• Diversité

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    La préservation du statu quo passe par le contrôle sur la normativité, la normativité de la diversité.

    Soucieuse de surmonter son stigmate #OscarsSoWhite, l’Académie des Oscars vient de décréter la diversité. Pour être éligible à la consécration suprême du 7ème art il faudra dorénavant respecter un certain nombre de critères, quatre, pour être précis.

    A) Mettre à l’affiche au moins un acteur principal, issu de minorités ethniques et raciales, ainsi qu’au minimum 30% des petits rôles incarnés par des personnes des communautés sous-représentées (femmes, LGBT, personnes handicapées) ou que le film aborde comme thème principal les questions relatives à ces minorités.

    B) La présence au sein de l’équipe dirigeante d’un film ou des membres des équipes techniques des personnes, issues de groupes ethniques, historiquement défavorisés, femmes, personnes LGBT et handicapés comprises.

    C) Proposer des stages payants ou des apprentissages aux personnes, issues de ces minorités.

    D) Avoir dans son équipe de distribution et de marketing des personnes issues de ces minorités (Huffpost)

    L’écrivain américain Gore Vidal (1925-2012), une des figures marquantes de la vie politique et culturelle américaine du 20ème siècle, pionnier de la cause homosexuelle avec son livre « The City and the Pillar », paru en 1948, sortant du cliché de l’homosexuel efféminé, avait toujours refusé d’être considéré comme tel, martelant que « l’homosexualité est un fait constant de la condition humaine, ce n’est ni une maladie, ni un péché, ni un crime, mais une réalité naturelle, raison pour laquelle j’évite le terme de la « normalité » au bénéfice du terme « naturel » », au même titre d’ailleurs, on pourrait ajouter, que d’être une femme ou une personne handicapée.

    Quand Simone de Beauvoir dénonce cette normativité en affirmant que « on ne naît pas femme, on le devient » elle est sciemment mal interprétée par les courants féministes contemporains qui ne voient aucun inconvénient à ce que la domination du patriarcat sur la gente féminie soit remplacée par celui du capital, exigeant davantage de féminisme dans les hautes sphères de l’économie et de la politique, au même titre d’ailleurs que les défenseurs des droits des homosexuels et ceux des personnes handicapées, évacuant la possibilité que certains d’entre eux puissent en effet être des personnages exécrables.

    Sans vouloir offenser personne, les trois plus importantes entreprises de défense américaines sont dirigées par des femmes. Lockheed Martin, Northrop Grumman, General Dynamics, le Ministre allemand de la santé, Jens Spahn, fossoyeur de la santé publique, est homosexuel et l’ancien Ministre des finances et actuel Président du Bundestag, Wolfgang Schäuble, accusé de corruption, est paraplégique.

    Le capital, dépourvu d’états d’âme, a cela de particulier, qu’il a la capacité d’utiliser à son avantage les courants politiques et sociétaux changeants, quel que soit leur couleur idéologique, un don qu’on appelle communément de la manipulation.

    Tirant les conséquences des actes d’harcèlement sexuel de la part d’un ponte du cinéma et sous la pression du mouvement #MeeToo qui s’ensuivit, l’académie a cru bien faire en s’adaptant à l’air du temps.

    Les cercles de ce qu’on appelle aux Etats-Unis les « liberals », les milieux académiques et culturels, électeurs du Parti démocrate, applaudissent des deux mains, faisant du même coup le jeu de la droite réactionnaire, qui les accuse à son tour d’hypocrisie.

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  • Etat vassal

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    Il est peu probable que Dr. Angela Merkel, physicienne de formation, ne soit en mesure d’évaluer adéquatement la « dangerosité » de la situation sanitaire ambiante dans son pays, ni d’ailleurs la probabilité d’un empoisonnement potentiel au gaz neurotoxique mortel, « Novitchok », du militant politique russe et repris de justice (détournement de fonds (1)), Alexeï Navalny.

    Est-ce que le pouvoir absolu contribuerait à l’obscurcissement fatal de la capacité de jugement ? Toujours est-il, dans un élan humanitaire et fraternel, le gouvernement allemand décida d’organiser, début septembre, un « rapatriement » immédiat dans la capitale allemande, du blogueur russe, supposément empoisonné dans la ville de Tomsk par son « adversaire politique », le Président « himself », dans le but de le faire soigner au bastion de la « gestion pandémique » du virologue « vedette » Christian Drosten, l’« Hôpital universitaire de la Charité ».

    A peine deux jours après l’arrivée du patient russe, l’ancien président et actuel co-président du parti d’opposition « Alliance 90 / Les Verts », Cem Özdemir, publia une diatribe belliqueuse dans le titre phare du groupe de presse Axel Springer, « Bild Zeitung », évoquant une interruption possible des travaux du Gazoduc Nordstream II, passant par la mer Baltique pour approvisionner les ménages allemands en gaz naturel, ouvrage déjà achevé à 95%, en guise de représailles contre une « tentative d’assassinat d’un adversaire politique, orchestrée par le Kremlin ».

    Diplômé du programme « Young Leaders » du « Think-tank » à but non lucratif « Atlantik-Brücke » et de l’ONG « American Council of Germany », Herr Özdemir sait où se trouve sa « patrie politique ». Petra Kelly a dû se retourner dans sa tombe encore et encore depuis la mainmise sur son parti par les néolibéraux.

    S’il fallait encore une preuve de l’obsolescence des partis politiques, la voilà. Mise à part le fait que le gaz naturel n’est peut-être pas le nec plus ultra contre le réchauffement climatique, il est tout de même le moins polluant de toutes les sources d’énergies fossiles, émettant deux fois moins de CO2 par kilowattheure que le charbon.

    L’alternative que le parti de la « durabilité écologique, économique et sociale » semble favoriser, est l’importation, par voie maritime, de pétrole et de gaz de schiste liquéfié des Etats-Unis, nation devenue à nouveau exportatrice de sources d’énergies fossiles grâce à la politique énergétique de l’administration Obama, ceci la première fois depuis 1953, grâce au procédé d’extraction de la fracturation hydraulique, hautement toxique pour l’environnement.

    La politique environnementale du lauréat du Prix Nobel de la Paix n’est pas seulement un désastre écologique, mais également économique, car suite à l’effondrement du prix du baril de pétrole, l’industrie pétrolière américaine opère à perte, puisque le coût d’extraction par fracturation se situe bien au-dessus de la cotation sur les marchés financiers qui oscille autour de 40 USD le baril.

    Puisqu’il semble peu probable que les programmes de relance divers et variés, tous basés sur le principe de l’économie de l’offre, mis en place par les gouvernements des pays industrialisés, fassent remonter les cours des matières premières, sauf l’or peut-être, c’est la demande « naturelle » du troisième importateur net de gaz naturel, l’Allemagne, qui pourrait faire l’affaire.

    Entre temps c’est le Ministre fédéral des affaires étrangères Heiko Maas et la Chancelière elle-même qui sont entrés en brèche pour emboîter le pas au sémillant écologiste Özdemir.

    Ce fut le 8 septembre 2005 que l’entreprise d’énergie russe, Gazprom, le chimiste allemand BASF, ainsi que le groupe d’énergie allemand, E.ON, signèrent l’accord de base pour la construction d’un premier gazoduc, reliant les champs pétrolifères russes aux consommateurs allemands, via la mer Baltique.

    Le gouvernement de l’ancien Chancelier socialiste Gerhard Schröder approuva la construction du gazoduc en se portant garant d’un crédit de 1 milliards euros. En guise de remerciements, le dernier se vit confier le poste de Président du Conseil de surveillance du consortium germano-russe à la fin de son mandat politique.

    Les travaux du deuxième tuyau, Nordstream II, projeté par la société Nord Stream AG, incorporée dans la ville suisse de Zoug, connue pour la qualité de ses travailleurs, commencèrent en avril 2018, malgré un projet de loi, adopté par le Congrès américain le 15 juin 2017, menaçant, comme à son habitude, d’amendes, de restrictions bancaires et d’exclusion aux appels d’offres américains, toutes les sociétés européennes qui participeraient à la construction de ce projet.

    Suite à la signature de la loi le 21 décembre 2019 par le Président Donald Trump, la société suisso-néerlandaise « Allseas », domiciliée dans la commune fribourgeoise de Châtel-Saint-Denis, spécialisée dans la pose de pipelines en mer, suspend sa participation au projet, la pose des 150 kilomètres de tuyau restants, après réception d’une lettre de menace de la part des sénateurs américains, Ted Cruz du Texas, le royaume du pétrole, ainsi que du sénateur Ron Johnson du Wisconsin, stipulant « qu’une poursuite des travaux, même pour une seule journée, exposerait la firme à des sanctions juridiques et économiques dévastatrices et potentiellement fatales, telles que la saisie des avoirs du contracteur sur territoire américain, l’interdiction d’y opérer, ainsi que la révocation de visas de ses dirigeants. » (Wikipedia)

    La facture des dommages et intérêts potentiels pour le gouvernement allemand de la part de toutes les compagnies impliquées pourrait se situer entre 5 et 9 milliards euros, le coût de l’ouvrage, raison pour laquelle Madame Merkel compte sur la solidarité européenne, avec succès, à ce qu’il semble.

    Trop occupé à convaincre le peuple suisse de la nécessité de l'achat d’une série d’avions de chasse pour 6 milliards CHF, dans le cadre du réarmement de l’OTAN, souhaité par le gouvernement américain, il est peu probable que, dans cette affaire, le gouvernement suisse se risque à un incident diplomatique.


    (1) Condamné en 2014, avec son frère qui est sorti de prison en 2018, à trois ans et demi de prison avec sursis, pour surfacturation à l’encontre du distributeur de produits de beauté « Yves Rocher » (Russie) par un tribunal moscovite. Le jugement fut « invalidé » par la « Cour Européenne des droits de l’Homme » en 2017. La maison Yves Rocher n’est sans doute pas non plus au-dessus de tout soupçon, puisqu’un autre de ses anciens cadres en Russie purge actuellement une peine de prison en Suisse pour malversations, en sa qualité de gestionnaire de la banque Crédit Suisse, avec la complicité de la dernière, il faut bien le dire.

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  • Fintech

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    La logique qui anime le capital est la recherche perpétuelle du meilleur rendement par le biais de la minimisation du coût de production, le travail. La minimisation du coût du travail engendrant une érosion du pouvoir d’achat et, par conséquent, une baisse inévitable de la demande, celle-ci ne peut être compensée autrement que par le crédit, le fondement même du système économique en vigueur.

    Ainsi, en cette année 2020, le bastion du capitalisme, les Etats-Unis d’Amérique, se retrouve avec une dette souveraine de 27'000 milliards USD à quoi s’ajoute un endettement global des entreprises de 10'000 milliards USD, ainsi qu’une dette privée de 18'700 milliards USD, soit une dette hypothécaire et dette de consommation de 13'000 milliards USD et de 4'200 milliards USD respectivement, plus 1'500 milliards de prêts universitaires. Pour comparaison, la performance économique annuelle se situe autour de 20'000 milliards USD, ou un peu moins d’un quart de la production annuelle mondiale.

    La principale raison de la perpétuation de ce dogme de la « création de richesses par le crédit » réside dans l’imperméabilité du capital à toute idéologie, ainsi qu’à sa remarquable adaptabilité aux bouleversements, fussent-ils politiques ou sociaux, scientifiques ou technologiques.

    Depuis la nuit des temps, des temps du capitalisme du moins, le mécanisme suprême de la distribution des richesses produites, la création monétaire, est en mains des banques privées, sous la surveillance de la banque des banques, la Banque centrale, la dernière étant censée faire en sorte à ce que la masse d’argent en circulation corresponde » grosso modo » à la valeur des produits et services, générés par l’activité économique, en théorie.

    Ayant cédé, en réalité, ce privilège aux banques privées, tout en prétendant contrôler les dernières par des mécanismes tels que l’exigence minimale en matière de fonds propres (réserves fractionnaires) et/ou par des interventions boursières, en régulant l’offre et la demande du marché de la dette souveraine, dans les faits, la banque des banques ne contrôle rien, voir paragraphe 2 de ce billet, ou si peu.

    En attendant, le capital lorgne déjà la nouvelle trouvaille, la « Fintec » ou technologie financière, et, pourquoi pas la cryptomonnaie ? Car, de la fonction sociale de l’activité économique il s’en moque.

    Il se trouve qu’actuellement, en raison de la gestion libérale de la grippe par les pouvoirs publics, l’économie, américaine en l’occurrence, a subi une contraction de 9,5% au second trimestre de cette année, mettant au chômage plus de 50 millions de travailleurs, sans compter ceux qui sortent des statistiques chaque mois parce qu’ils ont épuisé leurs droits et ceux qui ont abandonné les recherches, pendant que simultanément la Réserve Fédérale créait du néant la somme astronomique de 4'000 milliards USD, en excès de ce qu’elle injecte déjà dans les marchés financiers depuis septembre 2019, dans le but déclaré d’éponger les mauvaises créances des entreprises.

    Dans ce contexte, soucieuses de ne pas abîmer encore davantage leur réputation, les banques rechignent à propager le modèle des petits crédits, le genre de service qui est typiquement envisagé après le blocage de la carte de crédit. Elles préfèrent laisser ce champ à des prestataires qui proposent leurs services de façon anonyme par un clic de souris via internet dans le style « Uber » et autres « Airbnb ».

    Les algorithmes se chargent de l’étude du dossier, de l’octroi du crédit jusqu’à la gestion des litiges, peu importe qu’il s’agisse d’un petit crédit pour arrondir les fins de mois difficiles ou d’un crédit hypothécaire. Une régulation bancaire complaisante, un faible coût en personnel et des taux d’intérêt annuels allant jusqu’à 30% rendent ce modèle d’affaires très attrayant pour les investisseurs, raison pour laquelle derrière des logos un peu trop « flashy » et une publicité un peu trop racoleuse se trouvent très souvent de grands instituts bancaires qui ont une réputation à défendre.

    Ce qui a commencé avec la révolution industrielle au 19ème siècle et s’achève avec la révolution technologique du 21ème siècle le philosophe Karl Marx appelle l’aliénation (Entfremdung), se référant à la transformation de la relation entre le travailleur et le produit de son travail, dans le sens que, par le biais de la division du travail et l’automatisation, le dernier développe une dynamique propre qui échappe à son créateur. Il passe de valeur d’usage à valeur d’échange étant à la fois produit et consommé sans que ni le producteur ni le consommateur ait la maîtrise ni sur le prix du travail ni sur celui du produit.

    La Fintec pousse la logique de l’aliénation encore un peu plus loin. Etant dans l’impossibilité d’acquérir le fruit de son propre travail, le travailleur est forcé de demander de l'aide à celui qui s’en est approprié indûment, ce qui le piège dans une relation de servage face au dernier.

    Une fois la victime piégée, une aliénation kafkaïenne, digne du plus sombre des régimes bolchéviques, suit son cours dans la mesure où il n’y aura plus d’interlocuteur, comme c’était le cas avec le banquier, mais les algorithmes et les procédures, car l’option de la négociation disparaît.


    https://bhubacher.blog.tdg.ch/archive/2020/06/28/chateau-de-cartes-307278.html

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