Le blog de Bruno Hubacher - Page 3

  • Divide et impera

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    Le capital porte le masque de circonstance en toutes circonstances. Que ce soit le masque de la pitrerie, de la philanthropie, de l’écologie, du féminisme ou du fascisme, tant que le déguisement sert la mission suprême, le rendement financier, les adeptes de tous bords sont accueillis en son sein avec bienveillance sans distinction.

    Ainsi, conformément au rang, et à sa manière, le très sélect « Bulllingdon Club » de l’Université d’Oxford, célèbre le chèque en blanc, gracieusement offert, par l’électorat britannique à l’humble serviteur de l’infame mammon, le Premier ministre Boris Johnson et son parti « Tory », en brulant des billets de 50 livres devant les yeux des « sans domicile fixe » de la cité universitaire. Il n’est pas connu si, en tant que membres du club, dans leur jeunesse, Boris Johnson et ses illustres acolytes, l’ancien Premier ministre David Cameron et l’ancien Chancelier de l’Echiquier George Osborne, s’adonnaient à de telles manifestations ostentatoires de mépris de classe, mais on peut le craindre, connaissant la réputation de la confrérie.

    Ceci pour le vote du peuple.

    Ensuite, le supposé enjeu suprême de ces élections parlementaires, monté en épingle par la guilde des journalistes et leurs patrons, le « Brexit », cache bien le jeu sournois du capital pour lequel un simple centre financier offshore ferait l’affaire.

    En réalité, avec l’Union européenne c’est comme avec la presse. Ce n’est pas parce qu’elles sont pourries jusqu’à l’os qu’il faut « jeter le bébé avec l’eau du bain ». Mais, il est vrai, intellectuellement c’est peut-être un peu trop sophistiqué comme approche.

    Toujours est-il, cette ile humide et froide, à la jonction de la mer Atlantique et la mer du Nord, jadis un empire planétaire, aujourd’hui un état vassal des Etats-Unis, comme il y en a tant d’autres, risque bien une énième amputation de son territoire d’influence, l’Ecosse et l’Irlande du Nord. Mais, encore une fois, en tant que « Singapore » du vieux monde il y aurait bien assez de place.

    En tout cas, Nicola Sturgeon, Premier ministre écossaise, est fière comme un paon. Il y a de quoi. Son parti indépendantiste et europhile, le « Scottish National Party » SNP, vient de rafler 80% des sièges au parlement écossais « Holyrood », un plébiscite sans ambiguïté qui vient confirmer le résultat écossais du référendum sur le « Brexit » en 2016, 62% contre, 38% pour.

    L’Irlande du Nord de son côté risque bien d’être contrainte à une réinstauration de postes frontières avec son voisin, ce qui ne manquera pas de raviver un conflit historique.

    Pendant ce temps, de l’autre côté de l’Atlantique, sous le radar des médias, la « Chambre des représentants », sous le contrôle du « Parti démocrate », vient d’approuver le « National Defense Autorisation Act » accordant au président un budget militaire de 738 milliards USD pour l’année 2020, 20 milliards USD de plus qu'en 2019, en hausse de 120 milliards USD depuis le début de son mandat. Ceci pour la combativité du Parti Démocrate en vue des élections présidentielles.

    Par ailleurs, un contrat de 34 milliards USD vient d’être accordé à la société « Lockheed Martin », pendant que 44% de la population active touche un salaire moyen annuel égal ou inférieur à 18'000 USD. On ajoutera, pour la petite histoire, que « Lockheed Martin » est dirigé par Madame Marillynn Hewson, « General Dynamics » par Madame Phebe Novakovic et « Northrop Grumman » par Madame Kathy J. Warden.

    En bon joueur de « Monopoly », le milliardaire Jeff Bezos, propriétaire de l’entreprise de commerce électronique « Amazon » et, accessoirement, du quotidien « Washington Post » compte bien se battre pour une tranche du gâteau. C’est la raison pour laquelle « Amazon Web Services » poursuit en justice le président Donald Trump pour « intervention inappropriée dans le processus d’attribution du projet JEDI par le « Département de la Défense » au désavantage de la société AWS dans le but de poursuivre un agenda politique personnel ». Ce n’est un secret pour personne que Donald Trump déteste Jeff Bezos et son « Washington Post ».

    JEDI ou « Joint Enterprise Defense Infrastructure » est un projet de stockage informatique qu’on appelle communément « cloud computing », un réseau de serveurs informatiques distants, dans le but de stocker et exploiter des données en très grandes quantités, un contrat de 10 milliards USD sur une période de dix ans, finalement attribué par le Département de la Défense à la firme « Microsoft », une mine d’or en informations utiles, classées « secret défense ».

    Il s’agit sans doute d’une coïncidence que le « Washington Post » publie ces jours une série de 2'000 documents du « Département de la Défense » au sujet de la guerre en Afghanistan, libérés sous le « Freedom of Information Act » contenant des interviews avec des haut responsables du Pentagone entre 2014 et 2018, révélant le coût de cette guerre, impossible à gagner selon l’aveu même des militaires, qui s’élève à la bagatelle de 1'000 milliards USD, à la charge du contribuable et 2'400 soldats morts au combat.

    Pendant 18 ans les présidents George W. Bush, son successeur Barack Obama et l’actuel président Donald Trump auraient sciemment menti au public au sujet de la situation réelle sur le terrain. Si ce n’est pas vraiment une surprise, les documents confirment tout de même, à l’instar de ceux publiés par « The Intercept » et le « New York Times » il y a deux semaines au sujet de la guerre en Iraq, qu’il est sans importance duquel des deux partis sera issu le nouveau président en 2020.

    En tout cas, ce ne sera pas un socialiste.

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  • Propagande

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    « Le processus décisionnel en démocratie doit être confié à une classe restreinte de technocrates en charge de la collecte et l’analyse de données empiriques, leur permettant de fabriquer un consensus. Leurs conclusions devront être transmises continuellement au pouvoir politique qui se chargera ensuite de les communiquer au public par l’art de la persuasion. »

    Dans son ouvrage « Public Opinion », paru en 1922, l’écrivain et journaliste new-yorkais Walter Lippmann, apôtre du libéralisme, mué en néolibéralisme entre temps, père du « journalisme moderne », développe cette thèse, selon laquelle le public serait incapable d’interpréter un monde devenu trop complexe pour lui, ce qui l’amènerait inévitablement à confier la pensée à des experts qui lui transmettront l’information dont il a besoin, une sorte de « despotisme éclairé » défendu par le philosophe Voltaire.

    Aujourd’hui les « technocrates », imaginés par Walter Lippmann, opèrent dans un nombre incalculable de « think tanks » (groupes de réflexion) à travers le monde et leurs techniques de communication sont enseignées dans les meilleures universités sous l’appellation « relations publiques ».

    Vers la fin de la guerre civile syrienne, le 7 avril 2018, alors que les forces d’opposition au régime du président Bachar el-Assad furent encerclés par l’armée syrienne dans la ville de Douma, l’armée de l’air syrienne aurait, selon les gouvernements des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France, largué sur la ville assiégée des obus contenant des substances toxiques.

    Malgré l’hypothèse, peu vraisemblable, qu’en tant que vainqueur le régime syrien aurait pris le risque d’une telle opération et nonobstant les protestations de ses alliés, la Russie et l’Iran, sans attendre une enquête indépendante par l’ « Organisation pour l’interdiction des armes chimiques » OIAC, une coalition des forces armées américaines, britanniques et françaises conduisit, le 14 avril 2018, des frappes ciblées contre des installations militaires, en guise de représailles, risquant un embrasement de tout le Moyen Orient.

    Répétant docilement les dépêches des chancelleries de leurs gouvernements respectifs, l’ensemble des médias européens et américains approuvèrent cette intervention sans réserve, au même titre d’ailleurs que celle effectuée par l’armée de l’air américaine le 21 août 2013 en représailles à l’attaque chimique présumée par le régime syrien contre le quartier de la « Ghoutta » à Damas, quartier contrôlé à l’époque par le « Front al Nosra », une ancienne branche du groupe terroriste « Al Quaeda ».

    Dans un rapport du « Massachusetts Institute of Technology » MIT il serait « peu probable que les roquettes en question, supposément contenant du gaz sarin, aient pu être tirées depuis les positions de l’armée syrienne. En revanche, en analysant les images il serait vraisemblable que ces obus y aient été placée par des individus », contredisant ainsi la version officielle du gouvernement américain et son Secrétaire d’Etat de l’époque, John Kerry.

    Le 4 avril 2017, une nouvelle attaque au gaz sarin par des avions de chasse syriens auraient eu lieu dans une autre zone, contrôlée par les rebelles du front « Al-Nosra », dans la ville de Khan Shaykun.
    A peine 24 heures après cette nouvelle attaque chimique présumée, Federica Mogherini, cheffe de la diplomatie européenne, condamne « un acte hideux dont le régime de Bachar el-Assad est entièrement responsable ». L’armée américaine tira 59 missiles contre une base militaire syrienne en guise de représailles et les médias applaudirent sans retenue, or la Russie avait proposé la mise en place d’une commission d’enquête indépendante, refusée par les Etats-Unis et l’Union Européenne.

    Avec un retard de près d’une année par rapport à la dernière attaque chimique présumée de 2018, l’« Organisation pour l’interdiction des armes chimiques » OIC finit par rendre son rapport le 1er mars 2019, rapport confirmant ce que « tout le monde savait déjà », l’utilisation d’un gaz toxique contenant du chlore par l’armée de l’air syrienne contre la ville de Douma le 7 avril 2018.

    L’affaire en serait restée là si l’ONG « Wikileaks », encore elle, n’avait pas semé le doute, une fois de plus, en publiant, le 23 novembre dernier, un e-mail du 22 juin 2018 d’un membre de la mission de l’OIAC, envoyée à Douma pour enquêter, dans lequel celui-ci se plaint auprès de son supérieur d’une « réécriture trompeuse des faits observés sur le terrain dans une version corrigée du rapport », version finalement publiée le 1er mars 2019. De son côté, l’ancien ambassadeur britannique à Damas entre 2003 et 2006, Peter Ford, estime que « l’OIAC est sciemment instrumentalisée par les Etats-Unis et l’Union Européenne » (RT).

    Le silence des médias face à ces nouvelle révélations est assourdissant. On veut bien que selon Christian Mihr, directeur de l’ONG « Reporters sans frontières » (Allemagne), l’activité de « Wikileaks » soit « une sorte de journalisme » et que la chaîne d’information « Russia Today » « un outil de propagande », contrairement aux chaînes de télévision publiques « ARD » et « BBC » qui, elles, seraient des médias indépendants, mais tout de même, une information est une information.

    Toujours est-il, cet épisode illustre bien à quel point les « filtres » de Walter Lippmann ont fait du chemin. Seulement, même Lippmann avait ses contradicteurs et pas les moindres. Le plus éminent d’entre eux, le psychologue John Dewey, figure marquante du courant philosophique du pragmatisme, une pensée selon laquelle l’intelligence a pour fin la capacité d’agir et non la connaissance pour la connaissance, également célébré pour ses ouvrages sur la pédagogie, répondit à « Public Opinion » de Walter Lippmann par le livre « The public and its problems » (Le public et ses problèmes), sorti en 1927.

    Sa contre-attaque déclencha le fameux débat « Dewey versus Lippmann », la thèse du gouvernement des experts versus la démocratie participative, et par extension, des médias « mainstream » versus les « médias participatifs et citoyens », un débat brûlant d’actualité.


    http://bhubacher.blog.tdg.ch/archive/2019/04/13/brexit-du-journalisme-298279.html
    http://bhubacher.blog.tdg.ch/archive/2019/01/13/la-fabrique-de-l-intox-296690.html
    http://bhubacher.blog.tdg.ch/archive/2018/12/04/l-honneur-perdu-de-la-presse-295926.html
    http://bhubacher.blog.tdg.ch/archive/2018/09/26/l-armageddon-de-la-presse-britannique-294568.html
    http://bhubacher.blog.tdg.ch/archive/2018/08/10/le-quatrieme-pouvoir-293593.html
    http://bhubacher.blog.tdg.ch/archive/2017/07/12/la-liste-d-invites-du-washington-post-285109.html

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  • L’empire contre-attaque

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    Après 75 ans de règne, la « Pax Americana » touche à sa fin et avec elle le modèle économique et sociétal dont elle est issue, le capitalisme.

    En effet, la Révolution industrielle de la fin du 18ème siècle et la naissance de la thèse du libre-échange, élaborée par le philosophe et économiste anglais Adam Smith dans son ouvrage « The Wealth of Nations », représentent le socle de notre modèle de société.

    S’inspirant des préceptes d’Adam Smith, le Royaume Uni avait bâti un empire économique dans lequel le soleil ne se couchait jamais et dont la domination perdurait pendant près d’un siècle. Ce n’était qu’après la fin de la Seconde Guerre mondiale que la « Pax Britannica » finit par céder le flambeau à la « Pax Americana ».

    Actuellement, aux quatre coins de la planète, en Amérique Latine, en Asie et au Moyen Orient des manifestations de masse expriment, parfois de manière diffuse, un désarroi flagrant, dont un dénominateur en commun émerge clairement, la défiance d’un modèle de société, vieux de deux siècles, et il se pourrait bien que la déchéance du dernier gardien du temple, l’Empire américain, commence à la source de sa domination économique, Le Moyen Orient.

    Le 18 novembre dernier le magazine en ligne « The Intercept » et le quotidien « The New York Times » (1) publiaient une série de transmissions secrètes en provenance du « Ministère des Renseignements et de la Sécurité nationale » iranien VEVAK, successeur de la tristement célèbre police secrète du Shah, la SAVAK, documents datant de 2014. Le moins que l’on puisse dire, à la lecture de quelques extraits des 700 pages interceptées, le « Satan » se tire une balle dans le pied, une fois de plus. Sans être de véritables révélations, la « fuite » confirme tout de même un secret de polichinelle bien gardé au Moyen Orient, celui d’un Iran qui s’y installe durablement en tant que pouvoir régional.

    A peine un mois avant l’opération « Liberté iraquienne », l’invasion de l’Iraq en 2003 par des troupes américaines et anglaises, sous le commandement du Pentagone, qui avait coûté la vie à près d’un million de civils, Tariq Aziz, ministre iraquien des affaires étrangères déclara à un journaliste : « Les Etats-Unis ont les moyens de déposer le président Saddam Hussein et de détruire le parti « Baas » » (parti politique, réunissant socialisme, panarabisme et laïcité, des principes chères à l’élite iraquienne, au même titre, pour faire un raccourci historique, qu’à l’égyptien Gamal Abdel Nasser, mort en 1970, et au libyen Mouammar Kadhafi, dont les projets politiques avaient subi des sorts similaires) « seulement, il faut qu’ils soient conscients qu’ils ouvrent ainsi la « boîte de Pandore » qu’ils ne seront jamais en mesure de refermer », la « boîte de Pandore » contenant le fanatisme religieux et l’émergence de l’Iran en tant que puissance régionale.

    En effet, entre le soutien de fanatiques religieux dans la lutte contre le communisme en Afghanistan et la chute du régime iraquien, les Etats-Unis ont ouvert un boulevard aux mollahs, débarrassant l’Iran de deux de ses principaux ennemis historiques, à peu de frais pour le dernier.

    De facto alliés dans la lutte contre l’état islamique ISIS, sans qu’il y ait eu une quelconque coordination des opérations avec la coalition américano-britannique, au grand regret des autorités iraniennes selon les documents divulgués, l’armée iranienne déployait, à partir de 2014, des troupes au sol pour combattre les guerriers d’Allah, la coalition américano-britannique préférant « Star Wars » à distance. L’avantage du déploiement de troupes au sol ayant été la collecte de précieux renseignements par la VEVAK, divulgués maintenant, entre autres, dans les documents publiés.

    Dès la chute du régime « Baas » en 2003, les services secrets iraniens avaient commencé à s’infiltrer subrepticement dans les institutions iraquiennes, l’objectif ayant été celui de toute puissance expansionniste, s’engouffrer dans la brèche, laissée par les « vaincus », en l’occurrence les troupes américaines.

    La base des services secrets (CIA) la plus importante en dehors des frontières américaines, fut démantelée après le départ des troupes en 2011, et les agents iraquiens, recrutés à l’occasion du débarquement en 2003, suite au démantèlement des services secrets du régime « Baas », se retrouvaient sans emploi et, par la force des choses, se faisaient, en partie, recruter par les services secrets iraniens avec, on imagine, de précieuses informations à la clé.

    Les actuelles manifestations de masse en Iraq s’insurgent notamment contre la nouvelle élite, aussi corrompue que les précédentes, à la botte du nouveau maître à bord, l’Iran. Toutefois, de nombreux observateurs s’accordent à dire que ces mouvements de protestations, comme par ailleurs ceux qui ont lieu actuellement en Iran et au Liban, ne sont pas de nature confessionnelle mais sociale et patriote.

    Les manifestants en Iran s’élèvent contre une augmentation du prix de l’essence de 8 centimes le litre à 24 centimes, une conséquence des sanctions économiques imposées par les Etats-Unis suite à l’annulation unilatéral de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien par les Etats-Unis. Ces protestations pacifiques, sont perturbées systématiquement par des « casseurs » bien organisés. L’organisation MEK « Organisation des moudjahiddines du peuple iranien », basée en Albanie, soutenue par les Etats-Unis (2), n’attend qu’une bonne occasion.

    La seconde pierre d’achoppement de la « Pax Americana » se trouve dans son arrière-cour, l’Amérique Latine, avec la libération de l’ancien président brésilien, Luiz Inàcio Lula Da Silva, par la Cour suprême, un pied de nez au président ultralibéral Jair Bolsonaro et son ministre de la « Justice et de la Sécurité publique », Sérgio Fernando Moro, ancien magistrat chargé de l’instruction du dossier « Lava Jato », maintenant désavoué par ses pairs, sans doute suite aux révélations du journaliste Glenn Greenwald du magazine en ligne « The Intercept ». (3)

    On pourrait faire un bref détour à Santiago de Chile, berceau du néolibéralisme des « Chicago Boys », foyer de révoltes et contestations du système « Pinochet », réprimées par l’armée du président Sebastiàn Pinera, frère du « Chicago boy » et disciple de l’économiste américain Milton Friedman, José Pinera, en passant par l’Equateur, foyer de révoltes contre les conditions drastiques, attachées à un nouveau prêt du FMI, contracté par le président Lenin Moreno, en passant par la Colombie, bastion américain, abritant 9 bases militaires et 1'000 soldats, foyer de révoltes contre le président ultralibéral Ivàn Duque, successeur d’Alvaro Uribe, (réformes du marché du travail et du système des retraites) qui s’était moqué du processus de paix avec les « Farc » (« Forces armées révolutionnaires colombiennes » mouvement d’obédience communiste), en passant par le Panama, importante base militaire américaine pour la protection du canal, protestations de masse contre une nouvelle constitution, ainsi que la Bolivie, où des manifestants descendent dans la rue en masse pour réclamer le retour du président Evo Morales, chassé par un coup d’Etat militaire, orchestré par une oligarchie, soutenue par le sénateur républicain de Floride, Marco Rubio, pour finir en Argentine et le Méxique où le début d’un retour à la normale semble se dessiner avec les élections d’Alberto Fernàndez et Andrés Manuel Lòpez Obrador.

    La troisième pierre d’achoppement, c’est La Chine. L’objectif des manifestations dans l’ancienne colonie britannique, Hong Kong, est essentiellement lié à une prolongation de son statut spécial, garanti par l’empire britannique jusqu’en 1997, époque où le poids de l’économie de l’ile représentait encore un multiple de celui de la Chine continentale, aujourd’hui la deuxième puissance économique de la planète derrière les Etats-Unis.

    Les figures emblématiques du mouvement pour la démocratie à Hong Kong, le patron de presse Jimmy Lai, ami proche de l’économiste américain, Milton Friedman, mort en 2006, ainsi que l’étudiant Joshua Wong, fréquemment reçu par le sénateur de Floride, Marco Rubio et le groupe de réflexion « National Endowment for Democracy » NED, fondé en 1983 par le président Ronald Reagan, instigateur de la révolution néolibérale. (MintPress)



    (1) Connaissant la rhétorique « va-t-en-guerrre » historique du « New York Times », notamment la défense de l’invasion de l’Iraq en 2003 par la journaliste, entre temps licenciée, Judith Miller, la publication des documents fuités, par le « New York Times », par ailleurs une infraction qui peut mener à l’incarcération pour haute trahison d’après une récente réinterprétation originale, par la justice américaine, du « Premier Amendement de la Constitution des Etats Unis » interdisant le législateur toute interférence dans la liberté de culte, garantissant liberté d’expression ainsi que liberté de la presse, ne manque pas d’une certaine ironie du sort.

    (2) http://bhubacher.blog.tdg.ch/archive/2018/12/23/qui-veut-la-peau-du-regime-iranien-296350.html

    (3) http://bhubacher.blog.tdg.ch/archive/2019/06/29/l-asservissement-de-la-justice-299571.html

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