10/01/2017

Tout va bien

L’Allemagne va bien. Selon la multinationale du conseil aux entreprises « Ernst & Young », les 100 plus importantes entreprises allemandes ont amélioré leurs bénéfices opérationnels de 24 % en 2016, malgré une baisse du chiffre d’affaires de 2,7 %, grâce à des mesures de rationalisation. Le taux de rendement sur le chiffre d’affaire est ainsi passé de 5,9% à 7,4%. (Die Zeit).

Sauf accident majeur, le gros des sociétés allemandes devrait annoncer, ce printemps, des chiffres record pour l’année 2016, au niveau des bénéfices autant qu’au niveau des dividendes. Pour l’année 2015 les 600 entreprises allemandes les plus importantes avaient déjà distribué la somme record de 42,3 mia EU, dont 64 % à des investisseurs étrangers. Globalisation oblige. (RIE III)

En outre, les nouvelles du front de l’emploi sont excellentes. « Die Welt », porte parole officieux du gouvernement allemand, titre le 30.12.2016 « Le miracle allemand de la création d’emplois entre dans sa seconde décennie.» Entre 2010 et 2016, le taux de chômage a baissé de 8% à 4,2%.

L’Allemagne semble en effet faire tout juste. Le taux de chômage moyen de la zone euro est de 10,1 % (France 9,9 %, Italie 11,5% Espagne 20,2%, Portugal 10,8%, Grèce 23,5%) et celui des jeunes européens de moins de 25 ans 18,8% (Eurostat).

Quelle est donc la recette du miracle allemand ? La sous-enchère salariale et l’export. En 2003 le gouvernement Schröder avait introduit la réforme du marché du travail « Hartz IV », une version plus « hard » des lois « Macron » et « El Khomri » en France, et tout misé sur l’export. Afin de « booster » la compétitivité des entreprises allemandes, l’état avait gelé les salaires et l’export flambait et continue à flamber.

Selon l’économiste allemand Heiner Flassbeck, c’est une manière d’exporter le chômage dans les autres pays de l’Union Européenne et l’économiste français, Thomas Piketty, remarque sur son blog que » la bonne mesure de juger de la performance économique d’un pays est sa productivité et non sa compétitivité. Si chaque pays faisait comme l’Allemagne, il n y aurait aucune autre zone économique au monde pour absorber des excédents de l’ordre de 8% du PIB chaque année. » (Thomas Piketty)

Si on mesure la performance économique de la France, l’autre poids lourd de la zone EURO, on constate que sa productivité est supérieure de 10% à celle de l’Allemagne. La mesure communément appliqué étant ce qu’un travailleur produit en une heure de travail. (PIB divisé par les heures travaillées).

La meilleure performance de l’Allemagne vis-à-vis de la France, et les autres pays partenaires, trouve son origine dans le non-respect de la part de l’Allemagne du taux annuel d’inflation de 2% convenu lors de la création de l’Euro en 1999 et voulu par l’Allemagne. Comme l’explique le professeur Flassbeck, l’inflation n’est pas la conséquence de l’expansion de la masse monétaire, la preuve, il n’y a pas d’inflation actuellement, mais du niveau de rémunération de la productivité, les salaires.

Le seul pays en Europe à avoir respecté cet objectif d’inflation de 2% est la France, qui rémunère ses salariés constamment 2% en dessus de sa productivité depuis la création de l’Union monétaire. Dans un monde idéal, chaque pays pourrait ainsi vivre à son rythme. Ceux qui veulent gagner plus, travaillent plus, ceux qui veulent plutôt profiter de la vie, gagnent moins. Le mercantilisme est incompatible avec la mondialisation. (Piketty)

L’économie allemande fait le contraire. Elle vit au dessous de ses moyens au détriment de ses travailleurs et son économie domestique, ainsi que de ses partenaires européens. Les ménages privés économisent à cause des incertitudes sur le marché du travail, les entreprises domestiques n’investissent pas à cause du faible pouvoir d’achat et les multinationales accumulent des profits hors norme et les distribuent à leurs actionnaires.

Pour qu’une économie tourne et pour que l’argent circule, il faut qu'il y ait des acteurs économiques qui s'endettent et qui investissent. Puisqu’en Allemagne ni les ménages, ni les entreprises, ni l’état veulent s’endetter, c’est l’étranger qui doit le faire.

Avec l’arrivée du prochain président à la Maison Blanche qui fait du protectionnisme son cheval de bataille et les élections en Europe il ne reste à l’Allemagne à peine quelques mois pour changer sa position et de sauver l’euro. Sinon, l’éclatement de monnaie unique est programmée et avec elle une masse de chômeurs allemands, car avec la sortie du premier pays commencera la course à la dévaluation des monnaies.

10:06 Écrit par Bruno Hubacher | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |

02/01/2017

Des signaux d’alarme en provenance de Washington

Les électeurs du futur président D.T. sont en train d’apprendre à quelle sauce ils seront mangés. En effet, ce dernier est actuellement occupé à choisir les personnages clé de son futur cabinet. La liste se lit comme le « Who is Who » de la finance et de l’industrie pétrolière.

On y trouve le futur secrétaire au trésor, Steven Mnuchin, ancien cadre de la nébuleuse Goldman Sachs, devenu riche grâce au coup de maître de l’industrie, l’affaire des « subprimes », à l’origine de la crise financière de 2008. Wilbur Ross, secrétaire au commerce, un milliardaire de 78 ans qui a fait son argent en restructurant des entreprises en difficulté dans le secteur de l’acier et du charbon, Betsy Devos, une généreuse donatrice à la campagne présidentielle (3 mio USD) fille et épouse de milliardaire et promotrice de la « liberté scolaire » contre la « domination » de l’état dans le domaine, à la tête du département de l’éducation. Tom Price, représentant de l’Alabama, féroce adversaire de la timide réforme « Obamacare » à la tête du « Department of Health and Human Services ». Rex Tillerson, patron d’Exxon-Mobil, qui ne connaît rien d’autre que le pétrole, mais cela suffira, à la tête du Département d’Etat, le ministère de l’extérieur, et ainsi de suite. Fini les promesses faites aux petites gens.

L’Europe, pendant ce temps, n’est pas en reste. En Allemagne, Angela M. s’accroche à un quatrième mandat, en Angleterre les Tories continuent à opérer avec les mêmes recettes néolibérales pour contrer le BREXIT, réduction des impôts sur les entreprises, diminution des prestations sociales, la chose habituelle. En France, la droite réactionnaire est en train de s’organiser, sous les applaudissements des médias, avec, à sa tête, un « rebelle antisystème » adorateur déclaré des recettes de la « regrettée » Margareth Thatcher ». Décidément !

Puisque nous y sommes, et, dans ce contexte, la Suisse s’apprête à adopter une réforme fiscale pour les entreprises qui risque de bouleverser les finances publiques pour les décennies à venir et, avec elle, la vie des petites gens. Le projet sera soumis au vote populaire le 12 février 2017.

A ce propos, l’association britannique OXFAM vient de publier le palmarès des meilleurs paradis fiscaux dans le monde, sur lequel la Suisse figure à la quatrième place derrière les Iles Cayman et les Pays-Bas. A qui profite le crime ? En tout cas pas aux petites gens, ni aux petites entreprises d’ailleurs, même suisses.

Le prétexte de la réforme ? Une anomalie qui ronge les budgets des états de l’Union Européenne, le dumping fiscal ou politique de « beggar thy neighbour » une vieille tradition suisse. Prise de court, et sous la pression de ses partenaires, une fois de plus, comme pour le secret bancaire, la Suisse se voit contraint d’abolir un régime fiscal qui favorise notamment les sociétés holding, société de domicile et sociétés mixtes au détriment des entreprises indigènes. Il se trouve que les états européens trouvent cette démarche inamicale de moins en moins cool. Alors, fini la chasse aux boîtes à lettre ? Presque.

L’augmentation pour les sociétés holdings et autres sera « homéopathique ». Pour les nouveaux bénéficiaires, notamment les multinationales et grandes sociétés exportatrices, en revanche, elle sera, comment dire, appréciable. On parle d’une baisse de 10 % à un niveau de 13 à 14%, dont 52% des entreprises, petites et moyennes, ne profiteront pas, parce qu’elles ne font pas de bénéfice. Pour adoucir la pilule pour les holdings, voici quelques détails croustillants de la réforme qui valent le détour :

Extrait non exhaustif du livret d’explications du Conseil Fédéral à l’intention des électeurs :

« Les mesures proposées visent principalement à encourager l’innovation » En clair, les entreprises pourront déduire dorénavant les frais de recherche à 150% du coût effectif. On se demande pourquoi il faut encourager les entreprises à faire de la recherche. N’est-ce pas dans leur propre intérêt d’en faire ?

L’introduction d’une « patent box » permettra aux entreprises de séparer leurs bénéfices opérationnels du bénéfice découlant de brevets et autres droits comparables. Sur les derniers elles seront autorisées à faire des déductions allant jusqu’à 90%.

Sous le titre barbare de « impôt sur le bénéfice corrigé des intérêts sur le capital propres supérieur à la moyenne » figure une autre « carotte » qui permettra aux entreprises de déduire des intérêts sur le capital qui dépasse le capital, nécessaire à l’activité à long terme. On se demande, pourquoi les entreprises auraient besoin de capital autre que celui nécessaire à leur activité à long terme.

La liste continue et les nombreuses mesures, accompagnant la réforme, rivalisent de complexité entre elles. Est-ce que l’architecte, le menuisier et l’agriculteur qui ira voter le 12 février prochain comprendra ? En tout cas, les multinationales de l’audit et de l’ingénierie fiscale se frottent d’ores et déjà les mains.

Ceux qui ne se frottent pas les mains, sont les pouvoirs publics. Selon l’économiste de l’Union Syndicale Suisse, Daniel Lampart, le manque à gagner pour la Confédération se chiffre, à l’heure, entre 2,7 et 2,9 mia CHF. Les seuls cantons des Genève et Zurich s’attendent à des pertes fiscales de CHF 550 mio pour le premier, et, entre CHF 635 et 725 mio pour le deuxième. La ville de Zurich, qui à elle seule s’attend à une perte de 300 mio, médite déjà sur une augmentation des impôts, à la charge des petites gens celle-ci.

Certains responsables politiques n’ont toujours pas compris que l’autorégulation et l’incitation fiscale ne sont pas créatrices d’emplois. La France l’a appris à ses dépens.

Elle a essayé la même « carotte », ou plutôt son gouvernement socialiste. Pour inciter les entreprises à créer de l’emploi, il octroie à ses entreprises depuis 2013 des baisses d’impôt sans précédent sous le nom de « crédit impôt compétitivité » avec la vague promesse des milieux économiques de créer 1 mio de nouveaux emplois en contrepartie. Après avoir profité de la manne publique, Pierre Gattaz, le chef des chefs ne se souvient plus de la promesse.

La « fleur » a coûté à la collectivité française, à ce jour, la bagatelle de 40 mia EU pour 50'000 à 100'000 nouveaux emplois entre 2013 et 2014 (Le Monde du 28.09.2016). Mais elle a permis à l’une ou l’autre entreprise de rénover sa cafétéria, d’agrandir le parking du personnel ou d’acheter quelques distributeurs de boissons.

Pour la petite histoire, la droite bourgeoise du parlement suisse vient de sortir une autre surprise de son chapeau. « Inquiète » de l’explosion du coût de la santé elle a décidé d’indexer la franchise sur la prime d’assurance maladie obligatoire au coût de la santé, un « perpetuum mobile » en quelque sorte.

L’industrie pharmaceutique et les assureurs privés peuvent continuer à se sucrer sur le dos de la collectivité. But déclaré de l’intervention : Eviter que les citoyens consultent leur médecin pour chaque « bagatelle ». La culpabilité, encore. Ca marche à tous les coups. Car elle est sans doute là, la raison de l’explosion du coût de la santé. Une famille suisse avec deux adolescents en formation paye une prime mensuelle de CHF 1'600.00 ou EU 1'450.00 avec une participation de 10% aux frais médicaux et une franchise minimale de CHF 300.00. Le coût des médicaments en Suisse est le double de celui dans l’Union Européenne.

Quand est-ce que les citoyens et votants se réveilleront-ils? Pour les américains il est sans doute trop tard.

11:06 Écrit par Bruno Hubacher | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

30/12/2016

La presse est morte, vive la presse !

« Mar-a-Lago Beach Resort and Club » Palm Beach, Florida, 19 décembre 2016. Sur invitation du maître des lieux et propriétaire, le futur président des Etats-Unis, Donald Trump, convie une sélection de journalistes à une causerie privée de 30 minutes « off the records ». Au menu: pomme chips et champagne « Trump ». Parmi les invités sont les représentants du New York Times, CNN, NBC News, Reuters, MSNBC, Bloomberg, Fox News et d’autres. Quelques photos autorisées sur « facebook » sont témoins du « happening ».

La presse américaine « in corpore », ou presque, s’est précipitée pour présenter ses hommages à Louis XIV, après avoir été copieusement arrosée d’insultes et de mépris tout le long de la campagne présidentielle par le futur président. Pommes chips et champagne en guise de remerciements pour la publicité gratuite d’une valeur inestimable offerte gracieusement par la confrérie, au détriment, par exemple, du candidat démocrate, Bernie Sanders., quasi absent des médias « mainstream ».

On se souvient d’une fameuse retransmission télévisée d’un meeting du candidat DT du 19 mars dernier, pendant laquelle un podium vide apparaissait sur tous les écrans CNN, MSNBC, Fox News durant près de 45 minutes, en attendant l’orateur et ses frasques, qui a finalement tout annulé, pendant que, à l’autre bout du pays, le sénateur Sanders tenait un meeting à Phoenix, Arizona devant 11'000 sympathisants. La couverture médiatique du candidat républicain était 23 fois supérieure à celle du progressiste Sanders (Democracy Now).

Aucun président, aussi malmené qu’il ait pu être par les médias, n’avait osé mettre en cause le premier amendement de la constitution américaine qui garanti, entre autre, la liberté de la presse, sauf Donald Trump, qui estime qu’« il y a trop de protection pour la liberté de la presse » et que « notre presse peut trop dire ce qu’elle veut ». Le futur président préfère communiquer via « Twitter ». D’ailleurs, sa dernière conférence de presse date du 27 juillet dernier.

Mais, il y a peut-être un dénominateur commun qui justifie la « démonstration d’unité » du 19 décembre dernier. Le pouvoir et l’argent !

Au mois de février de cette année, lors d’une conférence, organisée par la banque d’investissement Morgan Stanley, le patron de la chaîne de télévision CBS, Leslie Moonves, se félicitait de la nomination de Donald Trump en tant que candidat du Parti Républicain. « C’est peut-être une catastrophe pour les Etats-Unis, mais pour CBS « it’s damn good ».

A l’instar des médias européens, la presse américaine, en perte de vitesse, a subi, les dernières décennies, une concentration sans précédent. Actuellement, quelques conglomérats et milliardaires puissants, dont les intérêts conjuguent parfaitement avec le programme du futur président, continuent à oeuvrer à la consolidation du statu quo, l’un ordre économique néolibéral.

Certes, il y a des voix discordantes, telles que celle du propriétaire du « Washington Post », un fleuron de la presse écrite américaine, le milliardaire Jeff Bezos, également propriétaire et fondateur du marchand en ligne « Amazon ». Celui-ci s’est ostensiblement opposé au futur président en défendant la liberté de la presse. Selon ses dires, sa participation à la ligne rédactrice de son journal se limiterait à quelques rares réunions de nature administratives. On peut en douter cependant.

Il suffisait de suivre attentivement la couverture de la presse américaine, et, notamment du « Washington Post », de la campagne présidentielle 2016. L’agence de presse indépendante « Alternet.org », a analysé une série de 16 articles particulièrement négatifs à l’encontre du candidat Bernie Sanders, publiés sur le site internet du journal en l’espace de 16 heures seulement, un record, le 6 mars 2016, juste pendant un débat crucial du parti démocrate à Flint, Michigan, entre les candidats Clinton et Sanders.

Jeff Bezos n’aime pas le sénateur Sanders. Celui-ci s’est montré très critique, à plusieurs reprises, envers l’agence de renseignements CIA, voulant réduire son influence, et du coup son budget, or la société Amazon bénéficie de contrats de la CIA, d’une valeur de 600 mio USD. En outre, la firme de Seattle avait obtenu, en son temps, un contrat de 16,5 mio USD du « Département d’Etat » de l’administration de Bill Clinton (alternet.org).

Le 10.11.2015, le site « fair.org » (National Media Watch Group) avait publié un article sur un autre possible conflit d’intérêt entre le propriétaire du « Post » et son journal. Le journaliste y fait état d’une série d’articles au sujet du site de partage « UBER ».

En effet, en 2011 Jeff Bezos, avec « Menlo Ventures » et la banque d’affaires « Goldman Sachs », avait investi la somme de 32 mio USD dans la jeune « start up », un investissement dont la valeur actuelle s’élève à environ USD 1,5 mia. Certes, la somme paraît relativement modeste en comparaison avec sa fortune personnelle de 44,5 mia USD, mais le sujet « UBER » dépasse la simple (possible) « pub pour un produit ».

Il s’agit davantage d’une question idéologique, celle d’une nouvelle économie, dérégulée, celle du « partage » et, notamment, des « mini-jobs », prônée, par exemple, par la réforme de l’assurance chômage « Hartz IV » de l’ancien chancelier allemand, Gerhard Schröder, mise en place entre 2003 et 2005.

Le journaliste de l’article met en avant le fait qu’UBER dépense 10 mio USD par mois en frais de justice, poursuivant ainsi un objectif à peine dissimulé, celui d’inciter les législateurs des pays, dans lesquels la firme de San Francisco déploie son activité, à déréguler le marché du travail.

Contrairement aux travailleurs, les journalistes sont doublement tributaires d’un système économique qu’ils ne peuvent critiquer ouvertement. D’un côté par leur statut d’employés et de l’autre côté par leur devoir déontologique. Certes, à l’ère d’internet, une censure « stalinienne » de la part des pontes des médias serait vouée à l’échec. Certes des voix « discordantes » se font entendre ici et là. Cela fait partie du devoir d’équité. Non, il s’agit plutôt d’une censure auto-infligée qui se manifeste par une « neutralité » paralysante.

La solution ? Une nouvelle presse, une presse indépendante. Le financement ? Les contributions des lecteurs à la place de la publicité. Actuellement, tous les grands titres sont sur internet, croyant que la solution à la désaffection des lecteurs soit le mode de diffusion, papier vs internet (I-Pad, I-Phone etc). Ce n’est pas le sujet. Ce qui intéresse le lecteur, c’est du contenu inédit. Le site internet « Mediapart » se porte à merveille, au niveau de ses lecteurs autant qu’au niveau financier, grâce à ses lecteurs.

Ce qui est vrai pour la presse l’est aussi pour la politique. Un exemple, inédit, passé sous le radar des médias lambda, la « stratégie numérique » du candidat à la présidentielle française Jean-Luc Mélenchon. (Le Point 20.12.2016)

Selon « Le Point », depuis la fin de l’été 2016 le candidat indépendant publie régulièrement des vidéos sur la chaîne youtube « dénotant des médias traditionnels pour mieux s’approprier le code des « youtubeurs » rois. Selon un rapport « Globalweb », 82% des jeunes entre 16 et 24 ans consultent « youtube » chaque mois et l’homme de gauche compte déjà 134'000 abonnés. » En outre, ses vidéos sont vus entre 100'000 fois pour les plus récentes jusqu’à 300'000 fois pour les plus anciennes.

« Mais la réelle innovation de la démarche est dans l’instauration de rendez-vous réguliers sous le titre « pas vu à la télé » pendant lesquels il revisite l’actualité en sélectionnant des sujets non-traités par les plateaux e télévision et le médias. »

Une idée pour le « Parti Socialiste Suisse » qui s’est arrogé tout récemment, sous l’impulsion de son président Christian Levrat, un programme résolument de gauche sous le titre prometteur « démocratie économique » et combattu mollement par les éternels nostalgiques social-libéraux dont les conseillers aux Etats Daniel Jositsch et Pascale Bruderer ?

S’il y a une conclusion que l’on peut tirer des événements de l’année 2016, c’est celle de médias qui ne reflètent plus les réalités de la société contemporaine. Le « phénomène Trump » continue à être réduit à une expression xénophobe et misogyne d’une Amérique bigote et rétrograde. Le « Brexit » serait le résultat de l’ignorance du peuple au sujet des bienfaits du libre marché et la montée de l’AFD en Allemagne serait dû au racisme latent des Länder de l’ancienne RDA, or l’Allemagne, un des pays les plus riches de la planète compte le plus de pauvres, proportionnellement à sa population.

Vive la presse, vive la démocratie !

10:35 Écrit par Bruno Hubacher | Lien permanent | Commentaires (2) | | | |