• Le labyrinthe de la charité

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    En 1973, le natif de Seattle, William, Henry Gates III, entra à l’Université de Harvard où il choisit un cours préparatoire en droit. Non content de cette option, Il divagua entre les mathématiques et l’informatique par la suite, pour abandonner finalement ses études pour de bon. Le parcours professionnel qui s’ensuivit entrera dans l’histoire.

    Et ce fut, peut-être, en sa qualité de « figure historique », en avance sur son temps, que la radiodiffusion publique allemande, ARD lui offrit, le 12 avril 2020, une tribune de 9 minutes 22 secondes, pour qu’il dévoile au public sa (?) stratégie de gestion de la pandémie du virus SARS-CoV-2. (1)

    Extrait : « En temps normal, le développement d’un nouveau vaccin exige au moins cinq ans de travail en laboratoire. Tout d’abord il faut une preuve irréfutable de son innocuité et de son efficacité avant de pouvoir déployer les capacités industrielles nécessaires pour le produire. Nous (?) nous efforçons actuellement de comprimer ce processus à 18 mois ou moins. Le fait que le développement de la plate-forme RNA (?) prenne actuellement de l’élan et que la production du vaccin se déroulera comme prévu, permet d’espérer une immunisation rapide de toute la population, notamment des personnes âgées. Nous (?) serons donc bientôt en mesure d’administrer au moins une dose de vaccin à 7,5 milliards de personnes ». Fin de citation

    Nous voilà en septembre 2021, en train d’exaucer le vœu du maître de cérémonie.

    Une mise en lumière exhaustive de la « théorie du complot », si tant est qu’elle en soit une, ne peut être réalisée qu’au prix d’un investissement considérable en temps et en effort, et, à condition de disposer des connaissances nécessaires en informatique. En ce qui concerne les sources, elles sont toutes publiques.

    Ce fut un informaticien allemand, soucieux de l’avenir de sa petite fille et qui souhaite garder l’anonymat, qui s’y attela, en entreprenant la tâche titanesque d’analyser pas moins de 7'200 liens internet, reliant 6'500 personnes, organisations gouvernementales et non gouvernementales, ainsi que d’entreprises privées, actives dans le domaine de la santé. Le résultat est un rapport de 169 pages (2) contenant une quantité innombrable de diagrammes, listes et liens internet et dont deux acteurs majeurs se dégagent, la fondation caritative britannique « Wellcome Trust » et la « Fondation Bil & Melinda Gates ».

    Son travail est commenté sur le site internet suisse « uncutnews » par le journaliste allemand Markus Langemann, lauréat du « Deutscher Radiopreis » décerné par la télévision publique ARD et « Norddeutscher Rundfunk » NDR. (3)

    Un premier tableau montre les plus prestigieux centres de formation, bénéficiaires d’aides financières de la part de la « Fondation Bill & Melinda Gates » BMGF :

    Oxford University Oxford GB, Indian Institute of Technology Delhi Inde, Massachusetts Institute of Technology MIT Cambridge USA, University of Toronto Canada, University of Glasgow GB, University of New South Wales Sydney Australie, International Center of Insect Physiology and Ecology Nairobi Kenya, Yale University New Haven USA, Harvard University Cambridge USA, Center for Global Development Washington DC USA, Rockefeller University New York USA, Johns Hopkins University Baltimore USA, Griffith University Brisbane Australie, Princeton University Princeton USA, Royal Veterinary College London GB, University of British Columbia Vancouver Canada, Columbia University New York USA, University of Cape Town Afrique du Sud.

    Dans le même registre, l’éducation et l’information, et, pour compléter le tableau, on pourrait ajouter le fait que, la « Fondation Bill & Melinda Gates » contribue également au financement de l’édition africaine du quotidien français « Le Monde » à hauteur de 4 millions euros. En contrepartie la rédaction s’engage à traiter trois thématiques, liées aux questions du développement de la santé publique une fois par année.

    Le quotidien britannique « The Guardian » de son côté, entretien un partenariat philanthropique avec la fondation à hauteur de 3 millions euros et le quotidien allemand « Der Spiegel » de 2,5 millions euros.

    Dans le top 50 des nations, bénéficiaires de la générosité de la « Fondation Bil & Melinda Gates » BMGF entre 1994 et 2021, figurent, en première, deuxième et troisième position Les Etats-Unis avec 43,5 milliards USD, La Suisse hôte des Nations Unies et ses agences, ainsi que de nombreux ONG avec 13,1 milliards USD et la Grande Bretagne avec 2,9 milliards.

    Les plus importantes organisations bénéficiaires :

    « Gavi, l’alliance pour le vaccin », Genève, une organisation internationale, créé en 2000, dans le but d'assurer aux enfants, vivant dans les pays les plus pauvres du monde, un meilleur accès aux vaccins, 4,95 milliards USD
    L’« Organisation mondiale de la Santé » OMS, Genève, 3,38 milliards USD
    « The Global Fund to fight AIDS, Tuberculosis and Malaria », Genève, 2,99 milliards USD
    « Program for Appropriate Technology in Health » PATH, Seattle, une ONG consacrée au planning familial, la vaccination, ainsi que le combat contre la malnutrition, 2,57 milliards USD
    « University of Washington Foundation Seattle », 1,37 milliards USD
    « The Rotary Foundation of Rotary International », santé et education, 1,28 milliards USD
    « United States Fund for UNICEF», 1,14 milliards USD
    « The Gavi Campaign », 1,13 milliards USD
    « International Bank for Reconstruction and Development», 1,12 milliards USD

    En Suisse, hôte d’un autre bénéficiaire de taille de la Fondation Gates, la fondation à but non-lucratif « World Economic Forum », l’autorité pharmaceutique « Swissmedic », financée, à l’instar de sa grande sœur américaine « Federal Drug and Food Administration » FDA, majoritairement par l’industrie pharmaceutique (Public Eye), entretient une « convention de financement » avec la Fondation Bill & Melinda Gates dans le cadre de laquelle le Département fédéral des affaires étrangères a signé un protocole d’entente, dont le but est « l’amélioration des systèmes de réglementation des pays, confrontés à une pénurie de ressources, notamment l’accès aux produits thérapeutiques. Sont concernés les pays d’Afrique subsaharienne, afin de permettre aux personnes malades de bénéficier le plus rapidement possible des médicaments vitaux de qualité ».

    Le noyau dur, si l’on puit dire ainsi, de ces quelques 6'500 entités identifiées, consiste en un groupe restreint d’une trentaine de personnes, dont le Baron Dr. Peter Piot, directeur de la « London School of Hygiene & Tropical Medicine », président de la « Fondation Roi Baudoin », directeur d’ONUSIDA, président de l’association « International AIDS Society », conseiller spécial de la commissaire européenne, Dr. Ursula Von der Leyen, membre (trustee) de l’organisation à but non-lucratif « Novartis Foundation » consacrée à l’amélioration de la santé des populations à bas revenus, en collaboration avec les autorités locales, partenaire dans le but de « transformer les systèmes de santé pour les rendre plus efficaces », et, accessoirement, « senior fellow » auprès de la « Fondation Bill & Melinda Gates » BMGF.

    Il est également le mari de Heidi Larson, anthropologue, fondatrice et directrice de l’association « The Vaccine Confidence Project» un groupement de lutte contre la « désinformation et les rumeurs » autour de la thématique de la vaccination », organisme subventionné par l’« Organisation mondiale de la santé» OMS, les groupes pharmaceutiques « GlaxoSmithKline » et « Johnson & Johnson», ainsi que par la Fédération européenne des associations et industries pharmaceutiques» EFPIA. Madame Larson est également auteure d’un livre qui porte le titre « Comment les rumeurs autour des vaccins commencent à courir et pourquoi ils ne disparaissent pas »

    Dans un article de presse, paru dans le quotidien allemand « Die Welt » le 13 mai 2020, Dr. Piot déclara que « sans vaccin contre le virus SARS-CoV-2 il n’y aura pas de retour à une vie normale. »

    Ce qui fait vivre un tel enchevêtrement d’interdépendances et conflits d’intérêt ce sont les coteries, comme, pour ne nommer qu’une en guise d’exemple, celle entre le directeur exécutif de la « Fondation Bill & Melinda Gates » Joe Cerrell et Sheryl Sandberg, directrice des opérations du réseau social « facebook » qui siègent tous les deux au conseil d’administration de l’organisation caritative « One Organisation », consacrée à la lutte contre l’extrême pauvreté, organisation dans laquelle siègent également le chanteur irlandais Bono, Bobby Shriver (Kennedy), David Cameron, ancien Premier ministre britannique, Kelly Ayotte ancienne Sénatrice américaine, Lawrence Summers, ancien Secrétaire du trésor des Etats-Unis, dans l’administration du Président Bill Clinton, Mimi Alemayehou (Mastercard) et Morton H. Halperin de la fondation « Open Society Foundations » du milliardaire hongrois George Soros.

    Pour conclure ce « vade-mecum » non-exhaustif, on pourrait ajouter à la liste le Dr. Joachim Sauer, professeur de chimie et mari de la Chancelière Dr. Angela Merkel, qui a si gracieusement offert, au maître de cérémonie, une tribune à la télévision allemande, le 12 avril 2020. Il est membre de la plus ancienne académie des sciences allemande, « Leopoldina », un acteur majeur dans la gestion de la pandémie du virus SARS-Cov-2. Il siège également au comité scientifique de la « Fondation de l’industrie chimique » dont l’objectif est la promotion de jeunes talents scientifiques dans le domaine de la chimie et au « Conseil européen de la recherche », proche de l’industrie pharmaceutique, un organe de l’Union européenne chargée de coordonner les efforts de la recherche entre les Etats membres.

    (1) Bill Gates über Corona-Impfstoff - YouTube (en allemand)
    (2) https://clubderklarenworte.de/dokumente/ 22.9. Exklusiv.Netzwerk-Dokument
    (3) Exklusiv. Dieses Dokument sollten Sie kennen – Das „COVID-Netzwerk“: Eine Analyse – uncut-news.ch (uncutnews.ch) (en allemand)
    (4) Corona-Untersuchungsausschuss – Teil 54 oder 22.3 | Von Jochen Mitschka - apolut.net (en allemand)

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  • Le vermifuge médiatique

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    « Le virus SARS-Cov-2 n’est pas une grippe, croyez-moi. Si vous avez été infecté, comme moi je l’ai été, au mois de février 2020, vous en garderez un mauvais souvenir. » Dr. Robert Malone, pionnier d’une thérapie génique, utilisant des copies moléculaires appelées ARNm (1).

    « Heureusement, j’ai récupéré mes fonctions pulmonaires, donc actuellement, je vais bien. Cette maladie est guérissable pour l’immense majorité des personnes infectées. Certes, nous avons eu, aux Etats-Unis (330 millions d’habitants ndlr), 400 morts en pédiatrie depuis le début de la pandémie, dont tous souffraient de comorbidités sévères, telle que l’obésité. Le nombre de jeunes jusqu’à 18 ans, morts de la grippe, oscille entre 600 et 800 chaque année. La probabilité, pour une personne en bonne santé, de mourir de cette infection est infinitésimale. »

    Pour les personnes, infectées par le virus SARS-Cov-2, et il y en a des centaines de millions, il y a de nombreux « remèdes de grand-mère », dont l’un d’eux s’appelle « Ivermectine », un médicament, dont la découverte valut, en 2015, aux chercheurs William C. Campbell et Satoshi Omura, le Prix Nobel de médecine (2) , et qui figure sur la « liste des médicaments essentiels » de l’Organisation mondiale de la santé OMS, mais, dont l’utilisation est « fortement déconseillée » (3) par l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux, plus connue sous le sigle « FDA » (4), qui avertit le public sur son site internet que « son utilisation, en guise de prévention, autant que de traitement, contre l’infection du virus SARS-CoV-2, peut s’avérer « hautement toxique », raison pour laquelle elle n’a pas été autorisée par l’agence. « Pour l’humain, les pastilles « Ivermectine » sont autorisées, à des doses spécifiques, pour le traitement de vers parasitiques. » L’agence ajoute, en guise d’explication (?) l’image d’une vétérinaire avec un cheval, suggérant, que le remède est également (uniquement ?) utilisé en médecine vétérinaire.

    Dans ce contexte, les instituts américains de la santé NIH, une institution gouvernementale de recherche médicale et biomédicale, qui dépend du Ministère de la Santé et des Services sociaux des Etats-Unis, énoncent, sur leur site internet, que « le médicament « Ivermectine » contribue à une nette amélioration de l’état de santé de milliards de personnes dans le monde. En ce qui concerne le traitement de l’infection par le virus SARS-Cov-2, il n’y a, à ce stade, pas suffisamment d’évidence pour recommander son utilisation, ni la déconseiller. Ainsi, nous préconisons l’instauration systématique d’essais cliniques à travers le monde, dans le but de collecter un nombre suffisant de données scientifiques. Le raisonnement de notre recommandation réside dans le fait que le médicament « Ivermectine » a pu démontrer, lors d’essais avec des cultures de cellules (in vitro ndlr), une capacité indéniable à inhiber la réplication du virus SARS-CoV-2. »

    A la lumière de cet état de fait, on ne peut que spéculer sur les raisons qui ont induit l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux FDA à ce tour de passe-passe discutable. Une chose est sûre, elle a tendu une perche aux médias.

    Ce fut le magazine « Rolling Stone », jadis porte-parole de la contre-culture hippie, aujourd’hui plutôt représentatif pour ce qu’on appelle communément « la gauche libérale », qui la saisit, avec gratitude, la perche, en fabricant une histoire, selon laquelle, les hôpitaux du « Red State », Oklahoma, un état qui vote majoritairement en faveur du Parti républicain, auraient été submergés par des patients (républicains et stupides ndlr) souffrant de surdoses du « vermifuge pour chevaux », supposément auto-administrés, contre le virus SARS-CoV-2, une information reprise illico presto, sans vérification aucune, par des médias aussi prestigieux que « Newsweek » « Business Insider », « New York Daily News », le média alternatif « The Intercept », propriété du milliardaire Pierre Omidyar, « The Hill », le deuxième plus important site d’information, propriété du plus important opérateur de chaînes de télévision des Etats-Unis « The Next Star Media Group », le journaliste Brian Tyler Cohen qui travaille également pour le « Washington Post », la chaîne de télévision « MSNBC », le tabloïd britannique « Daily Mail ».

    A la lumière de ce qui précède la question s’impose. Pourquoi alors utiliser une technologie, à la base, censée corriger un défaut génétique rare, pour un vaccin, administré à des centaines de millions de personnes sans distinction, dans le seul but de provoquer une réponse immunitaire à un pathogène inoffensif ?

    Théorisé par le philosophe allemand Karl Marx en 1867 dans son ouvrage, le capital, critique d’une économie politique, le précepte primordial du système économique dans lequel nous vivons depuis un peu plus de deux siècles, l’optimisation du rendement sur le capital, mène inexorablement à la concentration du pouvoir économique, et, par la force des choses, idéologique. Ainsi, une idéologie, à priori minoritaire, peut, également par la force des choses, devenir fatalement majoritaire.

    L’économiste français et maître de conférences, Jacques Attali, jadis conseiller spécial du défunt Président socialiste François Mitterrand, fondateur et premier président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement BERD, fait partie de ces personnalités, qui défendent des visions du monde peu orthodoxes, jadis largement minoritaires, comme en témoigne le quotidien français « Le Monde » dans un article, paru le 25 mars 1982, en réponse à une intervention, par le sémillant consultant, dans une émission de télévision du 13 mars 1982 en titrant « A propos de Jacques Attali et de l’euthanasie », en s’indignant, à juste titre, de « ses propos scandaleux » en qualifiant le dérapage de « chemin du déshonneur ».

    En effet, dans une émission de télévision du 13 mars 1982, Jacques Attali explique qu’à son avis « la logique du système marchand condamne les vieillards, soit à rester solvables, soit à subir l’euthanasie de fait. Il souligne ensuite que « les deux tiers des dépenses de santé étant concentrées dans les derniers mois de la vie, la nature même de la société capitaliste la pousse à ne plus rechercher l’espérance de vie, mais la seule durée de vie sans maladie. » Il souligne enfin que « l’acharnement gérontologique (qu’il assimile à l’acharnement thérapeutique) masque les vrais problèmes de santé publique, qui dans l’état actuel des choses conduisent à une véritable euthanasie pour les classes le plus laborieuses. » (Le Monde, 1982)

    « La liberté fondamentale c’est le droit au suicide.» Il indique que, « en régime socialiste de complète liberté, l’euthanasie sera reconnue.» Il ajoute que « l’évolution actuelle de la société marchande conduira inévitablement, elle aussi, à éliminer la vie par des procédés techniques lorsque cette vie s’avérera trop insupportable ou économiquement trop coûteuse. » Fin de citation (Le Monde, 1982)

    Nous sommes en 2021 et la « fenêtre d’Overton » semble se déplacer à vitesse grand V. Ainsi titre le quotidien français « Libération » le 12 octobre 2018 au sujet des remarques dans la dite émission de télévision de 1982 « Non, Jacques Attali ne promeut pas l’euthanasie des plus faibles » et la radio publique d’information « franceinfo » le 22 avril 2021 : « Non, Jacques Attali n’a pas publié un plaidoyer en faveur de l’euthanasie des plus faibles. »


    (1) En 1987, Robert Malone effectua un expérience scientifique révolutionnaire, en mélangeant des brins moléculaires de RNA messager avec des gouttelettes de graisse, en créant une sorte de « pot-au-feu » moléculaire. En y plongeant des cellules humaines, il put constater que celui-ci absorbait ces brins et produit par lui-même des protéines, à la base de la reproduction. The tangled history of mRNA vaccines (nature.com)

    (2) The 2015 Nobel Prize in Physiology or Medicine - Press release

    (3) Why You Should Not Use Ivermectin to Treat or Prevent COVID-19 | FDA

    (4) L’agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux FDA est l’organisme, mandaté par le gouvernement américain, d’autoriser la commercialisation des médicaments sur le territoire américain. A l’instar de l’Organisation mondiale de la santé OMS, elle est majoritairement financée par des fonds privés (70%) en grande partie par l’industrie pharmaceutique.

    EXPLOSIVE Truth About Vaccines & COVID w/Inventor Of mRNA Vaccine Technology, Robert Malone - YouTube

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  • La guerre selon Charlie Wilson

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    Progressiste et libéral, membre du Parti démocrate, député texan à la Chambre des Représentants entre 1973 et 1996, « Good Time Charlie » profitait de la vie, et quelle vie. On aurait pu en faire un film.

    Ce fut peut-être son accréditation, en tant que lieutenant de la Marine, à une unité du Pentagone, chargée d’évaluer l’état des forces nucléaires de l’Union Soviétique, qui avait attisée sa peur du communisme. Toujours est-il, à un moment donné de sa vie il a dû se sentir investi d’une mission divine, celle de la croisade contre le mal.

    C’était d’abord avec son ami Anastasio Somoza, dont disait le défunt Président Franklin Roosevelt qu’il était bien un salaud, mais « notre salaud », qu’il partageait sa haine des russes qui soutenaient opportunément la révolution sandiniste, si préjudiciable aux intérêts américains, pour se focaliser plus tard sur une autre nation, sur le point d’entamer de fâcheuses réformes sociales, l’Afghanistan.

    Le Parti démocratique populaire d’Afghanistan, fondé en 1965, fut une formation politique d’inspiration marxiste, arrivée au pouvoir grâce au soutien de l’armée afghane, lors de la « révolution de Saur » en 1978, à la suite d’une série de régences plus ou moins despotiques, issues d’une lignée royale dont les débuts remontent au 18ème siècle.

    Pris de court, les puissances protectrices, Etats-Unis et Grande-Bretagne, durent se rendre à l’évidence que les réformes, entamées par les nouveaux dirigeants, sécularisation de la société, égalité de droit entre hommes et femmes, protection des minorités ethniques, bénéficiaient d’un large soutien parmi la population.

    Le journaliste du « New York Times », dépêché sur place pour « prendre la température », dut admettre n’avoir rencontré aucun opposant aux réformes proposées, le « Wall Street Journal » rapporta qu’une « foule enthousiaste de 150'000 afghans s’était réunie dans la capitale, en soutien au nouveau gouvernement » et le « Washington Post » concéda qu’il était « indéniable que le nouveau gouvernement était largement soutenu par le peuple afghan ». (John Pilger)

    C’en était trop. La perte d’influence géostratégique qu’un gouvernement, soutenu par l’Union Soviétique, « infligeait » à la « communauté de valeurs » occidentale ne pouvait en aucun cas être tolérée, d’autant moins qu’un autre partenaire de taille dans la région rendit son tablier quasi simultanément, l’Iran, bien que, comme le concéda le Secrétaire d’Etat du gouvernement Carter, Cyrus Vance, Sr, « Nous n’avions trouvé aucune preuve que le gouvernement soviétique aurait été impliqué d’une quelconque manière dans la prise de pouvoir du gouvernement du Président Nour Mohammad Taraki ». (John Pilger)

    Ainsi, sous l’instigation du Conseiller à la sécurité nationale du gouvernement Carter, Zbigniew Brzezinski, un exilé polonais, auteur d’une thèse de doctorat sur le totalitarisme soviétique et artisan majeur de la politique extérieure américaine, Président Jimmy Carter donna, le 3 juillet 1979, le feu vert à la CIA pour l’exécution de l’« Opération Cyclone », un programme secret entre 1979 et 1989, destiné à fourni des armes à des opposants au nouveau gouvernement, les différentes factions de moudjahidines, sans en informer ni le Congrès, ni le public américain, en autorisant une première ligne de crédit modeste de 695'000 USD, augmentée rapidement sous l’administration Reagan, grâce à la force de persuasion et la mission divine du sémillant député texan, Charlie Wilson, membre de la commission budgétaire, à 630 million USD par année jusqu’en 1989.

    Le journaliste Bob Woodward (Watergate) évoqua dans un article la somme de 70 millions USD en espèces qui aurait été distribuée à tous les chefs militaires volontaires.

    Un processus de recrutement fut déclenché dans les pays musulmans du Moyen Orient et du Maghreb, et des camps d’entrainement militaire clandestins furent installés au Pakistan, dirigés par la CIA le service secret britannique MI6, ainsi que le service secret pakistanais. (John Pilger)

    D’autres lieux de recrutement furent les écoles, tels que le « Brooklyn Islamic College », dont un des étudiants fut un ingénieur saoudien du nom de Oussama ben Laden, dont la famille commerçait avec la famille Bush du Texas.

    L’objectif de l’opération fut la propagation de l’islamisme radical en Asie centrale dans le but de déstabiliser un allié de l’Union Soviétique, indépendamment des conséquences sociales qu’une telle entreprise aurait pour la population civile, et dont les gouvernements américains et britanniques furent pleinement conscients.

    Comme prévu, l’invasion militaire des soviets ne s’était pas fait attendre, donnant au Parti communiste russe son « Vietnam ».

    Grâce aux lance-missiles « Stinger » made in USA, les moudjahidines les plus radicaux, les Talibans, qui en outre finançaient leurs opérations militaires grâce aux revenus du trafic d’héroïne et n’avaient que peu d’égards pour leurs épouses et filles, réussirent finalement à bouter l’Armée rouge hors du territoire afghan.

    En 1996, finalement, les chefs de guerre, les plus obscurantistes, les Talibans, réussirent à prendre le pouvoir, et lynchèrent le Président Mohammad Najibullah, en le pendant à un poteau de signalisation devant le quartier général de l’ONU à Kabul, sous les yeux « désolés » de la communauté internationale.

    Il fut de notoriété publique que le nouveau gouvernement s’intéressa, avant tout, à la piété religieuse, mais, davantage encore aux affaires, car le projet de construction d’un gazoduc d’une valeur de 3 milliards USD, la Trans-Afghanistan Pipeline censée raccorder la Mer caspienne, en traversant l’Afghanistan, avec l’Océan indien, impliquant un consortium d’entreprises américaines sous la direction du groupe pétrolier californien, UNOCAL, devenu Chevron en 2005, fut intensément débattu entre les Talibans et l’administration du Président Clinton, lors d’une visite secrète sur invitation du PDG de l’époque dans sa villa texane, ainsi qu’au quartier général de la CIA à Langley en Virginie. De la partie fut également un certain Richard Bruce Cheney, plus tard Vice-président et « tire-ficelles » du Président George Herbert Walker Bush, Jun.

    Modeste à ses débuts, le budget des Etats-Unis, alloué à la résistance afghane, prit, comme déjà mentionné, rapidement l’ascenseur grâce au député démocrate texan Charlie Wilson, qui, après une visite en Afghanistan fin 1982, en sa qualité de membre de la commission budgétaire, arriva à la conclusion que le soutien financier aux moudjahidines était largement insuffisant pour venir à bout des hélicoptères d’attaque soviétiques Mi 24. A la recherche d’une arme défensive adéquate il est rapidement tombé sur le canon 20 mm du fabricant suisse Oerlikon Contraves et mandata le fabricant israélien IMI Systems de développer un missile anti-aérien. Aucun des deux systèmes fut finalement choisi.

    Rien qu’en 1984 Il avait réussi l’exploit de convaincre, à lui seul, la commission d’accorder une augmentation du budget, dédié aux résistants afghans, de 40 millions USD. Ainsi, le Congrès réorienta systématiquement tous les budgets excédentaires du Pentagone qu’il pouvait possiblement trouver, dans le programme afghan, de sorte à ce que déjà en 1985 la somme atteignit 250 millions USD, complété généreusement par la maison Al Saoud, sans que personne pipe mot.

    Dans ses négociations avec le Pakistan et Israël Wilson prit soin de contourner la loi Logan (Logan Act) qui interdit des négociations, de quelque nature que ce soit, à un citoyen américain ou représentant, avec un état étranger, sans l’aval du gouvernement.

    « J’écris aujourd’hui de ma patrie, la vallée de Pandjchir, prêt à suivre les traces de mon père, avec les combattants moudjahidines afin de reprendre le pouvoir aux Talibans » affirme Ahmad Massoud, diplômé de l’Académie militaire de Sandhurst et le King’s College de Londres dans un éditorial du « Washington Post. »

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