15/08/2017

La logique logique de Kim Jong-un

En décembre 2003, colonel Mouammar Gadhafi annonça la destruction de son arsenal chimique et biologique, ainsi que l’arrêt de son programme nucléaire, encore à un stade embryonnaire à l’époque. Enchanté par cette annonce, le président américain George W. Bush, salua cette décision en termes élogieux. Il rappela que tous les dictateurs de la terre qui abandonneraient leurs programmes nucléaires, chimiques et biologiques seraient assurés des meilleures relations avec les Etats-Unis et, en effet, avec le « monde libre ».

En 2011, sous l’égide des Etats-Unis, l’OTAN bombarda la Libye, en soutien aux « rebelles » antigouvernementaux, un terme vague désignant un groupe hétéroclite de combattants, investis de missions diverses, un peu comme l’opposition syrienne, dans leur effort de renverser le régime. Le colonel fut capturé et laissé à la vindicte populaire.

Ces événements n’avaient pas échappé aux dirigeants nord-coréens car le ministre des affaires étrangères de l’époque déclara que « la Libye avait été trompée par de fausses promesses ». Du coup les américains avaient réussi à faire taire les voix à l’intérieur du régime favorisant la négociation.

La Corée du Nord se voyait donc confirmé dans sa décision de poursuivre son programme nucléaire, d’autant plus qu’au moins trois événements majeurs des derniers vingt ans leur semblent donner raison. Le premier événement fut le désarmement de la Russie, dont le budget militaire annuel s’élève actuellement encore à un peu plus de 10% de celui de l’armée américaine, par ailleurs le plus important au monde, l’autorisation donnée par Saddam Hussein aux inspecteurs des Nations Unies d’accéder à ses installations militaires, et finalement, la Libye. L’administration Obama avait bien entendu vigoureusement démenti l’existence de ce lien supposé.

Il se trouve, en outre, que la Corée du Nord possède des ressources naturelles, estimées à 10 billion USD (10'000 mia USD) telles que le fer, l’or, le magnésium, le zinc, le cuivre, le calcaire, le molybdène et le graphite dont les éléments servent à fabriquer des smartphones et autres applications électroniques (Quartz). A cause de son système économique archaïque et largement étatisé, l’absence totale d’une infrastructure de transport digne de ce nom, ainsi que les sanctions imposées par le conseil de sécurité des Nations Unies pour la poursuite du programme nucléaire et balistique, en défiance des résolutions de l’ONU, le régime n’a pas les moyens de capitaliser cette richesse.

Le pays voisins, avant tout la Chine, sont très gourmands en matières premières de ce genre et malgré les sanctions, la Chine importe déjà, en quantités modestes, certaines matières premières de la Corée du Nord. Tenant compte des motivations, avouées et inavouées, de l’actuel président américain, il n’est pas exclu que l’appât du gain joue un rôle dans la récente escalade verbale, d’autant plus si on se rappelle d’un discours, tenu devant un parterre d’experts de la CIA, l’année passée, lors de la campagne présidentielles, et les propos du candidat au sujet de l’Iraq : « Nous sommes entrés et sortis de l’Iraq de la pire façon. Si j’avais été président, je me serais emparé du pétrole avant de sortir », mis à part le côté pratique de la chose.

La guerre de Corée, 1950–1953, avait laissé un pays totalement dévasté par les bombes américaines. Son état est décrit en détail dans la revue officielle de la US Navy (Air quarterly Review) où on peut lire, entre autre, qu’ « il n’y avait plus aucune cible à abattre. Que pouvions-nous faire ? Alors, nous avions décidé de bombarder les barrages hydroélectriques ». S’ensuit la description extatique, presque joyeuse, de la destruction des barrages, détruisant la totalité des rizicultures, l’aliment de base de la population coréenne, ce qui est en réalité un crime de guerre (Noam Chomsky. Le conflit avait couté la vie à 800'000 militaires coréens (coréens du sud et coréens du nord), 57'000 militaires de l’ONU, 2 mio de civils et occasionné un flot de 3 mio de refugiés. (Wikipedia).

De nombreux conflits dans lesquels les Etats-Unis furent impliqués auraient pu s’arrêter par la négociation à un moment donné, comme le prouvent, par exemple, les « Pentagone Papers » une étude commandée par le département de la défense en 1967 à propos de l’implication politique et militaire des Etats-Unis dans la guerre du Vietnam entre 1945 et 1971, par ailleurs clandestinement transmise à l’époque au New York Times par Daniel Elsberg, Anthony Russo, Noam Chomsky et Howard Zinn et officiellement rendus publics en 2011.

Sous l’influence des généraux, en mentant au public et au congrès, le président Johnson avait contribué à l’intensification du conflit et systématiquement avorté toute ouverture aux négociations avec le régime nord-vietnamien.

La tactique officielle des généraux du Pentagone face aux dictatures à l’arme nucléaire est la même depuis les temps du secrétaire à la défense Dick Cheney, maître à penser de George W. Bush. « Les Etats-Unis ne s’attaque pas aux petites puissances nucléaires par peur d’être attaqués, mais par souci de pouvoir attaquer. » (Donald Rumsfeld 2001) Ceci vaut également pour l’Iran.

Cela explique également le refus de l’administration Obama en 2015, d’une proposition sino-nord-coréenne, la dernière en date, de geler tous les systèmes à missiles nucléaires par Pyongyang. En échange, les américains auraient du cesser toute manoeuvre militaire aux frontières nord-coréennes, utilisant notamment des B52, susceptibles de porter des ogives nucléaires, ce que le régime de Pyongyang apprécie peu, aussi peu, d’ailleurs, que les russes apprécient le déploiement militaire le plus important depuis la fin de la guerre froide à ses frontières en Europe, décidé par l’administration Obama, encore elle.

En 2005, il y avait une autre proposition sur la table, selon laquelle La Corée du Nord démantèlerait ses armes nucléaires, en échange d’un pacte de non-agression avec les Etats-Unis. Une condition aurait été celle de pouvoir construire un réacteur à eau légère, utilisé à des fins civiles, mais qui aurait potentiellement pu être utilisé à des fins militaires. L’administration Bush avait mis fin au consortium, responsable de la construction de ce réacteur et ordonné le blocage de toutes les transactions financières et commerciales avec Pyongyang. Le régime répondit par la continuation de son programme nucléaire.

Un autre incident date de 1993 sous l’administration Clinton. La Corée du Nord était sur le point de finaliser un accord avec Israël sous lequel Pyongyang s’engagea à cesser la livraison d’armes aux pays du Moyen Orient, une vraie menace pour Israël, et Israël, en échange, aurait reconnu l’état de la Corée du Nord. L’administration Clinton menaça Israël de représailles en cas d’acception. Par conséquent, la Corée du Nord répondit par le lancement de ses premières missiles à portée intermédiaire. (Noam Chomsky)

L’actuel président américain n’est donc que le dernier d’une série de présidents qui poursuivent coute que coute une stratégie d’expansion mise en place à la fin de la deuxième guerre mondiale, lorsqu’il s’agissait de partager le monde en sphères d’influence capitalistes et communistes, une expansion pour laquelle les Etats-Unis n’ont plus les moyens depuis longtemps. Rien que la guerre en Iraq a couté 1'000 mia USD.

Sur le plan intérieur les Etats-Unis ne sont plus que l’ombre d’une superpuissance. La plupart des américains vivent au moins une année de leur vie en dessous du seuil de pauvreté. En 2015, 13,5 % de la population vivait en dessous du seuil de pauvreté avec un taux de croissance annuel excédent celui de toutes les nations industrialisées depuis 1930. 20% des 20 à 30 ans n’ont pas suffisamment de revenus pour subvenir à leur besoin et 18% d’enfants ne mangent pas à leur faim. (Wikipedia) 22 mio de citoyens n’ont plus accès aux soins médicaux, 44 mio d’américains laissent une ardoise de 1300 mia USD en prêts étudiants faute d’un système éducatif accessible à tous, le taux de criminalité est à son apogée etc.

L’actuel directeur du renseignement national (DNI) Dan Coats, ne s’étonne pas que Kim Jong-un ne fasse plus confiance aux américains. « Kim Jong-un est un personnage atypique, mais il n’est certainement pas fou. Son raisonnement est la survie de son régime et de son pays. Il a sans doute observé ce qui se passe avec les régimes qui ont unilatéralement abandonné leurs capacités nucléaires face aux Etats-Unis. La leçon de la Libye a du le conforter dans son attitude. « Fin de citation

08:14 Écrit par Bruno Hubacher | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

27/07/2017

Le Crédit Suisse et la banqueroute du Mozambique

Est-ce que le Crédit Suisse serait coresponsable de la banqueroute de la République du Mozambique ? L’Autorité Fédérale de Surveillance des Marchés Financiers, FINMA, en tout cas, s’intéresse depuis quelque temps à cette question, ainsi qu’aux circonstances dans lesquels un crédit de 2 mia USD avait été organisé par la banque suisse en faveur de trois entreprises publiques mozambiquaises pour l’acquisition de 24 bateaux de pêche, de navires de patrouille ainsi que d’équipement nautique divers.

L’exécution de la commande avait été confiée à la société « Privinvest Group » de l’entrepreneur franco-libanais Iskander Safa, deuxième fortune du Liban, derrière celle de la famille Hariri. Le 5 mars 2013, les ouvriers du chantier naval de la « maison Safa », « Constructions mécaniques de Normandie » à Cherbourg, avaient fêté cette commande dignement, en présence de l’entrepreneur et du président François Hollande. Toutefois, la joie fut de courte durée, car il s’avérait par la suite que 16 des 24 navires furent construit par « Shipyard ATG Giurgiu » en Roumanie à un coût inférieur de 30 à 40%.

La société d'audit américaine « Kroll », mandatée par le gouvernement mozambiquais et dont le rapport vient de sortir, révèle, que, selon les estimations de ses experts, la République du Mozambique aurait surpayé la livraison de ces navires, qui rouillent actuellement dans le port Maputo faute de personnel compétent sans avoir pêché un seul poisson, de 487 mio USD. Cherchez l’erreur !

« Privinvest » justifie la différence de prix avec le transfert de « know how » et « un projet sur mesure » incluant également la livraison de « marchandise » et annonce d’ores et déjà de vouloir attaquer la société « Kroll » en justice.

Le rapport révèle, en outre, que le Crédit Suisse aurait encaissé pour la transaction des commissions d’une valeur de 160 mio USD. Celle-ci conteste.

Gretta Fenner, directrice du « Basel Institute on Governance », une organisation non gouvernementale, associée à l’Université de Bâle, déclare dans l’émission « Frontal 21 » de la télévision allemande ZDF que le produit de l’émission obligataire, n’avait pas été versé au gouvernement du Mozambique, mais à « Privinvest » qui elle reversait les fonds à ses propres sociétés mozambiquaises, spécialement créées à cet effet. En d’autres termes, « Privinvest » avait commandé les bateaux auprès de « Privinest ».

Outre le fait que le parlement mozambiquais n’avait jamais été consulté, ce qui est anticonstitutionnel, bien qu’Iskander Safa affirme que celui-ci aurait autorisé la transaction après coup, au mois d’avril de cette année, il s’avère également que la société publique mozambiquaise « EMATUM » qui réceptionna les bateaux, pêche, en moyenne, du thon d’une valeur de 450'000 USD par année. Les projections de vente annoncées par le gouvernement en vue de l’obtention du crédit en 2013 étaient de 18 mio USD par année, des projections qui ne semblent pas avoir ému outre mesure le Crédit Suisse. (Oxfam)

Pour la petite histoire, Andrew Pearse, architecte du deal, a quitté le Crédit Suisse juste après la transaction et travaille depuis étroitement avec l’empire de l’homme d’affaires libanais Iskander Safa (Oxfam). On le comprend.

L’implication du gouvernement français dans la livraison du matériel militaire, accompagnant la transaction « de pêche », pose la question sur le respect du « code de conduite européen » en matière d’exportation de matériel de guerre.

Toujours est-il, le « Fonds Monétaire International » a cessé ses paiements en faveur du Mozambique depuis avril 2016, avec toutes les conséquences qu’on peut imaginer pour un des pays les plus pauvres de la planète. Selon Oxfam, en 2016, celui-ci dépensait 12,6 % de ses revenus pour le service de sa dette extérieure.

Entre-temps « Privinvest » continue à faire de bonnes affaires, notamment avec l’armée allemande. Sa branche berlinoise « German Naval Yards » vient de décrocher un contrat pour la livraison de 5 frégates d’une valeur de 2,5 mia USD. L’affaire du Mozambique ne semble pas avoir ému non plus Ursula Von der Leyen, la ministre de la défense allemande.

« German Naval Yards est déjà dans les « starting blocks » pour un autre projet de l’armée allemande, l’acquisition de plusieurs navires de guerres polyvalents d’une valeur de 4,5 mia USD.

12:25 Écrit par Bruno Hubacher | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

21/07/2017

La nouvelle stratégie en politique, la non-stratégie

Depuis le sacre du dernier monarque français, une sorte de Louis XVI des temps modernes, le monde semble définitivement entrer dans une phase de fin de règne, fin de règne qui a réellement débuté avec l’élection de l’actuel président américain. Le modèle politique et économique néolibéral atteint ses limites et une alternative peine à se dessiner.

L’hyperactivité de ce début de mandat cache mal l’absence totale d’un quelconque projet de société, plutôt une vague volonté de retour de la France sur la scène internationale. Pas sûr que ça marchera. En tout cas, l’invitation du président américain au défilé du 14 juillet n’a été que moyennement goûtée par les français et l’invitation du premier ministre israélien Benjamin Netanyahou à la commémoration de la rafle du Vel d’Hiv n’a pas contribué à l’apaisement des esprits non plus.

L’humiliation en public du chef de l’armée peut être considérée, en quelque sorte, comme la cerise sur le gâteau. Un des premiers hauts fonctionnaires à pointer le doigt sur les incohérences entre ambitions gouvernementales et moyens mis à disposition se voit désavoué et démissionne. Avec cette indélicatesse le président se met les forces armées à dos, pas très habile vu le contexte international plus que tendu.

On pourrait ajouter à la non-stratégie du président Macron le récent mépris, affiché envers le continent africain en disant : « Le défi de l’Afrique est « civilisationnel ». Quand dans des pays africains les femmes ont encore entre 7 et 8 enfants, vous pouvez encore dépenser des milliards, vous ne stabilisez rien. » ou, dans un autre registre « Le drame de l’Afrique est que l’homme africain n’est jamais entré dans l’histoire (L’Huminanité 18.07.2017) Pour la petite histoire, le taux de fécondité de l’Afrique est de 4,7 enfants par femme. (Wikipedia)

Soucieux de rafler encore quelques voix auprès des électeurs, issus de l’immigration, lors de la campagne présidentielle, Monsieur Macron s’était empressé à l’époque, à l’occasion d’une visite à Alger, de comparer la colonisation de l’Algérie par la France à un « crime contre l’humanité ». Mais ça, c’était avant.

Le gouvernement anglais n’est pas en reste dans ce qu’on peut appeler la poursuite de la non-stratégie. Pendant la campagne électorale, lors de l’émission télévisée de la BBC « Question Time », la premier ministre britannique Theresa May s’était fait interpeler par une infirmière du « National Health Service » qui se plaignait de ne pas avoir obtenu d’augmentation de salaire depuis 2009, sur quoi Mrs. May répondit que le « magic money tree » n’avait pas encore été inventé.

Quelques semaines plus tard, après avoir perdu la majorité parlementaire, contrainte de gouverner avec la droite extrême d‘Irlande du Nord, le « magic money tree » est soudainement apparu. En effet, Mrs. May vient de proposer une série d’investissements en Irlande du Nord, d’une valeur de 1 mia £, dans une région jusque là totalement délaissée par Londres. C’est le prix à payer pour rester au pouvoir.

Son « Chancelier de l’Echiquier », Philip Hammond, multimillionnaire et gros propriétaire terrien, n’a rien à envier au cynisme de la premier ministre. Il a déclaré récemment dans la presse anglaise que les fonctionnaires du service public étaient surpayés de 10%.

Visiblement en manque d’inspiration Mrs. May vient de demander à l’opposition une « coopération constructive » dans les négociations du « Brexit » avec Bruxelles, sur quoi la députée « Labour » Emily Thornberry, « Shadodw first secretary of State », lui suggère d’instaurer une boîte à idées à Westminster et son chef Jeremy Corbyn l’invite tout simplement à adopter le « Labour Manifesto ». De son côté, le député européen et ancien premier ministre belge Guy Verhofstadt, médite à haute voie sur une « possible consultation » de l’opposition britannique. Ca sent les élections anticipées.

Aux Etats Unis, gouvernés par un président, homme d’affaires, qui a déjà fait faillite à six reprises dans sa vie et qui n’est pas près à bourde de plus ou de moins, même la non-stratégie est un mystère.

En effet, le sénat américain, dominé par ailleurs par le parti républicain, vient de rejeter le plan de réforme de l’assurance santé « Trumpcare », projet qui aurait potentiellement laissé 20 mio de citoyens américains sans couverture médicale. Même dans le parti républicain, divisé entre les sénateurs qui trouvaient que la réforme n’allait pas assez loin et ceux provenant d’états pauvres, pour lesquels cette loi aurait provoqué une hécatombe, le gouffre s’élargit.

Le président, de son côté, regrette cette décision, suggérant d’abroger tout simplement l’actuel système « Obamacare » et d’attendre des temps meilleurs, espérant une collaboration bienveillante avec les démocrates, un peu comme Theresa May et sa boîte à idées.

Il y a comme un air de fin de règne, en Europe et aux Etats-Unis. L’élite est en train de brader l’argenterie et se prépare au sauve qui peut, le temps pour faire encore quelques bonnes affaires.

Le candidat Trump l’avait bien dit devant un parterre de responsables de la CIA, au mois de septembre 2016, après son malheureux accrochage avec l’agence, en parlant de la guerre en Iraq : « Je n’ai jamais été favorable à une invasion, mais tant qu’on y est, autant en profiter », car, citant Jules César, excusez du peu, « To the victor belongs the spoils ». « Si nous avions gardé le pétrole, nous n’aurions pas à combattre l’état islamique, car c’est avec le pétrole qu’il finance le djihad. Nous aurions du garder le pétrole, mais nous y sommes entré et sorti de la pire des manières qui soit. » Fin de citation

Devant un parterre de hauts responsables politiques et militaires à Riyadh cette fois, au mois de mai de cette année, il saisit une autre occasion pour préciser sa pensée. Parlant du terrorisme islamique il dit ceci : « Pour combattre le terrorisme il faut empêcher le financement en faveur de l’état islamique et démasquer leur idéologie lâche. Mais toute discussion sur les moyens d’éradiquer ce fléau serait incomplète sans la mention du régime qui abrite les terroristes, leur fournit un soutient financier inconditionnel et qui se trouve à la source de l’instabilité au Moyen Orient. Je veux bien entendu parler de l’Iran. » L’applaudissement de l’audience lui est assuré.

Amnesty International annonce d’ailleurs ces jours que 14 détenus politiques, dont l’un d’eux n’avait que 17 ans lors de son arrestation, embarqués pour participation à des manifestations pacifiques, sont actuellement transférés depuis les prisons provinciaux à destination de la capitale, ce qui augure des décapitations proches. (Democracy Now)

Le contrat d’armement d’une valeur de 110 mia USD, signé lors de la visite du mois de mai dernier, servira d’ailleurs à « maintenir la stabilité dans la région ».

Le porte parole officieux du gouvernement Trump, le « New York Times », un modèle de journalisme indépendant, sous la plume de son éditorialiste Tim Arango, chef du bureau NYT à Baghdad, lui emboite le pas, en écrivant le 15 juillet dernier : « Quand les Etats-Unis avaient envahi l’Iraq il y a 14 ans, dans le but de renverser Saddam Hussein et son parti Baath, ils voyaient dans ce pays la pierre angulaire d’un Moyen Orient prônant les valeurs démocratiques occidentales. L’Amérique a versé le sang de 4'500 soldats ( Qu’en est il des 1 mio d’iraquiens morts durant le conflit ?) et avait dépensé la somme astronomique de 1'000 mia USD pour la « cause démocratique », tandis que l’Iran a profité de la crise pour étendre son influence dans la région, en alimentant les tensions sectaires dans les états d’obédience sunnite, alliés des Etats-Unis, notamment l’Arabie Saoudite. L’Iraq ne représente qu’une partie des velléités expansionnistes du régime iranien. L’utilisation de moyens de propagande iranienne se répand dans toute la région, au Liban, en Syrie, au Yémen et en Afghanistan. » Fin de citation.

Voilà la pensée intime de Donald Trump, véhiculée par le docile « New York Times ». L’objectif primaire ne serait donc pas l’éradication du terrorisme, ce sera fait de toute façon, mais bel et bien la provocation d’un nouveau conflit avec l’Iran. L’armée américaine réoccuperait l’Iraq, pour se saisir du butin, le pétrole, qui se trouve sous le sol du « futur » état de Kurdistan, futur état vassal des Etats-Unis (?). Est-ce que la France participerait au projet ? En invitant Benjamin Netanyahou en même temps que le président Trump il y a de quoi se poser des questions. Décidément ce nouveau monarque est plein de surprises.

L’Europe peut donc se préparer à un nouvel afflux de réfugiés après le tarissement de celui en provenance de la Syrie.

07:59 Écrit par Bruno Hubacher | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |