18/04/2017

A quand la fin des énergies fossiles ?

Damas, Syrie le 21 août 2013. Plusieurs roquettes chargées de gaz sarin, un gaz neurotoxique incolore inodore et volatile, s’abattent sur La Ghouta, un quartier de la capitale syrienne Damas, quartier contrôlé par le Front Al Nosra, une ancienne branche du groupe terroriste Al Quaeda, opposé au régime syrien, tuant un millier de civils.

Des images insoutenables font immédiatement le tour d’internet et le président américain, de concert avec les leaders européens et les médias, s’empresse d’accuser le régime syrien. Le président Obama, n’intervient pas. Il peut néanmoins compter sur le soutien inconditionnel de la France et de la Grande Bretagne, en cas d’une éventuelle opération punitive.

Ce ne sera finalement pas nécessaire, car, d’un commun accord, la Russie et Les Etats-Unis décident de faire signer à la Syrie la convention internationale sur les armes chimiques et de l’obliger à remettre son stock à l’Organisation pour l’interdiction de l’utilisation des armes chimiques, basée à la Haye. A partir de cette date, la Syrie ne devrait à priori plus détenir des armes chimiques.

Le Conseil de Sécurité de l’ONU promet, en outre, de faire toute la lumière sur cette affaire et le secrétaire général des Nations Unies mandate une commission d’enquête. Celle-ci constate, en effet, l’utilisation du gaz sarin, mais n’établit pas les responsabilités, n’ayant pas reçu de mandat à ce sujet.

Dans un rapport, publié quelque temps après, le « Massachusetts Institute of Technology » MIT conclut que: « Il est peu probable que les roquettes contenant du gaz sarin aient été tirées depuis les positions de l’armée syrienne », contredisant ainsi la version officielle du gouvernement américain et du Secrétaire d’Etat, John Kerry. L’ONU n’avait pas souhaité commenter le rapport du MIT à l’époque.

Khan Cheikhoun, Syrie, 4 avril 2017. Une prétendue attaque au gaz sarin par des avions de chasse du régime syrien aurait eu lieu dans une zone, contrôlée par les rebelles du Front Al Nosra, une ancienne branche du groupe terroriste Al Quaeda, que les forces de coalition soutiennent contre le régime de Basher el Assad.

A peine 24 heures après l’attaque, Federica Mogherini, cheffe de la diplomatie européenne condamne « un acte hideux dont le régime de Bashar el-Assad porte l’entière responsabilité ».

Deux jours plus tard, sans consultation du congrès, l’armée américaine tire 59 missiles contre une base militaire syrienne en guise de représailles. La presse américaine « in corpore » s’empresse d’applaudir le président pour son courage et sa détermination et les leaders du Parti Démocrate au sénat et à la maison des représentants, Chuck Schumer et Nancy Pelosy acquiescent bienveillamment. Ceci pour l’introspection du Part Démocrate après la défaite électorale.

Alors, il se trouve que le président Trump, selon les dires de son propre entourage, a pris le soin d'avertir le gouvernement russe au préalable, ce qui a permis au régime syrien de retirer à temps son personnel de la base militaire, censée être attaquée. (ABC News / Keith Olberman Resistance) et pour ajouter à la confusion, l’armée américaine lâche « la mère des bombes » sur le quartier général d’Al Quaeda en Afghanistan, l’ancienne direction d’Al Nosra.

A nouveau, comme en 2013, le « Massachusetts Institute of Technology » arrive à ses propres conclusions qui ne diffèrent guère de celles de la première attaque sur Damas. En effet, Theodore Postol, professeur en science, technologie et sécurité internationale du MIT critique sévèrement le rapport des services de renseignements américains en le taxant de fallacieux et mensonger et réfute catégoriquement la thèse d’une attaque aérienne.

En outre, sur des vidéos amateurs, utilisés comme matériel de preuve par le Pentagone, du personnel médical manipule des corps sans aucune protection, or le gaz sarin est hautement toxique. (Jimmy Dore)

Il se trouve que, la Syrie occupe une place stratégique pour l’export de gaz et de pétrole en provenance du Moyen Orient vers l’Europe. En 2009, le président el-Assad dévoile sa « stratégie des quatre mers » (Mer Noire, Mer Caspienne, Golf et Méditerranée) lors d’un forum en Turquie, en faisant de la Syrie un centre de transit du pétrole et du gaz du Moyen Orient vers l’Europe et vend cette idée à tous les pays qui pourraient être intéressés, tels que l’Arabie Saoudite, la Turquie, l’Iran, l’Iraq et le Quatar. (reportage A2 18.02.2016)

La même année, le Qatar propose un gazoduc traversant l’Arabie Saoudite, la Jordanie et la Syrie, en passant par la Turquie et la Syrie pour alimenter les 500 mio de consommateurs de l’Union Européenne. En même temps surgit un autre projet, « Iran Islamic Gaz Pipeline » partant de l’Iran, traversant l’Iraq, donnant accès au port syrien de Latakia.

En juillet 2011, la Syrie choisi le dernier projet avec l’Iran, ce qui pour la Turquie voisine et le régime d’Erdogan représente un immense manque à gagner économique. L’Arabie Saoudite et le Qatar n’apprécient pas du tout cette option non plus, car le nouveau gazoduc concurrencerait leurs ressources à la faveur de celles de l’Iran.

En 2011 débute en Syrie ce qu’on appelle le « Printemps arabe », des manifestations pacifiques contre le régime de Bashar el-Assad, mais qui dégénèrent rapidement en guerre civile. Une opposition armée se forme contre le régime, opposition qui depuis la même année 2011 voit le soutient militaire étranger pour sa cause augmenter de façon significative de la part du Qatar et l’Arabie Saoudite.

Un contrat gazier est également signé entre la Syrie et la Russie. Une compagnie pétrolière russe reçoit le droit d’explorer les fonds marins au large de la côte syrienne où d’immenses réserves de gaz naturel sont soupçonnées en Méditerranée Orientale, entre la Chypre, l’Egypte, Israël et le Liban. En 2015 on découvre également du pétrole sur plateau du Golan un zone occupée par l’état Hébreu depuis 1967. S’il s’avère qu’il y a du pétrole, cela devient explosif, car les frontières d’Israël sont contestées.

Les deux factions de la guerre civile en Syrie sont soutenus par, les pro-Assad qui sont la Russie l’Iran et le Hezbollah libanais et les pro-Al Nusra, les anciens terroristes et anti el-Assad, le Qatar, l’Arabie Saoudite et la Turquie, ce qui correspond aux bénéficiaires de l’une ou l’autre version du fameux gazoduc, ainsi que les Etats-Unis, la France et, accessoirement l’Union Européenne.

Ce jeux de « Monopoly » géopolitique échappe au lecteur lambda des quotidiens « Mainstream », car les enjeux sont, souvent, sciemment présentés de manière décousue pour éviter qu’on fasse le lien et se saisisse d’un vue globale. Cela s’appelle « manufacturing consent » ou fabriquer le consensus.

A part envoyer de l’argent aux organisations humanitaires pour soulager sa conscience, ce qui est devenu un rite, sans que quoi que ce soit change, le citoyen lambda ne peut pas faire grand-chose contre les guerres, sauf cette année 2017, aller voter. Il se trouve que les électeurs français ont l’option de choisir un candidat à la présidentielle qui est déterminé à mettre son pays aux énergies 100% renouvelables et en Suisse, où le peuple sera bientôt appelé à voter pour une transition énergétique qui va dans le même sens.

11:43 Écrit par Bruno Hubacher | Lien permanent | Commentaires (3) | | | |

13/04/2017

Le Venezuela, la boule puante de la dernière ligne droite ?

La campagne présidentielle française entre dans sa dernière ligne droite avant le premier tour du 23 avril prochain. Après la quasi certitude sur son issue, la flambée de la cote de popularité du candidat de la « France insoumise » a pris de court les milieux des affaires. La dette française se négocie dorénavant avec une « prime Mélenchon ». Ce qui n’était une surprise pour personne, sauf pour les médias, devient une possibilité, Jean-Luc Mélenchon président.

Les prochains dix jours s’annoncent donc mouvementés. « Le Figaro » craint « un projet dévastateur pour la France », la « Frankfurter Allgemeine Zeitung » fait carrément dans la désinformation et parle de populisme anti-allemand, le britannique « The Economist » annonce « a nightmare option » et le très conservateur « Daily Mail » horrifié, titre « a french election shock ». Ca y est, tout le monde s’est réveillé.

Dans ce contexte, sans aucun lien apparent et loin de nos contrés, au Venezuela, se déroule actuellement une catastrophe humanitaire. Dans les rues de Caracas, des dizaines de milliers de manifestants s’opposent aux soldats de la dictature du président Nicolas Maduros, qu’on n’appelle plus que « más duro », et des centaines de milliers de vénézuéliens se massent à la frontière colombienne fuyant la misère. Un taux d’inflation de 1600% par année dévore le pouvoir d’achat et un rationnement des denrées alimentaires fait rage.

Il se trouve que le candidat Mélenchon se réfère souvent au modèle de la « révolution bolivarienne » du défunt président vénézuélien Hugo Chavez, un des personnages politiques le plus controversés d’Amérique Latine. En vue d’un probable amalgame entre vérité et fiction, le candidat de la France insoumise ferait bien de prendre les devants et de clarifier sa position. La situation explosive de ce pays pourrait bien s’immiscer dans la campagne présidentielle et inciter quelques adversaires à lancer des boules puantes, faute de « casseroles ». Dans une récente interview télévisée, le journaliste de la radio publique « France Inter », Patrick Cohen, interroge le porte parole de la « France insoumise », le charismatique Alexis Cobière, à ce sujet, mais celui-ci esquive la question, ce qui n’est nullement dans son habitude.

Pourtant, Hugo Chavez, bien que très controversé, n’a pas fait que des erreurs. Elu président de la République de Venezuela en 1999, il promulgue une nouvelle constitution et lance une politique participative en nationalisant des industries clé, celle des ressources naturelles, notamment du pétrole, qui font du Venezuela la nation la plus riche d’Amérique Latine.

Conforté par la hausse vertigineuse du prix du pétrole, il lance un programme social d’envergure, procède à des expropriations de terres, dont certaines discutables et lance un système de microcrédits d’initiative publique, soutenus par le HCR. Il interdit la culture des OGM et la pêche intensive.

Selon le « Center for Economic and Policy Research » basé à Washington, entre 2003 et 2008 le taux de pauvreté a diminué de moitié et le taux d’extrême pauvreté de 72%. L’accès à la nourriture avait été amélioré de manière significative et le coefficient « Ghini » qui mesure le degré d’inégalité et la répartition des richesses est passé de 0,498 en 1999 à 0,39 en 2011, ce qui fait du Venezuela le pays le moins inégale d’Amérique Latine, et le place juste derrière le Canada au niveau mondial. En outre, son taux d’alphabétisation a atteint 93% sous l’ère Chavez.

Que s’est-il passé ? En 2008, l’année de la crise financière, le prix du pétrole s’est effondré de 60%, or le pétrole représente 96% des exports et 50% des revenus fiscales du Venezuela, Les économistes appellent cela « dutch disease » ou maladie hollandaise en référence au déclin du secteur manufacturier hollandais suite à la découverte, en 1959, du plus important champ gazier européen.

Cette théorie économique établit un lien entre la croissance d’un secteur économique spécifique (ressources naturelles) et le déclin simultané d’autres secteurs (secteur manufacturier, agriculture). Plus les revenus du secteur croissant augmentent plus les revenus des autres secteurs diminuent car la pression sur le taux de change favorise l’importation de produits et défavorise le secteur domestique, l’économie indigène, qui disparaît peu à peu.

Pour la petite histoire, l’Allemagne fait la même erreur, avec la seule différence qu’elle est protégée contre une appréciation de la monnaie, car elle profite de son appartenance à l’Euro. Avec sa promotion excessive des exports en baissant les salaires, elle détruit peu à peu son économie domestique, et le surplus les acteurs économiques distribuent à leurs actionnaires sous forme de dividendes au lieu d’investir.

Certes la reprise des affaires, après la mort d’Hugo Chavez en 2013, par le compagnon de route, Nicolas Maduro, n’était pas chose facile. Mais cela n’excuse pas l’emprisonnement des opposants, tels que Leopoldo Lopez condamné à 13 ans de prison pour avoir manifesté pacifiquement en 2014, rendu responsable des 43 manifestants succombés lors des affrontements avec la police, ni l’inéligibilité de 15 ans, décrétée par la justice, de son adversaire Henrique Capriles, gouverneur de l’état de Miranda, qui, à ce jour conteste le résultat des élections de 2013.

Avec talent et intelligence l’équipe des « Millenials » qui entoure le candidat de la « France insoumise » a réussi à arrondir les angles du tribun du « bruit et la fureur » mais la campagne entre dans une phase périlleuse. Certes, la nouvelle constitution de la VIème République empêcherait un dictateur Mélenchon, du fait de la révocabilité des élus en cours de mandat, inclus le président, mais les troubles au Venezuela représentent un argument de rêve pour les défenseurs du statu quo, à moins que la bombe soit désamorcée avant.

09:00 Écrit par Bruno Hubacher | Lien permanent | Commentaires (0) | | | |

10/04/2017

La cupidité, le talon d’Achille du néolibéralisme

C’est une curieuse histoire que rapporte le quotidien américain « Washington Post » dans ses colonnes. Le 11 janvier dernier, juste 9 jours avant l’investiture du nouveau président, une réunion « informelle » se serait tenue sur l’archipel des Seychelles.

A l’initiative de l’émir d’Abou Dhabi, Khalifa ben Zayed, une délégation américaine sous la houlette du sulfureux homme d’affaires Erik Prince, ancien membre des forces spéciales de la US Navy, fondateur de la tristement célèbre armée privée « Blackwater » et généreux donateur au Parti Républicain, y aurait rencontré une délégation, proche du président russe dans le but d’établir un « canal de communication discret » entre Vladimir Poutine et Donald Trump. Celui-ci nie l’existence d’une telle réunion.

Dans ce contexte on se rappelle des rencontres entre Michael Flynn et Jared Kushner, le gendre idéal, avec l’ambassadeur russe aux Etats-Unis, Sergey Kislyak, à New York pendant la période de transition, rencontre qui a coûté à Flynn son poste de conseiller à la sécurité nationale. Il est d’ailleurs suivi ces jours par Steve Bannon qui reste néanmoins à la Maison Blanche.

L’organisateur de l’obscur meeting, l’émir Ben Zayed, aurait voulu saisir l’occasion pour inciter le gouvernement russe de cesser son soutient aux mollahs iraniens, avec lesquels l’UAE (United Arab Emirates) est en contentieux sur de nombreux sujets. Il n’est pas sûr qu’il ait rencontré un quelconque succès. Erik Prince, en revanche, en tant qu’interlocuteur privilégié des monarchies du golfe, comptait bien tirer son épingle du jeu. Consultant en matière de défense, il assure la tranquillité des potentats et l’ordre public dans la région. A ce titre il est évidemment avide de « mandats de sécurité ».

Cenk Uygur, journaliste et fondateur de la chaîne d’information indépendante « Young Turks » ose faire le lien avec une autre affaire, rapportée par CNN le 10 mars dernier, au sujet d’une curieuse trouvaille d’un groupe de « cyber geeks » sur un des serveurs de l’équipe de campagne du candidat Trump, serveur situé dans un bled perdu de l’état de la Pennsylvanie du nom de Lititz, aussi discret que les Seychelles.

En 2016 ils, les « geeks », sont tombés, par hasard, sur un protocole d’échange de données sur internet du serveur en question. Celui-ci, programmé pour recevoir des messages sans pouvoir en émettre, a reçu entre le 4 mai et le 22 septembre 2016 pas moins de 2820 tentatives de connexion d’une banque russe du nom d’Alfa Bank, 80 % du trafic, et 714 tentatives (19%) d’une NGO, domiciliée à Grand Rapids dans le Michigan, du nom de « Spectrum Health ».

Il se trouve, qu’un des « trustees » de cette organisation est l’homme d’affaires et milliardaire Dick De Vos, mari de l’actuelle ministre de l’éducation Betsy De Vos, héritière, avec son frère Erik Prince, l’émissaire des Seychelles, de l’empire du milliardaire Edgar Prince. C’est sans doute une coïncidence.

Pour la petite histoire, l’héritage de 500 mio USD avait permis à Erik Prince de fonder son armées privée « Blackwater », qui s'appelle maintenant « Academi », et dont un des directeurs est par ailleurs l'ancien Procureur Général des Etats Unis du gouvernement de George W. Bush, John Ashcroft (Wikipedia).

Dans le contexte de l’enquête en cours du FBI sur les connections, supposées ou avérées, entre le nouveau président et le pouvoir politique et économique russe, cette histoire rajoute une nouvelle pierre à l’édifice de la vérité ultime sur les motivations de Donald Trump.

Les soupçons se précisent que dans cette affaire une main lave l’autre, dans le sens que Trump ne s’intéresse absolument pas à la politique, mais uniquement à l’argent et Vladimir Poutine ne s’intéresse pas à l’argent mais uniquement au pouvoir politique. C’est un peu la réponse du berger à la bergère après le démantèlement humiliant de l’Union Soviétique par le capitalisme sauvage.

C'est peut-être également une coïncidence que le parti politique français « Front National » dont la présidente se présente actuellement à l’élection présidentielle est également financé par des banques russes. (Mediapart). Marine Le Pen n’a pas de convictions politiques non plus, le pouvoir lui suffit, au prix, calculé, d’être à la botte du régime russe. Le cheval de Troie des démocraties européennes ?

Donald Trump de son côté veut faire des « deals ». Dans ce cas il ne s’agit pas de financement de parti, mais bel et bien d’affaires, car l’autre élément dans l’édifice de la vérité se trouve dans la nomination de Rex Tillerson, l’ancien PDG d’Exxon Mobil, à la tête du Département d’Etat.

Ces maudites sanctions économiques bloquent une transaction d’exploitation des réserves pétrolières russes dans l’Arctique et la Mer Noire entre Exxon Mobil et le conglomérat russe Rosneft d’une valeur de 500 milliards USD. Trump comme Poutine oeuvrent pour une renaissance du charbon et du pétrole, ainsi ils attendent, avec impatience, le dégel des voies maritimes du grand nord, ce qui favorisera à la fois l’extraction et le transport. Pour la petite histoire, Rosneft vient de vendre 19% de son capital, dont on ne connaît que 75% des repreneurs. Pour le reste, le Kremlin ne fait aucun commentaire.

Les autres pierres dans le jardin de Vladimir Poutine sont l’affaiblissement de l’Alliance de l’Atlantique Nord l’OTAN et la non ingérence en Syrie.

Certes, cette dernière promesse est, pour l’instant, rompue, non pas parce que Donald Trump aurait soudainement été submergé par des sentiments compassionnels, mais à cause d'une pression de plus en plus forte de la part des généraux, raison pour laquelle il a également dû se séparer de Michal Flynn et sortir Steve Bannon du Conseil de Sécurité Nationale.

Le récent bombardement de l’armée syrienne ne représente donc pas un changement de politique des Etats Unis. De toute manière il n’y a plus de politique aux Etats Unis, mais un tir à la corde entre les forces dans un gouvernement aux abois. Le fait que les médias et tout le gratin néolibéral européen tombent une fois de plus dans ce piège du « bon et du méchant » est sidérant. Sans aucun mandat de l’ONU, avant même qu’une commission d’enquête ait pu établir les responsabilités dans l’attaque au gaz Sarin en Syrie, les généraux américains peuvent à eux seuls déclencher la troisième guerre mondiale et tout le monde applaudit.

La désintégration des partis politiques est l’avant dernière étape de la révolution néolibérale du début des années 1980 juste avant la désintégration de l’état. A moins que les mouvements populaires se saisissent à nouveau de leurs droits démocratiques et changent les règles du jeu, il est fort à parier que le capital et les forces réactionnaires fassent à nouveau cause commune comme le 30 janvier 1933.

09:30 Écrit par Bruno Hubacher | Lien permanent | Commentaires (5) | | | |