21/11/2016

Thank you Mr. President

Le « encore » président des Etats-Unis, Barack Obama, fait sa tournée d’adieu en Europe, sous les applaudissements enthousiastes de ses fans. C’est vrai, il a de l’allure, une mixture entre Sidney Poitier et Michael Jordan. En tout cas, il plaît au public et aux médias. Ses discours ressemblent tellement à ceux d’Angela Merkel, François Holland, David Cameron qu’il fait partie de la famille européenne, en quelque sorte, et, sans rancune.

Lors d’une conférence de presse commune avec la chancelière Angela Merkel, qui, et ce n’est pas une plaisanterie, cherche un quatrième mandat, Mr. President a fourni un échantillon majestueux de langue de bois et la presse dans la salle prend des notes avec son assiduité et obéissance coutumière.

Mr. President lance un appel aux jeunes: « Nous vivons une époque paisible et stable, du moins dans les pays « avancés » (vraiment ?) et notre standard de vie s’est grandement amélioré. Toutefois, il y a une croyance, largement répandue dans la population, qui considère que cette tendance continuera éternellement. Notre système démocratique et notre standard de vie ne sont pas garantis et quand seulement 43% des électeurs se déplacent aux urnes, la démocratie est en danger. »

Mr. President fait référence à la démocratie américaine, qui n’est pas une démocratie mais une ploutocratie, et le manque d’enthousiasme des électeurs pour l’élection présidentielle de 2016 est facile à expliquer.

« The Intercept » le magazine online américain publie un article sous le titre « Commander in Chief Donald Trump will have terrifying powers - thanks to Barack Obama. »

Au mépris de ses promesses électorales, le président Obama n’a non seulement poursuivi la loi d’exception, instaurée par George Bush jun. après les attaques contre le World Trade Center, il l’a considérablement renforcée durant ses huit ans au pouvoir.

Mettant, de facto, fin à la séparation des pouvoirs, un principe inaliénable d’un état de droit, le président est dorénavant autorisé, à la barbe des tribunaux, d’emprisonner, ad aeternam, sans procès ni acte d’accusation tout citoyen américain, ou étranger, soupçonné d’acte de terrorisme ou activité contre l’état, au mépris du principe de base du droit anglo-saxon, le « habeas corpus ». Sont considérés ennemi d’état les terroristes et les journalistes, qui commettent un délit d’opinion, un choc pour la liberté de la presse.

Dans le cas d’une surveillance illicite par l’état, les citoyens ne peuvent dorénavant saisir les tribunaux uniquement s’ils sont en mesure de prouver le méfait commis par l’état au préalable.

Le nouveau président élu, Donald Trump, a promis de créer une « force de déportation » qui s’occupera de l’expulsion des immigrants illégaux. Ce ne sera pas nécessaire, car elle existe déjà. Des centaines de milliers d’immigrants sont actuellement détenus dans de nombreux centres, un peu partout à travers le pays, dans l’attente de leur expulsion. 2,5 million de personnes ont déjà été déportés sous l’administration Obama, plus que sous n’importe quelle administration précédente.

Le camp de prisonniers de Guatanamo héberge actuellement encore 60 détenus. En vertu des pouvoirs qui lui seront conférés par son prédécesseur, « Donny Tiny-Hands » ne se privera pas d’augmenter sa population rapidement.

Lors de sa tournée d’adieu, depuis la capitale péruvienne, Lima, Mr. President a tenté de rassurer le monde. « Laissez une chance à mon successeur. Il sera important que le monde ne porte pas de jugement hâtif, mais laisse une chance au président élu. On ne gouverne pas toujours comme on a fait campagne. » C'est tellement vrai.

11:17 Écrit par Bruno Hubacher | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

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