18/04/2016

Un parlement à contre-courant

La Suisse, un pays de droite ? Certes, mais la politique y est pragmatique plutôt qu’idéologique et à ce jour, l’équilibre entre les forces a, dans l’ensemble, plutôt bien joué. De nombreux gardes fous scellent le principe du partage du pouvoir auquel les puissants se sont cassé les dents en vain.

Toutefois, cette stabilité comporte un risque, celui de transformer les politiques en gestionnaires de l’acquis, un domaine réservé aux magistrats et fonctionnaires. Le rôle d’un politique est de concevoir un projet pour la société de demain. En période d’équilibre politique le statu quo a certes fonctionné, mais depuis le mois d’octobre 2015 la donne a changé, pour la gauche de ce pays.

Contrairement à la droite, elle se trouve du bon côté de l’histoire, car l’ère du modèle de société néolibéral est entré en phase terminale. Mais, le PS tarde à reconnaître les signes de notre temps. Il n’a pas saisi que les gens commencent à aspirer à « autre chose » et pour proposer un nouveau modèle de société on ne peut pas prendre le statu quo comme base de discussion.

Ainsi, le PS rejette, comme l’ensemble des parlementaires, l’initiative « Pro Service Public » d’un revers de main, et l’initiative sur un « Revenu de base inconditionnel » n’est même pas digne d’être discutée. Les arguments, publiés sur son site internet sont, comment dire, révélateurs de la frilosité des camarades :

Je cite:« En cas de oui le prix du timbre ne baissera pas et les WC des trains ne seraient pas plus propres et aucune connexion à Internet ne gagnera en rapidité. » et « Ce projet met des entraves aux investissements et aux innovations. »

La question que le PS devrait poser est : A qui reviennent les profits ? Aux salariés, aux consommateurs ou aux actionnaires ? Les trois catégories sont des citoyens. Est-ce que les uns auraient plus de droits que les autres ? L’égalité est pourtant un crédo socialiste. Et là nous sommes à nouveau arrivés à la question clé, plus que jamais d'actualité, la répartition des richesses. Car l’initiative sur le service public ne critique pas les profits, mais leur affectation. Plutôt que de les verser aux actionnaires, même s’il s’agit de la Confédération, elle propose de les réinvestir pour améliorer la qualité des prestations et, en l’occurrence, permettre une baisse des prix. En outre, elle n’interdit pas non plus le subventionnement à l’intérieur d’une régie publique, au contraire elle l’encourage.

En ce qui concerne l’initiative sur le « Revenu de base inconditionnel », mise à part le fait qu’un pays riche comme la Suisse pourrait aisément se le payer, elle a le mérite d’être débattue maintenant, car dans un futur pas trop distant, la question redeviendra d’actualité.

12:46 Écrit par Bruno Hubacher | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

Commentaires

Le salut viendra de la base. Il n'y a rien à espérer de nos élus qui nous représentent bien mal et qui tentent de conserver le petit pouvoir qui leur a été donné.
Bientôt les systèmes de notations donneront un vision instantanée des réalisations concrètes des parlementaires et le décalage entre les promesses et les réalisations sera criant.
Restera alors plus qu'a inventer une véritable démocratie directe, sans ces représentants qui palabrent et qui coûtent bien cher.
La révolution technologique et numérique devrait permettre cette mutation.

Écrit par : Pierre Jenni | 19/04/2016

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