas mon problème. »

    La stratégie, appliquée à maintes reprises que ce soit par des politiciens, des patrons d’entreprises, des financiers, des avocats et autres experts, consiste à rendre un état de fait, finalement assez compréhensible, complexe et « trop indigeste pour le commun des mortels ».

    Pourtant, si, dans le cas qui nous occupe, un investisseur encaisse, à plusieurs reprises, un crédit d’impôt pour le même titre, il n’est pas besoin d’avoir étudié le droit pour comprendre qu’il s’agit là d’un délit. Mais, comme le disait l’humoriste français Coluche, « ce qui est valable pour les politiques l’est sans doute aussi pour la gilde des juristes, cinq ans de droit et tout le reste de travers. ».

    Pour illustrer la stratégie d’enfumage de Monsieur Berger, celui-ci cite un exemple « probant ». « Prenons une action d’une valeur boursière de 1'100 Euro, dont 100 Euro représentent le dividende. On pourrait donc présumer que l’action sans dividende vaut 1'000 Euro. Mais non. Dans le marché l’action ex dividende vaut entre 1'003 Euro et 1004 Euro. »

    Ce que Monsieur Berger décrit, est une situation dans laquelle un opérateur de bourse cherche à profiter, tout à fait légalement, d’une différence de cours infime, par l’achat et la vente simultanée de titres sur des marchés différents. Cela s’appelle une opération d’arbitrage. Cela n’a strictement rien à voir avec une opération concertée entre investisseurs.

    On pourrait ajouter que Monsieur Berger consenti, en 2011, à payer 1 million Euro à un maître chanteur pour « éviter de mettre ses clients dans l’embarras. » (WDR)

    Il est certain que le propriétaire d’une maison qui a facilité la tâche à un cambrioleur en laissant ouverte la porte d’entrée, doit assumer une part de responsabilité, sans que le cambrioleur soit exonéré de sa faute pour autant.

    Les responsabilités des trois ministres des finances successifs Hans Eichel (SPD) entre 1999 et 2005, Peer Steinbrück (SPD) entre 2005 et 2009 et, finalement, Wolfgang Schäuble (CDU) entre 2009 et 2017, est mise à nu dans un documentaire de la chaîne de télévision allemande WDR (Westdeutscher Rundfunk) de 2016.

    Le 20 décembre 2002, Le ministre des finances, Hans Eichel, reçoit un courrier de la « Fédération des banques allemandes ». Les banquiers allemands rendent le ministre attentif au fait que « sous certaines conditions il serait possible que l’état débourse aux investisseurs en actions davantage que ce qu’il prélève et qu’il conviendrait de se préoccuper d’un possible vide juridique. » Le ministre se contenta d’accuser réception.

    Aucun des trois ministres daignait, par ailleurs, faire un commentaire aux reporters de la chaîne de télévision allemande WDR en 2006, seulement L’actuel Secrétaire d’état aux finances Michael Meister (CDU) tenta une explication : « On avait essayé de savoir si ce vide juridique était effectivement exploité en réalité ». Ce fut le cas, en effet.

    Novembre 2006, le ministre des finances socialiste, Peer Steinbrück, décide de prendre le taureau par les cornes. Une nouvelle loi n’autorise les banques, domiciliées en Allemagne, d’émettre des attestations de restitution de l’impôt à la source qu’après le paiement de l’impôt effectif ». Qu’en est-il des transactions effectuées par les banques domiciliées à l’étranger ?

    « N’était-ce pas une invitation aux banques de transférer tout simplement ces mêmes transactions à l’étranger ? » demande le reporter de la chaîne WDR au Secrétaire d’état aux finances, Michael Meister. Réponse : « L’éthique et la morale aurait commandée à un être humain, normalement constitué, de renoncer à un tel contournement de la loi ». Le texte de la « Lex Steinbrück » fut par ailleurs repris, mot par mot, des recommandations de la « Fédération des banques allemandes. »

    Peu de temps après, la banque française BNP Paribas informe ses clients allemands que « grâce à un nouveau texte de loi, initié par la « Fédération des banques allemandes » les transactions « cum ex » peuvent se dérouler dorénavant via une de nos filiales à l’étranger » et la première banque à entrer dans le vif du sujet, deux jours après l’entrée en vigueur de la nouvelle loi, fut la britannique Barclays, avec un premier objectif déclaré de 55 millions £ de bénéfice par année, pour la banque.

    Dès mai 2009, dans un papier interne, les responsables du ministère des finances craignent désormais une perte pour les finances publique dépassant 1 milliard Euro.

    Dès 2010 les collaborateurs du Ministre des finances Wolfgang Schäuble s’attellent à une modification de la « Lex Steinbrück » dans le but d’inclure dans le texte les banques, domiciliées à l’étranger, ce qui avait pris le législateur deux ans de plus. « Le processus de coordination avec les Länder a considérablement ralenti les travaux, entraves auxquels s’ajoutaient des problèmes informatiques » s’excuse le ministre. (Spiegel) On soupçonne que l’ombre de la « Fédération des banques allemandes » continue à planer au-dessus de la chose publique.

    On ne peut s’empêcher de penser aux leçons de morale du ministre Steinbrück à l’intention des suisses dans le cadre de l’échange de données de contribuables allemands indélicats, « suggérant d’appeler la cavalerie pour faire de l’ordre chez le petit voisin » et celles par Wolfgang Schäuble à l’adresse des grecques dans le cadre du sauvetage des banques européennes de « travailler davantage et de rembourser leurs dettes ».

    Comme le suppose le lanceur d’alerte « Benjamin Frey » lors de son interview avec l’équipe du collectif « Correctiv », cette affaire ne sera pas la dernière de ce genre car la nouvelle génération d’avocats et financiers, éduqués dans les meilleures universités et facultés de droit, financées avec de l’argent public, sont prêts à assurer la relève.

    Les personnalités qui mettent en question la raison d’être même du capitalisme se comptent sur les doigts d’une main. De la droite de l’échiquier politique à la gauche le maître mot est « régulation ».

    Flairant une opportunité, le député français, Jean-Luc Mélenchon, va jusqu’à opposer le bon capitalisme (industriel) au méchant capitalisme (financier), or le vert est dans le fruit. C’est la logique même de la plus-value et de la surproduction, le moteur qui fait tourner le système qui est en cause et non les « méchants » ou le « bons » capitalistes.



    (1) Quelques jours avant le paiement annuel du dividende Investisseur B vend des actions de la société X à investisseur C « à terme » avec une date de livraison différée.
    (2) Le jour du paiement du dividende un autre investisseur A qui possède déjà des actions de la société X, reçoit le versement du dividende, moins 25% d’impôt à la source, directement versé au fisc par la banque dépositaire qui émet, simultanément, une attestation de remboursement, censé remplacer le paiement de l’impôt ordinaire sur le revenu, évitant une double imposition.
    (3) Après paiement du dividende investisseur A vend ses actions à investisseur B et celui-ci les livre à investisseur C qui obtient une deuxième attestation de remboursement de 25% du dividende de la banque dépositaire, puisqu’il se trouvait « formellement » en possession de l’action à la date de paiement du dividende.

    https://bhubacher.blog.tdg.ch/archive/2016/08/14/l-economie-expliquee-en-novlangue-278196.html

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  • Pouvoir médiatique

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    « Les médias allemands sont entre les mains de deux veuves noires, l’ancienne standardiste Liz Mohn et l’ancienne gouvernante Friede Springer. » Cette boutade de l’humoriste allemand Volker Pispers illustre bien que, dans l’exercice du pouvoir, les femmes n’ont rien à envier à leurs pairs masculins.

    Quoi que, les deux veuves ne sont pas logées à la même enseigne. L’une est à la tête d’un des plus importants empires médiatiques diversifiés de la planète, le groupe « Bertelsmann » (1), qui gagne (encore) de l’argent grâce à la télévision trash, tandis que l’autre, aux manettes du plus important groupe de presse allemand « Axel Springer » s’encombre » encore avec du journalisme déficitaire. Plus pour longtemps.

    Le 12 juin 2019 la direction du groupe « Axel Springer SE » (Societas Europaea) annonce l’arrivée des « sauterelles » du fonds d’investissement « Kohlberg Kravis Roberts & Co. ». Doté d’une solide expérience dans l’audiovisuel allemand, par son passage chez le conglomérat de chaînes de télévisions, stations de radio et sites internet « ProSiebenSat1 « entre 2007 et 2014, se soldant par un bénéfice appréciable de 550 millions, le fonds new yorkais détient, à ce jour, 44,4 % du capital du groupe de presse.

    Pour la petite histoire, contrairement au groupe « Bertelsmann », l’expérience audiovisuel du groupe « Springer » fut quelque peu malheureuse. La tentative d’augmenter sa participation de 12% dans « ProSiebenSat1 » à 100 % en 2005 fut avortée par la commission d’enquête sur la concentration des médias, KEK, qui voyait d’un mauvais œil la puissante « Bild Zeitung » et « ProsiebenSat 1 » sous un même toit.

    Propriétaire du faiseur des rois « Bild Zeitung » et du porte-parole officieux du gouvernement Merkel « Die Welt », le groupe souhaite, avec l’aide du fonds investissement américain, investir davantage dans des « startups » dans le domaine digital, en produisant ce qu’on appelle pudiquement de « l’infotainement », le savant mélange entre information et publicité, un peu à l’instar du concurrent « ProSiebenSat1 » qui, à travers sa filiale « Nucom Group », vend dorénavant, des rencontres sur internet, des parfums, des sextoys, des meubles, des assurances.

    Tout en affirmant son attachement à ses deux titres de presse phare, le groupe annonce, pour les trois ans à venir, un investissement de 100 millions Euro dans une version « Live » sur internet du quotidien « Bild Zeitung », de pair avec une série de réductions de coûts, notamment de nouvelles suppressions de postes dans des domaines « traditionnels » peu rentables, tel que le journalisme on imagine.

    Après avoir cédé la totalité de ses titres régionaux, une nouvelle réduction de coûts est prévue dans le domaine « actualités domestiques ». Le groupe semble vouloir se concentrer davantage sur l’actualité européenne, notamment à travers son site d’information « Politico Europe », un bébé de l’hebdomadaire britannique « The Economist », une plateforme dédiée aux activités des institutions clé de l’Union Européenne dont la revendication est « d’offrir un regard indépendant spécialisé sur les affaires de l’Union avec une volonté de rendre celle-ci plus sexy ».

    On ne peut s’empêcher de penser que les groupes médiatiques ont tendance à financier la propagande avec du « trash », en se limitant à l’utilisation des trois sources d’information principales « Associated Press » (USA), Agence France Presse (France) et Reuters (Grande Bretagne). C’est moins cher que le journalisme d’investigation et, après la « sélection de l’info » par les rédactions il ne reste plus qu’à diffuser le manuel de bonne conduite à l’intention des journalistes.

    En effet, la dernière adaptation à l’air du temps du « petit livre rouge » du groupe Springer, également appelé charte d’entreprise, date de l’assemblée annuel des actionnaires, au mois d’avril 2017.

    Formulé une première fois par son fondateur Axel Springer en 1967, ce « manifeste de bonne conduite » fut modifié une première fois après la réunification des deux Allemagnes en 1990 et, par la suite, après l’attentat du World Trade Center à New York en 2001.

    Selon le président, Mathias Döpfner, la nouvelle version, proposée aux 16'000 collaborateurs sous l’appellation « Essentials », formule les « principes de gestion d’entreprise dans un langage plus compréhensible à un personnel devenu de plus en plus international ».

    « Le groupe Axel Springer s’engage pour la liberté, un bien précieux pour lequel il faut se battre tous les jours, car la liberté doit être vécue et constamment défendue. Nos « Essentials » sont pertinents comme jamais, car ils représentent, dans l’environnement actuel, un engagement rare qui distingue le groupe « Axel Springer » et donnent un sens au travail du journalisme au-delà du simple succès commercial. »

    Voilà comment Mathias Döpfner définit la liberté.

    • Nous nous engageons pour la liberté, la démocratie, l’état de droit dans une Europe unie.
    • Nous soutenons le peuple juif et le droit d’existence de l’état d’Israël.
    • Nous manifestons notre solidarité avec les Etats-Unis d’Amérique en tant que communauté de valeurs libérales.
    • Nous nous engageons pour une économie sociale de marché.
    • Nous réfutons tout extrémisme religieux et politique.

    Il serait intéressant de savoir si les collaborateurs du groupe de presse suisse « Ringier » sont également appelés à signer la « charte Springer », puisque les deux groupes de presse sont étroitement liée à travers une joint-venture à parts égales, établie dans le but de créer des synergies entre les titres suisses, tels que « Le Temps », « L’illustré », « PME Magazine », « Edelweiss », « TV8 », et « Schweizer Illustrierte », à l’exception du pendant suisse de l’allemand « Bild Zeitung » le groupe zurichois « Blick », d’un côté, et leurs frères allemands de l’autre.

    Toujours est-il, certains journalistes suisses semblent commencer à ruer dans les brancards, de façon anonyme, pour l’instant.

    « Swiss Propaganda Research » est un projet de recherche privé, lancé en 2016, sur la propension des médias, suisses et internationaux, de diffuser de la propagande, notamment en matière de géopolitique. Le dispositif se veut apolitique et financièrement indépendant, quoi que précisément leur source de financement n’est pas connue. (demande d'information restée sans réponse pour l’instant ndlr) http://swprs.org/ (disponible uniquement en allemand et en anglais)

    Le fait que les membres des différents groupes de recherche aient choisi de publier leurs conclusions de façon anonyme, « par peur d’être exposés à de possibles diffamations, voire des sanctions professionnelles », laisse entrevoir un climat de travail particulier dans les rédactions de nos médias.


    (1) Veuve et seconde épouse du défunt Reinhard Mohn, descendant du fondateur Carl Bertelsmann, Liz Mohn, contrôle, avec sa famille, un des plus importants empires médiatiques de la planète via la puissante « Fondation Bertelsmann ». Actif dans plus de 50 pays, notamment en Europe et aux Etats-Unis, le groupe Bertelsmann génère, avec ses 117'000 collaborateurs, un chiffre d’affaires annuel de 18 milliards EU en se concentrant sur ses trois secteurs d’activités principaux, les médias, les services et l’éducation.

    Via sa holding « RTL Group », Bertelsmann contrôle 60 chaînes de télévision et 30 stations de radio à travers le monde (RTL Télévision Allemagne, Pays Bas, Luxembourg, Belgique, Croatie, Hongrie, Espagne et le marques françaises M6, W6, 6ter, Paris Première, Teva. Sous le contrôlé de « RTL Luxembourg » se trouve la société britannique « Fremantle », active dans une vingtaine de pays, avec ses 300 canaux « youtube », un des plus importants producteurs et distributeurs de programmes de télévision au monde, 10'000 heures de pur plaisir chaque année (Question pour un champion, l’amour est dans le pré, Nouvelle Star, Chef, une famille en or, que le meilleur gagne etc. etc.

    « StyleHaul » une plateforme digitale, acquise en 2014, active dans le domaine du marketing et « product placement », animée par, ce qu’on appelle en franglais des « influencers » fut fermée en 2019 après l’arrestation de son directeur pour avoir épongé ses dettes de poker avec les fonds de la société, tandis que « SpotX », une plateforme de commercialisation de vidéos publicitaires est encore de ce monde.

    Via sa holding « Guhner & Jahr » Bertelsmann contrôle une partie du marché allemand des magazines avec des titres tels que « Der Stern », « Der Spiegel », les magazines pour femmes, « Brigitte », « Barbara », « Guido », « Geo » pour la jeunessse, « Chefkoch » pour les gourmets et « Schöner Wohnen » pour la classe moyenne supérieure. Via la société française « Prisma Media » « Bertelsmann » possède « Femme actuelle » « Gala », « Voici », « GEO », « National Geographic », « ça m’intéresse », « Capital », « Management », « Télé Loisirs », et cetera, et cetera, et cetera.

    En 2013 « Bertelsmann » acquit 53% de la maison d’édition américano-britannique « Penguin Random House » qui publie chaque année plus de 15'000 nouveaux livres. En 2019 le groupe augmente sa participation à 100%.

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