• Post-vérité

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    MSNBC est une chaîne d’information continue américaine d’obédience libérale, proche du Parti démocrate, issue de la fusion entre la société « Microsoft Network », partie du groupe « Microsoft », (9%) et le groupe audiovisuel « National Broadcasting Company » NBC, partie du groupe « NBC Universal » (91%), partie de son côté du groupe de médias « Comcast ».

    « NBC Universal Media » fut créé en 2004 à la suite de l’intégration des activités du groupe français « Vivendi Universal Entertainment » (20%) acquises par le propriétaire, le conglomérat General Electric, qui les vendra à son tour au groupe de médias « Comcast ».

    « Vivendi Universal Entertainment », crée en 2000 par le groupe français « Vivendi Universal », initialement spécialisé dans les services aux collectivités territoriales françaises, plus connu sous le nom de « Compagnie Générale des Eaux », fondée par Napoléon III, découlant des idées du philosophe et économiste français Claude-Henri de Rouvroy, Comte de Saint-Simon (1), transformé en conglomérat de « nouvelles technologies » par l’homme d’affaires français Jean Marie Messier, plus connu du public par ses initiales J6M, Jean-Marie Messier moi-même maître du monde, est le produit de la fusion avec les activités « divertissements » du fabricant de whisky canadien « Seagram ». (Wikipedia)

    La journaliste et animatrice de télévision Rachel Maddow, aux sensibilités politiques quelque peu confuses, anime depuis 2008, un magazine d’information sur la chaîne de télévision MSNBC, le « Rachel Maddow Show », attirant jusqu’à 3 millions de spectateurs chaque mois. Diplômée des universités de Stanford et Oxford, elle se déclare d’obédience libérale et admiratrice du Président Dwight D. Eisenhower, un Républicain, qui, lui, était tout sauf un libéral, en revanche, un fervent opposant de l’expansion militaire des Etats-Unis dans le monde et de la toute-puissance du « complexe militaro industriel », contrairement à Rachel Maddow. Cherchez l’erreur.

    Toujours est-il, le fonds de commerce, si l’on puit dire ainsi, de la sémillante animatrice est devenu, depuis le 8 novembre 2016, ce qu’on appelle communément le « Russia bashing ».

    Suite à la défaite, le 8 novembre 2016, de la candidate démocrate à la présidence, Hillary Clinton, potentiellement la première femme à la Maison Blanche, face au semi-républicain Donald Trump, les caciques du Parti démocrate et l’élite libérale partirent en roue libre.

    Après une « analyse approfondie » des raisons de cet échec, le « Democratic National Committee » DNC, décréta la « culpabilité » du Kremlin, chargeant ses offices de communication officieuses, de répandre la bonne parole. Si le « show » populaire de « l’égérie de la diversité et de l’inclusion » se démarque par sa singulière virulence, c’est, à ce jour le paysage médiatique américain « in corpore » qui participe à la chasse aux sorcières, médias alternatifs inclus.

    Faute de trouver un argument valable pour discréditer un adversaire il est devenu coutumier dans le paysage médiatique américain de le taxer d’espion russe, ce que fit, une fois de plus, en 2019, la journaliste Rachel Maddow, accusant « One America News Network » OAN un groupe de médias conservateur de tendance droite radicale, proche de l’ancien Président Donald Trump, d’être une officine du « Kremlin », faisant référence à un article, paru dans le magazine online « Daily Beast », article constatant qu’un des reporters d’OAN était d’origine russe, travaillant simultanément pour l’agence de presse « Sputnik ».

    « One America News Network » porta plainte contre Rachel Maddow, son employeur MSNBC, ainsi que contre le propriétaire « Comcast ». Le jugement, commenté par le journaliste américain Glenn Greenwald sur son site « Substack » le 22 juin 2021 et avec lequel celui-ci semble être en accord, craignant l’utilisation de la plainte pour diffamation comme outil de censure, fut rendu par la juge fédérale progressiste Cnythia Bashant nommée par le Président Barack Obama.

    Extraits du jugement :

    « Certes, les téléspectateurs qui consultent les chaînes d’information, telle que MSNBC, le font dans le but d’obtenir des informations sur l’actualité dans le monde. Toutefois, ceci doit être juxtaposé au fait que l’allégation, supposément diffamatoire, dont fait l’objet cette action en justice, doit être considérée dans le contexte d’une émission d’opinion, telle que le « Rachel Maddow Show », dans lequel la journaliste exprime la sienne, tout en invitant ses clients à la partager. »

    « Rachel Maddow ne cache pas son opinion politique. Son public doit donc s’attendre à un langage subjectif conforme à ses convictions. »

    « Dans ce sens « Rachel Maddow Show » diffère d’un segment d’actualité ordinaire, car l’information y est toujours accompagnée d’un commentaire personnel. La Cour estime légitime de faire confiance à la capacité des téléspectateurs de faire la différence entre une information et une opinion. »

    « Les téléspectateurs qui regardent son programme s’attendent à ce qu’elle y exprime son opinion personnelle et subjective. Ainsi, la déclaration litigieuse (espion russe ndlr), supposément diffamatoire, doit être vue dans un contexte plus large, car, en commentant l’article paru dans le magazine online « Daily Beast », il s’agit d’une opinion personnelle, exprimée de façon outrancière et exagérée, certes, mais à laquelle on peut s’attendre en regardant son « show ».

    « Quand Rachel Maddow ajoute ses commentaires, utilisant un langage fleuri, ricanant de manière sous-entendu (Non, mais cela paraît évident) l’exagération des faits, comme, appeler le journalisme d’OAN de propagande russe, ne devrait pas être pris au sérieux par les téléspectateurs qui ne peuvent pas sérieusement penser que OAN soit au service du gouvernement russe. Au lieu de cela ils analyseront l’article du « Daily Beast » et tireront leur propres conclusions »

    Du point de vue du journaliste et sa gilde, informée et « vaccinée », la crainte de l’utilisation de la plainte pour diffamation comme outil de censure, est compréhensible à la limite, attendre du citoyen dont l’activité professionnelle et quotidienne ne touche pas à l’actualité et qui dépend des médias, qui de plus en plus forment une entité plutôt qu’une diversité, comme seule source, de faire la distinction entre propagande et information, en revanche, est tout de même un peu présomptueux.

    (1) Le saint-simonisme repose sus le concept d’une récompense universelle par l’industrialisme morale, la condition à l’atteinte du bonheur, la liberté et l’émancipation dans le but de passer de l’âge théologique et féodal à l’âge positif et industriel d’une aristocratie de talents et non de naissance. (Wikipedia)

    https://greenwald.substack.com/p/a-court-ruled-rachel-maddows-viewers

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  • Vendredi on rase gratis

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    Qu’ils soient employés ou patrons, ils travaillent tous gratuitement pendant au moins un jour par semaine, pour le captal. On le savait déjà, du moins depuis que le philosophe Karl Marx avait découvert le pot aux roses, mais maintenant c’est une expérience islandaise grandeur nature qui le démontre.

    Pendant la durée de l’expérience, entre 2015 et 2019, les 2,500 fonctionnaires de la ville de Reykjavik avaient successivement réduit leur temps de travail de cinq à quatre jours par semaine, tout en préservant le niveau de leurs salaires. Fait significatif, le niveau de la productivité s’est légèrement amélioré, dû aux effets positifs sur la santé physique et psychique des employés.

    Ce n’est bien-sûr pas un hasard que cette expérience a été mise à exécution dans la fonction publique, car, contrairement au secteur privé, le secteur public paie ses salariés l’équivalent de leur productivité, n’ayant pas à tenir compte du coût du capital, sauf au cas où il serait forcé d’emprunter aux banques pour combler un déficit budgétaire, causé éventuellement par une politique fiscale, favorisant le capital plutôt que le travail.

    L’économiste britannique John Maynard Keynes, « co-architecte » de notre système économique et monétaire, concocté en 1944 par les Etats-Unis et la Grande Bretagne dans la station de ski huppée de « Bretton Woods », prédisait déjà que l’humanité finira par travailler quinze heures par semaine seulement, grâce au progrès. Il avait bien-sûr raison, en théorie du moins. Seulement, il a dû être un des seuls savants de sa profession à ne pas considérer le capitalisme comme une fin en soi.

    On en veut pour preuve l’énorme succès en librairie du dernier livre, paru en 2018, de l’anthropologue et militant anarchiste américain, David Graeber, « bullshit jobs », maître de conférences à la « London School of Economics » jusqu’à sa mort l’année passée, ouvrage dans lequel il met à nu l’inefficacité du monde du travail contemporain et la fable propagandiste des milieux économiques et universitaires de la notion de la productivité.

    Marx faisait déjà une distinction entre main d’œuvre productive et main d’œuvre improductive. Le capital, faisant appel à une main d’œuvre productive, dans le but d’extraire une plus-value, a également besoin, dans le but de maintenir une administration cohérente, de compétences, indirectement liées à la production, de facto non-profitables.

    Dans une économie de plus en plus automatisée, grâce au progrès technologique, la part de la main d’œuvre productive a tendance à diminuer et celle de la main d’œuvre improductive à augmenter, donnant libre cours à la prolifération d’une bureaucratie tentaculaire, du style des régimes communistes, ce qui du point de vue de la profitabilité du capital investi pose problème. Le manque à gagner qui en résulte, le captal le récupère dans les marchés financiers, continuellement alimentés à cette fin par les banques centrales et les banques commerciales, par des moyens, dépassant largement la valeur réelle produite par l’économie.

    En d’autres termes il y a de moins en moins de gens qui travaillent réellement et le but de les maintenir au travail est autre que celui de garantir la productivité de l’économie.

    Sur une question au sujet d’une éventuelle assurance maladie publique pour tous les américains, l’ancien président Barack Obama, répondit : « Mais, que ferions-nous de ces millions de gens qui travaillent actuellement pour les compagnies d’assurance privées » admettant implicitement que l’enjeu n’est pas tant l’amélioration de l’efficacité du système de santé ni celle de l’économie per se, mais plutôt le souci de garder les gens au travail, id sous-contrôle. En effet, une population qui disposerait de suffisamment de temps pour méditer sur le sens de son existence constituerait une menace pour le système ?

    Toujours est-il, la part productive de la main d’œuvre étant successivement remplacée par des machines, elle continuera tout de même à produire des surplus, au détriment de l’environnement, pour générer encore des profits pour le capital investi, pendant que de plus en plus d’emplois se créent dans la bureaucratie, nécessitant de nouvelles formations, parfaitement inutiles, dans les domaines du droit commercial, la finance et le marketing, pour ne nommer que quelques-uns, dans le seul but de garder les gens au travail.

    Pour sa survie, le capitalisme doit s’adapter, et il le fait avec une résilience remarquable, comme il l’a prouvé à maintes reprises à travers sa brève Histoire. Pour surmonter la baisse du pouvoir d’achat, dû au transfert des gains de productivité vers le capital, il a inventé le crédit, le crédit à la consommation en l’occurrence, créant, notamment aux Etats-Unis, le berceau du capitalisme dérégulé, mais également, dans une moindre mesure dans le reste du monde occidental, un niveau d’endettement historique. L’endettement exorbitant des ménages, conjuguant simultanément avec celui des entreprises et de l’état, font que la marge de manœuvre conjoncturelle par les pouvoirs publics est quasiment réduite à néant, malgré les prévisions optimistes que font miroiter les « experts » actuellement pour anesthésier l’opinion publique.

    Les temps où les Etats-Unis gardaient dans leur trésor à la célèbre base militaire de Fort Knox une quantité d’or suffisante pour permettre à la terre entière d’échanger des dollars contre le précieux métal à un prix fixe sont révolus depuis la levée de la convertibilité du dollar en or par le Président Richard Nixon en 1971. Ayant réglé la note du coût exorbitant de la guerre du Vietnam par la création monétaire, le reste du monde commençait à douter de la solvabilité des Etats-Unis. Certes, l’or, comme n’importe quelle autre denrée, n’ayant qu’une valeur subjective la valeur de la monnaie en circulation devrait plutôt représenter la valeur des produits et services générés par l’économie. Seulement, quand elle représente un multiple de l’économie réelle, ce qui est le cas actuellement, le pouvoir d’achat, crée par les gains de productivité, est ainsi délibérément anéanti.

    Pour ces raisons, le fait que l’humanité cherche actuellement à venir à bout des dégâts environnementaux irréversibles en se servant des recettes d’une idéologie qui les a occasionnés, est tout aussi absurde que de pointer du doigt les milliardaires et les entreprises multinationales pour ne pas s’acquittent de leurs impôts.

    Le capitalisme se trouve en phase terminale et ce qui suivra s’appellera autrement.

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