11/10/2018

La libre-éducation supérieure

Il y a tout juste 20 ans, en décembre 1998, Jacques Attali, économiste de formation, ancien président de la « Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement » BERD, président de la « Commission pour la libération de la croissance française », maître à penser du regretté président français, François Mitterand, le sphinx du peuple, présenta son plan « pour un modèle européen de l’enseignement supérieur » au Ministre de l'éducation nationale, de la recherche et de la technologie de l’époque, Claude Allègre, qui l’accueillit avec enthousiasme.

L’encyclopédie nous enseigne que « les études supérieures, visent à acquérir un niveau supérieur de compétences, généralement via une inscription ou un concours d’entrée dans une université ou autre haut lieu du savoir. » Sur le plan historique, dans le système socio-économique du féodalisme, les études supérieures servirent, depuis Charlemagne, avant tout à former les élites, la noblesse, les armées et le clergé. Avec la révolution industrielle, au courant du XXème siècle, l’accès aux études dites supérieures s’était, semblerait-t-il, quelque peu démocratisé.

Pour mesurer dans quel état d’esprit fut rédigée cette prose, supposément calquée sur une vision moderne et libérale du monde, mais en réalité « du vin nouveau dans de vieilles outres », il n'est pas inutile de citer quelques passages de cette œuvre indigeste.

Le ton empathique du « en même temps » est donné. « Un enfant, scolarisé en primaire dans une banlieue défavorisée n’a pratiquement plus aucune chance d’accéder à une très grande école. Si une telle évolution se poursuivait, une part importante de la population ne pourrait plus rejoindre les élites du pays ; les conséquences pour l’unité nationale en seraient très graves. Pour que l’enseignement supérieur français conserve ainsi une place de premier plan dans la compétition mondiale, la nation devra lui consacrer des moyens croissants et mieux utilisés ».

Dans le registre de l’empathie on citera également que « Plus que jamais, le développement et la qualité de vie d’une nation dépendront de son niveau culturel et scientifique, lui-même largement dépendant de la valeur de son enseignement supérieur. »

Mais, en même temps, « L’enseignement est confronté à trois chocs majeurs : la croissance de la demande de savoir (?), la diversification des disciplines à enseigner et le renchérissement de l’enseignement (?).

Ainsi se serait mis en place « un processus de mondialisation du marché. Si elle était appliquée à l’éducation, elle conduirait à la mise en place d’un modèle mondial d’enseignement supérieur standardisé, dans lequel l’Etat s’effacerait et le marché modèlerait les cursus et les carrières. Dans ce modèle, les universités deviendraient comme des entreprises à la recherche de “clients” - des élèves solvables, sans distinction de nationalité - et en concurrence sur le marché mondial pour attirer les meilleurs “facteurs de production” - les professeurs et les financements - en vue de maximiser les “profits” - c’est-à-dire leurs moyens de développement. Dans ce modèle (où l’enseignement supérieur cesserait d’être une charge pour la collectivité pour devenir une source de profit pour des entreprises). Fin de citation. La planification centralisée de l’éducation en quelque sorte.

Ce ne serait donc plus la guerre de destruction, humaine et matérielle, mais la guerre économique, le principe restant toutefois le même, celui de l’approvisionnement en chair à canon pour les élites, les actionnaires à la place de l’aristocratie.

En outre, la commission préconisa que : « Les étudiants auraient à financer eux-mêmes leurs études, par les ressources de leurs familles, en empruntant aux banques ou même sur les marchés financiers, qui investiraient demain sur des étudiants prometteurs comme ils investissent aujourd’hui sur des entreprises innovantes. » Ce n’est pas sans rappeler le modèle américain des prêts-étudiants dont le solde actuel s’élève à 1'500 milliards de USD, une bombe à retardement, mais en même temps un classique du capitalisme, l’esclavage par l’endettement, en l’absence d’une rémunération appropriée du travail.

Pour mesurer le degré d’utilité pour l’humanité d’études supérieures, à supposer qu’il y aurait de l’autre côté des études inférieures, on pourrait déjà commencer par faire la distinction entre d’un côté les études dites de la nature et des sciences formelles, et de l’autre, les sciences sociales, notamment les sciences économiques, qui comportent un important potentiel de manipulation et de prosélytisme, comme le démontre un siècle de pensée unique en la matière.

Rien que les derniers vingt ans, depuis la ponte du rapport Attali, la progression des connaissances dans le domaine des sciences de la nature a littéralement décuplée, de sorte à permettre à l’économie de produire le double de ce dont l’humanité a besoin en moitié moins de temps, tout en allongeant de manière considérable l’espérance de vie, grâce aux progrès phénoménaux dans le domaine de la médecine, tandis que les sciences sociales, notamment les sciences économiques, en charge de l’organisation et la redistribution des fruits du progrès, régressent depuis un siècle, sans changer d’un iota le mode de production et des échanges, au détriment de l’environnement et le bien-être de la société. Pour gagner du temps, elle a déjà inventé l’industrie des loisirs et le crédit, mais l’urgence climatique la rattrapera tôt ou tard.

Richard Wolff, professeur émérite en économie de l’Université de Massachusetts à Amherst, l’économiste marxiste le plus éminent des Etats-Unis selon le « New York Times », le résume ainsi, lors d’un de ses nombreux séminaires, également publié sur internet (youtube).

« Je suis un produit du système éducatif américain. Lors de mon entrée à Harvard, à 17 ans, le recteur de cette institution vénérable, institution privée par ailleurs, donna le ton. « La principale raison de votre présence ici n’est pas l’acquisition du savoir mais votre préparation à régner sur le monde libre ». Pour la petite histoire, l’actuel processus d’élection du très controversé candidat et juge américain Brett Kavanaugh à la Cour Suprême, accusé de viol, à l’âge de 17 ans, d’une de ses camarades de classe, à la très sélecte « Georgetown Preparatory School » donne une idée du sens d’impunité qu’on inculquait et continue à inculquer à la future élite, destinée à régner sur le monde libre.

« Les connaissances pour mes analyses économiques que je présente dans mes séminaires j’ai dû me les approprier moi-même. Pourquoi ? J’ai un diplôme de l’Université de Harvard, « magnum cum laude ». J’ai un « Master en économie » de l’Université de Stanford et j’ai fini à l’Université de Yale où j’ai acquis un « PHD en économie » et un « Master en histoire ». Je suis bardé de diplômes des universités les plus prestigieuses. Pourtant, aucune des trois universités ne m’a jamais parlé d’un des plus importants économistes de l’histoire de l’humanité, Karl Marx. Il n’y a aucune justification pour cela si ce n’est la peur d’en débattre. »

Dans le registre de la « censure académique » il y a également le cas de l’anthropologue et militant anarchiste américain, David Graeber, figure de proue du mouvement « Occupy Wall Street », évincé de son poste d’enseignant à l’université de Yale en 2007 pour des raisons inconnues, actuellement en poste à la « London School of Economics », dont le livre « Bullshit jobs », qui vient de sortir, fournit une appréciation du genre d’idée qu’on n’aime pas voir enseigné à l’élite, appelée à rentrer dans le moule. Il faut savoir que pour décrocher un job chez « Starbucks » il est recommandé de présenter un diplôme universitaire.

Dans un registre plus léger, mais non moins pertinent, on recommanderait le pamphlet « Bonjour paresse » de l’écrivaine française, Corinne Maier, paru en 2004, qui se lit d’un trait.

Accessoirement, on jetterait peut-être également un coup d’œil sur les réflexions d’un amateur et parfait néophyte en la matière du 16 août 2016 http://blogs.mediapart.fr/bruno-hubacher/blog/160816/l-economie-expliquee-en-novlangue

Le progrès change inévitablement la valeur sociale du travail dans le sens que celui-ci cessera de représenter la pièce maîtresse de la vie terrestre. Par conséquent ce n’est pas le rôle de l’éducation de s’adapter au monde du travail de demain mais celui de proposer des alternatives, et des alternatives il y en a.

Un monde ou les travailleurs, libérés de leurs soucis matériaux, disposeraient de suffisamment de temps pour l’acquisition du savoir, indispensable pour le bon fonctionnement d’une démocratie. Dans ces conditions, un agriculteur s’intéresserait peut-être plus facilement à l’étude de l’histoire et un menuisier apprendrait en plus le latin.

Le cadre dans lequel fonctionnerait ce « monde des bisounours » existe déjà dans de nombreux pays sous forme de coopératives, gérées par les employés. La plus importante d’entre elles se trouve au pays basque et s’appelle « Corporation Mondragon », fondée en 1956, la septième entreprise espagnole, chiffre d’affaires 12 milliards EU, 73'000 employés dans le monde, structurée en quatre groupes sectoriels, la finance, l’industrie, la distribution et les connaissances.

13:09 Écrit par Bruno Hubacher | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

03/10/2018

L’Armageddon de la presse britannique

John Cleese, cofondateur de la mythique troupe d’humoristes britanniques « Monty Python » quitte le Royaume Uni. Rien de bien spectaculaire. De toute manière, il n’y séjourne que quelques semaines par année. La chaîne de télévision publique BBC a tout de même voulu connaître les raisons de cet acte de désertion.

Lors d’une interview, accordée à la journaliste Emily Maitlis au mois de juillet dernier, dont la vidéo a déjà été visionnée par 1,2 million d’internautes, John Cleese exprime son mécontentement face à la gestion désastreuse de la politique et, tout particulièrement, la pitoyable image que véhicule la presse britannique dans le reste du monde.

Il y fait référence à une étude de l’Union Européenne au sujet du niveau de confiance des médias auprès du grand public, utilisant un échantillonnage de 1'000 individus dans 33 pays, étude dans laquelle le Royaume-Uni figure à la place 33 depuis quatre ans. Son grief concerne notamment la couverture polémique et purement partisane de la sortie du Royaume Uni de l’Union Européenne, le Brexit. Il déplore le manque de pédagogie et de différenciation des deux camps et accuse la profession d’avoir divisé le pays.

La réplique impuissante de la journaliste est symptomatique pour une approche journalistique qui domine le reportage de l’actualité depuis une vingtaine d’années. Elle objecte, mollement, que « le rôle principal des médias serait celui d’une caisse de résonance répercutant le niveau de mécontentement et d’insécurité dans la population ». Ce concept de la neutralité, tacitement biaisée, s’est insidieusement infiltré au fil des ans, avec, en toile de fond, le message subliminal de « la fin de l’histoire ».

Paradoxalement, le gros des journalistes continue à célébrer un modèle économique et sociétal qui leur dessert au même titre que les travailleurs. Mais, le Royaume Uni, berceau de la révolution néolibérale, se trouve peut-être à un tournant historique, ouvrant des perspectives nouvelles pour le monde du travail en général et le journalisme en particulier.

Entre le 23 et le 26 septembre se tient, à Liverpool, la conférence annuelle du part Labour, dans un contexte politique hautement explosif. La premier ministre Theresa May vient d’essuyer un nouveau refus par l’Union Européenne de son plan de sortie de l’Union Européenne, concocté à la hâte au manoir de Chequers, sa résidence de villégiature. La désunion règne désormais dans les milieux conservateurs tandis qu’à gauche c’est plutôt le contraire, nonobstant les tentatives désespérées des médias d’y semer la zizanie.

Dans son dernier clip, le leader du parti Labour, Jeremy Corbyn, ne fait pas dans la dentelle. Il a dû faire souffler un vent de panique dans les médias mainstream, de gauche ou de droite, farouchement opposée, par principe, à cette personnalité tranchante.

Il y déclare que « des banques telles que Morgan Stanley se confortent dans l’idée de pouvoir gérer notre pays à leur guise, en soutenant financièrement leur parti politique de prédilection, les Tories, parti qui tient les rênes à Downing Street. En 2008 ils avaient réussi à couler notre économie et c’est le contribuable qui leur avait évité la banqueroute. S’ensuivit une cure d’austérité sans précédent, causant l’amputation du service public et la plus importante baisse du standard de vie en 60 ans, pendant que le PDG de Morgan Stanley s’octroie un salaire annuel de 21,5 millions £ et les banques britanniques distribuent la somme astronomique de 15 milliards £ en bonus à leurs dirigeants. Labour est un mouvement en croissance constante. Nous comptons actuellement plus que 500'000 membres (premier parti politique d’Europe ndlr). Nous sommes prêts à gouverner. Quand ils disent que nous sommes une menace, ils ont raison. Nous sommes une menace pour un système, truqué en faveur d’une infime minorité. »

Il est donc compréhensible que tous les moyens soient bons pour discréditer l’homme, faute de pouvoir discréditer le constat. Pour mesurer l’absurdité de cette stratégie médiatique il faut garder à l’esprit le résultat de l’enquête européenne au sujet du niveau de confiance des médias anglais aux yeux du grand public.

Sur la liste non exhaustive des coups tordus du journalisme de bas étage on commencerait par une interview du 21 mai 2017 de la journaliste Sophy Ridge sur la chaîne « Sky News » (youtube) avec le leader du parti Labour, Jeremy Corbyn. Mrs. Ridge commence l’entrevue par questionner son interlocuteur au sujet d’un article de presse, paru dans le « Labour briefing magazine » en décembre 1984, écrit par le journaliste Andrew Ross, sur l’attentat contre le congrès des Tories à Brighton du 12 octobre 1984 par l’Armée Républicaine Irlandaise IRA, visant la premier ministre Margaret Thatcher, causant la mort de 5 personnes, article suggérant que les Tories auraient provoqué l’attentat par le pourrissement volontaire de la situation nord-irlandaise.

Sophie Ridge : « Vous étiez secrétaire général du comité éditorial du « Labour briefing magazine » à l’époque. » Réponse de Jeremy Corbyn : « Non, ce n’est pas le cas, j’ai écrit des articles pour cette publication comme j’écris des articles pour de nombreuses autres publications depuis de nombreuses années. Par ailleurs, je n’apprécie pas Andrew Ross, qui dresse des profils de parlementaires imprécis. » Oops. Prise de court, incrédule, Sophy, essaye un autre angle d’attaque : « Vous ne faisiez donc pas parti du comité éditorial, mais pourquoi aviez-vous donc continué d’écrire des articles pour ce journal ? Réponse : « Parce qu’il (le journal) atteint un lectorat important au sein du parti Labour. Il y a certainement des programmes au sein de votre chaîne de télévision que vous n’appréciez pas. » Oops.

Un autre exemple de la liste non exhaustive du journalisme sélectif, un article sur la page de garde du Telegraph au sujet d’une visite par Theresa May du 29 août dernier de la cellule de prison du leader anti apartheid Nelson Mandela à « Robben Island » en Afrique du Sud « Theresa May marche dans les pas de Nelson Mandela ». A aucun moment de sa carrière politique Theresa May ne s’était exprimée contre l’apartheid en Afrique du Sud et la regrettée Lady Thatcher appelait l’ANC une organisation terroriste, tandis que Jeremy Corbyn manifestait contre l’apartheid depuis les années 1980.

L’arme absolue de l’artillerie journalistique est sans doute le présumé antisémitisme du leader travailliste, or personne ne croit sérieusement que Jeremy Corbyn soit antisémite. Ce n’est pas le sujet. Pour créer la confusion, c’est le thème idéal, un pot-au-feu qui supporte tous les ingrédients. Les attaques, relayées d’ailleurs allègrement par la presse d’Europe continentale, sont tellement nombreuses qu’il est difficile d’en faire une sélection. On a l’embarras du choix.

Le journaliste belge Michel Collon, qui est d’ailleurs une cible privilégiée à ce sujet, explique, comme devrait le faire une presse dite de qualité, la différence entre antisémitisme, antisionisme et une attitude contre le gouvernement actuel de l’Etat d’Israël, le pot-au-feu ethnique, idéologique et politique dont l’analyse dépasse manifestement la capacité intellectuelle de certains journalistes.

L’organisation « International Holocauste Remembrance Alliance » est une organisation intergouvernementale fondée en 1998 (la Shoa eut lieu pendant la guerre de 1940-1945) unissant gouvernements et experts dans le but de favoriser l’éducation au sujet de l’Holocauste, un peu à l’instar de Theresa May qui vient de se rappeler de Nelson Mandela. La discussion tournerait autour d’une définition de cette déclaration que le parti Labour devrait encore signer et dont il y a, semble-t-il, une divergence sur la formulation parmi les camarades. Pendant ce temps le pays et à feu et à sang, dans une crise existentielle sans précédent face à un isolement international potentiellement désastreux pour ses citoyens.

Sophy Ridge de « Sky News » avait trouvé dans les archives « une flèche » datant de 1984, le « Daily Mail » fait mieux. Il vient de trouver un événement de 1972, lors duquel Jeremy Corbyn aurait déposé, à Tunis, une couronne de fleurs sur la tombe des membres du groupe terroriste palestinien, responsable de la prise d’otages d’athlètes israéliens lors des Jeux olympiques de Munich la même année, une nouvelle preuve de l’antisémitisme du leader travailliste.

Et, il y a les revenants. Tony Blair, ancien premier ministre travailliste, fidèle héritier de Lady Thatcher, vient de se produire sur la scène d’un événement de l’hebdomadaire « The Economist », ardent défenseur du statu quo, quoi qu’un peu dubitatif tout de même pour avoir lancé récemment un « concours d’idées » sous le thème « What is wrong with the world ? » Mais, passons.

Dans ce contexte, il faut savoir qu’à l’occasion de son 175ème anniversaire, le 15 septembre dernier, son éditeur Zanny Minton Beddoes, avait invité le polémiste américain Steve Bannon, à un événement aux Etats-Unis, appelé « Open Future Festival », ce qui a provoqué, un certain malaise parmi ses lecteurs. Mais, Mr. Beddoes, droit dans ses bottes, défend son choix dans un éditorial : « Nous défendons les valeurs libérales du 21ème siècle. Dans ce but nous voulons échanger des points de vue, autant avec nos supporteurs qu’avec nos critiques. Nous pensons que nos idées, le libre marché et des sociétés ouvertes, sont antinomiques aux valeurs que défend Steve Bannon, le populisme nationaliste. »

Pour ceux qui ne connaissent pas Steve Bannon, voici un petit aperçu. Ancien directeur exécutif de la campagne présidentielle et ancien conseiller de l’actuel président de Etats-Unis, Steve Banon est un réalisateur et producteur de cinéma, animateur de radio, ancien président et animateur de la chaîne de télévision réactionnaire américaine « Breitbart News » entre 2012 et 2016, adepte de théories complotistes. Tout en réfutant les idées libérales de « l’école de Chicago », embrassant même des thèmes sociaux de la gauche (taxer les plus riches, baisse d’impôts pour les classes moyennes) il s’apprête à conquérir le marché européen en essayant de fédérer les mouvements populiste nationalistes d’extrême droite sous la bannière de sa fondation « Le Mouvement » tentant d’associer les figures de proue en la matières, Marine Le Pen, Geert Wilders, Nigel Farage, Boris Johnson, Matteo Salvini à son projet. Un projet « national-socialiste » classique en quelque sorte.

Steve Bannon est également proche d’Erik Prince, frère de l’actuelle ministre de l’éducation sous l’administration Trump, Betsy Devos, qui continue à œuvrer pour une privatisation partielle de l’armée américaine à travers sa société de mercenaires « Blackwater ». (Daily Beast 2017) Ceci pour le côté pratique de la mise en œuvre des idées de Steve Bannon.

Tony Blair, également un bon client, est donc invité à un meeting de follow up, organisé par « The Economist », au Royaume Uni, pour donner « son grain de sel » sur la question, « Steve Bannon, oui ou non », et il ne s’en prive pas. « Selon ma conviction il faut engager le dialogue avec des gens qui sont en désaccord avec vous, il faut les écouter, il faut construire des ponts avec eux. » Fin de citation. L’Economist n’a donc pas de problème à débattre la question du bien et du mal avec le diable.

De son côté, Gordon Brown, ancien premier ministre travailliste, éternel deuxième de la cordée Blair, sort également de sa réserve pour défendre son héritage et pour « condamner les actes antisémites qui se sont multipliés ces deux dernières années au sein du parti Labour. L’âme du parti est en jeu ». Rien que cela.

Entre un nouveau référendum sur le Brexit et des élections anticipées, on espère que le gouvernement britannique choisira les élections, car un nouveau référendum fournirait un tremplin à la droite extrême européenne et la cause de Steve Bannon. En attendant, nous espérons que les médias britanniques soient conscients qu’ils jouent avec le feu.

13:49 Écrit par Bruno Hubacher | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

19/09/2018

Le néolibéralisme suisse dans la tourmente

Le Parti libéral-radical suisse, parti fondateur de la Suisse moderne de 1848, est à nouveau dans la tourmente. Oubliés semblaient les déboires de la faillite de la vénérable compagnie aérienne nationale « Swissair » (1) de 2001, oubliée la quasi faillite de la banque UBS (2) de 2008, oubliée la descente aux enfers, face aux succès électoraux de sa rivale, le parti réactionnaire UDC, devenue la première force du pays depuis, engendrant le blocage complet de la politique.

Les élections fédérales de 2015 avaient même marqué une légère remontée de la pente et une reconquête de l’électorat conservateur. Et maintenant ça. En pleine consultation au parlement fédéral d’une nouvelle et énième réduction de l’imposition des entreprises (3), son cheval de bataille, deux de ses figures de proue, le magistrat genevois Pierre Maudet, désormais « Pierre Le Maudit », et son pendant vaudois, Pascal Broulis, se retrouvent simultanément sous enquête judiciaire.

Sandra Gössi, la nouvelle présidente, s’est immédiatement précipitée devant les micros pour amorcer la bombe. Elle exprime, à qui veut l’entendre, son désarroi face aux égarements de ses poulains romands, martelant encore et encore la devise du parti : honnêteté, intégrité, loyauté.

Acte 1 du nouveau psychodrame du Parti libéral-radical suisse : En tant que Conseiller d’Etat genevois Pierre Maudet, responsable du Département de la sécurité depuis 2012, accessoirement responsable de la gestion de l’aéroport et du projet « Agglomération du Grand Genève », réélu brillamment le 1er juin dernier, président du « directoire », a l’habitude de s’entourer d’amis qui le lui rendent bien.

La note pour son 40ème anniversaire, par exemple, fêté en mars dernier dans un bar huppé du quartier genevois des Grottes, du nom de « Escobar », (cela ne s’invente pas), en présence d’une cinquantaine d’invités, triés sur le volet, il se l’est fait régler par des amis, entrepreneurs dans le domaine de l’immobilier, Antoine Daher et Magid Khoury (PLR), accessoirement propriétaires des lieux via la société d’investissement genevoise Capvest Advisors SA, spécialiste en « stratégie immobilière ». Il se murmure qu’à ce service aurait précédé un traitement de faveur lors de l’attribution d’un permis d’exploitation en 2017 (SFR). Jusqu’à là, rien de bien méchant. On se souvient de l’ancien maire de Genève, André Hediger (PDT), qui avait « fait sauter les bûches » de ses amis, une tradition genevoise.

Seulement, soudainement, au printemps dernier, les médias ont finalement osé jeter un coup d’oeil derrière la façade lisse de cet enfant prodige de la politique locale, et nationale, presque Conseiller fédéral, candidat à la succession du neuchâtelois, Didier Burkhalter (PLR), démissionnaire, dégoûté de la politique fédérale. Et, ils ont trouvé du piquant. A part des fêtes arrosées le magistrat se fait également offrir des voyages privés, en sa qualité de « magistrat genevois », le partenariat public-privé, une spécialité de la pensée néolibérale de son parti. Seulement, le magistrat oublie sciemment d’en informer ses collègues.

Ainsi entre le 26 et le 30 novembre 2015, sur invitation officielle du cheik Mohammed ben Zayed Al Nahyane, prince héritier de l’émirat d’Abu Dhabi, accessoirement Ministre de la défense, Monsieur Maudet, sa famille, son chef de cabinet Patrick Baud-Lavigne, ainsi qu’un ami de longue date, un entrepreneur genevois, actif dans le domaine immobilier, du nom de Antoine Daher, se rendent à Abu Dhabi, ce confetti au bord du Golfe Persique, pour assister à une course automobile de « Formule 1 ». Ce dernier se serait chargé de l’organisation de l’excursion, dont les frais, on parle de CHF 50'000, auraient été gracieusement pris en charge par le pays hôte. Se sentant « un peu » coupable Monsieur Maudet aurait fait don de CHF 4'000 à l’église avant son départ. Dieu pardonnera.

Une fois sur place, Monsieur Maudet était rejoint par ses amis Magid Khoury (PLR) et un ponte de la finance locale, Philippe Ghanem. Tout à fait par coïncidence, selon Monsieur Maudet, il aurait également rencontré, sur place, son hôte, Mohammed ben Zayed avec qui il aurait eu des entretiens de nature politique, entretiens affichés d’ailleurs dans des bulletins officiels dans le royaume du pétrole mais méconnus de ses collègues à Genève. Le partenariat public-privé.

Après la découverte du pot aux roses, lors d’une conférence de presse, le magistrat applique la « stratégie du salami », avouant uniquement ce qui ne peut absolument plus être nié, un classique en politique.

Une nouvelle « tranche de salami » vient d’être révélé par la télévision suisse alémanique. Il s’agit d’un projet de loi, en cours de traitement, demandant un crédit de construction de 9,5 mio CHF pour un complexe sportif, ainsi que le déclassement d’une zone agricole en zone à bâtir dans la commune du Grand-Saconnex, en face de l’aéroport, déposé par le Conseil d’Etat auprès du Grand Conseil, le 27 mars dernier, pour y loger des terrains de foot pour le Servette FC qui cherche désespérément un lieu d'entrainement pour ses joueurs.

Détail piquant, la hoirie Tissot, propriétaire des lieux, avait déjà signé précédemment une promesse de vente avec une société immobilière genevoise du nom de Capvest Advisors SA pour la somme de 18,5 mio CHF. Ce partenariat public-privé (décidément) entre la commune du Grand-Saconnex, la hoirie Tissot et l’Etat de Genève permettrait, en cas de déclassement, outre la construction d’un centre sportif, le développement de bureaux et de commerces sur une surface de 90'000 m2, élément qui aurait sans doute une incidence non négligeable sur un éventuel prix de vente. (SRF)

Certes Monsieur Maudet n’est pas en charge du Département de l’aménagement du territoire, mais, premièrement, il ne s’était pas désisté lors du vote, cachant sciemment à ses collègues sa relation privilégiée avec la société Capvest Advisors, et, deuxièmement, il a peut-être fait le calcul de pouvoir aisément convaincre, par la suite, le Grand conseil, majoritairement à droite, du bien-fondé de ce projet. Par ailleurs, on imagine que celui-ci sera très sensible à l’élément « sport » du dossier.

Le 13 septembre, en réaction à la procédure en cours, le Conseil d'Etat annonce, à titre provisoire, qu'il retire à Pierre Maudet le Département Présidentiel, la responsabilité de la police et celle de l'aéroport. Affaire à suivre.

Acte 2 : Le 13 septembre dernier, le Procureur général du canton de Vaud ouvre une investigation préliminaire au sujet d’un voyage controversé en Russie du Conseiller d’Etat Pascal Broulis, autre figure de proue du PLR, chef du Département des finances vaudoises.

Il s’avère que Monsieur Broulis avait participé, en 2013, en compagnie de plusieurs personnalités, dont la Conseillère aux Etats Géraldine Savary (PS), à plusieurs voyages d’étude en Sibérie, organisés par le journaliste Eric Hoesli, un expert en la matière. Jusqu’à là plutôt une bonne chose. Les voyages forment la jeunesse.

Où cela se gâte, c’est quand naît le soupçon que ces voyages auraient pu être financés partiellement par un des participants, le multimilliardaire suédois Frederik Paulsen, Consul honoraire de Russie à Lausanne, propriétaire et Président directeur général de la société pharmaceutique Ferring International Center SA, basée à Saint-Prex, susceptible de bénéficier d’un « forfait fiscal » à titre personnel et un accord fiscal pour sa société avec le canton de Vaud, ce qui serait incompatible avec la loi en vigueur (Tagesanzeiger).

Cette affaire, et, indirectement celle de Genève, pose, à nouveau, la question de la pertinence d’une nouvelle baisse d’impôt pour les entreprises, actuellement discutée au parlement fédéral dans le contexte de l’égalité de traitement entre les sociétés multinationales et les sociétés domestiques, exigée par l’OCDE et les partenaires européens, avec l’argument « indémodable » de la création d’emplois à la clé.

Dans ce contexte, il est tout de même assez piquant de constater que le Conseil d’Etat vaudois, le seul au niveau national, ait décidé, avec le soutien appréciable du Conseiller d’Etat socialiste Pierre-Yves Maillard et sa collègue socialiste, la Conseillère d'Etat Nuria Goritte (PS), une baisse du taux ordinaire d’imposition des bénéfices des entreprises au niveau cantonal de 20,95% à 13,79%, effectif dès 2019, ce qui représente un manque à gagner de 128 mio CHF pour les finances cantonales, avant même que la réforme fédérale (PF17) ait passé la rampe au parlement fédéral, ce qui, du coup, met sous pression les genevois qui prélèvent 24%. « The race to the bottom »

Les députés libéraux vaudois sont également très actifs au niveau fédéral en la matière. Ainsi le Conseiller national PLR Olivier Feller se réjouit dans les colonnes du quotidien « Le Matin » que « les Etats-Unis de Donald Trump ont baissé leur taux d'imposition des bénéfices des entreprises de 35 % à 21 % et que la France va passer de 33% à 25 % en 2020. En Suisse, les taux seront beaucoup plus bas », et le Conseiller fédéral UDC, Ueli Maurer, en charge du dossier, rajoute en disant que « la Suisse sera « hyper-compétitive » en matière fiscale ». Nos voisins mettent déjà le champagne au frais.

Pour la petite histoire, Monsieur Feller, Conseiller national (PLR) est également le compagnon de la Conseillère d'Etat vaudoise socialiste, Nuria Goritte (PS), qui, avec son collègue Pierre-Yves Maillard (PS) a sans doute trouvé les mêmes avantages à ce projet fiscal que ses collègues libéraux. Conflit d’intérêt ? Mais quel conflit d’intérêt ? M. Feller insiste que « sa compagne et lui séparaient autant que possible leurs vies, privées et professionnelles. S'ils vont parfois ensemble au théâtre ou au cinéma, ils ne donnent jamais d'interview en commun et ne se laissent jamais photographier ensemble ». (TDG novembre 2016) Nous voilà rassurés.

Au niveau communal, les premiers effets se font d’ailleurs déjà sentir. La commune de Nyon vient d’annoncer une augmentation de ses impôts. Pour les entreprises, en revanche, l’affaire est plutôt, comment dire, appréciable.

Il se trouve que celles-ci sont censées inscrire, dans leur compatibilité, des provisions pour le paiement des impôts futurs. Cette baisse, à partir de 2019, génère du coup un bénéfice supplémentaire, et inattendu. Ainsi, par exemple, l’entreprise vaudoise Romande Energie, déclare, dans un communiqué du 16 avril dernier, pouvoir inscrire dans ses comptes un « crédit d’impôts différé » de 27 mio CHF, (RTS) qui sera sans doute redistribué sous forme d’augmentations de salaires, à moins qu’il aille alimenter la bulle financière sous forme de dividendes. Les paris sont ouverts.

Qu’une petite parenthèse soit permise à cette place au sujet du futur ex Conseiller d’Etat Pierre-Yves Maillard, candidat à la présidence de l’Union syndicale suisse. Il faut dire que le projet fiscal vaudois a obtenu l’aval des socialistes grâce à des aménagements gracieusement consentis par le patronat sous forme de ce qu’on appelle à la Diocèse de Lausanne « l’aumône ».

Ainsi, dès le 1er septembre de cette année, les primes d’assurance maladie seront plafonnées à 12% du revenu dans le canton de Vaud, mesure dont bénéficieront 39% des ménages. En tant que socialiste, Monsieur Maillard aurait pu argumenter que les primes d’assurance maladie sont trop élevées dans ce pays, d’une part parce qu’elles sont gérées par des caisses privées, ce qui majore le coût de gestion dû à la rémunération du capital, d’autre part parce que la part du secteur privé dans la santé publique suisse est le plus élevé au monde derrière les Etats-Unis (OCDE) et finalement que les prix des médicaments en Suisse coûtent, en moyenne, le double par rapport à ceux de nos voisins. Par conséquent les questions de santé publique n’ont rien à faire dans un dossier sur la fiscalité des entreprises.

Porté par son expérience vaudoise, Monsieur Maillard, souhaite apporter son concept à la gestion de l’Union syndicale suisse, en cas d’élection. Ainsi il déclare dans une interview du 12 septembre dernier, accordée au quotidien 24heures, que « au lieu de remplacer le salaire quand celui-ci fait défaut, il faut désormais créer des mécanismes au complément pour cette partie de la classe moyenne qui s’appauvrit, telles que des prestations complémentaires familles, rentes-pont pour les chômeurs en fin de droit et proches de la retraite, ainsi que le plafonnement des primes d'assurance maladie en fonction du revenu ».

Les allemands appellent ce concept « Hartz IV » ou « Grusi » (Grundsicherung), la subvention des salaires par l’état. Mais que va faire Monsieur Maillard à l’Union syndicale Susse si ce n’est pas pour se battre pour des salaires décents ?

La redistribution des richesses passe par une augmentation massive de l'imposition des revenus du capital et une baisse de l’imposition sur le travail, couplée d’une augmentation massive des salaires et la diminution du temps de travail. Somme toute, le modèle suisse jusqu’ici, du moins en ce qui concerne les salaires, les aides sociales ayant toujours été sollicités par une infime partie de la population. Mais ce n’est pas ce que Monsieur Maillard proposera à la tête de l’Union syndicale suisse.

Décidément, les socialistes suisses font la même erreur que leurs acolytes européens, avec un retard de vingt ans.


explications:

(1) Confrontée à la libéralisation du trafic aérien, la direction de la compagnie aérienne « Swissair », s’était dotée, sous la direction de Philippe Bruggisser, d’une stratégie agressive d’acquisition, stratégie qui finit par la mise en faillite de l’entreprise en 2001, juste avant que la Confédération, concernée par l’impact sur l’emploi, avait encore injecté 600 mio CHF en guise d’augmentation de capital et accordé un crédit de 1,5 mia CHF. Ressuscitée sous le nom de « Swiss » elle fut finalement vendue, en 2005, pour une bouchée de pain à la compagnie allemande « Lufthansa ». Le président du Conseil d’administration de l’époque, qui assista à la descente aux enfers de Monsieur Bruggisser, fut l’ancien Conseiller d’Etat libéral radical zurichois Eric Honegger. Au Conseil d’administration de l'ancienne « Swissair » siégea également sa collègue de parti, la conseillère aux Etats libéral radical Vreny Spoerri. Ce fut la première vague de transfert de vote de l’électorat conservateur vers l’UDC. (19,9 vs 17,8 en 2003)

(2) Secouée par la crise financière de 2008, la première banque suisse UBS avait urgemment besoin de 6 mia CHF pour recapitaliser des crédits pourris, un classique dans la finance. La Confédération dut se résoudre à créer une « bad bank » financée par la Banque Nationale Suisse. Pour la petite histoire l’ancienne UBS avait déjà un petit problème avec son PDG de l’époque, Mathis Cabiallavetta, (actuellement membre du conseil d’administration du fonds d'investissement américain Blackrock (5'700 mia USD sous gestion) en bonne compagnie de son compatriote Philippe Hildebrand, ancien patron de la Banque Nationale Suisse) qui s’était vu contraint d’enregistrer une perte de 1 mia CHF suite à un mauvais investissement dans un fonds d'investissement du nom de LTCB (une broutille de nos jours) ce qui avait mené à la prise de contrôle par sa petite sœur bâloise de l’époque la Sociéte de Banque Suisse, formant l’actuelle UBS.

Il est assez cocasse de lire dans la presse ces jours, à l’occasion du dixième anniversaire, les justifications de l’ancien président de la Banque Nationale Suisse, Jean-Pierre Roth, qui déclare que « le sauvetage de l’UBS n’a rien coûté au contribuable. » Du point de vue strictement comptable c’est sans doute correct, indirectement en revanche la facture est plus que salée pour le contribuable. L’assouplissement quantitatif, la création d’une « bad bank », une activité à laquelle s’adonnent toutes les banques centrales jusqu’à aujourd’hui, engendrant du crédit à taux zéro, pour les bons débiteurs, a du coup fait exploser les marchés financiers et surtout immobiliers, ce qui explique l’insatiabilité des investisseurs (Capvest, Abu Dhabi etc.) à Genève, Zurich, Londres, New York et ailleurs produisant une flambée des prix immobiliers et des loyers, aggravant les inégalités, préparant le terrain pour une nouvelle crise etc. etc. etc. Les protagonistes de la saga UBS formaient l’élite zurichoise du Parti libéral radical (PLR) de l'époque.

(3) Mise sous pression par l’OCDE et ses partenaires européens, la Suisse est sommée d’abolir le statut fiscal préférentiel des 25'000 sociétés multinationales inscrites dans ses registres. La première mouture d’une nouvelle loi sur l’imposition des bénéfices des entreprises (RIE III) subit un échec devant le peuple le 12 février 2017. Un nouveau projet, (PF17) est actuellement en consultation au parlement fédéral.

08:19 Écrit par Bruno Hubacher | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |