22/06/2017

Chili 1973 – France 2017

Le néolibéralisme s’est avéré être une idéologie totalitaire au même titre que le communisme et le fascisme.

Il est loin le temps où en 1947, une poignée d’économistes, intellectuels et journalistes, dont les économistes Friedrich Hayek et Milton Friedman, s’étaient réunis au village suisse de Mont-Pèlerin pour fonder la « Mont-Pèlerin Society » dont la mission principale était, et l’est encore à ce jour, la garantie de la liberté d’expression et des valeurs libérales d’une société ouverte, par le biais de l’économie de marché. A l’époque, la défense des valeurs occidentales paraissait en effet urgente face au communisme totalitaire montant de l’Union Soviétique et de la Chine.

Inspiré du siècle des lumières, le libéralisme économique entend toutefois étendre le concept de la liberté individuelle à l’économie, de sorte à ce que celle-ci s’affranchisse totalement de la sphère d’influence de tout ensemble organisationnel, sociologique et juridique qu’on définirait communément comme « l’état ».

L’économiste américain Milton Friedman, ancien directeur de la MPS, maître à penser de l’ancienne premier ministre britannique Margareth Thatcher, fut l’architecte de la première expérience néolibérale grandeur nature, suivant le coup d’état du général Pinochet, le 11 septembre 1973.

On les appelait les « Chicago Boys », ces économistes chiliens, formés ou endoctrinés, c’est selon, à l’Université de Chicago sous l’oeil bienveillant du professeur Friedman, avec pour objectif d’exporter la bonne parole dans leur patrie. Seul obstacle au projet ambitieux, l’élection au suffrage universel du président socialiste Salvador Allende le 3 novembre 1970.

Avec la complicité de da CIA, le gouvernement américain réfléchit à une solution au problème. La synthèse du brainstorming : un coup d’état. Conseiller à la sécurité nationale et Secrétaire d’Etat, tout en un, Henry Kissinger, lauréat du prix Nobel de la Paix, approcha le général des forces armées chiliennes de l’époque, René Schneider, lui demandant de l’aide. Seulement, le général Schneider, avant tout un militaire, respecta le choix démocratique du peuple chilien. Sa non-coopération lui coûta cher. Le 22 octobre 1970 il fut enlevé et assassiné. Il n’y a, à ce jour, plus guère de doute que ce crime portait la signature du Dr. Kissinger. Il fallait donc patienter encore trois ans pour réussir avec le général Augusto Pinochet.

Fièrement appelé le miracle chilien par le professeur Friedman, l’expérience néolibérale du Chili, sous le régime Pinochet, fut toutefois entachée par de multiples violations des droits de l’homme, plus de 38'000 cas de torture, des dizaines de milliers d’arrestations de dissidents ainsi que l’exile d’un million d’opposants (Wikipedia).

Conforme au modèle néolibéral des « Chicago Boys », l’état chilien procéda à une vague de privatisations d’entreprises publiques, notamment celles du cuivre, 36% du marché mondial, jusqu’à l’eau, l’énergie, la santé et l’éducation. Il introduit un système privé de retraite par capitalisation, le tout accompagné d’une baisse massive des impôts, « libérant » ainsi les individus des entraves de l’état, laissant l’offre et la demande comme seul arbitre. L’ancienne premier ministre britannique Margaret Thatcher, adepte du néolibéralisme, l’avait bien dit: « La société en tant que telle n’existe pas, il n’y a que des individus ».

Loin de son idéal de la liberté individuelle le néolibéralisme s’impose depuis plus de cinquante ans comme doctrine unique, laissant que peu de place à la contestation. Sa machine de propagande, perfectionnée dans le temps grâce à la mainmise successive sur les médias, n’a rien à envier de celles des régimes communistes d’antan.

Certes, les coups d’état sont passés de mode, du moins dans nos contrés, mais les élections présidentielles américaines, et, plus récemment les élections présidentielles et législatives françaises ne laissent plus aucun doute sur les méthodes de manipulation mises en place pour le maintien du statu quo. La prise du dernier bastion, la France, état providence par excellence, permettra l’intégration et la pérennisation du modèle au niveau européen pour les générations à venir.

Les citoyens du Chili de l’époque, dont le choix démocratique fut bafoué par un coup d’état, s’étonneraient peut-être du désintérêt des électeurs français d’aujourd’hui. Certes, la propagande battait le plein et le choix du candidat, issu du sérail de l’establishment, paraissait fait depuis le début de la campagne. Mais, tout de même. Il fallait encore mettre un bulletin dans l’urne. Avoir ensuite manqué une deuxième chance pour corriger le tir, en revanche, est tout simplement impardonnable.

Peut-être faut-il qu’une société soit à un stade avancé de désespoir, telle que la société anglaise qui vient de voir périr dans un incendie 80 citoyens dans un immeuble de logements sociaux, « décoré » il y a deux ans par la municipalité avec des panneaux inflammables, moins chers, pour cacher la misère aux riches propriétaires avoisinants, dans un quartier qui compte parmi les plus chers au monde, mais qui manque visiblement de moyens pour loger les trois cent personnes restées sans abri.

C’est comme au jeu de téléréalité de Donald Trump, « The Apprentice », des gagnants de ce système il n’y aura que très peu.

16:35 Écrit par Bruno Hubacher | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

07/06/2017

Is june the end of May ?

Le 10 octobre 1980, lors de la conférence du parti conservateur britannique, Lady Margareth Thatcher, premier ministre à l’époque, mettait en garde ceux qui s’attendaient à une volte-face dans sa politique, ou « u-turn » en anglais. « You turn if you want to, the lady is not for turning ». En rétrospective, on peut lui reprocher un tas de choses, sauf celle d’avoir manqué de convictions politiques. Elle a tenu parole, avec les conséquences désastreuses que les générations suivantes subissent encore.

On ne peut pas dire la même chose de l’actuelle premier ministre Theresa May, la reine de la volte face. Après avoir juré, la main sur le cœur, qu’elle ne convoquera pas d’élections générales anticipées, voilà qu’elle se contredit à nouveau.

Après avoir bataillé ferme contre une sortie de son pays de l’Union Européenne, elle trouve finalement le Brexit pas si mal. En tout cas, elle ne se laissera pas faire par Bruxelles. « Better no deal than a bad one », ou « après moi le déluge ». Sans fausse modestie, elle estime être la seule à « avoir les couilles », selon ses propres dires, à affronter les négociateurs de l’Union.

Seulement, comme l’indique le journaliste américain Cenk Uygur, sur sa chaîne d’information sur internet « Young Turks », l’avance du parti conservateur par rapport à labour était de 19 %, 45% pour les conservateurs, 26% pour labour, lors de l’annonce faite par Theresa May le 19 avril dernier. Ce bonus a fondu comme neige au soleil depuis.

En effet, les derniers sondages montrent encore un avantage de 6 points, 43% pour les conservateurs et 37% pour labour. Après une domination constante de l’électorat jeune, 18 à 24 ans, suite à l’élection de Jeremy Corbyn, qui propose l’élimination des frais scolaires et un salaire horaire minimum de 10 £, l’électorat, âgé entre 25 et 34 ans, a désormais joint le mouvement, avec une avance de 9% par rapport au même segment chez les conservateurs. (The Independant) Serait-ce la raison pour laquelle Theresa May refuse un débat télévisé avec son adversaire ?

Championne de la maladresse, Mrs. May n’arrête pas de se tirer des balles dans le pied. Paniquée par les sondages, elle procède à une modification d’un point clé de son programme électoral, programme que le quotidien « The Independant » compare à un « menu sans prix ». Jamais auparavant dans l’histoire de la démocratie britannique, un premier ministre avait procédé à un modification de son programme électoral avant même les élections.

De quoi s’agit-il ? Après des décennies de faveurs fiscales et, par conséquent, de rigueur budgétaire post thatchériennes, rien que depuis 2010 le personnel soignant a subi une baisse de salaire de 14%, un premier apport de fonds urgent est devenu nécessaire, avant 2020, pour le bon fonctionnement de la santé publique, apport que des experts du domaine chiffrent à 25 mia £.

En outre, l’allongement général de la durée de vie, nullement une spécificité anglaise, pose un problème de financement. A l’instar de Margareth Thatcher, pour Theresa May, en matière de santé publique « the demand is infinite ». Lorsque les gens mouraient à 60 ans c’était moins cher. Mrs. May compte résoudre ce problème par une « économie forte », répété à l’infini comme un mantra, soutenue par une baisse générale des impôts. En contrepartie, elle souhaite des « efforts supplémentaires » de la part de la population.

Financé par des cotisations et la fiscalité générale, des personnes, soignés dans un hôpital sont couverts par le régime de l’assurance santé. En revanche, dû au vieillissement de la population, de plus en plus de personnes, notamment des personnes âgées souffrant de démence, se font soigner par leurs proches chez eux. Etant donné que 80% des anglais sont propriétaires de leur maison, Mrs. May a trouvé là un moyen idéal de financement des soins à domicile. Une idée qui a de quoi causer des sueurs froides, aux électeurs du parti conservateur, les ainés du Royaume Uni et leurs enfants, qui pourront désormais mettre une croix sur leur héritage.

Effrayée par ce mécontentement «inattendu », Mrs. May a revu sa copie et promet maintenant qu’il y aura une limite supérieure, sans vouloir se prononcer sur son niveau, le « menu sans prix ». Il est fort à parier qu’elle se situera à la moyenne des prix immobiliers des maisons modestes de la classe moyenne.

L’unique thème de campagne de Theresa May est sa supposée capacité à négocier « un deal » avec Bruxelles, quitte à claquer la porte. Pour les problèmes sociaux qui s’aggravent d’année en année, à l’instar des autres leaders européens d’ailleurs, elle a nul intérêt. C’est à se demander si elle se rend compte qu’ils existent. Son adversaire, en revanche, capitalise sur le sujet, comme le démontre les sondages. L’étau se resserre pour Mrs. May.

09:35 Écrit par Bruno Hubacher | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

29/05/2017

L’argent, un bien public

La création monétaire, dans le système capitaliste, est la pierre angulaire de la distribution de richesses. Une inégale répartition des richesses menace le fondement même de ce système, dont le principe de base est la croissance. Pour qu’il y ait croissance il faut de la demande, pour qu’il y ait de la demande il faut du pouvoir d’achat, et pour qu’il y ait pourvoir d’achat il faut un accès libre aux ressources financières.

Le principe de la croissance économique façon néolibérale ne tient évidemment pas compte de l’épuisement des ressources naturelles.

Nous sommes loin d’un accès démocratique aux ressources, financières et naturelles, car la baguette magique de la multiplication monétaire est en mains des banques privées qui elles sont redevables à leurs actionnaires qui eux exigent la maximisation du profit, un profit facile, sans effort, dans ce cas.

Voilà la recette du miracle. Le client d’une banque dépose 100 Euro sur son compte. La banque garde 10 Euro dans ses coffres, au cas où le client aurait besoin d’une partie de ses économies. Le reste, donc 90 Euro, elle les prête à un autre client. Il y a donc, par miracle, 190 Euro dans le système au lieu de 100.

Cet autre client achète, avec ces 90 Euro, que la banque lui a prêtés, un produit chez un commerçant. Le vendeur de ce produit dépose les 90 Euro, issus de la vente, sur son compte en banque. Sa banque garde 9 Euro dans son trésor et prête 81 euro à un autre client. Là il y a déjà 271 euro dans le système. On peut dire qu’à l’origine de la création monétaire est la dette, car sans dette, pas de création monétaire et sans création monétaire l’effondrement du système. Ce procédé s’appelle le système des réserves fractionnaires.

Sur les dépôts de leurs clients, les banques payent un intérêt, et chargent un taux plus élevé sur l’argent qu’elles prêtent, argent qu’elles créent elles-mêmes du néant à l’aide d’un simple clic de souris sur un ordinateur. Ceci pour la multiplication de la masse monétaire déjà en circulation. Pour de l’argent frais, les banques s’adressent à la banque centrale qui, en théorie, détient le monopole de la création monétaire, monopole que lui avait cédé l’état à son tour. Là encore, elles déposent 10 pour recevoir 100.

A la naissance de ce système, il ya bien longtemps, les financiers avaient réussi à convaincre les politiciens d’accepter, pour leur bien, l’indépendance totale de la banque centrale. Ceci pour éviter l’utilisation abusive de ce privilège, la pompe à sous, à des fins politiques, telles que l’effacement de la dette souveraine par l’inflation, mais aussi la préservation des emplois ou l’accès des petites et moyennes entreprises au crédit avantageux.

Ainsi, le seul objectif de la banque centrale consiste désormais à veiller sur la stabilité monétaire, la maitrise de l’inflation, ainsi que l’approvisionnement de l’économie en liquidités, tâche qu’elle a déléguée aux banques privées. Pour l’accès au crédit avantageux des petites et moyennes entreprises, c’est donc loupé, car on sait qu’il vaut mieux prêter aux riches.

La théorie économique prédominante veut que lorsqu’il y a davantage de monnaie mise en circulation que de richesses produites, il y a inflation, dont la maitrise est précisément la tâche de la banque centrale. Seulement, actuellement les banques centrales, inondent les coffres des banques privées de liquidités à coût zéro, dans l’espoir que celles-ci en fassent bénéficier les petites et moyennes entreprises, garantes à 90% de la bonne marche de l’économie. Résultat, nous avons déflation plutôt qu’inflation, ce qui est tout aussi dangereux, si ce n’est plus.

Pourquoi ? Parce que les banques privées ne remplissent pas leur rôle, l’approvisionnement de l’économie en liquidités, mais se contentent d’investir dans les marchés financiers ou prêter aux états à des taux, variant entre 1 et 5%, encaissant par l’occasion un joli bénéfice sans risque aucun, ce qui crée de l’inflation dans la sphère financière et de la déflation dans l’économie réelle.

Ainsi, même l’état, originellement le seul détenteur du droit de la création monétaire, est dorénavant réduit à financer son ménage au bon vouloir des banques privées à un coût exorbitant et contraint à la rigueur budgétaire, empêché d’effectuer les investissements nécessaires aux futures générations. A l’origine, un bien public, l’argent est devenu une marchandise comme une autre.

La Banque Centrale Européenne appartient aux états membres, dont la France détient 14,22 % du capital et l’Allemagne 18,94%. La Réserve Fédérale américaine en revanche, la plus puissante de la planète, est en mains des banques privées américaines, ce qui a son importance quand on mesure l’influence que ses décisions ont pour l’économie mondiale.

La transition écologique et la répartition des richesses sont des préoccupations politiques, incompatibles avec les désidératas de la doctrine néolibérale. De ce fait, le monopole de la création monétaire en mains du secteur privé représente un obstacle insurmontable à leur réalisation. Faute de modèle, remplaçant le capitalisme, il faut il faut retourner en arrière à la période pré néolibérale, période à laquelle celui-ci se laissait encore poser des conditions par le politique.

Pour ces raisons, l’issu des élections législatives françaises sont d’une importance capitale pour la cohésion de l’Europe dans la mesure où, seul, face à un président qui prône le statu quo, il y a un mouvement populaire qui propose une alternative, à la quelle on peut adhérer ou pas, mais sans contre poids politique il y a dictature. En cas de reconduite du statu quo il y a fort à parier que ce sera la rue qui répondra, pas seulement en France.

La transition écologique que la France insoumise propose coûte 175 mia Euro, ce qui pour les néolibéraux est une hérésie face à la dette souveraine de 2'000 Euro. Il faut savoir que la dette pose un problème si son financement pèse trop lourd dans les dépenses courantes et empêche le bon fonctionnement des services publics.

Seulement, actuellement le coût de financement pour un pays comme la France est proche de zéro et face à sa dette l’économie française produit chaque année des produits et services d’une valeur proche de 2'000 mia Euro.

Ce que visent le traité de Maastricht, les Républicains en marche, le PS français, le centre, Madame Merkel, Monsieur Schäuble, le CDU, le CSU, le SPD, les Verts allemands, le FDP allemand c'est un taux d’endettement vs PIB de 60% et un déficit public annuel de 3% du PIB et pour y parvenir, la réforme du marché du travail, la réduction des prestations sociales, l'augmentation de l'âge de la retraite.

En effet, la dette souveraine de l’Allemagne a atteint l’année passée 68,3% du PIB et au lieu d’enregistrer un déficit public, comme le traité de Maastricht l’autoriserait, elle a atteint un excédent budgétaire de 24 mi Euro en 2016, un record absolu, tandis que la France a enregistré, pour la même année, un déficit public de 3,4 %, en excès des critères de Maastricht.

Le discours officiel esquive évidemment la question essentielle, celle de la répartition des richesses produites et celle de la répartition des coûts pour produire ces richesses. Rien ne s’oppose à ce que l’était ait un budget équilibré. Après tout, cela éviterait qu’il ait à s’endetter pour faire fonctionner le service public et qu’il charge trop son ménage avec le seul paiement des intérêts.

Mais, c’est là que le bat blesse, car l’Allemagne est arrivé à ce beau résultat en chargeant le total du coût de l’opération sur le dos de sa classe moyenne, en gelant les salaires et en taillant massivement dans les prestations sociales et ça continue.

Malheureusement les élections régionales allemandes, actuellement en cours, ne présagent rien de bien pour ceux qui souhaitent un changement, car il est de plus en plus improbable qu’une une opposition digne de ce nom se cristallise face à la politique de la chancelière et son inévitable trésorier Wolfgang Schäuble.

Le SPD n’a rien trouvé de mieux qu’élire à sa tête l’ancien président du parlement européen, Martin Schulz, une sorte de « Macron » à l’allemande. Son programme électoral est un ramassis de platitudes et de banalités, pas assez pour faire face à l’indétrônable chancelière et sa guilde. En ce qui concerne l’actuelle opposition, le parti « Die Linke », sans le toujours très populaire Gregor Gysi, il aura du mal à se débarrasser du stigma communiste qui lui colle à la peau. A moins qu’il s’ouvre et devienne un mouvement citoyen, à l'instar de la « France insoumise »,« Our revolution » aux Etats-Unis, « Momentum »au Royaume Uni ou« Podemos » en Espagne, il est fort à parier qu’il restera dans l’opposition.

Il se trouve que malheureusement le quatrième pouvoir dans l’état, la presse, ne remplit plus son rôle de force de proposition et opposition, que ce soit en Allemagne, en France ou en Angleterre d’ailleurs. Les journalistes français, en l’occurrence, pas tous mais les mieux payés, préfèrent, encore une fois, faire le jeu de leurs patrons, une attitude irresponsable et un poison pour la démocratie.

Les premiers sondages annoncent déjà le « da capo » pour le deuxième acte.

07:49 Écrit par Bruno Hubacher | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |