Le blog de Bruno Hubacher - Page 4

  • Inflation

    Imprimer

    Certains prétendent que dans son essence il était jacobin, socialiste dirait-on aujourd’hui, sans doute pour le dépeindre sous son meilleur jour. En même temps, Adolf Hitler et Benito Mussolini l’étaient. Non, il était capitaliste, Napoleone Bonaparte, et quand l’actuel président français prend grand soin de lui rendre ses lettres de noblesse, il a le mérite d’être cohérent.

    Une chose est sûre, l’empereur aimait l’argent et il savait s’enrichir, au moyen de raids militaires d’une part, mais également par l’emprunt bancaire. Fin stratège, il avait reconnu très tôt que le vrai pouvoir n’est point en mains des militaires, mais des banquiers.

    En s’inspirant du principe de la mise en gage des biens de l’état, volés à l’aristocratie et au clergé par les révolutionnaires, par l’émission d’une nouvelle monnaie fiduciaire, les assignats, l’empereur créa, avec un groupe d’amis banquiers, la Banque de France dont il fut le premier actionnaire, au même titre que sa mère, Letizia, son épouse Joséphine, la belle-famille, les Beauharnais, ainsi que son beau-frère Joachim Murat, futur roi de Naples. Il faut dire que le fonctionnement de la Banque de France de l’époque n’est pas très éloigné de celui de la Réserve Fédérale, la banque centrale américaine, aujourd’hui, également une institution privée.

    Au même titre que l’empereur, qui se servait du monopole de la création monétaire pour s’enrichir, en déclenchant le phénomène de l’expropriation, appelé « inflation pour le commun des mortels », les révolutionnaires avant lui se servaient de la pratique de l’agiotage.

    En période de tumultes révolutionnaires, la nouvelle classe émergeante, la noblesse mobilière, aujourd’hui on les appellerait les capitalistes, avaient pour coutume d’accumuler des biens, en spéculant sur la hausse de leur prix sous le coup de l’inflation. C’est exactement ce que font actuellement les grands fonds d’investissement en période de pandémie et de crise économique en achetant de l’immobilier et des commerces en détresse.

    Entre eux, la classe dominante commerçait naturellement en monnaie sonnante et trébuchante, l’or, laissant à la plèbe l’assignat, dont la cotation était tombée à 30 % de sa « valeur or » lors de la prise de pouvoir par Maximilien de Robespierre, pour remonter à 70% vers la fin de son bref « intermezzo collectiviste ». (Henri Guillemin)

    L’arrêt du vol institutionnalisé des biens de l’état dans la lutte contre l’inflation y était sans doute pour quelque chose, notamment l’introduction d’une centrale d’achat de matériel de guerre, rendant obsolète les « fournisseurs de guerre », les intermédiaires, tels que le philosophe Voltaire, qui se sucraient sur le dos de la collectivité, en prélevant de juteuses commissions sur l’achat de matériel de guerre (Henri Guillemin) créant ainsi, indirectement, de l’inflation, en volant l’état. Il faut dire que la pratique fut réintroduite par les thermidoriens après la chute de l’incorruptible, ou devrait-on dire le naïf, et demeure en vigueur à ce jour sous la forme du partenariat public-privé.

    Les causes de l’inflation, dont on craint le retour actuellement, ne diffèrent guère de celles de cette époque lointaine. Ce qui a peut-être changé, ce sont les méthodes de marketing dont se sert le système pour l’expliquer, notamment, en rendant sa compréhension aussi difficile que possible pour le commun des mortels.

    Toujours est-il, le capital, injecté dans les marchés financiers depuis la dernière crise économique par les banques centrales est en train de s’intéresser à nouveau à l’économie réelle, toujours en quête de rendements intéressants, dans l’immobilier par exemple et pourquoi pas dans cette myriade de petites et moyennes entreprises qui ne tardera pas à mettre la clé sous le paillasson sous le coup de la pandémie du covid. L’inflation, pour le commun des mortels, se fera sentir, une fois que tous ce beau monde, les fonds d’investissements et les banques, se seront servis. C’est ce qu’on appelle l’effet Cantillon, nommé après l’économiste irlandais, Richard Cantillon, mort en 1734.

    Certes, l’inflation peut avoir d’autres causes, comme l’explique l’économiste marxiste le plus célèbre des Etats-Unis, Richard Wolff, dont les lumières sont en très forte demande actuellement.

    Les manuels scolaires parlent de l’inflation par la demande, selon la théorie desquels une quantité limitée de biens face à des consommateurs disposant d’une quantité illimitée d’argent provoquerait automatiquement une hausse des prix, parce que les acheteurs augmenteraient les enchères pour obtenir le sésame. C’est une supposition qui relève du domaine de la psychologie, car les consommateurs, du moins en période d’opulence, pourraient très bien renoncer à l’achat. Seulement ce serait contraire à la doxa « greed is good ».

    L’inflation par les coûts, les coûts de production le long de la chaine logistique, matières premières, puces électroniques, semi-conducteurs, est un phénomène qu’on peut observer actuellement dans le contexte de la pandémie du covid et l’arrêt momentané de l’économie. L’ensemble des fournisseurs se sont vu obligés de réduire leurs capacités de production voire orienter celles-ci vers d’autres produits, ce qui mènera fatalement à une pénurie, voire une hausse des prix, là encore, à condition que la demande suive, ce qui n’est pas nécessairement le cas pour tous les produits, mais certainement pour ceux de première nécessité, comme l’essence, la nourriture, les soins médicaux, l’habillement.

    La valeur économique d’un bien ou service est déterminé par la quantité de travail, nécessaire à le produire (Marx), ce qui ne représente pas son prix mais sa valeur, à laquelle il faut ajouter, pour obtenir son prix, le coût du capital un facteur essentiel de l’inflation. Ainsi, la simple suppression du coût du capital, l’intérêt ou le dividende, éliminerait la pression inflationniste.
    .
    Ainsi, au niveau micro-économique, le niveau de l’inflation est essentiellement le résultat du comportement des acteurs économiques, confrontés à une pénurie ou pléthore de services et produits, au niveau macro-économique en revanche, la clé de la résolution du problème de l’inflation réside dans le monopole de la création monétaire, en mains privées depuis Robespierre.

    Lien permanent 1 commentaire
  • New Deal

    Imprimer

    Robert Reich est déçu. Cela fait quatre ans que l’ancien Secrétaire au Travail du président Bill Clinton, un vieux de la vieille du Parti démocrate, déverse ses vitupérations sur le président antisocial et belliqueux, Donald Trump, dans la cyber-sphère, et maintenant cela. Son poulain, Joseph Biden, propose au Congrès un budget miliaire plus ambitieux encore que son prédécesseur. (The Nation)

    Pourtant, selon le Pentagone, le renforcement du budget de la défense le plus important de la planète, 715 milliards USD pour l’année 2022, ou 3,5% du PIB, davantage que l’ensemble des dix pays suivants, 11 milliards USD de plus que sous Donald Trump, permettra « une augmentation significative des ressources, dédiées au renforcement des démocraties dans le monde, l’avancement des droits humains, le combat contre la corruption et l’autoritarisme ». Cible principale de ces efforts de démocratisation est, sans grande surprise, la Chine.

    Ainsi le rapport du Pentagone désigne la Chine comme « top challenge » et souligne la nécessité absolue de donner satisfaction aux exigences du Commandement Pacifique, l’US Indo-Pacific Command, de « poursuivre la « Pacific Deterrence Initiative », en doublant son budget. Sans une stratégie efficace de dissuasion, la Chine deviendrait un facteur dominant dans la région et dans le monde, une menace pour les intérêts vitaux des Etats-Unis. »

    Entre autres, ce budget vise, « une expansion massive du réseau de missiles conventionnelles de précision, « Precision Strike Missiles » dont l’achat profitera la maison « Lockheed Martin », stationnées le long de ce qu’on appelle « First Island Chain » » (Asia Nikkei), il y en a cinq en tout, une sorte de « Ligne Maginot » asiatique, un serpent d’îles, encerclant la Chine entre la péninsule russe de Kamtchatka au nord, les îles des Kouriles, le Japon, avec sa base militaire d’Okinawa où sont stationnés 55'000 GI’s, l’archipel japonais des Ryukyu, Taiwan, le nord des Philippines, l’île de Bornéo et la péninsule Malaise au sud, des îles se situant précisément dans des eaux, réclamées par la Chine.

    La stratégie d’encerclement de la Chine et la Russie par la mer, « Island chain strategy », mentionnée pour la première fois en 1951 par le commentateur politique et futur Secrétaire d’Etat, John Foster Dulles, en 1951 lors de la guerre de Corée (Wikipedia), est toujours la pièce maîtresse du dispositif de défense des forces américaines en Asie de l’Est.

    Il faut dire que tout cela n’intéresse pas trop les médias qui préfèrent célébrer le nouveau « Che Guevara » à la Maison Blanche, qui propose au Congrès, outre un budget militaire ambitieux, un « New Deal » rooseveltien, un programme de lifting des infrastructures américaines dont le très libéral magazine « Barron’s » dresse un état des lieux peu flatteur dans un article du 15 mars dernier, sous le titre évocateur « What America can learn from China about Infrastructure », âmes sensibles s’abstenir.

    « Entre 1992 et 2011 la Chine a investi, en moyenne, chaque année, 8,5% de son PIB dans son infrastructure, dans les domaines transport, social et digital ». (En 2018 ce taux, toujours très élevé, était de 5,7%, pendant que le « plan Biden » propose un investissement de rattrapage, ou devrait-on dire de rafistolage, de 8 % du PIB, 1% par année pendant huit ans, « American Jobs Plan » (Magazine Intelligencer) ndlr.)

    « Dans son rapport annuel, la société américaine des travaux publics donne aux infrastructures américaines la note de C, et, dans 11 des 17 catégories notées, un D ». (Barron’s) Pour comparaison, la meilleure note que l’agence de notation financière « Standard & Poor’s » attribuerait à une entreprise serait un AAA.

    « Les connexions internet sont inexistantes dans certaines régions rurales et incomplètes dans certaines régions urbaines. Dans de nombreuses agglomérations, l’eau potable, dont l’accès n’est toujours pas assuré à plus de 30 millions d’américains, près de 10 % de la population, contient un niveau préoccupant de plomb (crise de l’eau potable, Flint, Michigan ndlr). Le niveau des investissements dans les infrastructures, relatif au PIB, s’est littéralement effondré, pour atteindre celui de 1980, (Barron’s), le coup d’envoi de la révolution néolibérale, coïncidant avec le début de la mandature du président Ronald Reagan (ndlr)).

    « Ce sous-investissements chroniques, un frein à la croissance économique, coûte à chaque famille américaine, en moyenne, 3'300 USD par année. » (Barron’s)

    « En Chine, la grande majorité des marchandises, destinées à la consommation intérieure, sont transportées par voie ferrée, aux Etats-Unis 60% de la marchandise passe toujours par le réseau routier. En ce qui concerne la planification et l’exécution des travaux publics, la Chine a des leçons à donner au reste du monde. » (Barron’s)

    « La théorie du « ruissellement » ne marche pas », a déclamé solennellement le nouveau président en s’adressant aux membres du Congrès américain, avec un peu de retard sur le président du « World Economic Forum », Klaus Schwab, invalidant quarante ans de politiques économiques.

    Il s’agit, bien entendu, d’une boutade, car, la proposition du magazine « Barron’s », d’une « planification et exécution centralisée des travaux publics » serait contraire aux intérêts du grand capital, donc il y aura bien « ruissellement ».

    L’objectif du plan de relance « historique », proposé par Joe Biden, « American Rescue Plan », 1,9 billions USD, est de « donner aux américains la chance de s’en sortir ». A part un programme ambitieux de vaccination il y aura des chèques de 1'400 USD pour chaque américain, enfin presque.

    Il y aura un coup de pouce hebdomadaire supplémentaire du gouvernement fédéral de 300 USD jusqu’au 6 septembre pour les chômeurs. Vu que 30 à 40 millions d’américains feront probablement face à des expulsions, ils auront la possibilité de demander des aides, sous certaines conditions, mais il y aura également une distribution de bons d’achat. Toujours est-il, il y aura un moratoire de saisies immobilières jusqu’au mois de juin, de cette année. (Forbes)

    Dans le registre néolibéral de l’économie de l’offre il y aura de nombreux crédits d’impôt divers et variés, ce qui est rassurant pour ceux qui gagnent peu ou perdent leur revenu. En ce qui concerne l’assurance maladie, privée, dont ne bénéficient que ceux qui ont un travail, il y aura certaines subsides, limités dans le temps. (Forbes)

    Le salaire minimum, au niveau fédéral, se situe, depuis 2009, à 7,25 USD l’heure. Indexé aux gains de productivité de l’économie américaine, celui-ci devrait actuellement dépasser 20 USD, pendant que 32,8 millions d’américains, 10 % de la population, n’ont pas de couverture médicale faute de moyens. (CDC)

    Le candidat démocrate Joe Biden avait fait deux promesses électorales phares, l’augmentation du salaire minimum au niveau fédéral à 15 USD et l’introduction d’un système d’assurance géré par les pouvoirs publics, accessibles à tous les américains. Ces deux mesures sociales ne se trouvent pas dans le plan de relance néolibéral du nouveau « Che Guevara ».

    Lien permanent 0 commentaire
  • Alliance thé au lait

    Imprimer

    La noblesse anglaise avait beau prendre l’habitude de diluer le thé avec du lait, à l’époque victorienne, la consommation effrénée du précieux breuvage pesait tout de même lourd sur la balance commerciale, d’autant plus que l’Empire du Milieu demandait à être payé en argent, sonnant et trébuchant, faute de trouver un produit britannique digne d’intérêt.

    De nos jours, en Chine, on continue à le consommer sans lait, contrairement aux quelques vestiges, nostalgiques de l’Empire britannique, ici et là en Asie du Sud-Ouest.

    « Milk Tea Alliance » est un mouvement de solidarité démocratique et des droits de l’homme, composé de « netizens », un mot- valise pour citoyens du « net », originaires de Thaïlande, Myanmar, Taiwan et Hong Kong, se livrant à une guerre de « mèmes internet » sans merci à l’encontre de la « toute-puissante » Chine, une sorte de « cyber-guerre » à coup d’émojis, spécialement crées par « twitter » pour l’occasion. (BBC)

    Ce qui avait commencé par la simple maladresse d’une vedette de télévision thaïe sur « twitter », est devenu un enjeu géopolitique, grâce aux concours des médias occidentaux, « mainstream et alternatifs », qui se sont emparés du sujet avec gratitude, appelant « l’événement » « un moment rare de solidarité régionale ».

    La malheureuse star avait commis l’indélicatesse de qualifier la région administrative spéciale, Hong Kong, de pays souverain, ce qui lui avait valu un « shit-storm » entre cyber-geeks chinois d’un côté et thaïs, birmans, taiwanais et hongkongais de l’autre.

    En déclenchant la Révolution culturelle, le Grand Timonier, Mao Tsé-Toung, s’était déjà amplement servi de la plus ancienne stratégie politique qui soit, diviser pour mieux régner, « divide et impera ».

    Actuellement, c’est le « National Endowment for Democracy », pour le compte d’un Empire déclinant, qui s’y essaye, en déplaçant le centre de gravité du « printemps arabe » vers l’est, avec un message, facile à comprendre pour tout le monde, « la liberté ou l’oppression ».

    Seulement, la Chine, cible de ces « efforts de démocratisation », n’est pas une quelconque « pétrodictature », mais bientôt la première puissance économique de la planète.

    Le « National Endowment for Democracy » est une organisation privée « d’utilité publique », fondée en 1983 sous le gouvernement du Président Ronald Reagan, financée par le Congrès américain, dont l’objectif déclaré est « le renforcement des institutions démocratiques à travers le monde ». Wikipedia

    Simultanément avec les efforts de démocratisation de la vie publique de la « région administrative spéciale » de Hong Kong par des figures de proue du NED, l'activiste Joshua Wong et le magnat de presse Jimmy Lay, condamné récemment à un an de prison pour son implication dans les manifestations « pro démocratie » de 2019 et la « campagne d’information » sur de présumés violations des droits de l’homme dans la province autonome de Xinjiang, s’ouvre, de manière inespérée, un nouveau front, au sud-ouest de la Chine, au Myanmar.

    Ancienne colonie multi-ethnique de l’Empire britannique, 130 minorités ethniques, le Myanmar est essentiellement dirigé depuis 1962 par une junte militaire, depuis 1988 par un « Conseil d’état pour la paix et le développement » pour laisser place en 2011 à une sorte de « pouvoir civil », toujours sous contrôle des généraux, avec finalement un « intermezzo démocratique » entre 2015 et le 1er février 2021, date à laquelle les généraux déclarèrent l’état d’urgence, en arrêtant la Premier Ministre Aung San Suu Kyi, fille du défunt libérateur de la nation du joug britannique, le général Aung San, ainsi que le président Win Myint, en nommant le général Myint Swe président par intérim.

    Membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies, la Chine et la Russie, contrairement au reste du monde, comment en pouvait-il être autrement, exigent, certes, la libération immédiate de la Premier Ministre et le Président, se refusent en revanche à toute ingérence dans les affaires d’un état souverain.

    Il faut dire que pour le « National Endowment for Democracy » Aung San Suu Kyi n’est pas n’importe qui. Un peu à l’instar de l’icône ouïghoure, la milliardaire Rebiya Kadeer, 6ème fortune de Chine, présidente du « World Uyghur Congress » entre 2006 et 2017, et le « Dalaï-lama », la « passionaria » birmane, certes tombée momentanément en disgrâce à cause de sa gestion calamiteuse de la crise des Rohingyas, ou plutôt à cause de quelques têtes brûlées parmi ses supporters (1), qui sillonnent actuellement les rues de la capitale économique Yangon, anciennement Rangoon, joue à nouveau pleinement son rôle d’avocate pour la démocratie.

    Pétrifié par la crainte d’un déclin économique et social, plutôt que de s’inspirer de certains aspects positifs d’une gouvernance alternative des affaires publiques, l’occident, l’Europe et les Etats-Unis, préfèrent continuer leur politique d’endiguement des temps de la Guerre froide, une erreur.

    Contrairement aux pays occidentaux, qui, depuis la dernière crise financière en 2008 ne cessent de pomper des sommes astronomiques dans les marchés financiers, dans le but de maintenir en vie un système économique à bout de souffle, la Chine avait saisi l’occasion pour investir massivement dans son infrastructure.

    Actuellement, la Chine dispose d’un réseau ferroviaire ultraperformant de 141'000 km, transportant chaque année 1,7 milliards de passagers, dont 37'900 km de lignes à grande vitesse, deux tiers du réseau mondial de trains à grande vitesse. D’ici 2035 les autorités chinoises comptent doubler cette capacité. (2)

    Pour comparaison, les Etats-Unis disposent d’une seule ligne de train à grande vitesse et le Royaume Uni fut capable d’en construire une en vingt ans entre Londres et l’entrée du tunnel sous la Manche, ce qui représente 0,2% du réseau chinois. En ce qui concerne le réseau ferroviaire allemand de la « Deutsche Bahn », jadis un gage de fierté nationale, n’est plus que l’ombre d’un passé glorieux, grâce aux efforts de privatisation de son ancien directeur Hartmut Mehdorn entre 1999 et 2009, d’abord sous le gouvernement socialiste de Gerhard Schröder et ensuite sous l’actuelle Chancelière Angela Merkel.

    Au niveau du coût, une comparaison entre la Chine et les pays qui favorisent le partenariat public-privé parle d’elle-même. En Europe, 1 km de tracée à grande vitesse coûte entre 25 et 39 millions USD et aux Etats-Unis 56 millions USD. En Chine ce coût se réduit à 17 millions USD par km avec un prix moyen du billet de train trois quarts moins cher que dans le reste du monde. Le coût de la main d’œuvre et les prix fonciers y sont certes plus avantageux, mais, comme tout capitaliste qui se respecte sait, c’est le profit qui fait le prix.

    Il faut dire que pour un bénéfice économique et social global, le Parti communiste est prêt à construire à prix coûtant, reliant des régions aussi éloignées que le Tibet ou la capitale du Xinjiang, Ürümqi avec le reste du pays.

    On attend avec impatience les premiers résultats du plan de relance du nouveau président américain Joseph Biden qui vient de découvrir les bienfaits d’une infrastructure moderne pour l’économie. Toujours est-il, son nouveau Secrétaire aux Transports, Pete Buttigieg, qui dispose d’une large expérience en la matière en tant qu’ancien maire de la commune de South-Bend dans l’état d’Indiana, veut que « Les Etats-Unis deviennent le leader mondial du transport ferroviaire à grande vitesse ».

    (1) https://www.youtube.com/watch?v=Hr24DLS16C8 Does US meddling in Myanmar risk Syria / Libya style war?
    (2) https://www.youtube.com/watch?v=belm4kDAHgM China High Speed Rail Network

    Lien permanent 0 commentaire