12/03/2016

Qui connaît le socialiste Gordon Gekko ?

Dans le film américain du réalisateur Oliver Stone de 1987, l’acteur Michael Douglas incarne le prédateur financier Gordon Gekko, dont le rôle fut inspiré, par le financier Asher Edelman qui, entre temps, s’est détourné de la finance et consacre dorénavant sa vie, et sa fortune, à l’art.

Invité sur le plateau de la chaîne de télévision économique CNBC cette semaine, un journaliste lui demande, qui il considérait être le meilleur candidat pour l’économie parmi les prétendants aux primaires. La réponse, sans hésitation: Bernie Sanders.

Il explique, je cite « La croissance économique est liée, entre autre, à la vélocité de circulation monétaire. Celle-ci s’est considérablement ralentie avec le transfert progressif des richesses vers les 5% les plus fortunés par des baisses d’impôts substantielles, ce qui a érodé le pouvoir d’achat de la classe moyenne. Au niveau global de l’économie, le « top » 5% des plus riches dépense 10% de son revenu, tandis que le 50% en bas de l’échelle dépense 100% voire 110%. Le candidat Sanders est le seul à parler de stimuli fiscaux pour rétablir le statu quo ante. En outre, il prône une régulation bancaire sévère et veut contraindre les banques à jouer de nouveau leur rôle dans l’économie réelle au lieu de spéculer. » Fin de citation

On apprend ce jour, que la Banque Centrale Européenne réduit ses taux directeurs à zéro et qu’elle continue à acheter massivement des dettes souveraines pour injecter encore davantage de liquidités dans le circuit financier. Les banques se dépêcheront pour placer cette manne dans des obligations grecques à 10%. Décidément c’est une religion, il ne faut pas comprendre il faut croire.

Pendant ce temps la désindustrialisation se poursuit, en Europe, et maintenant aussi en Suisse. Selon un récent article du « Tagesanzeiger », l’entreprise Sulzer occupe actuellement encore 500 personnes sur son site de Winterthur. En 1980 on comptait plus que 12'000. La dernière usine Sulzer sur place dont 70% du chiffre d’affaires dépend de l’industrie pétrolière, fermera ses portes en 2017. La faute à la baisse du prix du pétrole, les coûts élevés de production, donc des salaires, et au CHF, le bouc émissaire de tous les maux de ce pays.

La transition énergétique annoncée, dont la mise en œuvre on attend toujours, est censée remplacer le pétrole par des énergies renouvelables. Ceci aurait pu inciter les responsables de la firme à investir précocement dans de nouvelles technologies dans ce domaine, mais il faut se rendre à l’évidence que les intérêts des actionnaires ne coïncident pas avec ceux de l’intérêt public, raison pour laquelle le seul moyen pour rétablir un équilibre est l’outil fiscal, comme le dit justement l’ancien « prédateur » Asher Edelman. Au lieu de laisser stagner les salaires pendant vingt ans, au seul bénéfice de l’export, au détriment de l’économie domestique, et de laisser partir du know how, acquis parfois depuis des siècles, souvent avec des moyens publics, il faut un certain degré d’interventionnisme, n'en déplaise à notre ministre de l’économie.

10:09 Écrit par Bruno Hubacher | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

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