• Un président ne devrait pas faire ça

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    Il est d’usage qu’après le banquet du traditionnel « White House Correspondents’ Dinner » un humoriste se paie la tête du Président. Ce 30 avril 2016, cependant, ce fut le Président sortant, Barack Obama lui-même, connu pour son sens de l’autodérision, qui, devant un parterre du gratin journalistique de la capitale, se saisit du micro pour présenter son « sketch d’adieu ».

    « Me voici, devant vous, participant une dernière fois à cet événement unique, et je suis enthousiaste. Si mon allocution passe bien ce soir, je pourrais bien utiliser quelques passages pour une prestation à « Goldman Sachs » l’année prochaine. » Eclats de rire et tonnerre d’applaudissements. « Il faut bien que je gagne quelques « Tubmans », rires encore.

    Mr. President utilisa là une figure de style particulièrement déplacée, dans un contexte particulièrement trouble, et, en effet, un véritable doigt d’honneur à la communauté noire américaine, sa communauté. Ce fut à Harriet Tubman, qu’il fit allusion, une ancienne esclave, qui jouait un rôle déterminant dans l’abolition de l’esclavage, personnage historique dont l’effigie fut destinée à figurer au verso du billet de 20 dollars US.

    Fidèle à sa promesse, à la sortie de son mandat, le Président courait en effet les parterres des banques d’investissement de Wall Street appliquant un tarif de 400'000 USD par discours. Lors d’une de ses allocutions, pleins d’humour, dont il a le secret, il s’adressa, au mois de novembre 2018, à un parterre d’industriels du secteur pétrolier et de banquiers d’affaires, dans les locaux du groupe de réflexion « Baker Institute for Public Policy », nommé d’après l’ancien Secrétaire d’Etat de l’administration George W. Bush, James Baker, « think tank » attaché à l’Université de Rice au Texas, une institution privée, en déclarant « Vous devriez me remercier pour tout ce que j’ai fait pour vous », un appel qui, manifestement, n’était pas tombé dans l’oreille d’un sourd, puisqu’il permit la collecte de 5,4 millions USD. (Max Blumenthal)

    Ce fut pourtant dans le chaos que débuta le premier mandat d’un des présidents américains les plus charismatiques, la crise des « subprimes ». Après deux mandats catastrophiques d’un chef d’état à la botte du complexe militaro-industriel, par l’intermédiaire de son Vice-président Richard Bruce Cheney, appelé Dick, se soldant par une crise financière sans précédent, l’Amérique réussit finalement, au grand soulagement de la communauté internationale, à élire un Président doté d’un quotient intellectuel à la hauteur de la tâche, un Président du et pour le peuple, et de couleur, par-dessus le marché.

    En charge de la mise en œuvre du programme TARP « Troubled Asset Relief Programme », un outil de gestion de crise, plafonné à 700 milliards USD, mis en place à la hâte par l’administration de son prédécesseur, des clopinettes face aux 6'000 milliards USD actuellement déployés, à ce stade, pour le sauvetage d’une économie en souffrance, dans le cadre de la pandémie du « coronavirus », le nouveau Président allait sans doute donner un sérieux coup de pied dans la fourmilière.

    Eh bien, non. 245 milliards USD furent utilisés pour la « stabilisation du secteur bancaire », 175 milliards pour le sauvetage de l’industrie et la finance, dont 80 milliards USD pour le sauvetage de l’industrie automobile, notamment les firmes « General Motors » et « Chrysler » et 68 milliards pour l’assureur « AIG ».

    L’objectif primaire de ce plan de sauvetage fut le rétablissement de la croissance économique par le biais de rachats d’actifs dépréciés par les pouvoirs publics, dans le but d’alléger les bilans des banques, un peu comme cela se fait actuellement, opérations suivies par l’introduction d’une législation de régulation du secteur de la finance le « Dodd Franck Wall Street Reform and Consumer Protection Act » un « tigre de papier » à la mesure des attentes de la clientèle.

    Une somme de 46 milliards USD supplémentaires fut généreusement allouée au secteur bancaire encore, décidément, sans condition aucune, dans le but d’éviter des saisies immobilières, toujours dans la mesure du possible bien entendu, dans le cadre du programme HAMP « Home Affordable Modification Programme », un programme de restructuration des dettes hypothécaires de certains débiteurs éligibles, la feuille de vigne néolibérale du « ruissellement administratif », dont 70% des demandes furent rejetées.

    Des 5 millions de ménages, éligibles à ce programme, seul 1,6 millions en bénéficièrent réellement, dont un tiers finit par déclarer forfait et forcé d’abandonner leur domicile à leurs banquiers.

    Dans l’état de la Californie, dans le cadre de ce programme généreux, Wells Fargo, qui reçut 1,8 milliards USD jusqu’en 2016, fut éligible pour 1,5 milliards USD supplémentaires étalés sur 7 ans et JPMorgan et Bank of America, qui reçurent 1,9 milliards USD et 1,4 milliards USD respectivement, eurent droit à 1,1, milliards USD supplémentaires chacun par la suite. (LA Times décembre 2016)

    En matière d’immigration Président Obama réussit également à battre les records de ses prédécesseurs. Entre 2009 et 2015 son administration déportait un total de 2,5 millions d’immigrés, davantage que tous les présidents du 20ème siècle pris ensemble, chiffre qui ne tient compte ni des immigrés, refusés d’entrée à la frontière, ni ceux qui retournaient volontairement dans leurs pays pendant cette période, ni ceux expulsés pendant la dernière année de sa mandature, chiffres qui ne sont pas connus.

    Entassés d’abord dans des centres de déportation par centaines de milliers ils furent expédiés dans leur pays d’origines par la suite. Certains, notamment les mineurs, se virent refusés toute assistance juridique (NYT).

    L’extension des outils de surveillance de masse en mains de l’Etat, dans le cadre de la loi anti-terroriste, « USA Patriot Act » (Uniting and Strenthening America by Providing Appropriate Tools Required to Intercept and Obstruct Terrorisme) initiée par l’Administration Bush, dont le reste du monde récolte actuellement les fruits dans le cadre de la gestion de la pandémie du « coronavirus », fut l’œuvre de l’administration Obama. La surveillance des chefs d’Etat européens par la CIA n’a en rien entaché son image de ce côté de l’Atlantique. On s’y prépare déjà à une présidence démocrate sous Joe Biden.

    Sous le couvert de la lutte antiterroriste, tout citoyen américain, soupçonné d’acte de terrorisme ou activité contre l’état, peut, depuis l’ère Obama, et dorénavant sous l’ère Trump, être arrêté, sans acte d’accusation ni procès et emprisonné pour une durée indéterminée à la barbe des tribunaux, mettant fin à une notion juridique fondamentale, ancrée dans le droit anglo-saxon, « Habeas corpus », selon laquelle nul ne peut être emprisonné sans jugement. Toute personne arrêtée a le droit de savoir pourquoi elle est arrêtée et de quoi elle est accusée. Elle peut être libérée sous caution, puis amenée dans les jours qui suivent devant un juge. (Wikipedia)

    Le non-respect des institutions et de la séparation des pouvoirs était une constante de l’administration Obama. L’extension du nombre de guerres par procuration à sept, sans accord du Congrès, en violation flagrante de la Constitution, américaine et sans doute celles de tout autre état de droit, ne semble guère émouvoir les alliés européens, qui eux se mettent actuellement à imiter le procédé dans le cadre de la lutte contre la pandémie du « coronavirus » en vidant subrepticement le contenu de leurs constitutions, sous prétexte de crise sanitaire, à l’instar des Présidents Bush et Obama qui eux prirent comme prétexte le terrorisme.

    On pourrait citer les opérations conjointes du service secret CIA et celui de l’Arabie Saoudite « Timber Sycamore » consistant à l’approvisionnement en argent, armes de guerre et entrainement à de groupes terroristes de diverses couleurs, dans le but de renverser un énième régime incommode, syrien, en l’occurrence, l’opération d’infiltration « Fast and Furious » du « Bureau of Alcool, Firearms and Explosives » (AFT) des cartels de drogue mexicains via l’Etat d’Arizona, entre 2009 et 2010, en les l’approvisionnant clandestinement en armes à feu dans le but de débusquer leurs dirigeants.

    Sachant que les régions du nord mexicain, Sonora, Sinaloa, Chihuahua, dont la ville Ciudad Juàrez est la ville la plus dangereuse de la planète, sont infestées par le crime organisé, on imagine l’impact sur la population d’arrivages d’armes à feu en provenance des Etats-Unis, un peu à l’instar du peuple syrien d’ailleurs.

    Le président mexicain, Andrés Manuel López Obrador, vient d’ouvrir une enquête à ce sujet, enquête censée déterminer le degré d’implication de son prédécesseur Enrique Peña Nieto dans cette affaire.

    On pourrait continuer à énumérer, à l’infini, ces nombreuses infractions au nom de la sécurité nationale, dont bon nombre sont encore et toujours couvertes, et bientôt imitées (?) par les états européens.

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  • Le sermon de Michael M.

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    ou, quand le sage désigne la lune, Michael M. nous fait regarder le doigt.

    Solidement ancré dans le mouvement syndicaliste des travailleurs de l’automobile, le réalisateur Michael Moore a grandi dans le milieu ouvrier de sa ville natale, Flint, dans l’état de Michigan. Il sait ce que c’est que d’être un « underdog ».

    Seulement, depuis qu’il court les plateaux de la chaîne de télévision « centriste », MSNBC, porte-parole officieux du « Parti démocrate », pour parler politique, il semble avoir oublié les siens, notamment ceux qui souffrent de la pollution de l’eau potable de sa ville natale, eau qui contient encore et toujours un niveau de plomb à faire crever un cheval. (Jordan Chariton)

    Entre l’éclatement du scandale de l’eau contaminée de Flint, en 2016, sous la gouvernance du républicain Rick Snyder, la non-intervention du Président démocrate de l’époque, Barack Obama, au règne de la gouverneure démocrate actuelle, Gretchen Whitmer, l’establishment, dont, finalement le réalisateur fait dorénavant partie, n’a daigné lever le petit doigt.

    https://bhubacher.blog.tdg.ch/archive/2016/03/09/nestle-waters-et-l-eau-de-flint-274682.html

    Puisque la cause environnementale semble être une préoccupation majeure du réalisateur et producteur de « Roger and Me », « Bowling for Colombine », « Fahrenheit 9/11 » et « Sicko », on s’étonne néanmoins de ce sens particulier des priorités du réalisateur, apparemment davantage préoccupé par le sauvetage de l’humanité que de celui de la classe ouvrière de sa ville natale, un phénomène classique qui se manifeste habituellement quand la réussite s’installe durablement, ce qui n’est pas sans rappeler un certain William Henry Gates III.

    La dernière œuvre cinématographique du géant de Flint, « Planet of the Humans », réalisée par le metteur en scène, Jeff Gibbs, s’en prend vertement au « mythe » des énergies renouvelables et annonce d’ores et déjà la couleur à son public. Nous serons tous appelés à pratiquer l’ascèse pour sauver la planète, car, il semblerait qu’on nous ait fait « avaler la fable des énergies renouvelables, censées nous sauver du changement climatique, or cela rapporte au système financier. On ne parle ni de surpopulation, ni de consommation, ni du suicide que constitue la croissance infinie, parce que cela nuirait au business » des truismes plutôt convenus, mélangés à des réflexions à la limite de l’eugénisme. Faut-il pour autant jeter le bébé avec l’eau du bain ? Rien n’est moins sûr. Michael Moore devrait se remettre à la lecture de quelques lignes de Karl Marx.

    En effet, la réponse se trouve dans les premières quinze minutes du film, schématisant le fonctionnement du modèle économicopolitique et sociétal de distribution des richesses des Etats-Unis, la nation la plus vorace en énergies fossiles. Seulement, les acteurs économiques ne se mettront jamais à produire moins, puisque la logique intrinsèque du système économique réside dans la surproduction, une conséquence directe de la compétition pour un meilleur rendement financier. Ce n’est donc pas au consommateur de « sauver la planète », d’autant moins qu’il s’avérera compliqué d’amener des populations qui vivent avec moins d’un dollar par jour à la modération.

    On pense notamment à la Bolivie, dont le produit de l’exploitation d’un des plus importants gisements de lithium de la planète devait servir à la fortification de l’Etat-social et non aux multinationales américaines comme c’est l’usage dans la région, projet avorté par un coup d’état, orchestré, une fois de plus, par le gouvernement américain, à la barbe du gouvernement allemand qui souhaitait approvisionner la toute nouvelle usine de la firme « Tesla » près de Berlin. Le capitalisme finira par manger ses enfants.

    https://bhubacher.blog.tdg.ch/archive/2019/11/12/l-emergence-de-la-democratie-302224.html

    « Flashback », 2009, crise financière, élection d’un jeune « Kennedy black », euphorie de renouveau « Yes, we can », annonce d’un plan de relance de 1'000 milliards USD, dont près de 100 milliards USD seraient consacrés au développement des énergies renouvelables.

    Fidèle au mantra néolibéral, le gouvernement américain fait donc appel aux « job creators ». On ajoutera, pour la petite histoire, qu’en à peine trois semaines de « Coronavirus » la totalité des emplois crées depuis le début du mandat Obama sont partis en fumée. Ceci pour la robustesse de l’économie américaine.

    A l’instar de l’actuel plan de sauvetage de l’administration Trump, une pluie de subventions s’abattit sur « Corporate America », une fois de plus, le partenariat public-privé. Il y a le fabricant d’automobiles General Motors, dont les contributions publiques permirent le lancement de son premier véhicule électrique, le « Chevrolet Volt ».

    Dans la ville de Lansing au Michigan l’équipe de communication de GM fit face à la presse. Sur la question avec quel mix d’énergies le nouveau « Chevy » sera approvisionné, la porte-parole Kristin Zimmermann répondit : « Ce modèle de démonstration est connecté au réseau électrique de la ville. »

    Le responsable de la compagnie « Water & Light », J. Peter Lark clarifia les choses. 95% de l’électricité, fournie par la ville de Lansing, provient d’une centrale à charbon.

    Par l’intermédiaire de l’ancien Vice-Président du gouvernement Clinton, Al Gore, 1993-2001, le gouvernement Obama prit également à bord le milliardaire britannique Richard Branson, qui promit de dédier les bénéfices futurs de sa compagnie aérienne « Virgin Atlantic » au « combat contre le réchauffement climatique ». On parlait de 3 milliards USD.

    Le co-fondateur de la firme « Sun Microsystems » Vinod Khosla dédia 1 milliard USD à la création de 50 « start-ups » vertes et le milliardaire Michael Bloomberg consentit à un investissement de 50 milliards USD en faveur de l’ONG californienne « The Sierra Club » avec comme mission « le combat contre le changement climatique ». La banque d’investissement « Goldman Sachs » de son côté chiffra les besoins en investissements dans les énergies renouvelables à 395 milliards USD par année.

    Une musique hitchcockienne, accentue la scène accusatrice des méthodes d’exploitation des gisements de matières premières, utilisées pour la production de « l’énergie verte », travail des enfants, dégradation de l’environnement, charbon, acier, nickel, hexafluorure de soufre, (également utilisé en tant qu’agent de contraste lors d’échographies cardiaques et vasculaires), cuivre, lithium, étain, des arbres qu’on brûle pour produire de la biomasse (il y a ce qu’on appelle la gestion forestière, pour la combustion ce serait un défi technique), des arbres qui doivent faire place à des panneaux solaires et éoliennes (il y a des parcs éoliens marins), trichlorure de phosphoryle (photovoltaïque), graphite, terres rares (photovoltaïque).

    C’est au chimiste français Antoine Laurent Lavoisier (1743-1794) qu’on doit la phrase « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » et, pour paraphraser Marx, la moitié suffirait pour satisfaire tout le monde.

    Seulement, l’œuvre de Jeff Gibbs et Michael Moore conclut : « Il n’y a pas de solutions technologiques ni politiques pour venir à bout du changement climatique. La seule solution c’est de consommer moins. » C’est voir le problème par le petit bout de la lorgnette.

    Commençons par la politique, pour le côté technologique les experts s’écharperont entre eux.

    Les Etats-Unis, champions mondiaux de la consommation énergétique, sont gouvernés par « Corporate America ». Ce n’est pas une théorie complotiste, c’est un fait, dû essentiellement à un système de financement illimité des deux partis politique qui contrôlent l’économie et la vie publique par le biais des conglomérats. (Décision de la Cour suprême du 21 janvier 2010 « Citizens united »).

    En 2004, le militant écologiste et avocat pour la protection des consommateurs, Ralph Nader, du parti américain des Verts, si si, ça existe, décida d’amener un peu de pluralité dans le système politique en se présentant contre les mastodontes du système biparti John Kerry et George W. Bush.

    Accusé à l'époque, entre autres, par Michael Moore, pourtant un sympathisant de la première heure, d’avoir divisé « la gauche » et d’avoir permis l’élection du Républicain George W. Bush, on constate, avec le recul et avec amertume, que, finalement, entre George W. Bush, Bill Clinton, Barack Obama et Donald Trump il n’y a que le style qui les différencie.

    Pourtant, au mois d’octobre 2016 encore, le producteur de Flint, accusa le journaliste Julian Assange, qui croupit actuellement dans une prison anglaise, d’avoir publié des e-mails en provenance du serveur du DNC (Democratic National Committee), e-mails dévoilant pourtant la corruption du Parti démocrate et de la candidate Hillary Clinton, en déclarant : « Wikileaks et Assange, ce sont des anarchistes, comme tous ces gens qui votent pour Donald Trump, une sorte de « Cocktail Molotow » humain, qui veulent faire péter le système. C’est un mouvement anarchiste. » (Wikipedia) Appellera-t-il à voter pour Joe Biden cette fois ?

    De quel côté est l’avocat de la liberté de parole ?

    https://reporterre.net/Planet-of-the-Humans-la-diatribe-de-Michael-Moore-contre-les-energies-vertes

    En accès libre jusqu’au 21 mai 2020

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  • La charité du Führer

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    Il manque encore 7,5 milliards d’euros. Qu’à cela ne tienne. Pour la bonne cause, Madame « conflits d’intérêts », Ursula von der Leyen, ancienne « Ministre fédérale allemande de la Défense » et actuelle Présidente de la « Commission européenne », s’est convertie en fée marraine.

    On connaît le principe du téléthon, cette collecte charitable de fonds pour la recherche sur des maladies génétiques rares, inventée dans les années 50 aux Etats-Unis, recherche dont le capitalisme n’a pas envie de s’encombrer, car pas assez rentable.

    Sous la houlette du sémillant milliardaire et philanthrope à la retraite, Bill Gates, et sa fondation « Bill and Melinda Gates Foundation », un dérivé du mouvement des « nerds » hippie de la côte Ouest, Madame « conflits d’intérêts », qui, avec ses sept enfants devrait, comme la défunte Magda, se soucier davantage de la surpopulation de la terre, appelle donc à la générosité des contribuables pour lever des fonds, destinés à la recherche d’un vaccin contre un virus particulier d’une sous-famille des « Coronaviridaes » dont manifestement on sait si peu, mais qu’importe. (Wikipedia)

    Reçu d’abord par le regroupement des établissements de radiodiffusion de droit public de la République fédérale d’Allemagne « ARD » pour une interview exclusif de dix minutes, le messie de Seattle, fut ensuite reçu, de manière tout ce qu’il y a de plus officiel, en audience spéciale, par la Chancelière Angela Merkel, en soutien de son projet de vaccination de 7 milliards d’habitants de la terre. Le Führer n’aurait pas fait mieux.

    Dans la précipitation de l’urgence, l’ancien apprenti bancaire, néanmoins ambitieux « Ministre de la santé » du gouvernement Merkel, Jens Spahn, s’apprête à proposer au Bundestag une modification de la « loi sur la protection de la population contre des situations épidémiologiques exceptionnelles » en suggérant, entre autres, une sorte de « passeport immunologique », qui inviterait ses compatriotes à la vaccination volontaire contre « on ne sait pas encore trop contre quoi », passeport qui donnerait accès à toutes sortes de privilèges, tels que, par exemple, l’exercice d’une profession dans le domaine de la santé ou le déplacement ou non dans certains pays. Le catalogue des privilèges serait extensible et sujet à discussion.

    Par ailleurs, les assurés des caisses maladie profiteront d’une « modernisation » de la loi sur l’approvisionnement digital, transposable dans le domaine de la santé publique, sous forme de mise en place d’une « infrastructure télématique ».

    Toutefois, le législateur allemand s’attend, d’après les calculs actuariels savants de l’industrie de l’assurance, à une augmentation sensible des primes, due à un « risque accru », augmentations qui seraient, malheureusement, à la charge des assurés, à l’exception bien-sûr de ceux qui seront en mesure de prouver être au bénéfice des diverses subsides « Hartz IV », prévues à cet effet.

    Point de contact pour les Länder de cette « nouveauté législative » serait le centre épidémiologique « Robert Koch » un institut de recherche, attaché au « Ministère de la santé», organisme fondé en 1891 en tant que « Institut pour maladies infectieuses du Royaume de Prusse ».

    Nommé d’après le médecin allemand Robert Koch, lauréat du Prix Nobel de médecine, découvreur du « bacille de Koch » ou « Mycobacterium tuberculosis », la bactérie responsable de la tuberculose, certaines épisodes peu glorieuses de l’institut, méritent, dans le contexte actuel de l’urgence urgente, un éclaircissement éclairé.

    En 1935 l’institut fut intégré au Ministère de la santé du « Troisième Reich », intégration suite à laquelle l’ensemble du personnel se convertit sur-le-champ à l’idéologie national-socialiste. Sous la houlette du médecin SS du Reich, Ernst-Robert Grawitz, l’institut procéda à un certain nombre d’essais cliniques sur des patients de certains hôpitaux psychiatriques, ainsi que sur des prisonniers des camps de concentration d’Oranienburg-Sachsenhausen et Buchenwald, en leur injectant le bacille du typhus pour des motifs de recherche médicale.

    Dans le cadre d’un essai clinique d’une série de nouveaux types de vaccin, Claus Schilling, directeur du département des maladies tropicales de l’institut, procéda à la contamination délibérée de 1'200 prisonniers du camp de concentration de Dachau avec le parasite de la malaria, provoquant la mort de 300 à 400 détenus. (Wikipedia) Mais bon, c’était une autre époque.

    Quoique. Dans un article du quotidien allemand « Der Spiegel » daté du 9 mai 2012, bien avant que celui-ci se mettait à accepter de généreuses contributions « pour un journalisme indépendant » de l’organisme caritatif de « Bill et Melinda », 2,5 millions USD en l’occurrence, celui-ci fit état de ce qu’on appelle en épidémiologie une « étude observationnelle » datant de 2009, pour deux vaccins contre le « papillomavirus humain HPV », responsable de diverses affections cancéreuses des organes génitaux, notamment du cancer du col de l’utérus, vaccins des compagnies pharmaceutiques « Merck » (Gardasil) et « GlaxoSmithKline », testés dans les provinces indiennes d’Andra Pradesh et Gujarat sur 24'000 fillettes de 10 à 14 ans, avec la bénédiction du gouvernement indien, étude financée par la « Fondation Bill et Melinda Gates » et effectuée par l’ONG américaine de planning familial, « PATH », organisme caritatif, domiciliée à Seattle dans l’état de Washington.

    Officiellement le gouvernement indien et l’ONG « PATH » furent état de sept filles mortes, mais dont les décès ne seraient aucunement liés aux vaccins injectés, bien au contraire. Trois ou quatre d’entre elles seraient mortes de malaria, une autre de la morsure d’un serpent, une se serait noyée et une autre se serait suicidée.

    En analysant les arguments quant à ces « couacs » malheureux, on comprend mieux pourquoi les postes les mieux rémunérés de l’industrie pharmaceutique soient ceux des juristes et non ceux des chercheurs, car sur le plan juridique ces « études observationnelles » sont « béton », car approuvés par un comité d’experts, dont bon nombre furent d’ailleurs rétribués par les fabricants de pilules, comité instauré par le gouvernement indien, s’appuyant, entre autre, sur un changement de loi, datant de 2005, selon lequel des expériences médicales de ce genre seraient dorénavant autorisés, indépendamment du fait que de telles études « in vivo » aient déjà été effectués dans d’autres pays ou non.

    Entre 2005, date de l’instauration de cette nouvelle loi, et 2011, les investissements dans des essais cliniques de l’industrie pharmaceutique sur le sous-continent indien avaient bondi de moins de 100 millions d’euros à plus d’un demi-milliard d’euros.

    Pour revenir à l’étude observationnelle d’Andra Pradesh et Gujarat, à la fin de laquelle le public indien apprit que tous les tests furent en fait effectués sans le consentement des parents, sans aucun suivi médical ni de la part de l’ONG américaine, ni des fabricants « Merck » ou « GlaxoSmithKline », sans aucune documentation sur les effets secondaires, sans aucune obduction des victimes.

    Suite à une forte pression de l’opinion publique le gouvernement indien avait finalement daigné instaurer une commission d’enquête qui toutefois, faute de fournir des réponses, avait plutôt soulever davantage de questions. (Der Spiegel)

    Heureusement qu’on trouve ce genre d’information dans les archives de presse d’antan, car s’il fallait le débusquer dans les dépêches des médias contemporains, on serait bien embarrassé, car il n’y a pas que « Der Spiegel » et le quotidien allemand « Die Zeit », 300'000 USD, qui fricote avec les puissants.

    En partenariat avec la « Bill & Melinda Gates Foundation », décidément, le quotidien britannique « The Guardian » entretien, depuis septembre 2010, une plateforme commune sous forme d’un site internet, censé promouvoir le « développement global » offrant « un espace de discussion et d’interaction sur les défis de l’humanité, tels que la pauvreté, la famine, la mortalité infantile, ainsi que de l’adaptation du développement économique au changement climatique. » Tout un programme.

    On pourrait objecter à cet activisme désintéressé que l’amélioration sanitaire dans les pays industrialisés est à 90% due à la mise en place de mesures d’hygiène drastiques, en particulier dans les hôpitaux et, plus généralement dans la vie quotidienne de gens, ainsi qu’à une amélioration qualitative de l’alimentation, plutôt qu’au développement de nouveaux médicaments et vaccins.

    Par conséquent, le combat contre la misère et la carence de soins dans les pays sous-développés, si cher à Bill et Melinda, passe par la redistribution équitable des richesses et l’abolition d’un système vieux de près de trois siècles, le capitalisme.

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