From Russia with love

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Après une attente presque insoutenable de plus de deux ans, le procureur spécial, Robert Mueller, mandaté le 17 mai 2017 par le procureur général adjoint des Etats-Unis, Rod Rosenstein, à superviser, ensemble avec 19 procureurs et 40 agents du FBI, une enquête sur de possibles liens entre le gouvernement russe et des individus, liés à la campagne présidentielle du candidat Donald Trump, vient de rendre son rapport, et celui-ci a fait « pschitt ». Il y aurait eu « absence de toute collusion entre l’équipe de campagne du candidat républicain et les autorités russes. »

Un naufrage politique et médiatique. Le journaliste Glenn Greenwald, lauréat du Prix Pulitzer, parle d’un « spectacle triste et pathétique » auquel les médias américains se seraient livrés pendant ces deux ans d’enquête. Les médias européens leurs ont emboîté le pas, et continuent à le faire.

L’élection de Donald Trump, mais surtout la non-élection de Hillary Clinton, est restée à travers la gorge du Parti Démocrate et, dans son sillage, de celui du paysage médiatique américain dont les membres les plus éminents avaient pourtant grandement contribué à son élection, en lui offrant, pour sa campagne présidentielle, un espace médiatique d’une valeur globale de près de 2 milliards USD.

A part les chaînes câblées et les grands titres de presse, est particulièrement mis en cause la journaliste libérale de gauche, Rachel Maddow, salaire annuel 10 millions USD, et son show politique « The Rachel Maddow Show », le programme politique le plus regardé aux Etats Unis, dépassant ceux de Fox News et CNN, diffusé par la chaîne télévisée MSNBC, un partenariat entre NBC et Microsoft. Se décrivant elle-même comme une libérale « obsédée par les questions de sécurité nationale », ceci explique peut-être cela, à moins que ce soit l’argent, le carriérisme ou les trois. Toujours est-il, sur le plan déontologique c’est plutôt discutable.

Il est, dans ce contexte, assez frappant de constater à quel point les médias classiques fustigent la nocivité des fausses nouvelles et autres théories conspirationnistes, disséminées sur les réseaux sociaux, tout en les fabriquant eux-mêmes.

La présumée cyber-attaque contre le réseau électrique de l’état de Vermont par des agents russes, par exemple, relevé par le vénérable « Washington Post » en 2016 s’était avéré être un canular. Il n’y a jamais eu de démenti officiel.

On pourrait citer l’infatigable Luke Harding, journaliste au quotidien britannique « The Guardian », qui continue à prétendre avoir connaissance d’une rencontre secrète entre le directeur de campagne du président Trump, Paul Manafort, lui-même un dégât collatéral de l’investigation Mueller, condamné à sept ans de prison pour 16 actes criminels, avec le fondateur de l’ONG Wikileaks, Julian Assange, dans l’ambassade équatorienne à Londres.

Dans le style « Rachel Maddow » on pourrait citer la journaliste d’investigation, Judith Miller, lauréate du Prix Pulitzer, correspondante du « New York Times » à Washington jusqu’à son licenciement en 2005, connue pour sa campagne de désinformation au sujet d’un arsenal important de WMD (armes de destruction massives) dont aurait disposé le président irakien Saddam Hussein, justifiant une invasion militaire en 2003, causant la mort à 1 million de civils irakiens, campagne largement utilisée par l’administration Bush pour justifier l’injustifiable.

Donald Trump a appris le métier d’escroc de son père. Tout le monde à Washington le sait. Tant que cela sert ses intérêts financiers personnels, Donald Trump est en affaire avec le monde entier, autant avec l’Arabie Saoudite qu’avec la Russie ou avec Israël. La politique n’est qu’un moyen. Cela aussi, tout le monde le sait à Washington. Il suffit d’observer les décisions politiques, prises par ce président depuis le début de son mandat pour se convaincre qu’il est tout sauf un agent russe.

Il suspend le traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire INF signée par Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev en 1988. Il bombarde la Syrie, un allié russe. Il torpille le gazoduc North Stream II entre la Russie et l’Allemagne. Il reconnaît comme territoire israélien le plateau du Golan, territoire syrien occupé par l’état d’Israël depuis 1967. Il prépare l’invasion du Venezuela, un allié russe.

Par conséquent, cette propagande autour du « Russiagate », alimentée par les dirigeants du Parti démocrate, avec l’aide de la majorité des médias, vise avant tout à détourner les regards du public de la fraude électorale, commise par la candidate Hillary Clinton à l’encontre du candidat Bernie Sanders, révélée par Wikileaks, ainsi que de la mainmise totale et sur les finances du parti et son personnel par celle-ci pendant les primaires, révélée dans le livre « Hacks », publié en 2017 par la présidente intérim du parti, Donna Brazile.

Pour les élections de 2020 il n’y a pas meilleur cadeau que les médias et le Parti démocrate auraient pu faire au président. Ne parlons pas de la cote de popularité du président russe.

Lien permanent 15 commentaires

Commentaires

  • Pour le moment, le rapport entier n'a pas été publié et le résumé de quatre pages de W. Barr serait à prendre avec quelque circonspection.
    La précipitation dans l'appréciation de ce rapport me semble impudent.
    Barr lui-même a dit que le rapport était très volumineux. Il l'a résumé en 48 heures donc d'autres pourraient peut-être être capables de le lire également ...

    Il peut y avoir des actions qui ne soient pas des crimes mais des erreurs politiques, comme p.ex. l'idée de tout miser sur les conclusions du rapport Muller. Ou du côté de D.Trump de verser dans le népotisme ou de tant ménager personnellement des dirigeants étrangers loin d'être des modèles en matière de démocratie ou transparence.
    D.Trump en a tellement dit,écrit et fait devant des caméras et sur Twitter qu'il n'y avait peut-être effectivement pas besoin d'une enquête sérieuse.
    On pouvait d'entrée se dire, comme vous, que
    "Donald Trump a appris le métier d’escroc de son père. Tout le monde à Washington le sait. Tant que cela sert ses intérêts financiers personnels, Donald Trump est en affaire avec le monde entier, autant avec l’Arabie Saoudite qu’avec la Russie ou avec Israël. La politique n’est qu’un moyen. Cela aussi, tout le monde le sait à Washington. Il suffit d’observer les décisions politiques, prises par ce président depuis le début de son mandat pour se convaincre qu’il est tout sauf un agent russe."

    Il est assez remarquable que ce candidat-businessman ait été perçu comme le président possible, par défaut.
    Il n'a toujours pas publié ses récentes déclarations d'impôts qui pourraient permettre de savoir s'il est financièrement compromis ici ou là. Et cela ne semble pas vraiment déranger grand monde. Car il y a des diversions à tout moment. Trump contredit son équipe, brandit de vielles rancunes (J. McCain, 6 mois après l'enterrement), profère inexactitude sur inexactitude. On n'y comprend pas grand chose.
    Quelle peut être sa logique ?
    C'est clair que si j'étais à la tête d'une agence d’espionnage, je ne le recruterais pas ! Trop imprévisible et maladroit.

  • Les yankees mentent depuis très, très longtemps. Cela a commencé avec les traités passés avec les Amérindiens. Aucun n'a été respecté.

    Maintenant au tour de l'affaire Skripal. Car le bonhomme est impliqué jusqu'au cou dans le dossier Steele:
    https://www.newyorker.com/magazine/2018/03/12/christopher-steele-the-man-behind-the-trump-dossier

    Et selon certaine source, Skripal voulait retourner en Russie et tout déballer à ses ex-copains des services. Impossible de le laisser faire, d'où la combine avec le faux "novitchok" et tout le reste.
    https://www.americanthinker.com/articles/2019/03/steele_and_skripal_a_unified_theory.html

    Au fait où sont les Skripal?

  • @M. Bruno Hubacher,

    Excellent article! Merci.

    Bien à vous.
    Charles 05

  • Le problème est que l hégémonie américaine perdure avec ses deux chers alliés, Israel et la Saoudie et entre barbus de différentes couleurs on se serre les coudes et bientôt le Brésil rentrera dans cette danse macabre.

    La Stratégie américaine continue à sévir, hélas, car elle est basée sur ses 4-5 volets-wagons articulés. Il y a la stratégie militaire, la Stratégie diplomatique, celle économique et commerciale qui sont des volets-wagons de train articulés l une avec l autre et quand un wagon se met en marche forcément que les autres volets bougent dans un sens ou un autre , selon...

    La force principale de cette nouvelle Grande stratégie est qu’elle n’a pas été comprise par les élites du reste du monde et elle n est pas avouée par leurs autres alliés serpillières car il leur est trop tard pour ouvrir grande leurs gueules.

    Washington dispose donc de l’effet de surprise, renforcé par la communication délibérément chaotique de Donald Trump. Si l’on observe les faits et non pas les tweets présidentiels, on constate l’avancée des États-Unis après la période d’incertitude des présidents Clinton et Obama...Mais cela ne va pas durer longtemps...Comptez sur l intelligence des gens et le soutien de la Chine, la Russie et de l Inde et que al bête yankee tire ses dernières cartouches raison pour laquelle elle devient très violente mais très maladroite...

    Bien à Vous.
    Charles 05

  • La nouvelle Grande stratégie des États-Unis, par Thierry Meyssan
    https://www.voltairenet.org/article205750.html

    26 mars 2019 - Le président(...) ... Si l'on observe les faits, et pas les tweets présidentiels, on constate l'avancée des États-Unis après la période d'incertitude des présidents Clinton et Obama.

    PLAGIAT 05

  • L’Onu cassée par l’« exceptionnalisme » états-unien

    par Thierry Meyssan

    Damas (Syrie) | 2 avril 2019

    Affaiblis par rapport à leurs compétiteurs russe et chinois, les États-Unis retrouvent leurs réflexes historiques. En matière de relations étrangères, ils abandonnent l’ordre libéral international et reviennent à la doctrine exceptionnaliste. En remettant en cause leur propre engagement au Conseil de sécurité, ils viennent d’ouvrir la voie à une déconstruction du Droit international et à la fin des Nations unies. Cette évolution, qui surprend les Européens de l’Ouest et les plonge dans le désarroi, avait été anticipée par la Russie et la Chine qui s’y préparaient.

    https://www.voltairenet.org/auteur29.html?lang=fr

    Bien à Vous M. B. Hubacher et merci pour votre blog.
    Charles 05

  • " Chaque volet est articulé l’un à l’autre " est devenu "des volets-wagons de trains articulés " Merci, je comprends mieux maintenant ;P

    Cela dit, moi j'aime à la fois NewYork et Moscou, un vrai tous risques...

  • @Touriste,
    A choisir entre Washington et Moscow, je choisirais 3X Moscow, n en déplaise à qui que ce soit. Il ne faut plus oublier que le soleil se lève à l Est!

    Charles 05

  • Charles 05,

    Pourquoi faudrait-il absolument choisir entre ces deux mastodontes géopolitiques ?
    Serions-nous vraiment acculés ?

    Je préfère garder une indépendance aussi farouche que possible.
    Il devrait être possible de se positionner sans s'aligner. Simplement parce qu'on n'aurait pas d'affinités ni avec l'une ni avec l'autre grande puissance et cela pour des raisons diverses et variées.

    Les pays scandinaves ou baltes auraient de la peine à suivre votre logique car ils ne peuvent pas idéaliser la cohabitation proche.
    Je prends volontiers l'exemple de la Finlande que je connais quelque peu.
    Ce pays a une longue expérience et n'a pas toujours eu " le choix" quant au modus vivendi avec le voisin côté soleil levant. Il s'en est développé un pragmatisme dénué d'idéalisme et une capacité à prendre sa place envers et contre tout.
    Quand on a "le soleil de minuit", on relativise pas mal de choses quant à l'Est ! Quand on a plus de mille kilomètres de frontière commune, la perspective n'est pas la même que depuis l'Europe de l'Ouest.

    Votre choix et votre opinion sont respectables, mais je ne peux pas vous emboîter le pas.

  • Merci @Calendula pour votre réplique.

    Je me battrais autant pour faire respecter votre point de vue comme je le ferais courtoisement et objectivement-parlant concernant mon point de vue. Nous nous débattons et on verra bien...

    Il y a eu déjà un acquis, les USA ne sont plus le gendarme unique du monde et d autre part que la Russie a repris sa place légitime de la 2ème puissance mondiale , de même pour la Chine et bientôt l Inde....

    Pour comprendre, entre autres, où nous sommes interdits de critiquer, au risque de nous faire immoler vifs car même Voltaire l avait dit il y a 250 sans:"Pour savoir qui vous gouvernent lamentablement , regardez ceux que vous ne pouvez nullement critiquer", suivez mon regard. Néanmoins, le monde a changé et nous gagnerons vous et moi...

    Bien à Vous.
    Charles 05

  • @ Charles 05,

    Je n'ai pas bien compris votre dernier paragraphe, n'arrivant pas à percevoir de quel côté va votre regard. Je ne peux donc pas le suivre.

    "où nous sommes interdits de critiquer, au risque de nous faire immoler vifs "

    Quel est ce "où" ?
    Selon vous, risquerions-nous de nous faire immoler vifs, ici sur les blogs ou plus généralement en Suisse ou en Occident ?
    La parole critique envers les pouvoirs en place serait-elle plus libre et moins dangereuse ailleurs ? P.ex. en Chine, en Inde ?
    Peut-être que les classements successifs de "Reporters sans frontière" ont-ils quelque valeur indicative quant à la liberté de la presse ?
    https://rsf.org/fr/classement

    Je ne suis pas experte de la liberté d'expression en Chine, en Inde ou en Russie et il se peut tout à fait que les gens aient la possibilité de critiquer ouvertement leurs gouvernants, sans encourir de châtiments.
    Pour le moment, je n'ai pas vu beaucoup d'immolations ( ni assassinat) de personnalités critiques envers le pouvoir en Europe, ou alors seulement métaphoriques.

  • Je reviens plus tard pour le constat LOL!

  • Des armes de destruction massive iraquiennes (ADM) et soutien de Saddam à Al Qayda alors que rien n y était aux armes chimiques syriennes, même scénrio qui ne marchera plus!

    par Thierry Meyssan

    Damas (Syrie) | 5 mars 2019

    Dans un rapport du 1er mars 2019, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques atteste qu’il n’y a jamais eu de substance chimique prohibée à Douma (Syrie) lors de l’attaque du 7 avril 2018 ; le bombardement tripatite de représailles (États-Unis, France, Royaume-Uni) était donc injustifié. Ce scandale est exactement identique à celui des pseudos armes de destruction massive iraquiennes. Il sera suivi de nombreuses autres intoxications, tant que les Occidentaux se fieront yeux fermés à leurs médias.

    https://www.voltairenet.org/auteur29.html?lang=fr

    Bien à Vous et Merci à Votre blog, M. Bruno Hubacher,
    Charles 05

  • Plagiat de progressiste Calendula :))))))))

    Mr Hubacher, le nom de ce négationniste qu’est Thierry Meyssan, parti se planquer en Syrie pour échapper à la Justice, entache fortement votre blog. Car c’est ouvri la porte à des liens comme ceux de Alain Soral, entre autres liens antisémites.

    Bon dimanche

  • En relisant les commentaires, je constate que Patoucha est la première à citer Thierry Meyssan pour ensuite dénoncer sa citation dans ce blog par un autre intervenant. C'est à rien n'y comprendre. ??? Elle doit s'emmêler les pinceaux à force de jouer les commissaires politiques sur les différents blogs et voir des antisémites derrière chaque commentaire. J'ai bien peur Monsieur Hubacher, qu'elle finisse par vous faire subir le même sort qu'à celui de M. Bonard qui, de guerre lasse, a renoncé à son blog.

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