Tik Tok

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Après un nouvel épisode de l’inépuisable saga « Russiagate », offert par le vénérable « New York Times », par l’entremise des services de renseignements CIA, selon lequel « de l’argent russe » aurait servi à tuer des soldats américains en Afghanistan, voilà c’est à nouveau le tour au « Parti communiste chinois ».

Mike Pompeo, le sémillant Secrétaire d’Etat, rue dans les brancards : « Si vous voulez que vos données personnelles finissent en mains du « Parti communiste chinois », continuez à utiliser « Tik Tok », ajoutant sur un ton plus menaçant que « depuis que nous savons que « la Chine » espionne les clients de la firme « Apple », nous envisageons de bannir cette application du territoire américain ». En voilà une nouvelle qui devrait réjouir l’autre réseau social, américain cette fois, « facebook ».

« Tik Tok » est un réseau social de partage de vidéos chinois, développé et lancé en 2016 par la firme « ByteDance », fondée en 2012, dont le chiffre d’affaires annuel s’élève actuellement à 20 milliards d’USD. S’adressant à un public âgé entre 10 et 20 ans, la génération Z, l’application qui compte 1 milliard d’utilisateurs a obtenu 500 millions nouvelles inscriptions rien qu’en 2019.

On essaie très fort de déceler à quel niveau le « Parti communiste chinois » glisserait son message politique subliminal, entre les vidéos de dance, de chant « karaoké », de gags et autres « memes » et « bots ».

En tout cas, la « Commission Fédérale du Commerce » américaine ne plaisante pas avec la vie privée des gens. En février 2019, elle reconnut coupable la firme chinoise avoir « collecté et laissé publiques les données d’enfants de moins de 13 ans », la condamnant à une amende record de 5,7 millions de USD, ce qui poussera, par la suite, le « Bureau de la commissaire à l’information » ICO du Royaume Uni à ouvrir une enquête à son tour sur la « protection lacunaire des enfants sur la plateforme ». (Wikipédia) Ben voyons.

Toujours est-il, maints politiciens ici et là comptent d’ores et déjà tirer leur épingle du jeu en faisant passer leur message à eux, tels que le Président français, Emmanuel Macron, la malheureuse candidate à la mairie de Paris, Agnès Buzyn, le sénateur italien Matteo Salvini, ou encore le député du parti « La France insoumise », Jean-Luc Mélenchon, ou le Président vénézuélien Nicolas Maduro.

L’encyclopédie virtuelle « Wikipédia », dont l’impartialité doit toujours être comprise avec une saine dose de suspicion, déclare, sans la mention, habituellement utilisée en pareilles circonstances, que « des chercheurs (?) s'inquiètent du potentiel de l'application comme une arme très efficace dans la guerre informationnelle, notamment parce qu'elle pourrait appliquer à un public international les méthodes de censure du gouvernement chinois et façonner sa compréhension de l'actualité. » fin de citation

La première tentative d’accaparer le concurrent chinois date de 2018, après que celui-ci avait atteint le seuil fatidique de 650 millions d’utilisateurs. Avant d’ouvrir le porte-monnaie, « facebook » sortit, comme à son habitude, son arme de destruction massive, le « copy cat », en lançant sa propre application « Lasso », un fiasco. (Fortune)

Pourtant, le « modus operandi » est bien huilé. Quatre des cinq « apps » les plus populaires sont en mains de la multinationale, non grâce au génie « randien » de ses ingénieurs, mais tout simplement parce que la dernière s’empare de tout ce qui menace son monopole.

Quand « Instagram » fit fureur avec son application de partage de photos, « facebook » sortit, en 2012, son chéquier et mit 1 milliard USD sur la table.

Quand, en 2014, l'application « WhatsApp » devint la deuxième messagerie la plus importante de la planète, « facebook », après plusieurs tentatives infructueuses, racheta finalement ce concurrent incommode pour 19 milliards USD. (Forbes)

Face au refus des chercheurs de l’université de Stanford, qui sortirent l’application de partage de photos et vidéos « Snapchat », de se faire racheter, dès que celle-ci atteignit 150 millions d’utilisateurs, « facebook » copia l’application pour l’introduire sur son réseau « Instagram » sous le nom de « Instagram stories ». Depuis, les revenues de publicité décuplèrent de 256% et le cours de l’action doubla, pendant que les affaires de son concurrent stagnent. (Forbes)

Pour concurrencer « Tik Tok » la filiale « Instagram » vient de sortir une application du nom de « Reels » à l’intention des consommateurs brésiliens, français et allemands, application qui, grâce à l’interdiction opportune, toute récente, de l’application chinoise par le gouvernement indien, soucieux de la protection de l’enfance, ouvrira un marché de 1,3 milliard de consommateurs de plus à la multinationale américaine. (Forbes)

L’annonce du Secrétaire d’Etat vient donc au point nommé pour le réseau social qui vous veut du bien, toujours dans l’intérêt de la protection de l’enfance et la liberté d’expression, cela va sans dire.

Lien permanent 6 commentaires

Commentaires

  • L'occident pour des rêves commerciaux ont fermé les yeux sur le fait que la Chine est une dictature. La Chine et ses entreprises font un. Un patron chinois peut disparaître subitement, si l'Etat n'est pas "content".

    Est-ce que les applis chinois sont potentiellement dangereux pour la sécurité, c'est une évidence.

    Avec la montée de la Chine qui se moque des droits humains, c'est toute une série de pays tout aussi peu regardant qui forment une alliance et qui domine l'ONU.

    Pour les entreprises concurrentes à une appli chinoise, il est claire qu'une interdiction les arrange, mais la question de base est : Qu'elle est l'avenir des démocraties si elles sont sous la coupe d'une dictature.

    Entre GAFA et Chine, les démocraties doivent parer au plus pressées. Le premier danger est chinois.

  • "L’encyclopédie virtuelle « Wikipédia », dont l’impartialité doit toujours être comprise avec une saine dose de suspicion,"

    Effectivement. il n'y a qu'à voir, par exemple, comment les pages de Pierre Jovanovic et de Pierre Hillard ont été supprimées toutes deux sous des prétextes fallacieux après plus de 10 ans d'existence, ou comment tous ceux qui ne suivent pas la doxa ont un profil dont le texte mensonger les présente sous le plus mauvais jour possible.

    On leur reprochait de ne pas être assez connus et bien entendu "conspirationnistes," comme tous ceux qui ne pensent pas droit. Le sujet "Pierre Hillard" est désormais protégé à la création

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Pierre_Hillard/Suppression

    Son profile a été supprimé après la publication de son magistral Atlas du Mondialisme dont je recommande la lecture à tout le monde:

    https://www.payot.ch/Detail/atlas_du_mondialisme-hillard_pierre-9782355120800?fp=1

    et le volume 2:

    https://www.payot.ch/Detail/archives_du_mondialisme-hillard_pierre-9782918470298?fp=1

    sans parler des ses autres nombreux excellents ouvrages:

    https://www.payot.ch/Detail/la_marche_irresistible_du_nouvel_ordre_mondial-hillard_pierre-9782755405545?fp=1

    etc.

  • Nous sommes définitivement entrés dans une nouvelle ère et bien malin est celui qui peut voir où cela va nous mener.
    J'ai senti le début de la dérive avec les "fake news". Il devenait de plus en plus difficile de trouver les sources et se faire une idée par soi-même tant les moteurs de recherche sont biaisés par toutes sortes de contraintes politiques, économiques et sociales. Les moins mauvais comme Duckduckgo n'y échappent pas. Il suffit de taper le mot vaccin pour comprendre. La pensée dominante est toute puissante alors qu'elle ne représente pour ainsi dire personne en particulier.
    La tentative de faire passer pour "conspirateurs" tous ceux qui ont eu l'audace de lancer la discussion sur un sujet semble se retourner contre les censeurs mais ce n'est peut-être qu'une illusion, une projection de mon esprit optimiste.
    Car la masse utilise dorénavant sans complexe ni aucune réserve ces outils sans se préoccuper des implications sous-jacentes.
    Certes on pourrait s'inquiéter des intentions chinoises lorsqu'on étudie l'histoire de ce pays et plus particulièrement la bio du président. Mais les autres ne sont pas en reste et les USA font partie des mauvais élèves.
    Aujourd'hui nous devons prendre acte de la soumission de l'union européenne à cette pensée dominante avec les deux récents arrêts de la Cour de justice qui d'une part exonère les multinationales qui ne paient pour ainsi dire pas d'impôt et met en péril la protection des données en invalidant un recours fameux qui apparait comme un vestige aujourd'hui. Je vous encourage à prendre connaissance de ces deux arrêts qui en disent long sur la direction prise par l'Europe. De là à spéculer sur les prochains rapports de force, c'est un exercice auquel je ne me risquerai pas. Tout va trop vite pour faire des prévisions valables à moyen terme. Mais en ce qui concerne la liberté au sens large, je pense que nos plus belles années sont derrière. Ma génération apparaitra dans les livres d'histoire comme une exception, un rêve, qui toujours plus s'éloigne.
    https://curia.europa.eu/jcms/upload/docs/application/pdf/2020-07/cp200091fr.pdf
    http://curia.europa.eu/juris/document/document.jsf?text=&docid=228712&pageIndex=0&doclang=fr&mode=req&dir=&occ=first&part=1&cid=10109059
    http://curia.europa.eu/juris/liste.jsf?num=C-311/18

    Dans un autre registre qui en rajoute un couche, nous savions que plus personne aux States n'est responsable des conséquences d'un vaccin. Les sociétés pharmaceutiques ont été exonérées de toute responsabilité qui a été renvoyée aux autorités du pays. L'Europe a suivi. Mais aucun service digne de ce nom n'est en mesure de surveiller, vérifier et valider les processus de mise en circulation de ces thérapies pour le moins controversées. Ce sujet est particulièrement préoccupant aujourd'hui avec la velléité de quelques uns d'imposer une vaccination obligatoire à la planète entière avec un produit qui n'aura pas même suivi le protocole standard d'essai sur des animaux et sans aucun recul sur les effets collatéraux possibles, voire probables. la résistance semble fragile : ICAN versus HHS 7.09.2018.pdf. On voudrait éradiquer l'humanité entière que l'on ne s'y prendrait pas mieux.

  • Pas besoin de vaccins Pierre Jenni...

    L'humain est foutu de toute façon. Ca se voit à l'oeil nu...Pourquoi ?

    Mais parce qu'il ne sait plus que faire. Alors il fait n'importe quoi, les grands projets sur la comète, le big foutoir du tout connecté, le magma électrique...tout en promettant la lune et le démantèlement du nucléaire...Haha

    L'histoire va s'arrêter sous peu, et ceci quoique l'on fasse ! C'est un bien malin qui vous répond :-)

  • "L'humain est foutu de toute façon."
    Je n'ai pas accès. Soit il me manque des infos, soit il m'est impossible de l'envisager.

  • J'abonde, et dans les commentaires de Pierre Jenni et de Marie B., et dans le sujet de Bruno Hubacher.
    de
    Fin années nonante. Les craintes éthique de tous usages du net, soulevées dès fin années nonante par ce comité d'éthique de l'intern, et et de l'informatique en ce Genève (membres US d'AT&T, etc., de mes liens professionnels à l'époque), n'avaient pas prévu la facilité d'engouement des consommateurs, pour toutes apps telle la chinoise TikTok, pas plus que l'inextricable guerre fiscale à l'international, où l'UE ne fait que démontrer ses incapabilités.

    Merci Bruno Hubacher, pour un tel niveau d'information.

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