Le blog de Bruno Hubacher

  • Magic money tree

    Imprimer

    Elle le répétait à qui voulait l’entendre, l’ancienne Premier Ministre britannique, Theresa May, digne héritière de la défunte papesse du néolibéralisme, Lady Thatcher: « L’argent ne pousse pas sur les arbres ».

    Pour parer au sous-financement chronique de l’ancienne « Rolls » des systèmes de santé « National Health Service » NHS, 10 milliards £ chaque année, l’ancienne Premier Ministre, tombée en disgrâce avant l’heure, comptait surtout sur les ressources « libérées » grâce à la « résiliation de l’abonnement à l’Union Européenne », plutôt que sur l’effet redistributif d’une augmentation de certains impôts, suivant à la lettre l’avertissement monétariste d’outre-tombe « En matière de santé la demande est infinie, gare au déséquilibre des finances publiques ».

    Fondé en 1948, entièrement financé par le budget de l’état, à partir des années 1980, l’état du système de santé NHS n’a cessé de se dégrader. En termes de nombre de médecins et personnel soignant per capita, la Grande Bretagne se trouve actuellement à la place 19 des 21 pays les plus industrialisés et, en l’espace de trente ans, le nombre de lits hospitaliers disponibles a diminué de moitié pour arriver à 2,6 unités par 1'000 habitants, un tiers de ce dont dispose l’Allemagne. (King’s Fund)

    Ce n’est donc pas une surprise qu’un service public exsangue et sous-financé à tel point ne soit pas en mesure de faire face à un incident majeur tel que la pandémie du virus SARS-Cov 2. Ainsi, la Grande Bretagne affiche le taux de mortalité, directement imputable au virus, le plus élevé d’Europe, suivi par le Portugal, les Pays Bas et la Suisse qui, derrière les Etats-Unis, dispose également du système de santé le plus onéreux de la planète, un parfait exemple du partenariat public-privé.

    Pourtant, en flagrante contradiction avec Mrs. May, la vénérable « Bank of England » quant à elle, admet qu’ils existent bel et bien, les « magic money trees ». Ce sont les banques privées, en conjonction avec la Banque Centrale, qui créent de l’argent, « ex nihilo », simplement en octroyant de nouveaux crédits à leurs clients. Cela s’appelle le système de réserves fractionnaires ou couverture partielle. Ainsi, 97% de la masse monétaire en circulation existe sous forme scripturale contre seulement 3% sous forme de billets de banque, dont la Banque Centrale détient le monopole d’émission. (Banque d’Angleterre 2014, « Money creation in the modern economy »)

    Par conséquent, contrairement à la doctrine dominante et communément admise, les banques centrales n’ont aucune mainmise directe sur la taille de la masse monétaire en circulation et donc sur le niveau de l’inflation dont elles sont pourtant censées garder le contrôle, prétexte avancé pour justifier la rigueur budgétaire de l’état. Le seul moyen dont elles disposent est un moyen incitatif, le taux d’intérêt qu’elles chargent aux banques privées et celui auquel elles rémunèrent leurs dépôts. Pour s’en convaincre il suffit d’observer le taux d’inflation depuis l’éclatement de la dernière crise financière de 2008 qui stagne à un niveau proche de zéro tandis que la taille de la masse monétaire en circulation, dans les pays industrialisés, a littéralement décuplé.

    Bien qu’il s’agisse d’un phénomène aisément observable, même par le commun des mortels, il n’est pour ainsi dire jamais thématisé par les médias traditionnels, et, quand on en parle dans la presse spécialisée, jamais en relation avec les finances publiques, pour d’évidentes raisons. Cela explique peut-être la relative méconnaissance du public, mais pas celle de nos élus. En effet, selon un sondage, effectué en 2017, par l’ONG britannique « Positive Money », 85% des parlementaires britanniques sont totalement ignorant du mécanisme de la création monétaire et il est fort à parier qu’il en soit de même dans d’autres pays.

    Il n’est donc pas impossible que la politique d’austérité, menée par à peu près tous les gouvernements européens depuis une vingtaine d’années, avec des conséquences désastreuses pour le fonctionnement du service public, en l’occurrence celui de la santé, est basée sur une flagrante méconnaissance du fonctionnement de l’économie de la part de nos élus.

    L’unique côté positif de la tragédie de la crise sanitaire du COVID, si on peut dire ainsi, réside dans la révélation de l’échec patent d’un système économique aux abois depuis longtemps et, fait jusqu’ici inconnu, la complicité de la communauté scientifique. Le fait que celle-ci se soit laissée embobiner pendant des décennies par une théorie économique dépourvu de tout fondement scientifique est tout de même un comble.

    Ainsi, c’est un secret de polichinelle que, depuis la dernière crise financière de 2008, considérablement affaibli par la crise sanitaire, le système financier international se trouve actuellement sous assistance respiratoire et cherche désespérément une issue. Par conséquent, il est fort à craindre que, pour sortir de la crise, le libéralisme se voie contraint à nouveau de faire une énième entorse à son dogme, la liberté individuelle, ce qui laisse à penser que, finalement, il n’ait jamais été question de liberté individuelle, mais plutôt de préservation d’une structure de pouvoir ancestrale.

    Les signes avant-coureurs sont nombreux, censure, état d’urgence sanitaire, vaccination obligatoire, centralisation du système financier international, suppression des moyens de paiement anonymes (cash), introduction d’un revenu de base inconditionnel, suppression des prestations sociales.

    Contrairement à la thèse thatchérienne « TINA » (There is no alternative) il y a bel et bien une alternative face aux propositions transhumanistes avancées par d’éminents « think tanks » et autres groupes d’experts.

    Contrairement aux sciences naturelles, soumises aux dures réalités du cosmos, la science économique se limite à l’analyse d’une activité humaine, l’organisation de la production, l’échange et la consommation de biens et de services. Dans ce contexte, l’aspect monétaire n’est qu’une composante parmi de nombreuses autres et dont le rôle pourrait aisément être redéfini démocratiquement.

    Lien permanent 2 commentaires
  • Démocratie

    Imprimer

    Pour paraphraser le major-général prussien, Carl von Clausewitz, la démocratie est la continuation du servage par d’autres moyens.

    Un peu comme le 14 juillet 1789, quand des hordes de sans culottes illettrés, instigués par une nouvelle aristocratie marchande montante, les capitalistes, assaillirent le centre de détention parisien, la Bastille, ce furent les « proud boys », vêtus de casques de viking et de peaux de bête, chauffés à blanc par une oligarchie nationaliste, qui prirent d’assaut le centre du pouvoir américain, le Capitole de Washington, ce 6 janvier 2021. Rien de nouveau sous le soleil.

    En pleine session d’onction du nouveau régent, les députés furent pris de court, au même titre que les médias. Les derniers dénonçant de façon unanime une « attaque contre la démocratie », inutile d’épiloguer sur les raisons de tant d’hypocrisie, le concept du servage faisant également partie intégrante du fonctionnement des médias.

    Le maintien de la population dans la conformité par la propagande fit déjà recette au 18ème siècle où la noblesse marchande s’associa à la noblesse intellectuelle dans le but de faire miroiter au peuple un semblant de liberté. Le philosophe Voltaire, figure de proue des « Lumières », le résuma bien en disant que « l’esprit d’une nation réside toujours dans le petit nombre qui fait travailler le grand nombre, est nourri par lui, et le gouverne ». Ses adeptes diront que la phrase est sortie de son contexte. Quoi que, quel que soit le contexte, elle est tout de même parlante.

    Le principe démocratique fondamental des « checks and balances », inspiré de la pensée du baron de Montesquieu, auquel la modernité a ajouté la diffusion de l’information en tant que quatrième pouvoir dans l’état, n’a plus cours depuis longtemps au pays de la liberté. Les mauvaises langues prétendent qu’il n’a jamais fait partie de l’ADN de l’ancienne colonie britannique.

    On ne peut certes pas taxer le système électoral américain de « suffrage censitaire », toutefois, considérant le coût de l’accès à la fonction publique suprême, la Présidence, qui s’élève désormais à la somme astronomique de 14 milliards USD, on n’est pas loin. En outre, le choix de l’électeur se limitant à deux partis politiques dont les programmes, à l’exception d’enjeux sociétaux controversés, pour faire diversion, sont sensiblement identiques, on a du mal à discerner le côté démocratique de ce système, tant vanté par nos médias.

    Pour compléter le tableau on ajoutera les conditions, parfois assez rocambolesques, auxquelles les deux partis politiques daignent octroyer le droit de vote, conditions adaptées aux couleurs locales.

    Une fois en place, le pouvoir législatif fonctionne comme un seul homme, indépendamment de la couleur politique, verrouillé par les instances des partis et leurs puissants donateurs. Un récent épisode révélateur touchant au fonctionnement du Parti démocrate, passé sous le radar des médias, illustre à quel point la mainmise du capital sur le processus démocratique, aux Etats-Unis et en Europe d’ailleurs, empêche tout débat de fond ou remise en question du statu quo.

    Lors des élections de mi-mandat, en 2018, le renouvellement des 435 sièges de la Chambre des Représentants, 35 des 100 sièges du Sénat, ainsi que 39 postes de gouverneurs, en renforcement de l’aile gauche du Parti démocrate, la Chambre des Représentants vit l’entrée de quatre nouvelles députées progressistes, femmes de couleur de moins de cinquante ans, appelées familièrement « The Squad », Alexandria Ocasio-Cortez de New York, Ilhan Omar du Minnesota, Ayanna Pressley du Massachusetts et Rashida Tlaib du Michigan.

    A moins de se trouver dans la situation rêvée de disposer d’un pourvoir d’arbitrage, il est vrai que l’aile progressiste du Parti démocrate n’a que peu de moyens de pression contre le dogme néolibéral du comité national démocrate DNC, à moins que, soudainement, une telle fenêtre de tir s’ouvre.

    En effet, simultanément avec l’entrée en fonction du nouveau Président fut également à l’ordre du jour le renouvellement du mandat de la présidence de la Chambres des Représentants, occupé par la californienne démocrate, Nancy Pelosi, qui se présenta à sa propre succession. Disposant d’une courte majorité, l’heure de l’aile progressiste sembla arrivée ce 3 janvier 2021 pour faire valoir certaines revendications en échange d’un vote favorable.

    Seulement, s’il fallait encore une preuve supplémentaire de l’absence totale de tout contre-pouvoir politique, aux Etats-Unis et en Europe d’ailleurs, c’est bien la brillante réélection, sans concession, de Nancy Pelosi au poste de Présidente de la Chambre des Représentants.

    Sachant que l’appareil judiciaire américain s’apparente davantage à un souk qu’à l’institution d’un état de droit on mesure à quel point lui aussi est infesté du dogme néolibéral biparti. Ainsi, seulement 2% des affaires instruites arrivent au procès dont la tenue est étroitement liée aux ressources financières de l’accusé. Inutile de rajouter que de ce fait le taux de réussite du Ministère public atteint des sphères staliniennes de 98%. (1)

    C’est d’ailleurs grâce à l’ex sénateur du Delaware et futur Président, Joseph Biden, que les Etats-Unis disposent d’un des systèmes judicaires les plus répressifs produisant la plus importante population carcérale per capita de la planète. En collaboration avec la « National Association of Police Organizations » NAPO le futur Président Biden fut l’auteur de la version sénatoriale du « Violent Crime Control and Law Enforcement Act » ou « crime bill » promulgué, en 1994, par le Président de l’époque, William Jefferson Clinton.

    C’est également grâce à une notable exception du 13ème amendement de la Constitution des Etats-Unis, approuvé par le Congrès le 6 décembre 1865, qui scella, en principe, l’abolition de l’esclavage, à l’exception d’un « châtiment d’un crime pour lequel tout citoyen aura été dûment condamné » que l’industrie pénitentiaire privée se sait actuellement à l’abri de la foudre des syndicats.

    Ainsi, le salaire mensuel d’un détenu dans un pénitencier américain se situe autour de 9,5 USD et le prix moyen d’un repas s’élève à 1 USD, pour le plus grand bonheur du fabricant de lingerie « Victoria’s Secret », la chaîne de cafés « Starbucks », le fabricant de voitures de sport « Shelby Cobra », le fabricant d’articles de sport « Eddie Bauer », ainsi que les branches de production « Gameboy » du fabricant japonais « Nintendo » et « souris informatiques » de la maison « Microsoft » (Paul Wright).

    Quand 90% des médias s’offusquent d’une « attaque contre les valeurs de la démocratie » lorsqu’une poignée de cinglés réussit sans encombre à franchir le dispositif de sécurité du centre du pouvoir de la première puissance militaire on est en droit de se demander de quel côté se trouvent les cinglés.

    Pour conclure on ne peut s’empêcher de penser à cette interview, accordée par la future Chancelière allemande Angela Merkel, citoyenne de l’ex RDA, au journaliste Günter Gauss le 28 octobre 1991, dans laquelle elle dévoila, en accord avec le philosophe Voltaire, le fond de sa pensée au sujet de la démocratie. Citation : « Ce n’est que tardivement que j’ai fait l’expérience de la démocratie et je dois dire que j’ai toujours ressenti une certaine méfiance à l’égard des mouvements démocratiques. J’estime qu’ils ont trop souvent tendance à se perdre dans des discussions inutiles, or le politique se doit d’agir en tant que prestataire de services pour le citoyen qui attend de solutions à ses problèmes. Dans ce contexte, la démocratie peut bien-sûr représenter un atout. »

    (1) https://bhubacher.blog.tdg.ch/archive/2019/01/23/l-extraterritorialite-et-ses-larbins-296899.html

    Lien permanent 3 commentaires
  • Les improductifs destructifs

    Imprimer

    En cette période de crise sanitaire systémique les caciques de l’industrie pharmaceutique et ses serviteurs du monde de la science se donnent un mal de chien pour démontrer leur bonne foi. Et pour cause, les scandales sanitaires sont légion dans les annales de l’histoire de la médecine.

    En effet, aux Etats-Unis, patrie des « Pfizer » et autres « Gilead », on apprend que le Département de la Justice vient de condamner la société pharmaceutique « Purdue Pharma » à une amende record de 8,3 milliards USD pour des actes criminels.

    La réussite de la famille Sackler, dont la valeur patrimoniale est estimée à 14 milliards USD par « Forbes » (1), propriétaires de l’empire pharmaceutique Purdue Pharma, débuta en 1996, avec la commercialisation d’un analgésique stupéfiant puissant du nom d’« OxyContin », dont les effets secondaires sont à l’origine d’une des catastrophes sanitaires les plus importantes de l’histoire des Etats-Unis, ayant causé la mort par overdose de plus de 450'000 américains en 15 ans selon le « Center for Disease Control and Prevention » CDC. Pour comparaison, à ce stade, le virus du Covid-19 y a causé la mort, directement ou indirectement, à 300'000 personnes.

    Une étude, menée par Alan Krueger, économiste à l’Université de Princeton, a révélé que l’abus d’opioïdes, dont la prescription par les médecins a triplé en 15 ans, est responsable pour 20% de la réduction de la main d’œuvre dans les entreprises, transformant les ouvriers en « junkies » au chômage, outre un surcoût causé à la santé publique de 80 milliards USD. (2)

    Les voix attribuant ces égarements à quelques brebis galeuses ont de plus en plus de mal à se faire entendre, car il devient apparent que nous sommes face à un dysfonctionnement d’un système, le capitalisme version néolibérale, dans la logique duquel une main lave l’autre.

    En effet, parallèlement à l’affaire « Purdue Pharma » on apprend par voie de presse, le 27 novembre dernier, grâce à des documents, déposés devant un tribunal de New York, auxquels le « New York Times » a eu accès, 160 pages, e-mails et « templates », que la société de conseil américaine « McKinsey & Company » a joué un rôle déterminant dans le maintien des ventes du médicament controversé. Une main lave l’autre.

    Dès 2008, lorsque l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux, plus connue sous le sigle « FDA », inquiète (?), menaçait Purdue d’une restriction de la commercialisation du blockbuster « OxyContin » aux seuls praticiens, spécialement formés dans la médication des antidouleurs, les responsables de la firme réfléchirent ensemble avec leurs conseillers à un stratégie pour pallier le danger d’un éventuel essoufflement des ventes.

    Bien que la FDA n’ait jamais mis à exécution ses menaces, les ventes continuaient à subir les effets négatifs d’une sensibilisation accrue du public quant au potentiel addictif du produit. Qu’à cela ne tienne, les consultants dévouées proposèrent une série de solutions pour palier à cet inconvénient.

    Dans une présentation datant de fin 2017, les représentants de McKinsey énoncèrent une « compensation » aux distributeurs, dont la maison CVS Pharma, pour tous les cas d’overdose, survenus suite à la consommation excessive du produit litigieux.

    Chiffres à l’appui, le cabinet estimait qu’en 2019, 2'484 clients de CVS Pharma faisaient état d’une telle surconsommation. Purdue Pharma indemniserait donc le distributeur de 14'810 USD par incident, ou un rabais de 36,8 millions USD, dans le but de maintenir le niveau des ventes.

    Suite à l’apparition d’une série d’articles de presse faisant état de pratiques inhabituelles du pharmacien, les conseillers de McKinsey commencèrent à s’agiter.

    Un échange d’emails du 4 juillet 2018 entre deux associés de la firme illustre l’esprit d’entreprise de la maison McKinsey. M.A., associé principal : « Je viens de lire dans le FT (Financial Times ndlr) que Judie Lewent (directrice de Purdue Pharma) est poursuivie par le conseil d’administration de Purdue Pharma. Il serait peut-être opportun d’avoir une discussion avec le comité des risques. Vu la tournure que cette affaire prend, cela pourrait se retourner contre nous. Ce serait peut-être une bonne idée de détruire nos documents et e-mails. »

    Bien qu’aucune poursuite pénale n’ait été engagée contre McKinsey, la firme publie ses plates excuses sur son site internet.

    Le philosophe Karl Marx fait une distinction entre main d’œuvre productive et main d’œuvre improductive. Le capital faisant appel à une main d’œuvre productive, dans le but d’extraire une plus -value, il a également besoin, dans le but de maintenir une organisation cohérente, de compétences, non-profitables, indirectement liés à la production. Dans le cas d’une entreprise on distingue donc l’administration de la production.

    Dans une économie hautement automatisée grâce au progrès technologique, la part de la main d’œuvre productive a tendance à diminuer et celle de la main d’œuvre improductive à augmenter, ce qui, du point de vue de la profitabilité du capital investi pose problème. C’est la raison pour laquelle ce même capital se voit actuellement obligé de chercher d’autres sources de profit, et il les trouve, dans les marchés financiers, une sorte de « perpetuum-mobile » de la rentabilité.

    Ainsi, au niveau macroéconomique, une activité comme celle d’une société de conseil, telle que McKinsey, ou celle d’une banque ou d’une compagnie d’assurance d’ailleurs, activités qui occupent actuellement une part prépondérante dans l’économie, sont en réalité improductives et non rentables, tandis que celle d’une société pharmaceutique, au niveau macroéconomique, telle que Purdue Pharma, profitable, mais nocive pour la société, car l’objectif unique de son activité est l’obtention d’une rentabilité suffisante du capital.

    Ce paradoxe s’insère d’ailleurs parfaitement dans le contexte actuel de la crise sanitaire du Covid-19 et ses « remèdes ». La médecine a accumulé une quantité infinie de découvertes à travers les siècles dont elle n’utilise finalement qu’une infirme partie, celle qui garantit une rentabilité financière.

    Ainsi, comme le souligne le microbiologiste marseillais Didier Raoult, il y a une quantité astronomique de molécules dont l’industrie pharmaceutique ne se sert pas parce qu’elles ne sont pas protégées par des brevets. Elle est donc forcée, par la logique du système, de développer de nouvelles, quitte à courir le risque de provoquer des crises sanitaires à répétition.

    Du point de vue du capital, le maintien d’un système économique, dont la majeure partie est non rentable, est donc un contresens et ne sert finalement qu’au seul maintien de ce même système, un peu comme la bureaucratie de l’ancienne Union des républiques socialistes soviétiques.


    (1) Mortimer Sackler et son épouse Jacqueline ont trouvé refuge à Gstaad, dans les Alpes bernoises, complétant le palmarès des 300 familles « suisses » les plus fortunées (Bilan)
    https://blogs.mediapart.fr/bruno-hubacher/blog/090518/painkillers

    Lien permanent 18 commentaires