03/05/2016

Mais pourquoi ce « Bernie bashing » ?

En dehors des pantalonnades du milliardaire new yorkais, on a l’impression que les médias européens ne s’enflamment pas outre mesure pour les élections primaires américaines. On a l’impression, en tant que lecteur, que les jeux sont faits et que la prochaine échéance sera l’élection du prochain président au mois de novembre. Or il n’en est rien.

Le candidat démocrate, le sénateur Bernie Sanders, a donné une conférence de presse au « National Press Club » à Washington le 1er mai, date du premier anniversaire de son entrée en campagne. Les médias ont toujours traité cet outsider comme épiphénomène et, une fois de plus, personne n’en a parlé, ou presque. En revanche, son intervention peut être visionnée sur youtube.

De quoi s’agit-il. Les médias affirment que, suivant les règles électorales du parti démocrate, son adversaire Hillary Clinton, a déjà gagné et que le sénateur devrait se rallier avec ses électeurs derrière la secrétaire d’état. Seulement, vu le large soutien des électeurs indépendants, le parti pourrait envisager d’assouplir quelque peu ses règles, et cela changerait tout.

Le gagnant devra obtenir, lors du congrès du parti démocrate à Philadelphie le 25 juillet prochain, la majorité des 4'766 délégués, soit 2'383 votes. On compte 4'047 « pledged deledates » qui représentent le résultat obtenu par les électeurs inscrits dans les états, et 719 « super delegates » qui sont libres de choisir qui ils veulent. Il se trouve que depuis le début de la campagne, avant même que les débats avaient commencé, et à ce stade 520 « super delegates » on déjà promis leur vote à Hillary Clinton contre 39 pour Bernie Sanders.

Actuellement Hillary Clinton dispose de 1'645 (55%) « pledged delagates » contre 1'318 (45%) pour Bernie Sanders. Il reste 10 états dont la Californie, le plus grand. Bernie Sanders a donc obtenu 45% des votes réels « pledged delegates » et seulement 7%des « super delegates (719) ».

Pour illustrer ce que cela veut dire, voici quelques exemples :
Le sénateur a remporté l’état de Washington avec 73% des voix et n’obtient aucun « super delegate » contre 10 pour Hillary Clinton, à Minnesota ce sont 61% des votes et 3 délégués contre 11 pour Madame Clinton, au Colorado il obtient 59% et reçoit zéro délégués contre 10 pour la secrétaire d’état, au New Hampshire ce sont 60% des votes et zéro délégué contre 6 pour Madame Clinton etc.

Dans l’état de New York, Bernie Sanders a obtenu 43% des votes, mais 3 mio d’électeurs indépendants, prêts à voter ont été exclus, car il aurait fallu s’inscrire au parti démocrat début octobre de l’année passée, alors qu’aucun débat n’avait eu lieu. Dans le quartier du Bronx 120'000 électeurs sont sortis des listes dû à des changements d’adresse non répertoriés.

A ce stade Bernie Sanders a gagné 17 états avec 9 mio de votes. Il a reçu un total de 7,4 mio de contributions individuels ou 180 mio USD, le même montant qu’Hillary Clinton avec des « super pacs ». 1,1 mio de personnes, entre 18 ans et 45 ans d’âge, se sont déplacées pour ses meetings.

Hillary Clinton aura donc besoin des votes des « super delegates », mais ceux-ci seront bien avisés de tenir compte des sondages qui, presque sans exception, mettent le sénateur en avantage par rapport à Donald Trump, avec un écart vs Hillary Clinton entre 10 et 15 points.

16:04 Écrit par Bruno Hubacher | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

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