Crise de liquidité

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C’est bien la première fois depuis la crise financière de 2008, que la banque centrale américaine a dû déboucher la tuyauterie de Wall Street.

En effet, elle a dû injecter, in extremis, pendant cinq jours de suite, la semaine passée, 278 milliards USD (RT) dans ce qu’on appelle le marché des « repos » (repurchase agreements ou pension de titres), suite à une hausse soudaine du taux au jour le jour, auquel les banques se prêtent de l’argent entre elles, à 10% (p.a.), taux dont la moyenne oscille autour de 2% depuis à peu près une année, après avoir été proche de zéro pendant près de six ans. L’action de la Fed a fait replonger celui-ci au niveau de 2% par la suite, pour le moment, causant un ouf de soulagement.

Car, comme le remarque le magazine « Fortune » ce phénomène ressemble étrangement à la situation à l’aube de la crise des « subprimes » en 2007.

Pas du tout, nous rassure la presse financière. Cette pénurie de fonds à court terme serait dû à de multiples facteurs « imprévisibles ». Il semblerait que, le même jour que les banques avaient besoin de liquidités pour payer leurs impôts trimestriels, le marché devait faire face à une vente de bons du trésor par la Réserve Fédérale de 78 milliards USD, dans le cadre de ses efforts, depuis cinq ans, de drainer les marchés financiers des liquidités en excès, injectées depuis la crise de 2008. (quantitative easing)

Cet « assouplissement quantitatif » pour rappel, consistait dans l’achat continu par la banque centrale, pendant six ans, de bons du trésor américain, en injectant, ou créant du néant, de l’argent, dans l’espoir, vain, que les banques utiliseraient ces liquidités pour les prêter à l’économie réelle.

Le rétropédalage de cette politique depuis cinq ans maintenant, la revente de tous ces bons du trésor, accumulés par la banque centrale, a causé un drain de liquidité, plus ou moins aigu selon l’établissement financier, apparemment difficilement mesurable par le gardien suprême du système, à en juger par ces opérations de pompiers. La récente vente de 78 milliards USD, aurait-elle été de trop ? Pendant combien de temps va-t-elle rétropédaler le rétropédalage ?

Toujours est-il, la banque centrale vient de décider, qu’elle continuera à soulager les fins de mois de banques « ad vitam aeternam ». Car, comme nous l’explique l’économiste de « Bank of America » : « « We expect the US funding markets to be in a permanent state of reserve scarcity ». Pas très rassurant.

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Commentaires

  • C'est vraiment trop drôle! Et après quand des pauvres réclament une hausse de salaire, des soins médicaux corrects à un prix raisonnable, une démocratisation des études, non, non, il n'y a plus d'argent, les caisses sont vides.

    Pour financer la spéculation par contre, c'est une corne d'abondance inépuisable. Injection de milliards sans aucune création de valeur pour la justifier.

  • Comme pas hasard pas un seul article dans le Matin ou la Tribune!

    En complément sur ce sujet écoutez le dernier politique éco. Vous ne le regretterez pas:

    https://www.youtube.com/watch?v=1XO014w1miI

  • La BNS viole la constitution en refusant de verser le 2/3 de son bénéfice net
    Selon l’art 99 de la constitution Suisse, la BNS doit redistribuer 2/3 de son bénéfice Net au cantons. Ceci a été mis en place en dédommagement d’avoir donnée le monopole de la création monétaire en billet de banque à la BNS suite à la votation de 1891 et donc d’avoir privé les cantons, via leur banques cantonales, de leur pouvoir de seigneuriage.

  • La gôche et leurs clowns verts-gris nous ont bassinés pendant des décennies avec leur "pollueur-payeur", ça vous dit quelque-chose, non ?

    Et bien le résultat des votes à gôche ont finit par tourner en faveur des pollueurs, le CF va payer 2,5 milliards en catimini et sans grande publicité des copains de Tamédia, le recyclage des déchets qui découlent de tant de décennies de bénéfices impressionnants récoltés par les potentats de l'énergie électrique en Suisse, combien de dizaines de milliards les compagnies électriques suisses se sont mis dans la poche depuis l'exploitation du nucléaire en suisse ?

    Et maintenant, qui va payer les dégâts ???

    Devinez !!!

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