13/04/2016

Un ministre à suivre de près

Les quelques remarques irréfléchies de la part du ministre des finances, Ueli Maurer, au sujet du scandale des « Panama Papers » ont dévoilé un autre visage du parti des « petites gens ». Décidément, les électeurs suisses n’ont pas reconnu les signes de notre temps en élisant un parlement réactionnaire et rétrograde au mois d’octobre dernier. Au moment où dans le monde entier se font entendre de nombreux mouvements citoyens progressistes, la Suisse nage à contre-courant.

Le candidat démocrate à la présidentielle américaine, le sénateur Bernie Sanders, talonne sa rivale, Hillary Clinton, partant de 3% des intentions de vote à son entrée en campagne il y a une année. Pourtant, en Europe c’est tout juste si on connaît son nom. Aux Etats-Unis, c’est un secret de polichinelle que la presse, dans sa grande majorité, emploie de gros moyens pour faire taire ce mouvement qui ne cesse de grandir. A ce stade, sa campagne « grass roots » a reçu 6 mio de dons individuels d’un montant moyen de 27 USD. Chaque déplacement du sénateur attire des dizaines de milliers de supporters, majoritairement jeunes, et la presse, américaine et européenne, parle de Donald Trump.

En Suisse, les jalons sont posés, tout ce qui reste à faire, c’est de limiter les dégâts. La presse est, plus que jamais, appelé jouer son rôle d’arbitre et d’assurer la transparence. Elle pourrait commencer par publier un « fact check » quotidien des décisions qui se prennent dans l’hémicycle. Le « Tagesanzeiger » a commencé par s’intéresser à quelques initiatives émanant du ministère des finances qui valent le détour.

En période de restrictions budgétaires, Monsieur Maurer souhaite réintroduire un privilège fiscal en faveur des paysans, exonérant la plus-value de terrains constructibles, qui coûterait CHF 200 mio à la Confédération et 200 mio aux assurances sociales. Toujours selon le « Tagesanzeiger », et à la demande de la commission économique du conseil aux Etats, le ministre, la voix de son maître, a fourni un document contenant 55 propositions, servant de base de discussion au sujet de la loi sur les services financiers, notamment de la protection des petits investisseurs privés. Toutes les propositions émanant de ce document sont fournies par des banques et prestataires de services financiers et aucune par les associations défendant les intérêts des petits investisseurs.

Serions-nous à l’aube d’une période de blocage à l’américaine où toutes les propositions progressistes sont bloquées par principe par un congrès rétrograde ? Espérons que non !

13:24 Écrit par Bruno Hubacher | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

Commentaires

Merci pour votre vigilance. Pourvu que vous trouviez les relais qui permettront effectivement de limiter les dégâts. Vos billets sont un bon début de vulgarisation, mais il faudrait maintenant passer le deuxième avec du lobbyisme intensif puisque ce sont les outils que tout le monde utilise.
A défaut, il faudra compter sur les miracles.

Écrit par : Pierre Jenni | 14/04/2016

Faut pas tout mélanger. M. Maurer a dit que tout n'était pas à mettre dans le même sac. Cela fait longtemps que le offshore existe et ceux qui déclarent leurs positions sont dans la légalité. point!

Une enquête faite par un conglomérat de journaleux ne peut pas être totalement crédible par les temps qui courent.

Vous feriez mieux de vous pencher sur ce qui est en train de se mettre en place en Autriche; le fameux bail-in qui met les épargnants, et autres actionnaires, notamment les fonds de pension, à contribution pour renflouer les banques qui sont au bord de la faillite.
La pleine application de la fameuse directive UE qui est entrée en vigueur le 1.1.2016.
Par ailleurs les fameuses 55 propositions sont de bon aloi par les temps qui courent, car avec nos accords bilatéraux nous ne sommes pas à l'abri de cette nouvelle arnaque des états et des grosses banques sur l'épargne des petits gens.

Écrit par : Corélande | 15/04/2016

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