26/05/2016

Le service public que le public paie deux fois

A quoi joue le parti socialiste suisse ? Défenseur des petites gens, mais pas trop ? Capitaliste, mais pas trop ?

Les manuels scolaires en économie enseignent que le capital veut être rémunéré, pour la beauté du geste. C’est ce qu’on reproche aux gens qui favorisent le revenu inconditionnel de base, vouloir se la couler douce. Ainsi, le citoyen fainéant paie Swisscom et la Poste, deux fois pour ses services, une fois pour le service et une fois pour le capital investi.

Mais, contrairement à ce que dit le politique, donneur de leçons, l’initiative Pro Service Public permet aux deux régies publiques de faire du bénéfice, pour le réinvestir dans le développement des services, mais pas pour le distribuer aux actionnaires, même si cet actionnaire est la confédération. Si les électeurs sont d’accord de payer deux fois, soit. Mais qu’ils le fassent en connaissance de cause. Ce que nos politiciens font, c’est de la désinformation.

C’est dur de penser en dehors des schémas préétablis, je conçois. Après trente ans de néolibéralisme et de privatisations, même la gauche a du mal à envisager autre chose.

Quel est le projet du PS suisse ? Bombarder les électeurs avec des référendums et des initiatives. Sans projet d’avenir pour ce pays ça ne va pas le faire.

Premier pas. Chercher un économiste avec des idées. Serge Gaillard, directeur de l’administration fédérale des finances, dont le PS loue sa clairvoyance sur son site internet, se préoccupe du vieillissement de la population, ce qui pèsera sur les finances publics, raison pour laquelle il faudrait favoriser l’immigration et, à terme, augmenter les impôts.

On a connu plus inspiré. Dans ce pays, il faut déjà deux beaux salaires pour s’offrir le luxe d’avoir des enfants. Augmenter les salaires, comme les socialistes allemands, pas très avant-garde non plus, se résignent finalement à faire. Trop peu trop tard. Taxer les transactions financières ! Taxer l’héritage dans la tranche la plus élevée, là où ça rapporte le plus et où ça fait le moins mal. Il y a même des économistes, qu’on ne peut pas soupçonner être de tendance marxiste, qui l’exigent.

Il y a certes, le référendum sur l’imposition des entreprises RIE III et c’est louable, mais il faut un package, une belle histoire à raconter, un projet. Plutôt que de s’accrocher à un système qui mérite une sérieuse mise en question il faut proposer un plan de sorti. Dans l’opposition on peut. Le nouveau leader du parti « Labour » le montre actuellement.

Un dernier anachronisme, et puis je m’arrête, le financement du parti. On sait que le PS n’a pas les moyens de l’UDC et c’est moche. Mais, est-ce une raison d’accepter dorénavant des dons des grandes entreprises. Doit-on conclure que le parti des petites gens manque d’inspiration ? Lit-on la presse internationale au PS Suisse ?

Aux Etats-Unis, un seul homme a réussi à ramasser en une année, 7 mio de dons individuels pour sa campagne présidentielle, 27 USD en moyenne, ce qui fait, jusqu’à ce jour un total de 200 mio USD, la même somme que son adversaire a réuni avec des dons de Goldman Sachs, du gouvernement russe, le régime saoudien et tant d’autres. Encore une piste ?

09:03 Écrit par Bruno Hubacher | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

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