Le blog de Bruno Hubacher

  • La fin de l’Histoire

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    Au moins depuis la mort mystérieuse, au mois d’août de l’année passée, du détenu 76318-054, plus connu sous le nom de Jeffrey Epstein, dans le tristement célèbre « Metropolitan Correctional Center » à New York, le monde sait que ces choses-là n’arrivent pas uniquement dans les prisons russes.

    Sauf que, dans le cas du détenu Sergueï Magnitsky, mort en 2009, il s’agissait d’un lanceur d’alerte contre un système politique « répressif et corrompu ». Ce fut du moins l’avis du Conseil de l’Europe et son rapporteur en 2013, l’ancien Conseiller national socialiste suisse, Andreas Gross, ainsi que l’ex députée verte au Bundestag, Marieluise Beck, accessoirement co-fondatrice du « think tank » libéral « Zentrum Liberale Moderne » (1).

    Toujours est-il, cette « crasse violation des droits humains » par le gouvernement russe était, et l’est toujours, dénoncé inlassablement par le financier américain et jadis plus important investisseur en Russie, jusqu’en 1998, date de la crise économique et financière qui dévasta le pays, William Felix Browder, par ailleurs petit-fils du défunt président du Parti communiste américain entre 1934 et 1945 et agent soviétique, Earl Russell Browder, mort en 1973.

    Jadis un fervent défenseur du président Vladimir Poutine, le financier et activiste politique (Wikipedia) fut refoulé à l’aéroport de Cheremetievo en novembre 2005 et interdit de séjour sur territoire russe, car considéré comme « menace pour la sécurité nationale ». Depuis, il dénonce la « kleptocratie du système politique russe et de son président », allant jusqu’à affirmer que le dernier aurait amassé une fortune personnelle de 200 milliards USD, 10 % du PIB annuel.

    En tout cas, ses arguments avaient fait mouche chez les députés du Congrès américain, car celui-ci introduit, en 2012, sous la houlette des sénateurs Bernjamin Cardin (Maryland) et feu John McCain (Arizona), la « Loi Magnitsky », du nom de l’avocat décédé du financier Browder, signée par l’ancien président Barack Obama, loi qui agit comme déclencheur d’une série de sanctions économiques contre la Russie, sous couvert des droits humains, accompagnées d’une lente et dangereuse détérioration des relations entre les deux pays, dûment alimentée par les médias des deux côtés de l’Atlantique, au détriment de la sécurité des peuples en Europe.

    Détérioration également exacerbée par l’introduction d’une loi similaire par le Canada, la Grande Bretagne, l’Estonie ainsi que la Lituanie, culminant dans ce qui restera dans les annales de « l’almanach du vaudeville politique », le « Russiagate » ou l’accusation, émise par le Parti démocrate américain, d’une supposée interférence russe dans les élections présidentielles de 2016.

    Recherché par un mandat d’arrêt via « Interpol » pour fraude fiscale par les autorités russes, les autres pays membres de l’organisation refusèrent d’arrêter le fugitif Browder, sous prétexte que l’acte d’accusation aurait été émis pour « des motifs politiques ».

    Couplée avec une gestion sanitaire et économique calamiteuse de la pandémie du « coronavirus » par les gardiens du capitalisme libéral, la énième bulle financière en gestation, l’affaire Epstein, le torpillage désespéré par l’establishment démocrate de la candidature du sénateur Sanders, le sabotage délibéré des dernières élections législatives en Grande-Bretagne par l’aile libérale du parti « Labour », l’élection à sa tête de l’ancien procureur Sir Keir Starmer, proche du service secret britannique MI5, le dilettantisme de l’opération « integrity initiative » (2) lancée dans le but de « contrer la désinformation russe » en Europe, l’interdiction de la chaîne de télévision russe « Russia Today » sur sol britannique, envisagée et défendue par le même « socialiste » Sir Starmer devant la Chambre des Communes la semaine passée, au nom de la « liberté de la presse », l’hégémonie du capitalisme néolibéral montre définitivement quelques signes de fatigue.

    A propos « liberté de la presse », peu de gens ont dû avoir le privilège de visionner le film documentaire du cinéaste russe Andreï Nekrassov, un fervent critique du président Poutine, « The Magnitsky Act- Behind the Scenes », une commande de la chaîne de télévision « ARTE », car celle-ci avait finalement préféré renoncer à sa diffusion en 2016, cédant ainsi aux pressions du premier intéressé, le financier Bill Browder. (Disponible sur « youtube » depuis novembre 2019, 3'000 vues)

    Une projection du film devant un groupe de députés du « Parlement européen », le 3 mai 2016, date de la « Journée mondiale de la liberté de la presse », fut également annulée, ainsi que des projections prévues par diverses chaînes de télévision allemandes et françaises.

    L’œuvre cinématographique, conçue à l’origine par le cinéaste russe comme « docudrame » en hommage à un lanceur d’alerte héroïque, l’avocat Sergueï Magnitsky, contre l’arbitraire et la corruption de l’état russe se transforma au fur et à mesure en un acte d’accusation contre son inspirateur, le financier Bill Browder et ses soutiens politiques et médiatiques. Dans une interview, accordée au média online allemand « Nachdenkseiten » en 2019, le cinéaste déclara : « Ce film a ruiné ma réputation et ma carrière. Je suis dorénavant considéré comme « facteur de risque » par mes pairs. » Le courage des professionnels des milieux artistiques ne connaît plus de limites, à l’instar de ceux des médias d’ailleurs.

    Pourtant ce fut dans un esprit de solidarité à l’égard de son ami, le financier américain Bill Browder, et son avocat décédé, Sergueï Magnitsky, qu’Andreï Nekrassov entama son film documentaire.

    En effet, Browder affirma, et continue d’affirmer, que des fonctionnaires d’état russes, en complicité avec des malfrats, qui par ailleurs sont tous décédés de manière inexpliquée, se seraient saisis de titres de propriété de son fonds d’investissement « Hermitage Capital Management », co-fondé avec le défunt financier libano-genevois Edmond Safra, pour encaisser de manière frauduleuse un rabais fiscal de 230 millions USD (Barron’s) supercherie qu’aurait découverte son avocat Sergej Magnitsky, qui l’aurait aussitôt dénoncée à la police moscovite, mais qui se serait fait arrêter et incarcérer par celle-ci et battu à mort dans sa cellule de prison.

    En effet le film commence bien avec des scènes de torture et d’interrogatoire dans la cellule d’une prison moscovite, suivi par le portrait de la personnification de la corruption étatique, le major Pavel Karpov, enquêteur auprès du Ministère de l’intérieur, cherchant à améliorer son salaire annuel de 6'000 USD.

    « La Russie avait pris cette décision salutaire de muter du communisme au capitalisme, ce qui avait offert aux investisseurs des opportunités inespérées et ce qui avait motivé ma décision de déménager à Moscou en 1996 et d’y investir 4,5 milliards USD à travers mon fonds d’investissement « Hermitage Capital Management », plein d’espoir et de rêves que la Russie allait finalement se transformer d’un pays arriéré en une démocratie occidentale, jusqu’ à ce que, le 4 juin 2007, la police moscovite effectua une perquisition des bureaux de ma société, s’emparant de l’original de l’acte constitutif et autres documents. » dixit Bill Browder

    La suite du film suggère que des fonctionnaires d’état, de mèche avec des malfrats de la pègre moscovite, auraient utilisé ces documents pour réenregistrer la société en leur nom dans le but de réclamer à l’état une ristourne fiscale de 230 millions USD. Bill Browder affirma en outre que sa société avait vendu l’ensemble de ses investissements de 4,5 milliards USD en Russie en 2006. (Après son refoulement à l’aéroport de Cheremtievo en novembre 2005 ndlr)

    Après avoir « parcouru une liste des avocats moscovites », Mr. Browder serait finalement tombé sur un juriste du nom de Sergueï Magnitsky, qui, au terme d’intenses recherches, aurait découvert que des agents de la police se seraient appropriés de la ristourne fiscale, 230 millions USD, finalement accordée par l’état aux nouveaux propriétaires du fonds d’investissement.

    Le 7 octobre 2008 le lanceur d’alerte Magnitsky se serait rendu devant le « Comité d’enquête de la Fédération de Russie » pour témoigner, dénonçant les agissements frauduleux des officiers Pavel Karpov et Artem Kuznetsov avec la complicité des autorités fiscales. Contre toute attente s’ensuivirent la perquisition du domicile du lanceur d’alerte et son arrestation.

    En regardant le documentaire, le doute sur la véracité du récit de William Felix Browder commence à s’installer à partir de 43 minutes 25 secondes. Au mois de juillet 2014 le major Pavel Karpov déposa plainte pour diffamation à l’encontre du financier Bill Browder en témoignant devant la « Cour royale de justice » à Londres qui se déclara finalement « non-compétente ».

    Browder prétend que Karpov aurait acquis, au mois de novembre 2008, un appartement d’une valeur de 930'000 USS au centre de Moscou, ce que le dernier réfute devant la caméra du cinéaste, présentant un acte d’achat d’un appartement en construction datant de 2004, dont les travaux se terminèrent en 2008, appartement qu’il aurait vendu pour régler les frais de justice de son procès à Londres. « Browder m’accuse d’abus de pouvoir parce que j’ai participé à la perquisition, injustifiée selon lui, de ses bureaux à Moscou au mois de juin 2007, mais nous menions des investigations pour évasion fiscale depuis 2004 déjà. » fin de citation

    On pourrait ajouter que le major Karpov n’avait pas « désespérément besoin d’améliorer son salaire », car en tant que fonctionnaire il touche une rétribution mensuelle de 6'200 USD et non un salaire annuel de 6'000 USD comme le prétend le financier Browder, mise à part le fait que le major n’aurait jamais été accusé pour abus de pouvoir par le détenu Magnitsky, la pierre angulaire de l’accusation de Bill Browder, du moins il n’existerait aucun document russe qui le prouverait, car les documents, produits par le financier, furent toutes des traductions, effectuées par son staff, dont une bonne partie ne reflétait pas le sens du texte original.

    L’interview avec le député suisse, à l’origine du rapport sur l’assassinat du lanceur d’alerte, Serguei Magnitsky, Andreas Gross, devant la caméra du cinéaste russe, se déroula de façon quelque peu scabreuse, rapporteur socialiste qui par ailleurs déclara devant les membres du Conseil de l’Europe : « J’ai eu le privilège de rédiger avec M. Schirmer une histoire véritablement incroyable. C’est l’histoire d’un américain (Bill Browder ndlr) qui faisait de l’argent et du bon business pendant les années folles et qui savait utiliser des failles du système juridique russe à son profit (bad laws) mais qui ne s’enrichissait pas parce qu’il volait l’état (?). C’est l’histoire d’un état qui lui volait 230 millions USD. » fin de citation

    Lors d’une interview, Andreï Nekrassov présente un document en russe au rapporteur suisse, document stipulant que Magnitsky n’avait jamais accusé le major Karpov d’abus de pouvoir, réponse d’Andreas Gross : « Nous avons toujours utilisé les traductions en anglais de Bill Browder, car je ne parle pas le russe. » fin de citation

    On pourrait ajouter que les mêmes documents, en russe, suggèrent qu’en réalité ce furent les autorités russes qui convoquèrent Sergueï Magnitsky en sa qualité de comptable de la société de Bill Browder et non comme avocat de Bill Browder, dans le cadre de l’investigation sur de présumés faits d’évasion fiscale, entamée en 2004, comme l’avait affirmé le major Karpov. Magnitsky n’était donc nullement un lanceur d’alerte.

    Il se trouve en outre que le 9 avril 2008, six mois avant l’interrogatoire de Magnitsky, un journal moscovite reporta qu’une citoyenne russe du nom de Rimma Starova, une ancienne directrice du fonds, aurait déposé plainte pour fraude fiscale à grande échelle auprès du Ministère de l’Intérieur à Kazan à l’encontre de représentants de la banque HSBC (devenue propriétaire de « Hermitage Capital Management » ndlr) un fait, répertorié par une ancienne version du site internet du fonds d’investissement, inaccessible depuis.

    Visiblement agacé par les questions du cinéaste russe lors d’une interview, Bill Browder se laissa aller à la remarque, ou pourrait-on dire la menace : « Si j’étais vous je serais plus prudent. Ne répandez pas de fausses informations selon lesquels Serguei Magnitsky ne serait pas un lanceur d’alerte. Ce serait dommageable pour vous (et votre carrière ? ndlr). »

    « Celui qui ne connaît pas la vérité n’est qu’un imbécile. Celui qui la connaît, mais l’appelle un mensonge est un criminel. » Bertolt Brecht


    (1) « Zentrum Liberale Moderne » est un groupe de réflexion libéral, soutenu financièrement par le gouvernement allemand, fondé en 2017 par les anciens députés verts au Bundestag Marieluise Beck et Ralf Flück, s’engageant pour une politique de l’ancrage à l’Ouest de la République fédérale allemande ainsi qu’à l’Alliance transatlantique, tout en favorisant une politique de confrontation avec la Russie de Vladimir Poutine.
    (2) « integrity initiative » https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-fabrique-de-l-intox-211595

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  • Historique

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    Même les occupants du strapontin ne tiennent plus en place. « 1'800 milliards d’euros d’aides consacrés au sauvetage de l’économie européenne » titre un grand quotidien suisse « un paquet de relance colossal, destiné aux pays les plus touchés par la crise ». On retient son souffle.

    En fait non, pas tout à fait. Le budget de l’Union Européenne entre 2021 et 2027 de 1'075 milliards d’euros, à peine 154 milliards d’euros par année, déjà sérieusement raboté pour l’occasion, n’a rien à voir avec le sauvetage « corona », et le « plan de sauvetage solidaire » s’élève finalement à 390 milliards d’euros, un pet dans l’eau. Mais, bon, tout est question de définition, et puisque la majorité des lecteurs se contente de lire les manchettes, c’est toujours ça de pris.

    Pourtant, le principe de subsidiarité et de solidarité intercantonale la Confédération suisse le connaît bien, cela s’appelle péréquation financière et ça marche plutôt pas mal. Mais, ce n’est pas la solidarité la préoccupation principale de l’establishment et son bras armé, les médias, c’est la peur de l’instabilité du marché commun, et instabilité il y aura, malgré cette « feuille de vigne » ou plutôt à cause.

    Basé sur le principe de l’économie de l’offre, la Commission européenne sera donc autorisée, après approbation par le Parlement européen, à emprunter 750 milliards d’euros sur les marchés financiers, plutôt que directement auprès de la Banque Centrale européenne, ce que les traités interdisent, au nom des pays membres, ce qui représente à peine 5% du PIB de l’Union, mais qui s’ajouteront aux dettes souveraines déjà à la limite du supportable pour certains pays, et, surtout, remboursables rubis sur l’ongle, encore par l’austérité. Car, côté recettes, c’est plutôt compliqué.

    La même Commission européenne vient d’être désavouée par la justice européenne au sujet d’un remboursement d’avantages fiscaux, supposément octroyés à tort par l’état irlandais à la firme américaine « Apple », avantages qu’elle avait pourtant elle-même contribué à créer, 13 milliards d’euros en l’occurrence. Tim Cook appelle cela une « foutaise politique ». Il n’a pas tort.

    Mais bon, on se servira chez le consommateur, dont le pouvoir d’achat est déjà sérieusement amoché par des décennies d’une « politique de la stagnation des salaires » au nom du dogme de la « concurrence libre et non faussée », sous la houlette des gouvernements successifs d’Allemagne, remplacé par l’aide sociale (Hartz IV). Seulement, celui-ci ne risque pas de sortir son porte-monnaie si vite, vu les suppressions d’emplois encore dans « la pipeline » dès la rentrée, suppressions encore une fois faute de pouvoir d’achat. C’est le serpent qui se mord la queue.

    Des « stimuli conjoncturels » sous forme d’une taxe sur le plastique et le Co2 viennent donc à point nommé. En ce qui concerne le serpent de mer de la taxe sur les transactions financières, on peut toujours rêver. Le défunt lauréat du prix Nobel d’économie, James Tobin, l’avait proposé une première fois en 1972, c’est dire.

    Si on prend comme exemple l’effet concret, à ce stade, des 3'000 milliards USD injectés dans l’économie par le gouvernement américain via l’endettement en faveur des entreprises, 15% de son PIB, et non en faveur des travailleurs et consommateurs, ou trop peu, ainsi que les 4'000 milliards USD par l’assouplissement quantitatif de la Réserve Fédérale par l’achat de titres commerciaux pourris, sur l’économie réelle, pendant que l’indice Dow Jones atteint des records historiques, on peut donc légitimement supposer que peu de ces 750 milliards d’euros y trouveront leur chemin.

    Ainsi, au niveau des états membres, les 327 milliards d’euros, débloqués, par l’Allemagne, le moteur de l’économie européenne, pour l’amortissement temporaire de la crise, 14% de son PIB, certes en bonne partie en faveur des travailleurs, mais limités dans le temps, risque de finir en feu de paille face aux acheteurs de berlines teutons, en panne de pouvoir d’achat à leur tour. La France consacre à peine 6% de son PIB à l’amortissement de la crise, l’Italie 5% et l’Espagne 3,2%. La consommation par l’endettement a ses limites, mêmes pour des états souverains.

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  • Tik Tok

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    Après un nouvel épisode de l’inépuisable saga « Russiagate », offert par le vénérable « New York Times », par l’entremise des services de renseignements CIA, selon lequel « de l’argent russe » aurait servi à tuer des soldats américains en Afghanistan, voilà c’est à nouveau le tour au « Parti communiste chinois ».

    Mike Pompeo, le sémillant Secrétaire d’Etat, rue dans les brancards : « Si vous voulez que vos données personnelles finissent en mains du « Parti communiste chinois », continuez à utiliser « Tik Tok », ajoutant sur un ton plus menaçant que « depuis que nous savons que « la Chine » espionne les clients de la firme « Apple », nous envisageons de bannir cette application du territoire américain ». En voilà une nouvelle qui devrait réjouir l’autre réseau social, américain cette fois, « facebook ».

    « Tik Tok » est un réseau social de partage de vidéos chinois, développé et lancé en 2016 par la firme « ByteDance », fondée en 2012, dont le chiffre d’affaires annuel s’élève actuellement à 20 milliards d’USD. S’adressant à un public âgé entre 10 et 20 ans, la génération Z, l’application qui compte 1 milliard d’utilisateurs a obtenu 500 millions nouvelles inscriptions rien qu’en 2019.

    On essaie très fort de déceler à quel niveau le « Parti communiste chinois » glisserait son message politique subliminal, entre les vidéos de dance, de chant « karaoké », de gags et autres « memes » et « bots ».

    En tout cas, la « Commission Fédérale du Commerce » américaine ne plaisante pas avec la vie privée des gens. En février 2019, elle reconnut coupable la firme chinoise avoir « collecté et laissé publiques les données d’enfants de moins de 13 ans », la condamnant à une amende record de 5,7 millions de USD, ce qui poussera, par la suite, le « Bureau de la commissaire à l’information » ICO du Royaume Uni à ouvrir une enquête à son tour sur la « protection lacunaire des enfants sur la plateforme ». (Wikipédia) Ben voyons.

    Toujours est-il, maints politiciens ici et là comptent d’ores et déjà tirer leur épingle du jeu en faisant passer leur message à eux, tels que le Président français, Emmanuel Macron, la malheureuse candidate à la mairie de Paris, Agnès Buzyn, le sénateur italien Matteo Salvini, ou encore le député du parti « La France insoumise », Jean-Luc Mélenchon, ou le Président vénézuélien Nicolas Maduro.

    L’encyclopédie virtuelle « Wikipédia », dont l’impartialité doit toujours être comprise avec une saine dose de suspicion, déclare, sans la mention, habituellement utilisée en pareilles circonstances, que « des chercheurs (?) s'inquiètent du potentiel de l'application comme une arme très efficace dans la guerre informationnelle, notamment parce qu'elle pourrait appliquer à un public international les méthodes de censure du gouvernement chinois et façonner sa compréhension de l'actualité. » fin de citation

    La première tentative d’accaparer le concurrent chinois date de 2018, après que celui-ci avait atteint le seuil fatidique de 650 millions d’utilisateurs. Avant d’ouvrir le porte-monnaie, « facebook » sortit, comme à son habitude, son arme de destruction massive, le « copy cat », en lançant sa propre application « Lasso », un fiasco. (Fortune)

    Pourtant, le « modus operandi » est bien huilé. Quatre des cinq « apps » les plus populaires sont en mains de la multinationale, non grâce au génie « randien » de ses ingénieurs, mais tout simplement parce que la dernière s’empare de tout ce qui menace son monopole.

    Quand « Instagram » fit fureur avec son application de partage de photos, « facebook » sortit, en 2012, son chéquier et mit 1 milliard USD sur la table.

    Quand, en 2014, l'application « WhatsApp » devint la deuxième messagerie la plus importante de la planète, « facebook », après plusieurs tentatives infructueuses, racheta finalement ce concurrent incommode pour 19 milliards USD. (Forbes)

    Face au refus des chercheurs de l’université de Stanford, qui sortirent l’application de partage de photos et vidéos « Snapchat », de se faire racheter, dès que celle-ci atteignit 150 millions d’utilisateurs, « facebook » copia l’application pour l’introduire sur son réseau « Instagram » sous le nom de « Instagram stories ». Depuis, les revenues de publicité décuplèrent de 256% et le cours de l’action doubla, pendant que les affaires de son concurrent stagnent. (Forbes)

    Pour concurrencer « Tik Tok » la filiale « Instagram » vient de sortir une application du nom de « Reels » à l’intention des consommateurs brésiliens, français et allemands, application qui, grâce à l’interdiction opportune, toute récente, de l’application chinoise par le gouvernement indien, soucieux de la protection de l’enfance, ouvrira un marché de 1,3 milliard de consommateurs de plus à la multinationale américaine. (Forbes)

    L’annonce du Secrétaire d’Etat vient donc au point nommé pour le réseau social qui vous veut du bien, toujours dans l’intérêt de la protection de l’enfance et la liberté d’expression, cela va sans dire.

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