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  • 2017, l’année de tous les dangers

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    Après le divorce à l’anglaise, le renouvellement des élites européennes s’impose, plus que jamais. Les électeurs anglais n’ont pas jugé utile de remplacer les leurs, en les réélisant tambour battant en 2015.

    Sur le continent, en revanche, il y a lieu d’être plus optimiste. 2017 est une année électorale, en Allemagne et en France, une chance pour une Europe post-néolibérale. L’Allemagne, le nœud gordien de la construction européenne, est un cas de figure particulièrement intéressant, car avec le départ des anglais, la chancelière, Angela Merkel, perd un allié précieux.

    Dans une interview, donnée au magazine allemand « Stern », Dr. Gregor Gysi, le politicien le plus populaire d’Allemagne et ancien chef du groupe parlementaire « Die Linke », parle d’une fenêtre d’opportunité politique historique. Il se fait écho d’une récente déclaration du ministre (SPD) de l’économie et de l’énergie, Sigmar Gabriel, qui appelle à la réunification des forces progressistes de gauche. Se sentant de plus en plus à l’étroit dans son rôle de partenaire junior dans un gouvernement néolibéral, il semble enfin prêt à assouplir ses positions face à son frère ennemi.

    Il reste une année aux trois forces de gauche (rouge, rouge, vert), dont les derniers sondages donnent 22%, 9% et 12% respectivement, pour convaincre, en rapprochant leurs positions et en faisant preuve de pédagogie face aux électeurs, car ceux-ci risquent de commettre la même erreur que les anglais en réélisant les mêmes élites, ou pire, une droite dure comme les suisses, par méconnaissance et peur du changement.

    Dans un discours devant le Bundestag le 23 avril 1998, qu’on peut consulter sur « youtube », Dr. Gregor Gysi, met en garde le parlement allemand contre une introduction précipitée de l’EURO, voulue par la droite néolibérale, la CDU/CSU. Il poursuit « L’union forcée et précipitée d’un continent par une monnaie unique est condamnée à échouer, car avant d’unifier les pays européens à travers une monnaie unique il faut les unir à travers une harmonisation fiscale, sociale, salariale. Cette union monétaire se fera à la faveur des pays exportateurs, allemands et britanniques notamment, au détriment des économies des pays du sud de l’Europe, qui seront forcés de s’endetter mais aussi au détriment de l’économie intérieure allemande dont dépendent 90% des petites et moyennes entreprises. La conséquence sera une précarisation de plus en plus importante, suivi de la montée de l’extrême droite et de la xénophobie. »

    Dix-huit ans ont passé depuis ce discours. La droite extrême anglaise, le parti UKIP, a réussi le BREXIT et le parti AFD entrera au Bundestag avec 10% des voix l’année prochaine.

    A l’instar de l’économiste grec, Yannis Varoufakis, Gregor Gysi veut réformer l’Union Européenne de l’intérieur, raison pour laquelle il use de sa popularité, notamment auprès des jeunes allemands, pour influer sur une unité des forces de la gauche progressiste pour 2017. Il faudra convaincre, car actuellement les sondages ne sont pas en faveur d’une telle configuration.

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