24/08/2017

Le miracle de la création d’emplois

Sous l’administration du président Barack Obama (2009 – 2017) l’économie américaine a crée 11,3 million d’emplois, dont 2 mio pour la seule année 2016, une croissance ininterrompue de 75 mois consécutifs. En Allemagne, sous le règne de l’éternelle Angela Merkel, le taux de chômage a baissé de 8% à 4%.

Professeur Richard Wolff de l’université de Massachusetts compare les indicateurs économiques aux diagnostiques d’un médecin. Si le patient veut connaître son état de santé, il se laisse examiner par son médecin. Si celui-ci lui annonce que son taux de cholestérol est normal et que, par conséquent, tout va bien, le patient est en droit d’émettre quelques doutes.

Sous le titre « The rise and nature of alternative work arrangements 2005 – 2015 », les professeurs Lawrence Katz de l’université de Princeton et Allen Kruger de l’Université de Harvard publient une étude, analysant le développement du marché de travail américain pendant cette période. (The Real News) Pour la petite histoire, « alternative work arrangements » se traduirait en français à peu près par « réforme du code de travail ».

L’étude relève, entre autre, que 95% de ces nouveaux emplois crées pendant cette période aux Etats-Unis ne prévoient aucune protection légale pour l’employé, aucune protection en matière d’assurance santé, aucun plan de retraite et aucune sécurité de l’emploi à long terme.

Little Rock, Arkansas, patrie de l’ancien président Bill Clinton, (1993 -2001), une région sinistrée par deux décennies de délocalisations d’entreprises et la perte de dizaines de milliers d’emplois qualifiés et bien payés, est le théâtre d’un heureux événement, dignement célébré en présence du gouverneur Asa Hutchinson et Xu Yingxin, vice-président du « Conseil chinois de l’industrie du textile ».

En collaboration avec « Sofware Automation Atlanta » le fabricant de textiles chinois « Tianyuan Garments Company Ltd. » y établira prochainement 21 chaînes de production sur le terrain d’un site industriel délabré, censées fabriquer 800'000 T-shirts par jour, un T-shirt toutes les 22 secondes, à un coût de 33 cents par T-Shirt, pour la firme allemande Adidas. L’entreprise créera, à terme, 400 nouveaux emplois à un tarif horaire entre 14 et 15 USD. Tang Yinhong, président de « Tianyuan » est aux anges : « Même le marché du travail le moins cher ne peut pas nous faire concurrence. »

En mai, de cette année, la « Fédération chinoise du textile » avait déjà annoncé un autre investissement, d’un montant de 400 mio USD, dans une fabrique de fil de coton dans l’état d’Arkansas, utilisant la matière première locale, créant 800 nouveaux emplois.

L’Etat d’Arkansas n’est pas en reste. Il accorde à la firme chinoise un rabais fiscal pour le premières 5 années d’existence, en plus d’une allocation généreuse « pour la formation du personnel », ainsi qu’une réduction de 65% sur l’impôt immobilier.

A Fore River, Massachusetts c’est une société américaine qui crée du travail. La firme de commerce électronique « Amazon » y investit dans l’entretien d’une série d’entrepôts, ce qui est récompensé par les autorités communales par la construction d’une voie d’accès pour les camions, appelée, et ce n’est pas une plaisanterie, « Innovation Way ».

Amazon cherche donc du personnel. Salaire de départ pour employés sans diplôme, 12,75 USD par heure. Pour employés juniors avec expérience d’entreposage, 14,7 USD, une licence universitaire est requise toutefois (pour deux USD de plus par heure).

Une partie des employés, engagés à titre temporaire, seront recrutés par une firme, mandatée par Amazon, du nom de « Integrity Staffing ». Elus par « Integrity Staffing » les nouveaux employés prendront donc « Innovation Way » pour se rendre au travail. Ils seront rémunérés à 12,7 USD par heure, seront toutefois appelés à travailler debout pendant 10 à 12 heures dans une température ambiante pouvant atteindre occasionnellement les 32 degrés celsius. (Richard Wolff)

Le magazine américain « Forbes », la quintessence du néolibéralisme, n’a pas tort quand il titre un de ses articles « China like wages are now part of the US employment boom ». Son auteur fait le calcul pour nous. A 40 heures par semaine au tarif de 12,75 USD l’heure le travailleur américain arrive à un salaire hebdomadaire de 510 USD ou 2'040 USD brut par mois. Le salaire hebdomadaire moyen à Beijing est de USD 330.00 ou 1'320 USD par mois.

Un appartement d’une pièce à Fore River, Massachusetts, se loue à USD 1’000 par mois, comparé à 930 USD par mois pour le même type d’appartement à Beijing.

Dans ce contexte, et dans une certaine mesure, le boom de l’emploi en Allemagne où le taux de chômage enregistre actuellement un plancher historique de 4%, serait donc également à mettre en perspective.

Il est de bon ton d’accuser les chinois de concurrence déloyale, de manipulations monétaires, de prédation économique, or ils ne font rien d’autre que de copier et de perpétuer le système économique néolibéral défendu par les gouvernements successives des Etats-Unis, les armes à la main, dans le monde entier depuis 40 ans, système que les européens, décidément en manque d’inspiration, adoptent faute de mieux.

17:43 Écrit par Bruno Hubacher | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

21/08/2017

Prévoyance 2020, des petits pas dans la mauvaise direction

Après l’élection par les français d’un président, avide de couper le robinet à ses concitoyens, les suisses seront appelés aux urnes, le mois prochain, pour se prononcer sur une baisse de leur pension de retraite. D’après les derniers sondages, près de 55 % d’entre eux diront « oui » dans la joie et la bonne humeur.

De quoi s’agit-il ? Basées sur le principe des « trois piliers », l’assurance publique par répartition, l’assurance privée, néanmoins obligatoire, par capitalisation, et l’épargne privé, les assurances sociales cherchent un équilibre de financement, un compromis entre le public et le privé en quelque sorte. Malheureusement, pour différentes raisons ce système est à bout de souffle. Les caisses sont vides nous dit-on.

Les suisses, un peuple menacé d’extinction, un peu comme les allemands, ne font plus d’enfants, ce qui menace le système de retraite par répartition, car, par-dessus le marché, les gens meurent de plus en plus tard, or ce fut précisément sur ce point que son inventeur, le chancelier allemand Otto von Bismarck, comptait le plus, pour de bonnes raisons, à l’époque. Autre problème, la Suisse sera face à une vague de mise à la retraite d’un million de travailleurs de plus entre 2015 et 2035, les « baby boomers ».

En ce qui concerne le deuxième pilier, l’assurance privée par capitalisation, mangeoire des banques et des assurances, les intérêts, proches de zéro ne produisent plus assez de revenus sur capital.

Le ministre socialiste des affaires sociales, Alain Berset, qui propose cette onzième révision, a du marcher sur des œufs en la préparant, car la droite, majoritaire à la « Grande Chambre » depuis 2015, a l’habitude de dire « non » avant qu’on lui pose une question. Si on compte les sénateurs socialistes « libéraux » de la « Petite Chambre », celle-ci n’est guère plus progressiste. On ne peut donc pas trop lui en vouloir pour son manque d’audace. Il a sans doutes fait ce qui est politiquement faisable, trop peu, trop tard.

Les éléments clé de cette pilule amère sont: le relèvement de l’âge de la retraite des femmes à 65 ans à partir de 2021, le prélèvement d’un milliard CHF de l’assurance invalidité en faveur de l’AVS jusqu’en 2021, année pendant laquelle la TVA sera relevée de 8 à 8,3%, augmentation de la cotisation AVS de 0,15% pour employeurs et employés à partir de 2021.

Pour l’assurance par capitalisation, la réforme prévoit une baisse du taux de conversion de 6,8% à 6%, ce qui représente une baisse de la rente de CHF 800.00 par année pour chaque tranche de CHF 100'000.00 de capital épargné. Pour la petite histoire, le gouvernement vient de rendre encore plus difficile le retrait du capital à la retraite, un privilège qui continue à être réservé aux indépendants, ce qui laisse entrevoir des doutes de la part des ministres sur la solidité du système. L’assuré se retrouve piégé.

Pour mieux la faire passer, la pilule donc, la rente de tous les nouveaux rentiers sera augmentée de CHF 70.00 par mois, ce qui ne compensera guère la baisse de rente du deuxième pilier.

Dans une interview avec le Tagesanzeiger Monsieur Berset défend son bébé. Pour rassurer tout le monde, il prévient: « Si mon projet de loi n’est pas accepté, les jeunes de ce pays auront des soucis à se faire pour l’avenir de leur retraite ». Il rend en outre attentif au fait que, du à la mise à la retraite de près d’un million de personnes d’ici 2035 il manquera, au bas mot 500'000 travailleurs qualifiés, mais il tient à protéger les plus de 50 ans, qui, lorsqu’ils perdent leur travail, peinent davantage que les jeunes à retrouver un poste, raison pour laquelle les rentes seront maintenues à leur niveau actuel pour cette tranche d’âge.

Le nœud problème serait donc, comme toujours, le manque de financements. Si les politiques commençaient enfin à penser en termes macroéconomiques, on serait plus avancé. Ils constateraient que l’anomalie du système dans lequel nous vivons est au contraire qu’il y a trop d’argent, mal réparti et mal investi, de façon improductive, notamment par les systèmes de retraite par capitalisation.

Vient ensuite l’anomalie du pouvoir d’achat qui augmente dans des domaines accessoires, comme la téléphonie mobile, et baisse dans des domaines vitaux comme la santé et l’habitat. Monsieur Berset a raison quand il dit qu’on ne peut plus dissocier le système de retraite par capitalisation du système par répartition, mais il s’arrête à mi-chemin. Il faudrait inclure dans l’équation le salaire minimum, l’introduction d’une caisse maladie publique, la baisse de prix des médicaments, la fin d’une politique d’austérité qui est une absurdité pour un pays aussi riche que la Suisse.

L’état détient la souveraineté fiscale et dans un état démocratique, le souverain c’est le peuple. Il a donc le pouvoir de corriger des déséquilibres, dangereux en l’occurrence, par des mesures fiscales par exemple.

Dans une interview, de la BBC en 2015, l’économiste en chef de la Banque d’Angleterre, Andy Haldane, estime que les incertitudes économiques et géopolitiques ne justifient pas un relèvement des taux d’intérêt dans un avenir prévisible. Ceci pour le système de retraite par capitalisation.

Toujours selon Mr. Haldane, les coupables de la faible croissance de l’économie mondiale sont les entreprises, car, depuis plusieurs décennies, elles n’investissent pas assez, mais utilisent plutôt leurs profits pour rétribuer leurs actionnaires. Dans les années 70, les sociétés payaient usuellement 10% de leurs bénéfices aux actionnaires, aujourd’hui, ce chiffre est entre 60 et 70%. Par-dessus du marché, elles rachètent leurs propres actions pour faire monter le cours, au plus grand plaisir de leurs actionnaires, entre autre les caisses de pension, mais au détriment de l’économie réelle, ce qui contribue à faire gonfler la bulle financière, avec des risques certains pour le système de retraite par capitalisation.

A part une taxation plus audacieuse du revenu sur le capital et sur les gains de capital, de pair avec une diminution du taux d’imposition du travail, pour augmenter le pouvoir d’achat, le souverain pourrait utiliser l’épargne des œuvres sociales pour investir dans la construction de logements, ce qu’il fait déjà, mais pas assez. De cette façon il aurait une incidence sur le pouvoir d’achat des citoyens et, par la même occasion, sur les revenus du système des retraites par le biais de la fixation des loyers.

En outre il pourrait investir une partie du capital, qui est actuellement si mal rémunéré par les banques et les gestionnaires de fortune, dans la recherche et la création d’entreprises, ce qui créerait des places de travail et de nouveaux contributeurs aux œuvres sociales. Il devrait toutefois veiller à ce que ces pousses ne soient pas cueillies par des entreprises chinoises dès qu’elles sont viables, comme cela fut le cas à plusieurs reprises dans ce pays, globalisation oblige.

Le point clé de cette réforme, l’âge de la retraite, nécessitera néanmoins un vrai débat sur la valeur sociale du travail, dans un pays aussi avancé sur le plan technologique et matériel que la Suisse. En outre, malgré ces avancés technologiques, le travail physique ne disparaitra pas pour autant, raison pour laquelle la pénibilité doit également compter comme facteur dans la détermination de l’âge de la retraite, car comme disait l’ancien député allemand Gregor Gysi, on peut encore tenir un discours au Bundestag à 90 ans, mais on ne peut plus couvrir un toit.

Nonobstant, globalement la diminution du temps de travail est inéluctable, grâce au progrès, ce qui est plutôt une bonne nouvelle. Elle va de pair avec la nécessité d’une répartition équitable des fruits de ce progrès. A la longue, la « protection » que Monsieur Berset propose aux plus de 50 ans par le maintien du niveau de leur rente au niveau actuel est un emplâtre sur une jambe de bois, et la diminution du taux de conversion à la rescousse des banquiers un sparadrap.

08:50 Écrit par Bruno Hubacher | Lien permanent | Commentaires (1) | | | |

15/08/2017

La logique logique de Kim Jong-un

En décembre 2003, colonel Mouammar Gadhafi annonça la destruction de son arsenal chimique et biologique, ainsi que l’arrêt de son programme nucléaire, encore à un stade embryonnaire à l’époque. Enchanté par cette annonce, le président américain George W. Bush, salua cette décision en termes élogieux. Il rappela que tous les dictateurs de la terre qui abandonneraient leurs programmes nucléaires, chimiques et biologiques seraient assurés des meilleures relations avec les Etats-Unis et, en effet, avec le « monde libre ».

En 2011, sous l’égide des Etats-Unis, l’OTAN bombarda la Libye, en soutien aux « rebelles » antigouvernementaux, un terme vague désignant un groupe hétéroclite de combattants, investis de missions diverses, un peu comme l’opposition syrienne, dans leur effort de renverser le régime. Le colonel fut capturé et laissé à la vindicte populaire.

Ces événements n’avaient pas échappé aux dirigeants nord-coréens car le ministre des affaires étrangères de l’époque déclara que « la Libye avait été trompée par de fausses promesses ». Du coup les américains avaient réussi à faire taire les voix à l’intérieur du régime favorisant la négociation.

La Corée du Nord se voyait donc confirmé dans sa décision de poursuivre son programme nucléaire, d’autant plus qu’au moins trois événements majeurs des derniers vingt ans leur semblent donner raison. Le premier événement fut le désarmement de la Russie, dont le budget militaire annuel s’élève actuellement encore à un peu plus de 10% de celui de l’armée américaine, par ailleurs le plus important au monde, l’autorisation donnée par Saddam Hussein aux inspecteurs des Nations Unies d’accéder à ses installations militaires, et finalement, la Libye. L’administration Obama avait bien entendu vigoureusement démenti l’existence de ce lien supposé.

Il se trouve, en outre, que la Corée du Nord possède des ressources naturelles, estimées à 10 billion USD (10'000 mia USD) telles que le fer, l’or, le magnésium, le zinc, le cuivre, le calcaire, le molybdène et le graphite dont les éléments servent à fabriquer des smartphones et autres applications électroniques (Quartz). A cause de son système économique archaïque et largement étatisé, l’absence totale d’une infrastructure de transport digne de ce nom, ainsi que les sanctions imposées par le conseil de sécurité des Nations Unies pour la poursuite du programme nucléaire et balistique, en défiance des résolutions de l’ONU, le régime n’a pas les moyens de capitaliser cette richesse.

Le pays voisins, avant tout la Chine, sont très gourmands en matières premières de ce genre et malgré les sanctions, la Chine importe déjà, en quantités modestes, certaines matières premières de la Corée du Nord. Tenant compte des motivations, avouées et inavouées, de l’actuel président américain, il n’est pas exclu que l’appât du gain joue un rôle dans la récente escalade verbale, d’autant plus si on se rappelle d’un discours, tenu devant un parterre d’experts de la CIA, l’année passée, lors de la campagne présidentielles, et les propos du candidat au sujet de l’Iraq : « Nous sommes entrés et sortis de l’Iraq de la pire façon. Si j’avais été président, je me serais emparé du pétrole avant de sortir », mis à part le côté pratique de la chose.

La guerre de Corée, 1950–1953, avait laissé un pays totalement dévasté par les bombes américaines. Son état est décrit en détail dans la revue officielle de la US Navy (Air quarterly Review) où on peut lire, entre autre, qu’ « il n’y avait plus aucune cible à abattre. Que pouvions-nous faire ? Alors, nous avions décidé de bombarder les barrages hydroélectriques ». S’ensuit la description extatique, presque joyeuse, de la destruction des barrages, détruisant la totalité des rizicultures, l’aliment de base de la population coréenne, ce qui est en réalité un crime de guerre (Noam Chomsky. Le conflit avait couté la vie à 800'000 militaires coréens (coréens du sud et coréens du nord), 57'000 militaires de l’ONU, 2 mio de civils et occasionné un flot de 3 mio de refugiés. (Wikipedia).

De nombreux conflits dans lesquels les Etats-Unis furent impliqués auraient pu s’arrêter par la négociation à un moment donné, comme le prouvent, par exemple, les « Pentagone Papers » une étude commandée par le département de la défense en 1967 à propos de l’implication politique et militaire des Etats-Unis dans la guerre du Vietnam entre 1945 et 1971, par ailleurs clandestinement transmise à l’époque au New York Times par Daniel Elsberg, Anthony Russo, Noam Chomsky et Howard Zinn et officiellement rendus publics en 2011.

Sous l’influence des généraux, en mentant au public et au congrès, le président Johnson avait contribué à l’intensification du conflit et systématiquement avorté toute ouverture aux négociations avec le régime nord-vietnamien.

La tactique officielle des généraux du Pentagone face aux dictatures à l’arme nucléaire est la même depuis les temps du secrétaire à la défense Dick Cheney, maître à penser de George W. Bush. « Les Etats-Unis ne s’attaque pas aux petites puissances nucléaires par peur d’être attaqués, mais par souci de pouvoir attaquer. » (Donald Rumsfeld 2001) Ceci vaut également pour l’Iran.

Cela explique également le refus de l’administration Obama en 2015, d’une proposition sino-nord-coréenne, la dernière en date, de geler tous les systèmes à missiles nucléaires par Pyongyang. En échange, les américains auraient du cesser toute manoeuvre militaire aux frontières nord-coréennes, utilisant notamment des B52, susceptibles de porter des ogives nucléaires, ce que le régime de Pyongyang apprécie peu, aussi peu, d’ailleurs, que les russes apprécient le déploiement militaire le plus important depuis la fin de la guerre froide à ses frontières en Europe, décidé par l’administration Obama, encore elle.

En 2005, il y avait une autre proposition sur la table, selon laquelle La Corée du Nord démantèlerait ses armes nucléaires, en échange d’un pacte de non-agression avec les Etats-Unis. Une condition aurait été celle de pouvoir construire un réacteur à eau légère, utilisé à des fins civiles, mais qui aurait potentiellement pu être utilisé à des fins militaires. L’administration Bush avait mis fin au consortium, responsable de la construction de ce réacteur et ordonné le blocage de toutes les transactions financières et commerciales avec Pyongyang. Le régime répondit par la continuation de son programme nucléaire.

Un autre incident date de 1993 sous l’administration Clinton. La Corée du Nord était sur le point de finaliser un accord avec Israël sous lequel Pyongyang s’engagea à cesser la livraison d’armes aux pays du Moyen Orient, une vraie menace pour Israël, et Israël, en échange, aurait reconnu l’état de la Corée du Nord. L’administration Clinton menaça Israël de représailles en cas d’acception. Par conséquent, la Corée du Nord répondit par le lancement de ses premières missiles à portée intermédiaire. (Noam Chomsky)

L’actuel président américain n’est donc que le dernier d’une série de présidents qui poursuivent coute que coute une stratégie d’expansion mise en place à la fin de la deuxième guerre mondiale, lorsqu’il s’agissait de partager le monde en sphères d’influence capitalistes et communistes, une expansion pour laquelle les Etats-Unis n’ont plus les moyens depuis longtemps. Rien que la guerre en Iraq a couté 1'000 mia USD.

Sur le plan intérieur les Etats-Unis ne sont plus que l’ombre d’une superpuissance. La plupart des américains vivent au moins une année de leur vie en dessous du seuil de pauvreté. En 2015, 13,5 % de la population vivait en dessous du seuil de pauvreté avec un taux de croissance annuel excédent celui de toutes les nations industrialisées depuis 1930. 20% des 20 à 30 ans n’ont pas suffisamment de revenus pour subvenir à leur besoin et 18% d’enfants ne mangent pas à leur faim. (Wikipedia) 22 mio de citoyens n’ont plus accès aux soins médicaux, 44 mio d’américains laissent une ardoise de 1300 mia USD en prêts étudiants faute d’un système éducatif accessible à tous, le taux de criminalité est à son apogée etc.

L’actuel directeur du renseignement national (DNI) Dan Coats, ne s’étonne pas que Kim Jong-un ne fasse plus confiance aux américains. « Kim Jong-un est un personnage atypique, mais il n’est certainement pas fou. Son raisonnement est la survie de son régime et de son pays. Il a sans doute observé ce qui se passe avec les régimes qui ont unilatéralement abandonné leurs capacités nucléaires face aux Etats-Unis. La leçon de la Libye a du le conforter dans son attitude. « Fin de citation

08:14 Écrit par Bruno Hubacher | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |