Le blog de Bruno Hubacher - Page 4

  • Le Meilleur des mondes

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    La surproduction de biens et services, une conséquence directe de la croissance économique continue, fait partie de l’ADN du capitalisme. N’échappant pas aux dures lois de la physique, le capital se doit de se servir d’autres moyens pour poursuivre son objectif, soit par la destruction d’une partie de l’appareil productif, par une guerre, soit par la disruption volontaire du système, par une pandémie.

    Dans une lettre à ses actionnaires du mois de septembre 2018, la banque d’investissement américaine Morgan Stanley annonça une crise financière pour l’année 2020 et, dans une lettre à ses actionnaires du mois de mars de cette année, le PDG de la multinationale de gestion d’actifs financiers « BlackRock », Laurence D. Fink, déclare être « modérément optimiste, se préparant d’ores et déjà à de nouvelles acquisitions avantageuses. » (FT)

    Mis à part les conséquences socioéconomiques désastreuses qu’une telle concentration de pouvoir engendrera, ses implications sur la liberté individuelle s’annoncent d’ores et déjà dantesques.

    Ce sont le « confort et la sécurité des citoyens » qui sont au centre des préoccupations du projet KDTI « Known Traveller Digital Identity » du « World Economic Forum », co-développé avec le « Département de la sécurité intérieure des Etats-Unis », dont le rapport vient d’être publié sous l’appellation « KTDI White Paper » le 26 mars dernier sur son site internet. The show must go on.

    Mandaté par l’organisation à but non lucratif, la multinationale de conseil et de technologie américaine « Accenture », anciennement « Arthur Andersen », 435'000 collaborateurs dans 120 pays, figurant parmi les 500 entreprises les plus importantes de la planète, selon Forbes, dont 98 des 100 plus importantes entreprises sont clients, vient de terminer son rapport.

    Retour en arrière. Lors de sa réunion annuelle à Davos au mois de janvier 2018, le WEF annonçait, sans grande publicité, que le gouvernement canadien s’apprêtait à « souhaiter la bienvenue sans formalités douanières fastidieuses à certains voyageurs volontaires, et sans doute privilégiés, grâce aux progrès de la biométrie (1) et de la technologie de chaîne de blocs (blockchain) (2) ». Le programme KTDI, développé sous le patronat du WEF, est devenu réalité, pour le gouvernement canadien, en collaboration avec la compagnie « Air Canada », un système de contrôle d’identité centralisé dont bénéficieront les voyageurs, encore une fois, à titre volontaire, bien entendu.

    Quoi que, les responsables du programme estiment tout de même que ce nouveau « prototype » de « border-crossing experience » volontaire pourrait bien devenir une réalité pour l’ensemble des voyageurs, grâce à la collaboration « des leaders des secteurs privés et publics », car « un des objectifs à long terme serait la mise en réseau de données utiles concernant la santé, l’éducation, la situation financière, ainsi que des thématiques diverses, telles que par exemple l’aide humanitaire ou des élections parlementaires (rapport). » Par ailleurs, le gouvernement néerlandais et la compagnie « KLM » se sont également laissés séduire par la « border-crossing experience ».

    Les standards technologiques, utilisés pour une telle surveillance volontaire, seront fournis par le « World Wide Web Consortium » W3C, un organisme de standardisation à but non lucratif, décidément, fondé en 1994 au « Massachusetts Institute of Technology » MIT à Boston, chargé de promouvoir la comptabilité des technologies du « World Wide Web », comprenant 435 entreprises partenaires, le partenariat public-privé, dont Microsoft, Apple et Google (Wikipedia).

    Bien avant la publication du best-seller « 1984 » de l’écrivain britannique George Orwell, alias Arthur Blair, en 1949, c’est en 1932 déjà que son compatriote Aldous Huxley publia la sienne de « dystopie, randienne » dirait-on aujourd’hui, « Brave new world », une boutade shakespearienne.

    C’est au sein de l’état mondial que cela se passe, en l’an 632 AF (après Henry Ford), dans lequel l’interdiction de l’enseignement de l’histoire, matière déclarée obsolète car anéantie par la « Guerre des neuf Ans », sert de garde fous contre toute individualisation de la pensée.

    Le « soma », un puissant psychotrope, dénué de tout effet secondaire indésirable, est administré aux travailleurs en fin de journée, une potion, favorisant la cohésion de la société grâce à la consommation régulière duquel chaque élément se sentirait heureux et ne revendiquerait rien, se contentant de leur appartenance à une des cinq classes sociales prédéfinies.

    Les êtres humains sont exclusivement fabriqués en laboratoire et la sexualité est considérée comme un passe-temps, dont la durée des relations entre de multiples partenaires doit être strictement limitée, pour éviter le risque de contournement d’une reproduction qui échapperait au conditionnement réglementaire.

    Aux embryons des castes inférieures est administré une dose d’alcool, censée entraver leur développement et leur amour propre permettant de mieux les intégrer dans le processus de la production.

    Les castes supérieures

    • L’élite dirigeante des « Alpha » est constituée d’êtres grands, beaux et intelligents.
    • Le groupe des « Beta » représente la caste des travailleurs intelligents, conçus pour des tâches essentielles pour le bon fonctionnement de la société.

    Les castes inférieures

    • Les « Gamma » représentent la classe moyenne.
    • Les « Delta » représentent les castes les plus basses, occupées à des fonctions rudimentaires, dont l’apparence physique est programmée pour être laide

    Subdivisés en « Plus » et « Moins », chaque caste est conditionnée de sorte à ce que chacun de ses membres s’estime dans une position idéale par rapport à ses pairs et l’ensemble de la société, garantissant ainsi la stabilité.

    L’enseignement « hypnopédique » dont chaque enfant bénéficie, une méthode reposant sur la théorie que l’Homme peut apprendre en dormant, permet de créer une morale commune profondément ancrée dans le subconscient, perpétuant le mépris des classes tout en reconnaissant la nécessité de leur existence. (Wikipedia)

    Toute ressemblance avec des événements passés ou présents est fortuite.


    (1) La biométrie (mesure du vivant) représente l’étude quantitative des êtres vivants, grâce à des techniques de reconnaissance, d’authentification et d’identification, se servant de caractéristiques physiques est comportementales. (Wikipedia)
    (2) « Blockchain » une technologie de stockage et de transmission d’informations sans organe de contrôle à l’aide de la technique de la cryptographie (Wikipedia)

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  • Tant d’occasions manquées

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    En l’espace de deux semaines les gouvernements de la terre entière ont réussi à ficeler des plans de sauvetage économique de dimensions astronomiques. Bien sûr que non. Ces plans sont dans les tiroirs des chancelleries depuis quelque temps déjà. Il n’est pas nécessaire d’en avoir la preuve formelle, car ils se ressemblent tous comme deux gouttes d’eau.

    A l’instar des deux crises financières précédentes, la crise dite « bulle internet » en mars 2000 et la crise des « subprimes » en 2008, ils sont tous basés sur un redémarrage hypothétique de l’activité économique par la stimulation monétaire, redémarrage qui n’aura pas lieu, une fois de plus, faute de pouvoir d’achat, censé créer la demande. Le niveau des salaires américains, en termes de pouvoir d’achat, est au niveau de 1978.

    La croissance économique des derniers vingt ans est donc entièrement construite sur la création monétaire, conduisant à une situation « catch 22 » inédite dans les pays industrialisés, des dettes souveraines, surtout aux Etats-Unis, hors de contrôle, à la notable exception des pays exportateurs comme la Chine, l’Allemagne et, bien-sûr la Suisse, ainsi que des dettes industrielles et privées à des niveaux insoutenables.

    A chaque crise le problème s’aggrave. Le dernier plan de sauvetage s’ajoutera à la dette souveraine des Etats-Unis, et de tous les pays qui en proposent un, dette cumulée qui était de l’ordre de 23'400 milliards USD au mois de février de cette année, ou 5'600 milliards en l’an 2000, le temps de la première crise financière de ce siècle, pour comparaison, ce qui ne serait absolument pas un problème si les secteurs industriel et privé n’étaient pas endettés en même temps à leur tour.

    Dans un premier temps, le gouvernement américain présente au Congrès un pavé de 900 pages, sans doute écrit à la hâte en l’espace de quelques jours, contenant des mesures d’aide de 2'200 milliards USD, mélangeant pêle-mêle, dans le même paquet, les miettes pour les citoyens, une indemnité de 1'200 USD par adulte ou 3'000 USD par famille, indemnités qui ne feront pas long feu, avec des facilités de crédit de 500 milliards USD pour les grandes entreprises, dont la société « Boeing », qui ne réussit même plus à faire voler ses avions sans accident, qui recevra 17 milliards USD, 350 milliards USD pour les petites et moyennes entreprises et 100 milliards pour les hôpitaux, un « compromis global », à prendre ou à laisser. (swissinfo)

    L’assurance chômage sera approvisionnée avec 250 milliards USD supplémentaires, qui seront épuisés en peu de temps, compte tenu des 6,6 millions de chômeurs nouvellement inscrits. Le chômage partiel ne faisant pas partie de l’esprit entrepreneurial américain on se demande quelles « sorties de trésorerie », du moins des entreprises aux activités « non essentielles » dont les machines pour une bonne partie sont à l’arrêt, justifieraient une aide de 850 milliards USD, à moins qu’elles n’aient plus de trésorerie, mais des dettes.

    Ce plan de sauvetage, inédit par son opacité et son ampleur, est concocté par le Secrétaire du Trésor, l’ancien banquier d’affaires, Steven Mnuchin, profiteur de la crise financière dite crise des « subprimes » en 2008 (1) et fossoyer du troisième groupe de distribution américain « Sears » en octobre 2018 en sa qualité d’investisseur et membre du conseil d’administration du « Hedge Fund » « ESL Investments » (2).

    Le fait que celui qui a failli faire capoter le projet du président Trump, est un des députés républicains les plus réactionnaires de la Chambre des représentants, Thomas Massie de l’état du Kentucky, est tout de même le comble de l’ironie. Objectant que « le projet confère trop de pouvoirs à la Réserve Fédérale et contient trop de mesures peu pertinentes » il a allègrement grillé la politesse aux députés démocrates.

    Heureusement, le Congrès a fini par signer les yeux fermés, sous la houlette de la sinistre Présidente démocrate, Nancy Pelosi et le docile sénateur Chuck Schumer, avec l’appui, il faut bien le dire, de la guilde progressiste, la députée new-yorkaise Alexandria Ocasio-Cortez et la députée du Minnesota, Ilhan Omar, ainsi que le sénateur du Vermont, Bernie Sanders, qui pense que « ce n’est pas le bon moment pour faire le forcing pour « Medicare for all ». Ce sera pour plus tard. »

    Le Président Donald Trump a d’ores et déjà exclu l’instauration d’une commission de surveillance, présidée par un inspecteur général, contredisant royalement Mrs. Pelosi, qui, tout en taxant Donald Trump de « président dangereux, qui a choisi d’ignorer la dangerosité du « Coronavirus » », compte, elle, bien faire instaurer une telle commission par la « Chambre des représentants », commission qui « sera en charge de surveiller le bon déroulement de l’allocation des fonds ». « Notre prochain objectif sera la reprise de notre économie avec des emplois bien rémunérés qui mèneront notre pays vers un avenir plus brillant. » Le Congrès reprendra ses travaux le 20 avril prochain.

    Le député Massie n’a pas tort quand il questionne le rôle de la « Réserve Fédérale ». Bien qu’elle ait déjà amplement approvisionné l’économie avec 3'000 milliards USD, les dernières deux ou trois semaines, en achetant des bons du trésor, elle n’est, à ce stade, pas intervenu directement, en achetant de la dette commerciale de moindre qualité, ce qui, normalement lui est interdit.

    Toutefois, elle semble commencer à le faire quand-même, si on croit le Département du Trésor, qui vient d’établir un fonds de 50 milliards USD, dans le but de compenser d’éventuelles pertes comptables sur des obligations « de moindre qualité » détenus par la « Fed ». C’est un peu le principe du système de réserves fractionnaires des banques commerciales. Seulement la « Réserve Fédérale » n’est pas une banque commerciale. Normalement.

    La semaine passée, le Secrétaire du Trésor, Steven Mnuchin, avait annoncé qu’une partie de 2'200 milliards USD, prévus pour l’économie, dont les miettes pour la plèbe, soit 450 milliards USD seront mis à disposition de la « Réserve Fédérale » pour la création monétaire, ce qui permettra à la dernière d’acheter un bric-à-brac de dettes commerciales pour la somme de 4'000 milliards USD supplémentaires, fidèle au principe de la planche à billets, ce qui, selon les experts qui comptent ne suffira probablement pas.

    Le responsable des investissements de la firme new-yorkaise « Guggenheim Partners », qui conseille également la « New York Federal Reserve », estime que les 450 milliards USD que les finances publiques mettent à disposition de la Banque Centrale, ne suffiront probablement pas. Il pense que 2'000 milliards USD devraient éventuellement faire l’affaire.

    Il faut garder à l’esprit que la « Réserve Fédérale » a cessé sa politique monétaire restrictive au mois de septembre de l’année passée déjà et injecte depuis régulièrement des sommes astronomiques dans le système bancaire. (3)

    Ceux qui comptent sur une introspection de la part des gardiens du système se trompent lourdement. Ce que nous prépare le Secrétaire du Trésor, Steven Mnuchin, ne manque pas de sel, puisqu’un des protagonistes majeurs de ce programme de rachat de dettes commerciales par la « Réserve Fédérale » est la société de gestion d’actifs financiers « BlackRock ».

    La firme « BlackRock » qui gère des actifs financiers d’une valeur de 7'000 milliards USD, est notamment spécialisée dans la gestion de capitaux de prévoyance.

    Lors de la dernière crise financière des « subprimes » en 2008, le Secrétaire du Trésor de l’époque, Henry Paulson, et le Président de la « Federal Reserve Bank of New York » de l’époque, futur Secrétaire du Trésor de l’administration Obama, Timothy Geithner, s’adressèrent à Larry Fink, PDG de « BlackRock », en lui confiant le mandat d’évaluer, en utilisant le système électronique d’analyse d’actifs financiers « Aladdin » (Asset, Liability, Debt and Derivative Investment Network), pour le compte du Département du Trésor, la valeur des « structures d’investissements collectifs » pourries (subprimes), accumulées par les banques.

    Basé sur ses propres évaluations (Aladdin), la firme avait acquis, par ailleurs, une bonne partie de ces titres (junk) pour son propre compte, pour les revendre sur le marché par la suite avec un bénéfice appréciable. Avant ce mandat gouvernemental « BlackRock » était un acteur moyen parmi les géants de « Wall Street », une boutique.

    Dans le cadre de l’actuel programme de rachat de dettes commerciales « douteuses » par la Reserve Fédérale, « BlackRock » figure donc à nouveau parmi les firmes qui conseillent le gouvernement américain (Bloomberg).

    Dans une lettre à ses actionnaires Larry Fink se montre par ailleurs « prudemment optimiste en ce qui concerne les marchés financiers » et se « prépare déjà à de nouvelles acquisitions ».

    La crise du « Coronavirus » n’est pas une crise sanitaire, c’est une crise systémique. Elle est en gestation depuis vingt ans. Elle est certes déclenchée par la circulation d’un virus, mais elle aurait pu être déclenchée par n’importe quel autre phénomène, c’était une question de temps.


    (1) En 2009, en pleine crise financière, un groupe d’investisseurs, sous la direction de Steven Mnuchin, comprenant le milliardaire hongrois George Soros, Michael Dell (Dell Computers), les financiers John Paulson et James Christopher Flowers, avaient saisi l’occasion de la crise pour acheter à l’agence gouvernementale « Federal Deposit Insurance Corporation » une des nombreuses banques en faillite, reprises par les pouvoirs publics, la banque californienne « Indimac », pour 1,3 milliards USD cash (valeur de la transaction 13,9 milliards USD) (Huffpost), empochant à titre personnel (Mnuchin) la coquette somme de 200 millions USD (Bloomberg), tout en réussissant le tour de passe de laisser les dettes irrécupérables à la collectivité publique. Avant de la revendre en 2015 sous le nom de « OneWest Bank » avec un juteux profit pour les investisseurs, Steve Mnuchin, faisait partie de son conseil d’administration, sous la responsabilité duquel la banque procédait à 36'000 saisies immobilières, jetant à la rue des dizaines de milliers de familles californiennes.

    (2) Entre 2011 et 2015 le troisième groupe de distribution américain « Sears », en difficulté financière, fut détenu à 60% par le « Hedge Fund » « ESL Investments », dirigé par le financier Edward Scott Lampert au sein du conseil d’administration duquel figurait également Steven Mnuchin. Il se trouve qu’à la suite de la faillite de « Sears », un groupe d’actionnaires minoritaires intentait un procès contre quelques membres du conseil d’administration, dont Lampert et Mnuchin, pour ce qu’on appelle dans les cercles financiers « asset stripping ». Le principe est simple. Avant de laisser couler une entreprise on la vide de sa substance en vendant à vil prix, par exemple de biens immobiliers, à des hommes de paille.

    (3) https://bhubacher.blog.tdg.ch/archive/2019/09/25/crise-de-liquidite-301074.html

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  • C’est au remède de s’adapter au malade

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    C’est en substance ce que dit le microbiologiste marseillais Didier Raoult lors d’une récente interview et on ne peut s’empêcher de penser qu’en quinze jours de pandémie de grippe les néophytes auront appris davantage sur le monde secret de la recherche médicale que les citoyens en quarante ans de dogme économique néolibéral, confinement oblige.

    Le parallèle entre les deux mondes est synthétisé à merveille dans un documentaire, diffusé le 11 janvier 2019 par la chaîne de télévision « France 24 », propriété de l’état français, chaîne qu’on ne peut guère accuser de complotisme, sous le titre évocateur « Malaria, la médecine naturelle contre le business », sur les effets thérapeutiques d’une plante médicinale, originaire de Chine, cela ne s’invente pas, du nom de « Artemisia annua ».

    En introduction le présentateur nous apprend que le Paludisme, ou Malaria, cause 500'000 morts dans le monde chaque année, surtout des enfants, principalement en Afrique. Les parasites ayant réussi, avec le temps, de développer des résistances, les molécules antipaludiques conventionnels des laboratoires industriels pharmaceutiques auraient perdu leur efficacité, et, côté prévention, aucun vaccin n’est disponible pour l’heure.

    « On n’est jamais mieux servi que par soi-même », ont dû se dire les habitants de Madagascar qui cultivent, depuis quelque temps, une plante médicinale, l’armoise annuelle ou absinthe chinoise, Artemisia annua, efficace contre les parasites du genre « Plasmodium falciparum », agents du « Paludisme » (Wikipedia). On apprend également, sur Wikipedia, que « les grandes différences de teneur en artémisinine en fonction du sol, de la période et des conditions de récolte, de séchage et de stockage rendent difficile la standardisation et donc la garantie d’efficacité de la plante, utilisée en tisane ».

    Serait-ce une des raisons, « la difficulté de standardisation », la condition « sine qua non » pour la commercialisation rentable et efficace d’un produit dans un monde globalisé, pour lesquelles l’utilisation de cette plante à des fins thérapeutiques est « fortement déconseillée par l’OMS », « interdite dans de nombreux pays » et proscrite par l’« Académie nationale de médecine » (France) qui, de son côté, avertit que Artemisia annua, dont le principe actif est utilisé dans les médicaments anti-paludisme, « ne doit pas être utilisée seule, en poudre, ou en tisane » dénonçant des « allégations scientifiquement incertaines et irresponsables de ceux qui promeuvent cette phytothérapie ».

    L’institution française critique « la méthodologie d’une étude publiée en décembre 2018 par la revue « Phytomédecine », qui prétend démontrer la supériorité de l’Artemisia par rapport au CTA, traitement classique, pointant « un lien d’intérêt évident » et « de nombreuses insuffisances méthodologiques » (Sciences et avenir), le même argument qu’on entend aujourd’hui dans le contexte de la crise du « coronavirus », argument couplé avec celui de « l’automédication des citoyens irresponsables ».

    Pourtant, Il va de soi que n’importe quel médicament, naturel ou de synthèse, doit être prescrit par un médecin, puisque c’est la dose qui fait le poison. La ressemblance avec la polémique actuelle autour du principe actif d’une autre plante médicinale, le « quinquina », un arbuste, originaire d’Amérique du Sud, dont on avait réussi à extraire la « quinine », un « alcaloïde », dont l’industrie pharmaceutique se sert depuis le XIXème siècle pour la synthèse chimique, donnant naissance à la « chloroquine », est frappante.

    Depuis 2005, la société française « Bionexx » achète, chaque année, à 10'000 paysans malgaches, 1'800 tonnes de feuilles séchées d’Artemisia annua, à prix fixe, un revenu complémentaire bienvenu pour les agriculteurs, feuilles dont elle extrait mensuellement 1,8 tonnes du principe actif, l’artémisinine, vendu principalement au groupe pharmaceutique suisse « Novartis », ou l’équivalent de 140'000 traitements quotidiens. (Ouest France)

    Seulement, leurs récoltes étant destinées à l’exportation, certains cultivateurs malgaches et leurs familles avaient commencé à consommer les feuilles séchées de la plante sous forme d’infusion, constatant une nette amélioration de leur état de santé en peu de temps, raison pour laquelle, malgré la mise en garde de l’OMS, des centaines de chercheurs africains travaillent actuellement sur l’Artemisia, avec des résultats probants.

    Evoquant le « principe de précaution » l’industrie pharmaceutique est silencieuse quand il s’agit d’effets secondaires indésirables, voire dangereuses, de médicaments pourtant approuvés par les autorités sanitaires, tel que, par exemple, le principe actif « Lariam » du médicament « Méfloquine » du laboratoire « Roche », dont le chanteur belge « Stromae » avait fait les frais.

    Le Dr. Jérôme Munyang, médecin chercheur congolais, termina sa maîtrise universitaire « ès sciences » dans une université parisienne où il présenta les résultats de ses analyses à son professeur qui les qualifia de « bombe » suggérant « d’arrêter immédiatement les recherches », « refusant catégoriquement toute publication qui pourrait avoir une incidence négative sur les subventions que le laboratoire obtient des compagnies pharmaceutiques, confisquant les résultats des recherches sur le champ ».

    Exclu de l’université et privé de bourse, le Dr. Munyang continua tout de même ses recherches et décida de monter une étude randomisée de mille personnes, aux normes de l’OMS, avec l’orthodontiste française Lucile Cornet-Vernet au Congo. Alors que le médicament ACT (artemisinin based combination therapy), une association de deux molécules, une molécule semi-synthétique, dérivée de l’artémisinine, et une molécule synthétique, censée retarder l’apparition de résistances est jugé efficace à 80%, la tisane affiche un score de 97%, sans effets secondaires, contrairement au médicament ACT qui lui produit des effets secondaires. Avec un prix de la tisane cinq fois inférieur à celui de l’’ACT, les ventes du dernier commençaient à dégringoler.

    Au « Worcester Polytechnic Institute » à Boston la chercheuse Pamela Wheaters étudie l’Artemisia annua depuis 25 ans. Au début, elle n’étudiait que le principe actif « artémisinine » (synthétisé par les laboratoires pharmaceutiques ndlr), mais « aujourd’hui, nous savons que l’ensemble de la plante favorise la pénétration de l’artémisinine dans le corps et nous avons vu qu’elle (la plante ndrl) contient beaucoup d’autres composantes anti-malaria. Résultat, nous adoptons dorénavant une approche plus « holistique », approche que, par ailleurs, l’encyclopédie Wikipedia appelle « pseudo médecine ».

    A part le « sacro-saint » principe de précaution, les adversaires avancent l’argument selon lequel l’utilisation de l’Artemisia annua sous forme d’infusion à grande échelle risquerait de générer des résistances, or cette plante est cultivée et consommée en Chine depuis 2'000 ans, sans développer des résistances.

    Le principal frein à son utilisation généralisée est l’OMS (Organisation mondiale de la santé) car, comme le remarque Germàn Velàsquez, son ancien directeur, « Il y a 25 ans, plus de 50% du budget de l’OMS était assuré par les contributions publics des pays membres. Actuellement, les contributions publiques représentent encore 20% du budget, tandis que les fondations privées telles que la « Fondation Bill et Melinda Gates » ont pris le contrôle de l’organisation. »

    « Les premiers 50 ans de son existence l’industrie pharmaceutique développait des médicaments qui guérissait des maladies, depuis une vingtaine d’années celle-ci produit des médicaments pour traiter les maladies mais non pour les guérir. Peut-être c’est plus rentable d’avoir le malade en tant que client. » Ce n’est donc pas pour rien que la « Fondation Bill et Melinda Gates » promet d’investir 4 milliards d’euros pour l’éradication de la malaria.

    Contactée par l’émission de « France 24 » pour une prise de position au sujet de l’utilisation de la plante Artemisia annua à des fins thérapeutiques, la « Fédération internationale de l’industrie du médicament » IFPMA répond par e-mail : « Nous ne sommes malheureusement pas en mesure d’intervenir dans votre documentaire, car nous n’avons pas trouvé d’experts disponibles pour témoigner sur ce sujet. » La réponse de l’OMS est encore plus laconique : « Nous ne pouvons pas répondre à vos questions concernant la médecine alternative. »

    On peut reprocher à la médecine moderne ce qu’on peut reprocher à la science économique « moderne », la validation du principe de l’économie de marché, ou, comme disait l’économiste américano-canadien, John Kenneth Galbraith (1908 – 2006), « dans le monde de l’économie néo-classique ce sont les entreprises qui imposent des produits aux consommateurs, or cela devrait être l’inverse. »

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